Aby

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Résumé

Moi c’est Abygaelle mais vous pouvez m’appeler Aby. Mon histoire n’est pas ordinaire, loin de là. Initialement je voulais juste vivre une vie normale, aller à la fac, avoir une famille aimante, m’amuser, … Comme vous vous en doutez, ça ne s’est pas passé tout à fait comme ça. J’ai des parents dépendants à la drogue, ce qui fait que j’ai dû travailler pour pouvoir subvenir à nos besoins. Du moins, jusqu’à ce jour. Ce jour où on m’a sortie de mon enfer, ce jour où ma vie a totalement basculé. Un nouveau foyer, une fac, des amis mais également des secrets, un monde dont j’ignorais l'existence et surtout un lien particulier avec ce garçon. Il me reste encore beaucoup de choses à découvrir et beaucoup de péripéties à traverser.

Genre :
Fantasy/Romance
Auteur :
Margot_01
Statut :
En cours
Chapitres :
6
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

Chapitre 1

Le goût métallique du sang n’était que le messager du sort qui m’attendait.

Je relevai la tête portant une main à ma joue chaude.

Il se tenait devant moi, une bouteille de whisky à la main, une cigarette à l'autre, un regard de mépris ancré sur son visage.


Le geste fut rapide mais précis pour une personne ivre. Il m’avait plaquée contre le mur, entourant sa main autour de mon cou, la cigarette chuchotant sa fumée à mon oreille menaçant de me brûler mes longs cheveux.


« Où est mon fric ? » Hurla-t-il resserrant légèrement sa prise


« J’ai besoin de cet argent. Tu sais très bien que si je ne peux pas m’acheter ma dose, ça sera pire pour toi alors où est-il ?! »


Effectivement je le savais. Oh combien je n’étais pas au bout de mes peines s’il n’avait pas rapidement de quoi le faire voyager loin et le maintenir à peu près “calme”.


« Je n’ai… pas encore eu ma paie… Ils ont du retard » Tentais-je de me défendre tout en prenant quelques brèves respirations.


« Ha, parce que c’est mon problème maintenant ? » Il prit une grande bouffée de sa cigarette avant de me lancer son regard narquois habituel. Je savais déjà ce qui allait suivre.


Il ne se fit pas prier avant de venir l’écraser sur le haut de ma cuisse m'arrachant un hurlement. C’était toujours la même sensation. J’étais habitué à cette douleur, cette sensation de brûlure qui n’allait pas partir avant un long moment, cette brûlure qui se réveillerait à cause des frottements de mon pantalon que je mettrais pour aller travailler demain. Cette douleur comme tant d’autres je la connaissait que trop bien, cela ne voulait pas dire pour autant que s’en était moins douloureux.


Aucune larme ne s’échappa de mes yeux. Aucune larme de douleur, aucune larme de rage, rien.

Je ne voulais plus pleurer, je ne pleurais plus.

J’avais trop pleuré, j’étais à sec de larmes pour lui.


« S’il te plaît… Demain ça devrait être bon  » Je sais bien que je n’avais aucune chance de le supplier mais il fallait bien que je tente ma chance.


« J’en ai assez d’attendre sur toi, sale abomination. Tu aurais mieux fait de partir avec elle »


Ça, c’est dur à entendre.

La dernière chose que je vis fut la bouteille de whisky se rapprochant dangereusement de ma tête avant qu’une vive douleur ne m’emporte dans le sommeil.


J’aurais essayé…


Je me sentais légère. Le mouvement régulier de mes jambes se balançant doucement dans le vide m'a ramené à la réalité.

Je papillonnais des yeux en luttant contre la douleur vive sur ma tempe.


« Chut ma puce. Je suis là, ça va aller maintenant  »


Cette voix. Après une rapide mise au point, je vis mon oncle. Il me portait dans ses bras, me chuchotant des mots rassurants.

Le doux vent de la nuit caressait ma peau nue, laissant un certain réconfort sur mes brûlures.

Je n'étais pas assez vêtue pour me trouver dehors à cette heure-ci, un simple short et un t-shirt, de quoi frissonner, mais cela m’importait peu.

James était là, il avait encore dû me ramasser à la petite cuillère. Il s'occupait encore de moi. Je posais ma tête contre son épaule, appréciant la chaleur de son corps.


C’est le bruit d’une portière qui me sortit de mes pensées.

Il se baissa doucement et m’installa à l'arrière du véhicule.


« Où allons-nous ? »


« Je te sors d’ici. Ce taxi t'emmènera dans une petite ville à trois heures d’ici, plus au sud. J’ai mis tes affaires dans le coffre et voici la clé de l’appartement. » Il sortit une clé de sa poche avant de me la tendre.


J’avais peu d’affaires, non pas par choix… Pour une fois ça m’arrangeait bien, au moins tout avait pu rentrer dans le coffre.


« Je sais que ça fait beaucoup, mais écoute-moi. C’est mon deuxième appartement, tu seras en sécurité là-bas. Je veux que tu t’y installes et que tu continues tes études comme tu le voulais, j’ai déjà fait ton inscription dans la fac de la ville. Sur la table du salon, tu trouveras tout ce dont tu as besoin : argent, instructions, tout. »


Il m’avait déjà répété qu’il me sortirait d’ici, mais je n’y avais jamais vraiment cru, j’ai toujours pensé que c’était une promesse en l’air pour me faire garder espoir. En soi, ça n’avait pas réellement été vain. C’était maintenant, le moment d’y aller, de sortir d’ici, de partir loin de mon enfer.


« Tu ne viens pas ? » J’essayais de le retenir d’une main frêle et non assurée.


« J’ai encore des choses à régler avec mon frère. Je te rejoindrai d’ici quelques semaines ou mois. Je ne sais pas pour combien de temps je vais en avoir. Mais ne t’en fais pas, l’appartement est prêt, tout est prêt. Ça fait déjà un moment que je travaille dessus. » Un doux sourire se dessina sur son visage.


Qu’entendait-il par “des choses à régler avec mon frère”, qu’allait-il se passer avec mon père ? À vrai dire, je ne voulais pas penser à ça maintenant. Non, j’étais juste soulagé, heureuse que ce jour soit enfin arrivé.

J’avais confiance en James, je ne discutais pas les instructions et attachais ma ceinture pendant qu’il fermait la portière.


James était mon rayon de soleil de cette vie sombre, toujours là au bon moment, toujours à me ramasser quand mon père passait par là.

Ils étaient tellement différents, je n’arrive pas à comprendre comment cela se fait-il qu’il l’ait supporté toutes ces années.

Quoi qu’il en soit, je suis heureuse qu’encore une fois il soit venu pour moi et cette fois-ci pour de bon.


Le véhicule se mit en marche pendant que je regardais mon oncle s’éloigner de plus en plus sur le trottoir, les ombres lancées par les lampadaires jouant sur son visage.

J’étais partie pour ma nouvelle vie, dans une nouvelle ville, une nouvelle fac, un nouvel appartement… Un chez moi.