Chapitre 1
Le 30 novembre,
je décide de partir vivre au Japon pour diverses raisons :
Raison numéro 1 : ma rupture avec mon ex.
Raison numéro 2 : apprendre la langue dans une école japonaise et en connaître plus sur la culture japonaise.
Raison numéro 3 : changer de vie, tout recommencer à zéro.
Oups ! Je ne me suis pas présentée, je m’appelle Léa Schmid, j’ai 22 ans, j’habitais en Suisse avant de déménager à Tokyo. Je fais des études en langue et littérature, pour devenir traductrice.
J’ai réussi à avoir une bourse pour étudier à Tokyo à la Faculté des Lettres de l’université de Tokyo.
Je finis d’écrire sur mon blog la raison de mon voyage et qui je suis. Je peux enregistrer le test avant de le publier.
Après avoir publié la raison de ma venue à Tokyo, je ferme la fenêtre de mon site et éteins mon ordinateur. Je prépare mes affaires pour mes cours, les mets dans mon sac et dis au revoir à ma famille d’accueil avant de quitter la maison.
Je sors et observe les environs.
« Même si je suis arrivée il y a deux jours, je suis toujours perdue, dans cette grande ville. Tout est différent de la Suisse, j’espère pouvoir vite trouver mes repères. »
Je regarde mon téléphone, entre l’adresse de mon université sur la carte pour connaître mon trajet.
Je marche sans regarder devant moi. Je finis par percuter un homme.
- Veuillez m’excuser.
Il ne dit rien. Il s’incline et en se relevant, je vois son visage.
« Il est beau. »
- « Vous allez bien ? », dit-il en me donnant mon téléphone qui est tombé par terre.
- Heu... oui, merci. Je prends mon téléphone.
- Vous n’êtes pas d’ici. Pourquoi une étrangère vient-elle au Japon durant le mois de décembre ?
- J’ai été mutée dans une université japonaise, donc j’avais une place pour début décembre.
- Je vois ! Où allez-vous ?
- À la Faculté des Lettres de Tokyo.
- Je vais au même endroit. Faisons le trajet ensemble, ça vous évitera de vous perdre.
Je m’incline pour le remercier et le suis.
Nous nous dirigeons vers l’arrêt du métro le plus proche de la gare de Shibuya.
Nous descendons les escaliers pour passer dans un petit couloir. Il s’arrête devant une machine.
- « Avez-vous un billet de *10 000 yens sur vous ? (*68,23 euros). C’est pour vous faire votre pasmo », me dit-il avec une voix neutre.
- Mon quoi ?
- Un pasmo, c’est comme un abonnement en Europe. Vous pouvez payer votre train, bus, vos boissons au distributeur de boissons et des petits achats au 7 Eleven.
- « C’est super pratique », lui dis-je en donnant mon billet de 10 000 yens.
Il met le billet dans la machine. Celle-ci produit une carte blanche avec le mot pasmo écrit en rose.
- Tenez.
Je prends la carte avec les deux mains.
- Mettez votre pasmo dans votre porte-monnaie, pour ne pas le perdre.
- Les portes d’entrée s’ouvrent-elles même si j’ai la carte dans le porte-monnaie ?
- « Oui, sans aucun problème », me dit-il avec un léger sourire.
Je mets le pasmo dans mon porte-monnaie et le garde dans ma main droite pour passer la porte de sécurité de la gare. La porte s’ouvre et nous entrons dans l’allée pour prendre le métro allant en direction de notre université. Nous prenons les escalators pour descendre et rejoindre le quai qui va en direction de la gare d’Ueno.
Le métro arrive et les portes blanches de sécurité s’ouvrent dès que le métro s’arrête. La porte du métro s’ouvre. Nous laissons les gens sortir. Dès que tout le monde est descendu du métro, nous montons à notre tour. Le jeune homme qui m’accompagne s’assoit sur le siège près de la porte du métro. Je m’assois à côté de lui. Nous passons tout le long du trajet en silence. Quand il entend le nom de notre arrêt, il me fait signe de me lever. Je me lève et me mets derrière lui.
« La situation est un peu gênante, surtout que je ne connais pas son prénom. » La porte s’ouvre et il me prend par le bras pour ne pas me perdre. Dès que nous sortons du métro, nous montons les escaliers et sortons de la station. Il me montre la carte pour me dire quel bus nous allons prendre.
Je le suis et attends le bus avec lui.
- « Je voudrais connaître votre prénom », dis-je timidement.
