Chapitre 1
Dans un lieu entièrement blanc et serein, une jeune femme retournait à ses appartements en serrant les dents et les poings, exaspérée par cet énième entretien avec son père, où il avait souligné tous ses défauts. Encore. Pourquoi continuait-il à mettre ses espoirs en elle ? Si sa petite sœur était meilleure, il n’avait qu’à la nommer comme son successeur et la laisser tranquille. Elle pénétra dans sa chambre et claqua la porte en grognant.
-J’en ai ras le bol qu’il me dise toujours que je ne suis qu’une ratée, hurla-t-elle, au bord des larmes.
Elle n’en pouvait plus, que son père n’arrêtait la rabaisse continuellement, tout en encourageant sa sœur devant elle. Hanabi n’en avait même pas besoin. Ça rendait l’ambiance de plus en plus invivable pour elle et elle avait l’impression de mourir à petit feu, bien qu’elle vive au paradis.
-Qu’il me bannisse et qu’il arrête de s’occuper de moi, si c’est pour continuer à me blesser, sanglota la jeune femme sous la rage et l’exaspération.
Elle prit place sur son lit, tentant de retrouver son calme avec de grandes et lentes respirations. Plus détendue après quelques minutes à se concentrer dessus, elle essuya les larmes qui avaient coulées sur ses joues jusqu’à son cou. Ses esprits retrouvés, elle regarda autour d’elle, à la recherche de quelque chose pour se changer les idées, s’occuper, mais en dehors des multiples livres qui garnissaient les murs, il n’y avait rien. Et ces livres, elle les avait lu et relu des millions de fois. Ça parlait du paradis et de des enfers, des humains et des monstres qui peuplaient la Terre. Évidemment, seuls les anges n’étaient pas dépeints comme des êtres maléfiques.
D’un bond, la jeune femme se leva et prit un sac, qu’elle remplit de ses effets personnels. Essentiellement des vêtements. C’était décidé, elle allait quitter le ciel et aller vivre sur la terre avec les humains. A quoi bon rester, si son père ne pouvait voir son potentiel. On n’avait donc pas besoin d’elle au paradis. Que ferait-elle de toute façon, quand sa sœur serait nommée à la tête des anges ? Vu comment allait les choses, c’est clairement ce qui allait arriver de toute façon. Autant leur enlever un poids et refaire sa vie ailleurs. Ça lui semblait être une excellente idée, se rassura-t-elle en fermant son sac.
Elle attrapa une feuille, sur laquelle elle vida son mal être et expliquer les raisons de son départ. De sa fugue ! À sa connaissance, aucun ange n’avait jamais fui le paradis pour aller vivre avec les humains et elle ignorait si elle y arriverait, mais elle ne pouvait plus continuer ainsi. Le paradis est supposé être un lieu paisible, où il fait bon vivre, mais pour elle, ça ressemblait tellement plus aux enfers décrit dans ces livres, qu’on obligeait tous les anges à lire. Et son père utilisait les mots pour la torturer comme le faisait les démons avec les âmes damnées.
Sans un regard en arrière, elle se dirigea vers le lac de l’humanité, porte sur le monde des humains pour les anges. Son sac accroché à son épaule, elle observa l’eau devant elle. Elle ignorait où elle atterrirait, ce qu’elle allait y faire, où elle dormirait. La seule chose dont elle était certaine, c’est qu’elle ne voulait pas être retrouvée.
Elle sortit un petit carnet de sa poche et l’ouvrit à la page qui l’intéressait. « Comment se rendre invisible aux yeux des autres. » C’était ainsi que les anges-gardiens veillaient en secret sur leurs protégés, lorsqu’ils n’avaient pas à lier de relation avec eux. Si elle changeait quelques mots, elle pourrait se rendre invisible à quiconque voudrait la trouver avec le lac. Elle découvrirait rapidement si ça fonctionnait, si dans quelques jours, personne n’était venu la chercher. La jeune femme n’avait aucun doute, que son père n’apprécierait pas son départ et enverrait des anges la retrouver pour la ramener. Un ange supérieur préférant vivre parmi les humains ? Ce serait un affront pour les anges plus âgés t une incompréhension pour les plus jeunes.
