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Destins entrelacés : Seconde chance

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Résumé

Alexandre Duval est l’avocat le plus brillant de sa génération, il cache pourtant un cœur brisé par la perte tragique de son épouse Mais cet héritage a un prix. Pour sceller l’avenir du cabinet, son père et son associé lui imposent une condition : un mariage arrangé avec l’une des filles Dumaine Aurore Dumaine, étudiante en médecine discrète et passionnée Entre un homme qui a juré de ne plus jamais aimer et une jeune femme qui n’a jamais cessé de l’attendre, une alliance de convenance peut-elle se transformer en véritable seconde chance ? Pris au piège de leurs propres secrets et des attentes de leurs familles, Alexandre et Aurore devront décider si leur destin est de n’être que des associés, ou de devenir bien plus que cela.

Genre :
Romance
Auteur :
B- Beletbeau
Statut :
Terminé
Chapitres :
24
Rating
4.8 5 avis
Classification par âge :
18+
Ceci est un extrait

Chapitre 1 : Héritage familial

La lumière déclinante d’un après-midi d’automne pénétrait à travers les vitres massives du cabinet d’avocats Duval & Dumaine, situé dans un immeuble majestueux du quartier des affaires d’Angers. Des avocats aux visages sévères et aux costumes impeccables se déplaçaient à pas feutrés dans les couloirs ornés de boiseries d’époque, leurs voix murmurant les sorts de clients influents et l’avenir du cabinet lui-même.

Dans l’une des salles de conférence, deux hommes siégeaient. Maître Clément Duval était un homme imposant, portant le poids des années avec dignité et grâce. Il avait bien la soixantaine passée, mais son charisme et son allure restaient indéniables. Ses cheveux argentés, autrefois d’un brun profond, étaient toujours soigneusement coiffés en arrière, révélant un front haut et une paire de sourcils arqués qui accentuaient la vivacité de ses yeux bleu acier. À côté de lui, Jérémy Dumaine, les cheveux grisonnants et le regard perçant, parcourait silencieusement un dossier.

Ceux qui connaissaient ces deux hommes savaient qu’ils n’étaient pas seulement des partenaires professionnels, mais aussi de vieux amis. Ils étaient les piliers de ce cabinet prestigieux qui, depuis près de quatre décennies, s’était fait un nom dans le monde du droit.

— Clément, dit Jérémy sans lever les yeux du dossier, il est temps pour nous de penser à la relève.

Clément acquiesça d’un signe de tête grave.

— Oui, Jérémy. Alexandre est prêt. Il est avocat depuis deux ans maintenant et il a déjà démontré son habileté. C’est un homme brillant, il est fait pour cela !

Il était clair que Clément parlait avec une certaine fierté paternelle. Alexandre était son fils aîné, un fils dont les accomplissements le rendaient fier au-delà des mots.

Maître Dumaine soupira et ferma le dossier. Il n’avait pas d’héritier masculin et ses filles n’avaient pas choisi la voie du droit. Il avait envisagé d’autres options, mais la perspective de voir son cabinet et ses parts tomber entre des mains étrangères lui était insupportable.

— Je suis d’accord. Alexandre est un bon choix. Et je pense que nous pourrions... arranger quelque chose pour sécuriser la succession et remettre notre cabinet entre ses mains…

Clément le regarda en fronçant les sourcils, intrigué. Dans le silence de la pièce, Jérémy commença à confier à son ami et associé l’idée qui avait germé dans son esprit.

Alexandre Duval entra dans la salle de conférence une heure plus tard, sa silhouette athlétique se découpant contre le lustre doré qui pendait au-dessus de la longue table en acajou. Ses cheveux châtains étaient soigneusement coiffés en arrière, accentuant la détermination dans ses yeux bleus.

— Vous m’avez demandé, Messieurs ? s’enquit-il en s’asseyant à la place habituellement réservée aux clients, face à Clément et Jérémy.

