TIP-OFF
NOAH
Le bruit du ballon qui rebondit sur le parquet, les cris du public en délire, l’adrénaline qui pulse dans mes veines. C’est mon terrain, mon royaume. J’enchaîne les dribbles, les feintes, je joue avec la défense adverse comme un marionnettiste. Un dernier crossover, une accélération et je claque un dunk rageur. L’arène explose.
Les flashs des photographes crépitent, les acclamations résonnent jusqu’au plafond. Je sens mon souffle court, ma poitrine qui se soulève rapidement sous l’effort, mais je n’ai pas le temps de savourer. Déjà, l’équipe adverse remonte le terrain à toute vitesse. Mes coéquipiers et moi nous repositionnons en défense. Mon regard balaye le parquet, analysant chaque déplacement. Le meneur adverse tente une percée, mais je lis dans ses intentions comme dans un livre ouvert. J’anticipe, intercepte le ballon d’une main ferme et file vers l’autre bout du terrain.
Une passe rapide à mon ailier, un écran bien placé, et je récupère la balle juste derrière la ligne à trois points. Mon poignet se détend dans un mouvement fluide, le ballon s’élève, tourne sur lui-même et traverse le filet sans toucher l’arceau. Rien que du filet. “Swish.” Le public est en feu.
Mais la tension ne redescend pas. L’équipe adverse me cherche, et je ne suis pas du genre à tourner l’autre joue. Les provocations fusent, les coups d’épaule discrets, les regards défiants. Ils veulent me faire sortir de mes gonds, tester mes nerfs.
Mauvaise idée.
Sur l’action suivante, alors que je m’élève sous le panier pour récupérer un rebond, un joueur adverse me percute violemment en plein vol. Mon équilibre vacille, mes pieds retombent brutalement sur le parquet dans un choc sec qui me fait grincer des dents. Le sifflet de l’arbitre retentit, mais c’est trop tard. La frustration s’est déjà emparée de moi, un torrent incontrôlable qui brûle dans mes veines.
Sans réfléchir, je me retourne et le pousse en retour, un geste instinctif, animal. Nos visages ne sont plus qu’à quelques centimètres l’un de l’autre, les mâchoires serrées, les muscles tendus. Mon regard s’accroche au sien, et la colère crépite entre nous comme une étincelle prête à mettre le feu aux poudres. L’arbitre s’interpose immédiatement, sifflant à répétition, tandis que les coachs et mes coéquipiers se précipitent pour calmer la situation.
Mais le mal est fait.
Une fois le match terminé, je sais d’avance ce qui m’attend. Encore un foutu scandale.
Les flashs des caméras crépitent à peine ai-je mis un pied hors du terrain. Les journalistes se pressent sur les bords, les micros tendus, les questions acerbes prêtes à fuser. Mais je les ignore. Ils ne parleront pas de mes points, de mes passes décisives, ni de mon impact sur le jeu. Non. Tout ce qui les intéresse, c’est cette foutue altercation. “Encore un dérapage de Noah Carter”, “L’énième coup de sang de la star montante”, “Un talent gâché par un tempérament incontrôlable”.
Dans les vestiaires, l’ambiance est plus détendue. Certains de mes coéquipiers sont déjà sous la douche, d’autres se chambrent en retirant leurs maillots trempés de sueur. Logan, assis à côté de moi, me donne un coup de coude.
_ T’a encore craqué ? Hein
_ Ils m’ont bien cherché, je grogne en attrapant ma serviette.
_ Ouais, mais t’as foncé droit dans le panneau, mec, le coach va te défoncer intervient Jayden en passant devant moi, un sourire en coin.
Je lève les yeux au ciel. Ils savent comment je suis. Ils ne me jugent pas, mais ça ne les empêche pas de me taquiner, par contre le coach c’est une autre histoire je sais que je commence à atteindre les limites etqu’il va pas me louper.
Logan rit et tape dans ma main avant de s’étirer avec un grognement.
_ Sérieusement, on va encore devoir se taper des questions reloues à cause de toi en conférence de presse.
_ Vous prenez pas la tête vous pouvez dire que j’ai encore péter les plomb.
Jayden secoue la tête, amusé.
_ Un problème de gestion de la colère ça fait plus pro.
Je leur réponds par un doigt d’honneur avant de me lever pour retirer mon maillot. Mais avant même de pouvoir souffler, des pas lourds s’arrêtent juste devant la porte du vestiaire.
_ Carter dans mon bureau
La voix de mon coach est posée, mais sans appel. Je serre les dents, mais obéis.
Je remet mon maillot et me dirige vers le bureau du coach un serviette posée sur mes épaules.
Je tape trois coups et ouvre la porte. Le coach me regarde et s’enfonce à l’arrière de sa chaise les bras croisée, son regard rivé sur moi avec cette foutue expression que je commence à trop bien connaitre.
_ Qu’est-ce que tu cherches, Carter ? Tu veux vraiment finir sur le banc jusqu’à la fin de la saison ? Parce que c’est ce qui t’attend si tu continues à jouer au con.
croise les bras à mon tour.
_ Vous avez besoin de moi, coach.
Son regard s’assombrit.
_ Écoute-moi bien, petit. T’as un sacré jeu, mais personne n’est irremplaçable. Je suis pas là pour garder une cour de récré. Alors soit tu apprends à gérer ta colère et tu refais ton image auprès de la presse, soit je te le dis cash : tu vas réchauffer le banc toute la saison.
Je sers les poings, contrarié.
_ Je peux partir ?
Le coach me jauge encore un instant, avant de hocher la tête.
_ Oui, va te changer. Mais réfléchis bien, Carter. La prochaine fois, ce ne sera pas juste une menace.
Il marque une pause, puis ajoute d’un ton plus posé :
_ Une journaliste va faire un article sur l’équipe. Tu devrais t’en servir pour redorer ton image.
Je laisse échapper un rire sans joie.
_ Ces vautours ? Jamais.
Sans attendre de réponse, je tourne les talons et quitte son bureau, la mâchoire serrée.









C’est trop bien! Continue à écrire!
je poste la suite très vite promis 🩷
Super 1er chapitre