En fermant les yeux, elle pensa à un lieu où elle pourrait s’épanouir. Elle n’avait rien de concret à l’esprit, mais elle se dit que le lac, source de connaissance, saurait l’emmener là où était sa place. Sans ouvrir les yeux, elle fit un pas en avant et se laissa tomber dans le lac. Il était temps pour elle, de tout recommencer à zéro.
Dans un lieu complètement différent, plus lourd et sombre, un jeune homme se promenait, les mains dans les poches et un air blasé sur le visage.
-Du feu, du feu... Ha de la lave... Encore du feu..., énuméra-t-il avec lassitude.
Comme à son habitude, il se promenait sur les terres volcaniques des enfers, tentant de se divertir, mais sans succès. Il aimerait voir le noir devenir vert et le rouge en bleu pour changer. Les humains avaient tellement de chance de vivre dans un monde aussi diversifié. Leurs journées devaient être bien plus palpitantes que les siennes, se dit-il.
Il avait déjà vécu sur Terre durant quelques décennies, faisant pécher de pauvres humains pour expliquer sa présence parmi eux. Mais au bout d’un moment, il avait fini par ressentir des remords, en voyant ses « amis » succomber aux addictions qu’il avait provoqué en les côtoyant. Il était donc revenu en enfer, mais… Il ne s’y était jamais vraiment senti à sa place. La Terre des humains était vraiment la seule place où il avait l’impression de vivre.
Il marcha jusqu’à chez lui et se laissa tomber sur un canapé, où se trouvait déjà un homme aux cheveux blancs, occupé à écrire des trucs qui n’intéressait pas le jeune homme. De toute façon, le connaissant, ça devait être un truc sexuel sauvage, qu’il publierait chez les humains. C’était un auteur très connu sous divers pseudonymes au fil des siècles.
-Que se passe-t-il Naruto ? lui demanda l’homme.
-Je m’ennuie, soupira ce dernier.
-Il y a des âmes à torturer si...
-Non justement, ça ne me divertit plus.
Ça fait longtemps que ça ne me divertit plus, ajouta-t-il pour lui-même.
-Que veux-tu alors ?
-Du nouveau.
-Du nouveau ? répéta son aîné, en penchant la tête sur le côté.
-Oui. De nouvelles choses, de nouveaux paysages, de nouvelles personnes.
-Désolé, mais là, je ne peux rien pour toi, sourit tristement l’homme.
-Je sais, soupira le plus jeune en fixant le plafond.
Peut-être que si je retournais en haut sur la terre avec les humains et que je me fondais parmi eux sans les corrompre…, pensa le blond. Cette idée, ce n’était pas la première fois qu’il l’avait, mais jamais il n’était allé jusqu’à vouloir y emménager définitivement. Mais cette fois-ci, Naruto se dit que c’était le moment. La Terre et côtoyer les humains seraient plus divertissant, que de rester aux enfers pour torturer l’âme de ceux qui avaient échoués ici.
-Bon je vais retourner me promener, déclara-t-il à voix haute avant de sortir de la pièce.
Il se rendit directement dans sa chambre et attrapa un sac, dans lequel il jeta des vêtements, surtout pour supporter le froid, puis il attrapa une feuille et crayon pour laisser un message à son tuteur. « Désolé Jiraiya, j’ai besoin de changer d’air, alors je vais voyager un peu. » Ce n’était pas la première fois qu’il quitterait les enfers pour visiter les humains. Ces voyages pouvaient durer quelques jours comme quelques années et son absence ne devrait pas trop inquiéter, celui qui l’avait élevé depuis sa naissance. De toute façon, Jiraiya avait plus d’un tour dans sa manche et s’il voulait le trouver, il n’aurait aucun problème à le rejoindre, même s’il essayait de se cacher.
Sa note bien en évidence sur son lit, il quitta la maison et rejoignit le pont qui menait au monde des humains. Comme par le passer, il demanda au gardien du passage de l’envoyer, là où il pourrait s’amuser.