- Je m’appelle Tetsuya Itou. Au Japon, on appelle les gens par leur nom de famille, donc vous devez dire Itou san.
- Enchantée Itou san, je m’appelle Léa Schmid.
- Enchanté Schmid san.
Nous n’avons pas pu parler plus longtemps, que le bus vient tout juste d’arriver. Je monte en premier dans le bus et m’assois dans le premier siège à ma droite. Itou san s’est mis à côté de moi.
Il nous a fallu dix minutes de trajet en bus avant arriver devant notre université.
- Merci de m’avoir accompagnée.
- Je vous en prie. Je vous passe mon line pour que vous puissiez me communiquer. Si vous avez la moindre question, écrivez-moi.
Je prends son line et le salue avant de le quitter. J’entre par la porte principale et donne tous mes papiers pour mon inscription.
Je rentre dans ma classe, me présente et m’assois à la place du milieu. J’ai suivi le cours du mieux que j’ai pu.
Après les cours, je sors de l’université. Je marche en direction de l’arrêt de bus, tout en admirant les décorations de Noël qui illumine la ville.
Je rentre chez ma famille d’accueil, mange avec eux, me douche et révise mes cours.
Jusqu’au 23 décembre, j’ai eu une routine maison, école, dodo.
Le rythme japonais est très différent de la Suisse. En plus, je suis des cours en parallèle pour améliorer mon japonais. Heureusement qu’Itou san parle couramment anglais et français.
Nous parlions tous les jours sur line.
Il me dit qu’il est japonais de sa mère et français de son père, qu’il est un jeune prof à l’université où j’étudie, qu’il a 32 ans, qu’il est célibataire et qu’il aime beaucoup les jeux d’arcade, faire de la cuisine et la littérature.
Même avec notre différence d’âge, je ne peux pas m’empêcher de penser à lui.
« Est-ce que je lui envoie un message ? », me dis-je en fixant son profil line.
J’appuie sur la touche message et lui écris :
Bonjour Itou san, comment allez-vous ? Je voudrais savoir ce que vous faites pour le réveillon de Noël ? Si vous êtes libre, pouvons-nous nous rencontrer à Shibuya pour admirer le Ao no Dokutsu (grotte bleue de Shibuya). Une bonne journée à vous.
J’envoie le message et attends qu’il me réponde.
« Je vais me promener un peu pour changer d’air. »
J’ouvre la porte de ma chambre et dis à la dame qui me garde que je vais faire un tour. Elle me dit de faire attention et de rentrer avant la tombée de la nuit.
J’ouvre la porte principale et sens le froid caresser mon visage.
Comme il fait froid, je m’arrête au café le plus près de chez moi. Je prends le métro pour aller en direction de Ueno, sort de la gare pour rejoindre le parc Ueno Oshi. Les boissons Starbucks édition de Noël ont l’air incroyable, je dois les essayer.
Je rentre dans le Starbucks et regarde le tableau des boissons.
« Un cappuccino et un frappuccino à la framboise. »
Je fais ma commande, donne mon nom et attends que mon café soit prêt. Le serveur m’appelle et me donne ma boisson. Je m’assois à une place au fond de l’établissement et déguste mon café.
Je vois Itou san à une table un peu plus loin de la mienne avec une femme. « Qui est cette femme ? » Je reste figée sur moi-même, « je le croyais célibataire, pourquoi m’aurait-il menti ? » J’ose me lever, prends ma boisson dans la main et fais semblant de le croiser.
- Comme le monde est petit, que faites-vous ici itou Sensei (professeur) ?
- Bonjour mademoiselle Schmid, je suis venu voir ma sœur pour lui souhaiter un joyeux anniversaire avant de rentrer chez moi.
Sa sœur ? Moi qui croyais qu’il était en couple avec la jolie dame qui est en face de lui.
- Je vois ! Profitez de votre journée avec votre sœur, je vais rentrer chez moi. La nuit commence à tomber, je ne voudrais pas me perdre sur le chemin du retour.
- Une bonne journée à vous aussi, Schmid san.
Je m’incline avant de sortir du Starbucks. J’ai un léger sourire qui apparaît sur mes lèvres.
« Je suis contente de savoir que c’est sa sœur et qu’il est toujours célibataire. J’espère qu’il va accepter de me voir le 24 décembre pour passer du temps avec moi.»
Je prends le métro et sort à l’arrêt de Shibuya.
