Le mystère Galloway

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Résumé

Bonjour, bonsoir mesdames et messieurs, c'est Phoebe Crupper votre journaliste favorite qui vous parle en direct de devant le manoir de la mystérieuse, fascinante et immensément richissime famille Galloway ! Je suis venue accompagné de mon fidèle cameraman Aaron Fallwayne ! La famille Galloway a accepté qu'on suive leur quotidien durant un mois complet ! Nous allons découvrir ce qui se cache derrière les portes de ce manoir ! Phoebe Crupper est une jeune journaliste intrépide et insouciante, elle trouve toujours des aventures plus folles et dangereuses les unes que les autres. Aaron Fallwayne est le fidèle cameraman de Phoebe mais surtout son meilleur ami car ça ferait longtemps qu'il aurait démissionné à cause de Phoebe. Lorsque la journaliste ambitieuse Phoebe Crupper et son cameraman Aaron Fallwayne sont invités à filmer un mois dans le quotidien des énigmatiques Galloway, ils pensent tenir le reportage de leur vie. Mais derrière les murs du manoir, chaque jour révèle un secret plus sombre que le précédent, et bientôt, ils ne filment plus un documentaire... ils enregistrent leur survie

Genre :
Horror
Auteur :
katalyna
Statut :
Terminé
Chapitres :
24
Rating
5.0 1 avis
Classification par âge :
16+

Chapitre 1 : Bienvenue à Galloway Manor

"Bonjour, bonsoir mesdames et messieurs, c'est Phoebe

Crupper, votre journaliste favorite, qui vous parle en

direct de devant le manoir de la mystérieuse, fascinante

et immensément richissime famille Galloway ! Je suis

venue accompagnée de mon fidèle caméraman Aaron

Fallwayne ! La famille Galloway a accepté qu'on suive leur

quotidien durant un mois complet ! Nous allons

découvrir ce qui se cache derrière les portes de ce manoir

!"

La caméra tremble légèrement dans les mains d'Aaron, à

cause du vent sec qui souffle dans les collines. Le micro

capte un léger sifflement, comme un soupir lointain. Mon

écharpe se soulève et fouette ma joue, mais je ne cligne

pas des yeux. Il faut rester pro. Toujours.

Derrière moi, le manoir Galloway dresse sa silhouette

noire contre un ciel saturé de nuages d'un gris violet. Il

est exactement comme sur les vieilles cartes postales :

imposant, froid, magnifique. Un chef-d'œuvre

d'architecture gothique, avec ses tourelles en pierre, ses

vitraux de cathédrale, ses gargouilles à demi rongées par

le temps.

Mais en vrai, c'est pire. En vrai, il respire.

- Phoebe, t'es sûre de vouloir faire l'intro ici ? murmure

Aaron derrière la caméra. Il commence à faire noir, et j'ai

pas envie de capter une silhouette derrière une fenêtre...

Je lui réponds sans quitter le manoir des yeux.

- C'est exactement le but. On veut que les gens cliquent.

Et restent. Ce manoir, c'est l'algorithme incarné.

- Moi je dis qu'on devrait être payés double. Y a une vibe

de vidéo trouvée ici, tu trouves pas ?

Je me tourne vers lui, bras croisés. Il est grand,

légèrement voûté, avec ses cheveux en bataille et son

bonnet qu'il ne quitte jamais. Il plaisante souvent quand

il est nerveux. Et là, il est nerveux.

- Aaron, si quelqu'un devait mourir dans une vidéo

retrouvée, ce serait moi. Pas toi. Toi t'es le gars sympa qui

meurt en deuxième.

- Hm. C'est censé me rassurer, ça ?

Je souris. Juste pour détendre l'atmosphère.

Mais au fond, moi aussi je sens quelque chose.

Un regard. Une impression de poids, comme si des yeux

invisibles étaient braqués sur moi depuis l'instant où

nous avons franchi le portail en fer forgé.

Un portail dont les battants rouillés se sont refermés

derrière nous tout seuls.

On n'a même pas le temps de discuter davantage que la

porte massive du manoir s'ouvre dans un silence

surnaturel. Pas un grincement. Pas un couinement.