— Alexandre, commença son père d’un ton solennel, tu as démontré un grand dévouement et un talent exceptionnel pour le droit. Nous pensons tous les deux qu’il est temps pour toi de prendre plus de responsabilités au sein du cabinet. Tu sais que nous envisageons de prendre notre retraite.

Alexandre acquiesça, un air sérieux se peignant sur son visage.

— Je suis prêt à accepter tout défi qui se présente, vous le savez.

C’est alors que Jérémy prit la parole.

— C’est ce que nous espérions, Alexandre. Mais il y a une condition...

Sa voix était grave et il fixait le jeune homme de ses yeux perçants.

— Une condition ?

Alexandre était curieux, mais également un peu sceptique. Il connaissait suffisamment bien ces deux hommes pour comprendre que la condition serait de taille. Jérémy échangea un regard avec Clément avant de répondre.

— Oui, une condition. Je n’ai pas de fils, comme tu le sais, et mes filles n’ont pas fait carrière dans le droit. De ce fait, je n’ai pas de successeur pour mes parts et je ne souhaite pas vendre ; j’aimerais que le fruit de mon labeur reste dans ma famille ! Ton père et moi avons pensé à une solution : nous voudrions que tu te maries avec l’une de mes filles. De cette façon, nos deux familles seraient unies, tu dirigerais l’intégralité du cabinet et il reviendrait ensuite à votre descendance commune.

Alexandre fut abasourdi par cette proposition.

— Il est question d’un mariage arrangé, si je comprends bien…

— Dans un premier temps oui, mais tu es veuf et encore jeune. Il est temps que tu songes à refaire ta vie et à t’assurer une descendance, tu as déjà trente ans !

— Je comprends, murmura Alexandre.

Seulement, il n’avait aucune envie de s’attacher à une autre femme. Caroline lui manquait encore cruellement et son douloureux accident, intervenu dix-huit mois plus tôt, avait fait de lui un homme solitaire et brisé qui ne trouvait refuge que dans son travail.

— Réfléchis, reprit son père. Tu pourrais diriger le cabinet et récupérer une clientèle richissime. Bénéficier du renom du cabinet n’est pas négligeable pour un jeune avocat !

— Ne pourrions-nous pas racheter les parts de Maître Dumaine ? questionna Alexandre.

— Je ne veux pas vendre ! Je veux que ma fille et mes petits-enfants héritent de mon labeur. J’ai donné quarante ans de ma vie à ce cabinet !

— Je comprends, acquiesça Alexandre.

Il connaissait Cassandra et Aurore Dumaine depuis leur enfance. L’aînée avait près de six ans de moins que lui, mais il ne les avait pas vues depuis quelques années. Depuis qu’il avait perdu Caroline.

Cette proposition était un énorme dilemme pour Alexandre. D’un côté, il y avait l’opportunité de diriger un cabinet d’avocats prestigieux. De l’autre, l’obligation de s’unir à une femme qu’il n’avait pas choisie. Tandis qu’il pesait ces options, il ne pouvait s’empêcher de se demander comment les filles Dumaine réagiraient à une telle proposition.

Alexandre fixait les deux hommes. Visiblement, son père et son ami Jérémy attendaient une réponse qu’il avait peine à formuler. Il avait toujours été déterminé à faire ses preuves, à diriger le cabinet qui avait été le terrain de jeu de son père et de son mentor. C’était son héritage, son destin. Et si un mariage arrangé était le prix à payer, alors soit !

— Très bien, dit-il finalement, sa voix ferme et assurée brisant le silence tendu qui avait envahi la pièce. Si c’est ce qu’il faut pour garantir la succession, alors je suis prêt à accepter une alliance qui unirait nos deux familles !

Clément et Jérémy échangèrent un regard satisfait.

— Excellent ! dit Clément, un sourire fier sur son visage ridé.

Jérémy, de son côté, hocha la tête en signe d’approbation.

— Mais, ajouta Alexandre, j’aimerais rencontrer vos filles avant de prendre une décision finale. Je pense que c’est la moindre des choses.