Je rentre chez moi à pied, le ciel est devenu noir et seules les guirlandes de Noël illuminent la ruelle. À force de regarder les décorations de Noël, je me suis perdue. Je trouve un koban et demande mon chemin au policier. Il me guide jusque chez moi. Je le remercie et fais mon code pour ouvrir la porte d’entrée. J’explique à ma famille d’accueil que je me suis perdue sur le retour et pourquoi je suis en retard pour le dîner. Je mange et vais m’allonger sur mon lit. Je regarde mon téléphone et vois une notification qu’Itou san a vu mon message. « Pourquoi il ne répond pas ? » Je pose mon téléphone sur ma table de nuit et m’endors en quelques secondes.
Le lendemain
Mon téléphone se met à vibrer. J’ouvre délicatement l’œil droit pour prendre mon téléphone.
Message de Tetsuya Itou.
Bonjour Schmid san, je vais bien. Je suis libre le 24 décembre. Oui nous pouvons nous rejoindre devant la statue Hachikô pour 20h00😊.
Une bonne journée à vous aussi.
Tetsuya Itou
Je relis le message et crie de joie.
« Tet....tetsuya a dit oui ! Je vais pouvoir lui dire mes sentiments et peut-être l’embrasser. »
La dame toque à ma porte pour savoir si je vais bien.
La dame : « Vous allez bien ? Je vous ai entendu crier. »
- Oui, pardon ! J’ai reçu une bonne nouvelle.
- Une bonne nouvelle ? Avez-vous un rendez-vous amoureux ?
- Oui on peut dire ça.
- Je vois ! Je ne vous attends pas pour le dîner de ce soir.
- Non, je mange sur place à Shibuya. On va profiter d’admirer le Ao no Dokutsu.
- D’accord, si vous avez un problème, vous pouvez m’appeler.
Je m’incline pour la remercier. Elle ferme la porte.
J’essaie plusieurs tenues pour savoir laquelle je vais mettre pour ce soir. Je me regarde devant le miroir.
« Cette petite robe rouge avec des collants et des bottines noires à talons fera l’affaire. »
Je pose ma tenue avec les collants et les bottines sur la chaise au coin de ma chambre. Je me couche sur mon lit et regarde une série pour passer le temps avant le rendez-vous.
19h30
Je mets ma tenue, me maquille et me coiffe avant de dire au revoir à ma famille d’accueil. Comme je suis à seulement 10 minutes de la statue Hachikô, je prends mon temps pour marcher et m’arrête dans un café près de la statue. Je prends un café, m’assois à la table à côté de la porte et écris un message à Tetsuya.
Je suis dans un café à côté de la statue Hachikô, je vous attends.
Je lui envoie le message et pose mon téléphone sur la table.
Mon téléphone vibre. Message de Tetsuya Itou.
Je serai là dans 5 minutes😊.
Je souris et finis de boire mon café, paie et sort du café pour le rejoindre devant la statue Hachikô.
- Schmid san.
Je me retourne.
- Itou san, comment allez-vous ?
- Je vais bien. Désolé, il avait beaucoup de monde, je n’ai pas pu venir plus tôt.
- Ne vous inquiétez pas, je n’ai pas attendu longtemps.
- Suivez-moi, je vais vous montrer où se trouve le Ao no Dokutsu.
Il me prend par la main et nous marchons en direction du Ao no Dokutsu.
Il y a un monde fou, il est très difficile de passer.
Après cinq minutes de marche main dans la main, il me lâche la main et me fait signe de regarder les arbres bleus qui illuminent tout le long tunnel qui rejoint l’avenue Kôen-dôri.
J’ai les yeux qui brillent comme un enfant qui ouvre ses cadeaux de Noël.
Je me mets en face de Tetsuya.
- Je dois vous dire quelque chose, dis-je timidement.
- Que voulez-vous me dire, mademoiselle Léa ?
Je lui prends ses mains et les serre contre les miennes.
Je lui embrasse sa joue et lui dis mes sentiments.
- Tetsuya, je suis tombée amoureuse de vous. Voudriez-vous devenir mon petit ami ?
Il rougit.
- Je vous aime aussi, mademoiselle Léa. Je n’ai osé vous le dire à cause de notre différence d’âge.
Je l’embrasse tendrement, la chaleur de nos lèvres nous fait oublier le froid de l’hiver. Nous partageons ce moment magique, accompagnés des magnifiques lumières bleues du Ao no Dokutsu, qui nous transportent comme si nous étions dans un conte de fées.