Comme si elle savait qu'on allait arriver.

Une silhouette apparaît dans l'encadrement. Une femme,

droite comme une colonne, entièrement vêtue de noir. Sa

robe tombe jusqu'au sol et semble flotter à quelques

centimètres du parquet.

Ses cheveux blancs sont tirés en un chignon si serré

qu'on dirait qu'il retient toute la structure de son visage.

- Mesdemoiselles... messieurs, dit-elle de cette voix

calme et grave qu'ont les gens qui n'ont pas besoin de

crier pour être écoutés.

Bienvenue chez les Galloway.

Je m'avance d'un pas.

- Merci de nous accueillir. Vous êtes... ?

- Lavinia Galloway, maîtresse de cette maison. Vous

serez logés dans l'aile est. Les repas sont servis à heures

fixes. Le petit-déjeuner à huit heures, le dîner à vingt

heures précises. Nous vous prions de respecter certaines

règles pendant votre séjour.

Elle ne bouge presque pas. Même sa respiration semble

calculée.

- Certaines zones vous sont interdites. Les caves. Le

dernier étage. L'atelier. Le parc arrière après le coucher du

soleil. Et bien sûr... Les miroirs anciens ne doivent pas être filmés.

Je fronce les sourcils.

- Les miroirs ?

- Ce manoir est ancien. Certains objets sont... fragiles.

Aaron me jette un regard derrière la caméra. Il n'aime pas ça.

- Une dernière chose, ajoute Lavinia. La maison a son propre rythme. Elle vous entend. Elle vous voit. Ne soyez pas surpris si vous entendez... des bruits. Des chuchotements. La maison parle. Mais elle ne mord que si on l'ignore.

Un sourire imperceptible traverse ses lèvres. Puis elle pivote et disparaît à l'intérieur. Pas un bruit de pas. Rien.

Aaron souffle doucement.

- On est tombés sur une secte ou un manoir hanté, là ?

- Pourquoi pas les deux ?

L'intérieur est pire que ce que j'imaginais. La lumière est faible, jaune, diffuse. Les murs sont couverts de tapisseries anciennes, ternies par le temps, représentant des scènes que je ne comprends pas. Un homme agenouillé devant une créature ailée. Une femme tenant une clé ensanglantée. Un enfant sans visage.

Des portraits nous regardent depuis les murs. Leurs yeux brillent comme s'ils contenaient une lueur réelle.

- Regarde ça, murmure Aaron. Ce n'est pas numérique. C'est... vivant.

Une servante passe derrière nous sans un bruit, tête baissée. Elle tient une bougie et une plume d'oie. Elle est jeune, mais son regard semble usé.

Nous suivons Lavinia dans un long couloir où les murs rétrécissent peu à peu. La sensation d'étouffement me prend à la gorge.

Elle s'arrête devant une porte en bois sombre, gravée de symboles que je n'identifie pas.

- Vos quartiers. Bonne nuit Mademoiselle Crupper. Monsieur Fallwayne.

Et elle s'éloigne sans attendre.

La chambre est grande. Froide. Deux lits jumeaux à baldaquin, une cheminée éteinte, une armoire ancienne qui grince sans qu'on la touche. Un miroir brisé dans un coin.

Je m'assieds sur le lit de droite, et le matelas grince comme si je venais de réveiller quelque chose.

Aaron filme un plan large de la pièce, en silence.

- Bon, on a nos images. Je vais faire un plan nocturne de l'extérieur et on décharge tout sur le disque.

- Attends, dis-je en sortant mon carnet. Je veux noter.

> "Journal de bord - Jour 1.

Le manoir Galloway est plus qu'étrange.

Lavinia Galloway semble cacher quelque chose.

Il y a des règles. Trop de règles.

La maison nous observe. Je le sens.

Et cette chambre... elle respire."

Je referme mon carnet. M'allonge. L'air est glacial malgré les rideaux épais.

J'éteins ma lampe.

Silence.

Et puis...

Grattement.

Lent. Régulier.

Juste derrière le mur.