L’ange atterrit dans un parc, alors que le soleil commençait à se lever. Tout était si coloré par rapport au paradis, qu’elle se promena sans réfléchir dans quelle direction elle allait, admirant le paysage urbain entre coupé de verdure. À cette heure de la journée, les gens commençaient à sortir de chez eux pour aller travailler ou encore à l’école pour les plus jeunes. Durant les heures qui suivirent, elle visita la ville, son sac toujours fermement accroché à son épaule.
Lorsque vers la fin de l’après-midi, elle tomba sur une bâtisse portant l’enseigne « Paradise Club », elle s’arrêta. En plus petit, il était écrit « Alcools & Spectacles Uniques », ce qui semblait assez contradictoire avec le paradis. Mais ce lieu semblait l’attirer, alors elle poussa la porte, qui était heureusement déverrouillée. Elle pénétra dans une grande salle vide, avec un bar et une scène. L’éclairage était neutre, les néons éteints en dehors des heures d’ouverture, mais l’endroit n’en était pas moins accueillant. Une femme dans la vingtaine sortie d’une porte se trouvant derrière le bar. Cette jeune femme rousse portait une caisse remplit de bouteille, qu’elle déposa sur le comptoir. Ce n’est qu’à ce moment-là, qu’elle remarqua la présence de l’ange.
-Désolé, mais le bar n’est pas ouvert dans la journée, annonça la propriétaire des lieux. Revenez à vingt heures, ajouta-t-elle en tournant les talons pour repasser par la porte derrière elle.
-Heu... En fait... je suis... perdue..., bégaya l’ange, mal à l’aise et ignorant quoi dire.
-Vous êtes nouvelle dans le coin ? demanda la rousse en rebroussant chemin.
-Oui, acquiesça-t-elle. Ce n’est pas peu dire, ajouta à voix basse l’ange pour elle-même.
-Vous cherchez quelque chose ? Un endroit en particulier ? s’enquit la barmaid.
-Euh...
Si je lui dis que je suis un ange qui s’est enfuit du paradis et que son bar m’attire pour une raison que j’ignore, elle va me prendre pour une folle, pensa l’ange.
-En fait… Je suis débarquée ici sur un coup de tête, avoua-t-elle finalement.
Il y eut un court silence, pendant lequel, la barmaid la fixa, semblant réfléchir à la situation.
-J’imagine que vous n’avez ni logement, ni connaissance et encore moins d’emploi ? lâcha la rousse au bout d’un moment en croisant les bras.
L’ange fit non de la tête. Le silence revint et elle baissa les yeux au sol, ne pouvant plus regarder la barmaid. Elle ne réalisait que maintenant, qu’elle était une sans abris et sans plan d’action pour vivre parmi les humains. De son côté, la rousse se gratta l’arrière de la tête, hésitant à mettre dehors cette inconnue, qui semblait complètement paumée.
-Une de mes barmaids m’a lâché, annonça la barmaid après un moment, alors si ça vous intéresse...
-Vous m’offrez un job comme ça ? s’étonna l’ange.
-Oui et… Je vais même aller jusqu’à vous proposer de dormir chez moi, le temps que vous trouviez un appartement.
Sous le choc, l’ange mit un certain temps avant de réagir. Son visage s’éclaira d’un sourire, soulagée d’être tombée sur une humaine aussi gentille. Et dire que beaucoup d’anges trouvaient les humains malfaisants. Il y en avait encore des bons en réalité. C’était même la première fois qu’on était aussi aimable avec elle, réalisa-t-elle.
-Je m’appelle Maya Mackenzie, se présenta la rousse en s’approchant d’elle.
-Et moi c’est Hinata Hyuuga, fit l’ange en lui serrant la main.
-Bon suis moi, sourit Maya. Je vais te montrer ce que tu vas devoir faire ce soir. Et j’espère que tu es en forme, parce que tu ne vas pas chaumer.
Hinata la suivit sans se départir de son sourire. Peu importe ce que Maya allait lui demander, elle l’exécuterait sans broncher. Sauf si ça consistait à consommer de l’alcool, des drogues ou à offrir son corps. Sinon, elle était prête à apprendre et à obéir sans discuter.
