Désir Sucré

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Summary

Thomas est un chef cuisinier réputé, Cyliane tient une modeste boutique de confiseries. De par leurs différentes fréquentations, rien ne les prédisposait à se croiser et pourtant, leur rencontre va créer des étincelles !

Status
Complete
Chapters
35
Rating
4.8 39 reviews
Age Rating
18+

Les Folies Sucrées

Cyliane

Non mais je rêve là !

Je crois que je viens de recevoir une boîte de chocolats de la part de mon copain… avec un mot pour me dire qu’il me quitte !!

Et le pire : c’est moi qui ai fait cette boîte !!

Ça ne m’était encore jamais arrivé : me faire larguer avec mes propres confiseries…

Au-delà du phénomène ridicule de la situation, j’admets volontiers être partagée entre deux émotions : la blessure d’amour propre et le soulagement. Adam n’était certainement pas l’homme de ma vie, tout au plus une distraction sympa dans un quotidien tranquille.

Il venait régulièrement dans ma boutique acheter des bonbons pour ses neveux et nièces… enfin, jusqu’à ce que je comprenne que ces derniers n’étaient en fait que ses maîtresses. Ouais, j’étais au courant de sa vie dissolue mais nous n’avions jamais signé aucune clause d’exclusivité. Et je ne suis pas quelqu’un de jaloux.

Une fois le choc passé, je finis par rire. Adam n’était pas le couteau le plus aiguisé du tiroir mais il avait ce cul… bien ferme et rebondi, j’aimais le regarder quand j’étais sûre de ne pas me faire choper.

Néanmoins, l’aspect physique des choses n’était vraiment pas à la hauteur de ce que j’en espérais. Je le remerciais silencieusement d’avoir pris une initiative aussi lâche pour m’éviter d’avoir à lui expliquer que son quotient intellectuel frôlait le niveau de la mer, bien trop pour envisager une suite à ce simulacre de plan fesse.

Je finis par hausser les épaules et retourne à ma commande. Oui, ma petite confiserie bénéficiait aujourd’hui d’une certaine renommée dans le quartier. Quand je l’ai ouverte il y avait de cela deux ans, je ne m’étais pas attendue à ce petit succès.

Mon commerce florissant, que j’avais appelé "Les Folies Sucrées", avait ses habitués, et le bouche à oreille fonctionnait très bien. Si bien que j’avais été dans l’obligation d’embaucher de l’aide.

Eileen et Jackson tenaient la boutique avec moi depuis quelques mois maintenant. Il nous a fallu un temps d’adaptation comme tout le monde, mais aujourd’hui, je peux dire avec certitude et fierté que je leur confierais les rênes sans hésitation.

En attendant, c’est le début d’une nouvelle semaine et je suis seule ce matin pour un petit moment. Je suis concentrée sur ma liste de commandes tout en étant attentive à la porte d’entrée qui pouvait s’ouvrir à n’importe quel moment

La table sur laquelle je travaille se trouve exposée à la vue des passants, derrière la vitrine. Les gens s’arrêtaient parfois pour m’observer quelques minutes, et cela avait le mérite d’attiser les curiosités.

Créer des bonbons et des chocolats, c’est ma grande passion dans la vie. Varier les saveurs, inventer tout un tas de sucreries, j’adore ! Les savoir assez appréciées par les clients pour qu’elles se vendent comme des petits pains faisait émerger en moi des vagues de satisfaction devant tant de reconnaissance.

Alors je continue tant que j’en ai la possibilité. Rien ne me fait plus plaisir que de voir les yeux des enfants briller au moment de goûter un nouveau bonbon, tellement différent de ces horreurs chimiques et industrielles des grandes surfaces.

Ma boutique, je mets un point d’honneur à y travailler de la qualité et du plus net possible. Et ce gage ne laisse généralement pas les gens insensibles.

Je termine une boîte et jette un œil sur mon pc portable pour passer à la commande suivante. A la vue du nom de l’entreprise qui a validé cet achat, je fronce les sourcils d’incompréhension.

"L’Interlude" était un restaurant chic où se rendait l’élite de la ville. Dirigé par son chef, le très connu et très respecté Thomas O´Brien, son ouverture est plus récente que les Folies Sucrées mais il a déjà acquis une notoriété plus conséquente.

Je n’étais pas envieuse de ça. Nos deux enseignes ne flottent pas dans les mêmes eaux et c’est okay. Je préfère cent fois offrir l’opportunité aux gens de pouvoir se régaler avec des moyens plus modestes, moi-même issue d’un milieu pas franchement éblouissant.

Du coup, le fait de voir cette commande-là inscrite… je ne sais pas trop quoi en penser… avant de me secouer les puces. Après tout, peu importe ! La facture est déjà réglée.

C’est d’ailleurs la dernière que je dois traiter avant de partir en livraison. Et pendant que je mets la touche finale à la boîte de gourmandises avec un soin particulier, Eileen entre pour prendre son poste avec un bâillement à se décrocher la mâchoire.

- Holà ! Tu sais que tu devrais éviter la bringue la veille du boulot ?

- Parle moins fort, tu as pris un micro ou quoi ?

Je glousse en la voyant se tenir les tempes. Malgré son tempérament fêtard, Eileen assure vraiment à la boutique. Nous sommes complémentaires sur plus d’un aspect et elle sait que je lui fais entièrement confiance.

Pendant qu’elle se prépare, j’ôte ma blouse blanche et charge les commandes dans la voiture, une berline toute simple avec le logo de l’entreprise sur tous les côtés. Une fois fait, je décide de nous faire un café.

- Tiens.

Son regard plein de gratitude me fait sourire.

- Merci Lily.

- Prends un antalgique avec, et bois beaucoup d’eau. Il paraît que ça marche bien contre la gueule de bois.

- La ferme.

Son ton grincheux augmente mon hilarité alors que je me dirige vers la sortie. Il est temps pour moi d’honorer les livraisons, même si ce n’est pas le moment le plus kiffant de la journée.