Ma lumière dans l'obscurité.

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Résumé

Lyséa vit avec sa mère, Nora, et son beau-père, Henry. Malheureusement, sa vie est devenue un véritable enfer. Chaque jour, elle doit composer avec la violence son entourage, qui n’hésite pas à lui infliger des coups et des insultes. Les attouchements d'Henry, quant à eux, sont une menace constante dans son quotidien. Pour échapper à cette réalité sombre, elle trouve refuge dans son travail de serveuse au bar, où les soirées deviennent ses seuls moments de répit, ainsi que les heures passées en cours, même si elle sait que ces instants sont éphémères. La veille de son anniversaire, Lyséa, accablée par le poids de ses souffrances, se laisse aller à la tentation. Elle boit un peu trop et finit par se retrouver dans les bras d’un inconnu. Dans cet instant fugace, elle goûte à une illusion de liberté, un répit temporaire loin de son calvaire quotidien. Le lendemain, jour de la rentrée scolaire, elle entre dans sa nouvelle classe, le cœur lourd et l'esprit embrumé par les événements de la veille. Lorsque son professeur de mathématiques fait son entrée, Lyséa est frappée par sa silhouette familière. C'est le bel inconnu de la veille. Son cœur rate un battement, un mélange de surprise et d'angoisse l'envahit. Comment va-t-elle gérer cette situation ? Lyséa se retrouve piégée entre deux mondes : celui de la douleur et de la peur, et celui de la promesse d'un avenir incertain mais peut-être meilleur. Les regards échangés avec son professeur lui rappellent cette nuit où elle a cherché à fuir sa réalité, mais maintenant, elle doit faire face à ses choix et à leurs conséquences.

Genre :
Romance
Auteur :
estelle
Statut :
Terminé
Chapitres :
43
Rating
5.0 2 avis
Classification par âge :
18+

Chapitre 1

LYSEA

Ma vie vaut-elle le coup d’être vécue ?

C’est la question que je me pose tous les jours depuis que je suis en âge de réfléchir. Chaque jour est plus merdique que le précédent. Il y a des matins, allongée dans mon lit, où je me dis que je ferais mieux d’en finir. Je ne supporte plus ma vie, je ne supporte plus mon entourage. Ma mère qui n’en est pas une et son mec qui est un putain de pervers.

Pas une journée ne passe sans que je prenne une raclée ou une main aux fesses. Je me sens seule, triste et esseulée. J’aimerais être dans un conte de fées et qu’un beau chevalier en armure vienne me sauver sur son cheval blanc. Malheureusement, je ne suis pas dans un conte de fées ni dans un film avec une fin heureuse. Si ma vie était un film, ce serait un film d’horreur ; si c’était un livre, ce serait un thriller.

Le pire, c’est quand c’est le week-end ou les vacances. Je me retrouve H24 dans cet enfer sans aucun échappatoire. Lorsqu’il y a cours, j’ai au moins la journée de répit. Remarque, je mens : j’ai aussi les instants où je suis au travail. Je suis serveuse dans un bar branché, je travaille tous les soirs de chaque putain de jour. Ma mère m’oblige à gagner de l’argent pour payer ma part dans cette maison. N’est-elle pas censée subvenir à mes besoins ? Ce n’est pas ce qu’est censé faire une mère de famille ? Faut croire que la mienne a raté le manuel. Non seulement je dois lui donner de l’argent pour pouvoir dormir et manger “chez elle”, mais en plus, elle me fait les poches pour me prendre tous les pourboires que je pourrais gagner. Moi qui essaie de mettre de l’argent de côté en douce, c’est raté.

Je me redresse dans mon lit. Aujourd’hui, c’est mon anniversaire. Je fête mes 17 ans, même si, en réalité, je ne célèbre pas cette journée. Il me semble ne jamais l’avoir fêtée, d’ailleurs. Demain, c’est la rentrée, et ce soir, je bosse au bar. Je compte bien boire un verre pour marquer le coup. Je sais, je suis mineure je ne peux pas boire d'alcool, sauf que le patron m'a à la bonne. Il me laisse boire un verre de temps en temps, des fois ce sont des clients qui m'en offre. Physiquement, je fais plus que mon âge, c'est pour ça que j'ai pu décrocher un job dans ce bar.