Comme à chaque voyage dans le monde des humains, Naruto débarqua dans une ruelle sombre et déserte tard dans la nuit. En replaçant son sac sur son épaule, le démon plissa le nez à l’odeur d’urine et de détritus. Peu importe la ville ou le pays, les ruelles des grandes villes se ressemblaient toutes à certains niveaux. Il rejoignit rapidement la rue principale et commença à visiter le lieu, qui lui servirait de maison pour quelques temps.
S’il y avait un peu de tout niveau nationalité, Naruto détermina qu’il n’était ni en Asie, ni sur l’hémisphère sud, seulement en regardant les étoiles. Il avait déjà passé quelques années au Japon et même au Brésil durant le dernier siècle et ce qu’il préférait en plus des paysages plus colorés qu’en enfer, c’était le ciel de nuit où la lune veillait sur la Terre, entourée de multiples étoiles.
-Toujours aussi magnifique, s’émerveilla Naruto en levant les yeux au ciel.
Bien sûr, avec la pollution lumineuse en ville, ce n’était pas aussi bien qu’à la campagne, où il faisait bien plus sombre pour bien en profiter, mais c’était tout de même plus beau que le ciel rouge des enfers. En traversant un parc, il tomba sur un bistro-restaurant portant le nom « À la table du diable ». Bien qu’il n’ait pas encore d’argent pour pouvoir acheter quoique ce soit, l’endroit l’attira et il y pénétra pour en découvrir la raison. Lors de ses voyages sur Terre, il s’était toujours laissé guidé par l’instinct et les impressions qui le gagnaient dans certaines situations. Et il ne l’avait jamais regretté. En passant la porte, il tomba sur un lieu peuplé malgré l’heure tardive. Le côté bar de l’établissement semblait très populaire, se dit-il en apercevant la foule de client autour du bar. En pénétrant un peu plus loin dans le restaurant, un homme roux s’approcha de lui.
-Vous désirez ? demanda le serveur.
-Euh... Vos toilettes ? répondit Naruto, n’ayant pas réfléchi avant d’entrer.
-Au fond.
-Merci. Euh... Gaara, remercia-t-il en regardant son badge.
Il s’y rendit rapidement, pour ne pas éveiller les soupçons de l’employé. Il se lava les mains et se rafraîchit en se passant de l’eau sur le visage. En sortant des toilettes, il fût bousculé par un brun à l’air dur, vêtu d’un manteau de cuir clouté.
-Hey, tu ne peux pas faire attention, grogna ce dernier.
-Désolé, s’excusa le blond, surpris par l’agressivité de l’homme.
Sans s’excuser en retour, l’inconnu entra dans les toilettes sans un autre regard. Ce n’est pas possible d’être aussi impoli, se dit Naruto en regardant par-dessus son épaule. Il eut le temps de lire « Black Devil » sur le dos de son manteau, avant que la porte ne se referme. Sûrement un motard junky, grogna-t-il intérieurement en s’éloignant. Black Devil, se répéta le démon. Comme si les démons étaient nécessairement noirs, maugréa-t-il. Une légère odeur de chien mouillé resta dans l’air, lui faisant plisser le nez. C’était si léger, que Naruto s’imagina que cet homme arrogant et agressif possédait un chien pour que l’odeur colle à ses vêtements et rien d’autre.
Refusant de se laisser gagner par la colère comme n’importe quel démon, Naruto prit une grande inspiration pour se calmer. S’il voulait vivre comme un humain, il ne devait plus se laisser gagner par la rage pour un oui ou un non. Seul un démon inférieur sans pouvoir s’emportait pour si peu. Lui, il était de classe moyenne, il savait se contrôler.
Il finit par ressortir et se balada dans la ville à la recherche d’une offre d’emploi placardé sur une devanture de magasin ou de restaurant. Trouver des papiers d’identité et un logement seraient faciles pour un démon de son calibre, mais s’il voulait vivre comme un humain respectable, il ne pouvait pas voler pour payer ses choses. Il passa tout le reste de la nuit à se promener et zieuter toutes les affiches qu’il voyait, mais c’est seulement lorsque le soleil pointa le nez, une annonce collée sur un lampadaire retint son attention.
« Les Black Devil recherche batteur. Audition le 9 septembre à 9 heure, au 814 rue des milles oiseaux. » Black Devil ? se répéta-t-il en repensant à l’inscription sur le manteau du gars qui l’avait bousculé. Alors il était musicien. Et puis, son groupe recherchait un batteur. Ça adonnait bien, il jouait de la batterie depuis qu’il n’était qu’un petit diablotin. L’audition avait lieu le jour même, dans moins d’une heure, constata Naruto en regardant sa montre. Il arrêta une passante, pour lui demander où se trouvait la rue des milles oiseaux, puis il la remercia en prenant la direction qu’elle lui montra.
Le trajet à pied lui prit un peu plus de trente minutes et arrivé à destination, il tomba sur une maison, dont la porte du garage était grande ouverte, laissant voir trois hommes avec des instruments. Il s’approcha d’eux d’un pas détendu, voulant faire bonne impression. Celui qui se tenait près du micro avait le teint pâle et les cheveux noirs remontés en pic à l’arrière, vêtu d’un jean et d’une chemise, plutôt classe. Celui qui avait une basse dans les mains, avait aussi les cheveux bruns, il portait des lunettes fumées et des vêtements amples dont un sweat à capuche. C’est celui avec une guitare à la main, que Naruto reconnut comme l’homme qui l’avait bousculé « À la table du diable ». Mais puisqu’il lui tournait le dos, il ne remarqua pas le nouveau venu immédiatement. Le chanteur finit par tourner la tête vers lui et il fit signe aux deux autres de se retourner.
-Encore toi ? s’exclama le guitariste en le reconnaissant.
-Tu le connais, Kiba ? demanda le chanteur.
-Il m’ait rentré dedans hier soir.
C’est plutôt, toi, qui m’a bousculé, eut le goût de lui rétorquer le démon.
-Ah, celui du restaurant, soupira le bassiste, blasé.
-Ouai.
-Tu viens passer l’audition ? demanda le chanteur en se tournant vers Naruto.
-Oui.
-Montre-nous ce que tu sais faire, l’invita-t-il en lui montrant la batterie d’un mouvement de bras.
En passant près d’eux pour rejoindre l’instrument au fond du garage, Naruto perçut des odeurs, légères mais familières, mais impossible de mettre la main sur l’information. Il préféra oublier et faire ce qu’il était venu faire et auditionner. Bien qu’il se doutât que le gagne-pain d’un groupe qui pratique encore dans un garage ne devait pas être très élevé, il se dit que ça pourrait être un à-côté divertissant, qui lui rappellerait son passé en enfer, tout en ayant une vie d’humain normal. Il pourrait toujours trouver un emploi à mi-temps dans un bar ou un magasin. En plusieurs décennies, il avait acquis quelques connaissances utiles chez les mortels.
Le démon prit place derrière la batterie, attrapa les baguettes qui attendaient sur la caisse claire et se mit à jouer. Au fur et à mesure qu’il faisait voler les baguettes sur l’instrument, une mélodie rock se fit entendre dans le garage. Pour Naruto, ce qu’il jouait était plutôt relax, presque doux, alors que pour les trois hommes devant lui, c’était assez intense, réalisa-t-il devant leurs expressions impressionnées.
-Tu joue depuis combien de temps ? demanda le chanteur lorsqu’il s’arrêta.
-Depuis que j’ai dix ans.
Ayant l’air d’avoir la vingtaine, ça donnait l’impression qu’il en jouait depuis une dizaine d’années, or, il était un démon de cent treize ans. Ça lui faisait donc plutôt un petit siècle d’entraînement.
-Qu’en dis-tu Shino ? demanda Kiba en premier, ne pensant plus à l’épisode du restaurant.
-Ça me va, répondit le bassiste. Sasuke ?
-Ouin, il fera l’affaire, acquiesça-t-il avec un petit sourire en coin.
Ceci décidé, Sasuke sortit son téléphone et il fit écouter la dizaine de chansons que le groupe avait composé ou qu’ils interprétaient pour compléter leur répertoire pour les concerts. Soit une liste de douze chansons, dont huit originales. Si les mélodies étaient toutes différentes à la guitare ou à la basse, pour ce qui était du rythme à la batterie, il n’y avait pas toujours de grandes différences. Ce serait du gâteau de toutes les apprendre, se dit Naruto en se mettant au travail.