Bon, ce n’est pas tout, mais il faut que je me bouge le cul. J’ai fait une petite sieste avant mon service, mais maintenant, il faut que je me dépêche si je ne veux pas être en retard. Je ne prends même pas la peine de me préparer ; je me change toujours au travail. Depuis ce jour où Henry (le mec de ma mère) m’a empêchée de sortir de la maison parce que je cite : “je l’excite trop dans cette putain de jupe”. Maintenant, je pars habillée comme un sac et je me prépare dans les vestiaires du boulot. Je prends mon téléphone et la clé de ma chambre, une routine devenue presque machinale. Je ferme ma porte à clé depuis que ce pervers s’est permis de se donner du plaisir avec mes culottes. Ce n’est pas juste une question de sécurité ; c’est un acte de survie émotionnelle. Même cela, parfois, ne suffit pas. Il y a des jours où il parvient à déverrouiller et à fouiner dans mes sous-vêtements, à violer mon espace privé avec une impudence qui me laisse sans voix. Vivement que je quitte cette maison !

Je me faufile hors de ma chambre et passe devant la porte du salon. Ma mère, Nora, et son mec à deux balles, Henry, sont enlacés sur le canapé, absorbés par la télévision, comme si le monde extérieur n’existait pas.

— Je vais bosser, dis-je, en essayant de maintenir un ton neutre.

— Tu finis ton service à quelle heure ? demande-t-elle, les yeux rivés sur l’écran, comme si ma réponse ne l’intéressait pas vraiment.

— Je ne sais pas trop, ça dépend du monde, sûrement vers 2h.

Elle hoche la tête, m’écoutant à moitié. Henry, sans aucune gêne, lui embrasse le cou, provoquant un gloussement de sa part. Je me détourne, une grimace de dégoût se dessinant sur mon visage. Comment peut-elle trouver cela normal ?

— Tu as payé mes livres pour les cours ? Ils commencent demain.

— Tu as cru que j’étais Rothschild ? Ça coûte une blinde, ces merdes.

Je souffle, levant les yeux au ciel, exaspérée par son égoïsme.

— C’est bien pour ça que je t’avais donné l’argent pour les payer.

Elle me jette un regard noir, chargé de reproches.

— Eh bien, j’ai dû le perdre. Oups. Tu n’auras qu’à les payer avec tes pourboires de ce soir.

— Je ne suis même pas sûre d’avoir des pourboires ce soir ! Je m’énerve, chaque mot venant avec une note de désespoir.

Henry, fidèle à lui-même, glisse sa main sous le tee-shirt de ma mère et commence à lui tripoter les seins. Sérieusement ? Aucune retenue, ce mec ! Ma colère se mêle à un profond dégoût.

— Alors tu n’as qu’à être très gentille ce soir avec tes clients pour en avoir, dit-il avec un sourire moqueur.

Je serre les dents, m’efforçant de ne pas répliquer. De toute manière, ça ne servirait à rien. Henry attrape les jambes de ma mère et l’allonge sur le canapé, se glissant entre ses jambes. Pour moi, c’est le signal qu’il est temps de me casser, et rapidement.

— J’y vais, dis-je, la voix tremblante.

— Oh, tu peux rester et mater. Je sais que ça te fait mouiller, sourit le pervers, une lueur malveillante dans les yeux.

Un haut-le-cœur me prend. Ma mère ricane, persuadée qu’il plaisante, alors qu’il n’en est rien. Son rêve, à ce pervers, c’est de me mettre dans son lit. Il peut toujours courir ! Je préfère encore mourir. Je ne réponds rien et sors au plus vite, mais j’ai quand même le temps d’entendre les gémissements de ma mère. Beurk ! Je déglutis, la nausée au ventre, en me demandant comment j’ai pu en arriver là.