Ses mots étaient fermes, laissant peu de place à la discussion. Il n’était pas seulement un pion sur un échiquier et il refusait de traiter quiconque de la sorte. Jérémy acquiesça, une lueur de respect dans le regard.

— Bien sûr, Alexandre. Nous organiserons un dîner ce week-end. Cela te donnera l’occasion de revoir Cassandra et Aurore.

Le vent du soir soufflait doucement à travers les arbres du campus de l’Université d’Angers, faisant frémir les feuilles dans une mélodie apaisante. Les derniers rayons de soleil faisaient scintiller les fenêtres de la bibliothèque où une jeune femme aux cheveux châtains, Aurore Dumaine, était absorbée dans ses livres de médecine.

Aurore avait toujours été passionnée par la science de la vie. Pour elle, chaque page tournée, chaque fait appris, était une pièce de plus dans le puzzle fascinant de l’humanité. Elle venait de terminer sa quatrième année de médecine, naviguant habilement entre les exigences rigoureuses de ses études et sa vie de jeune femme issue de l’aristocratie angevine.

L’après-midi tirait à sa fin et elle quitta la bibliothèque pour rentrer chez ses parents ; le repas était servi à 19 h et sa mère ne tolérait aucun retard. Quand elle entra dans le domaine des Dumaine, une demeure bourgeoise bâtie sur plusieurs hectares de terrain, elle croisa son père qui rentrait du cabinet, sa sacoche en vieux cuir sous le bras, un air grave sur le visage.

— Aurore, dit Jérémy, il faut que nous parlions. Rejoins-moi dans la salle à manger pour le dîner d’ici quinze minutes !

La requête, bien que teintée d’une certaine urgence, n’était pas entièrement inattendue. Elle savait que son père et son associé réfléchissaient à l’avenir du cabinet. Cependant, elle n’aurait jamais pu deviner à quel point cette décision allait affecter sa propre vie.

— Très bien, papa. Je pose mes livres dans ma chambre et je te rejoins, répondit-elle, intriguée.

Dans la demeure cossue des Dumaine, une autre conversation avait lieu. Cassandra, l’aînée des filles Dumaine, discutait avec sa mère. À vingt-quatre ans, Cassandra était une jolie jeune femme, pourvue d’une intelligence vive. Elle n’avait pas suivi la voie du droit, mais elle avait toujours eu un esprit aiguisé pour les affaires.

— Cassandra, ton père a quelque chose à annoncer ce soir, déclara sa mère avec une expression sérieuse.

Cassandra fronça les sourcils, se demandant de quoi il s’agissait.

Le soleil se couchait, peignant le ciel d’Angers d’or et de pourpre, tandis qu’Aurore, Cassandra et leurs parents se retrouvaient à table pour le dîner. La maison bourdonnait d’anticipation, une toile de fond parfaite pour le grand changement qui allait bientôt frapper la vie des sœurs Dumaine et celle d’un certain jeune avocat ambitieux.

Le silence régnait dans la salle à manger richement ornée alors que Jérémy Dumaine exposait le plan soigneusement élaboré. Les mots s’écoulaient comme un torrent, mais l’esprit d’Aurore était loin, emporté par les souvenirs. Elle ne pouvait s’empêcher de penser à Alexandre, le jeune et brillant avocat qui était maintenant au centre de leur destinée.

Un an et demi plus tôt, elle avait assisté aux funérailles de sa jeune épouse, Caroline. La perte était survenue de manière tragique : une chute de cheval qui avait laissé Alexandre veuf à vingt-huit ans. Aurore se souvenait de ses yeux d’un bleu pur, remplis de douleur mais résolus, de son intégrité et de sa force. Elle l’avait trouvé beau comme un archange, son charme mêlant une froideur calculée à une chaleur sous-jacente.

— Cassandra, dit Jérémy, interrompant les pensées d’Aurore, je pense que tu es le choix idéal. Alexandre est un homme de grande valeur, droit, bien de sa personne, et ce mariage sera bénéfique pour notre famille et pour le cabinet.

Cassandra, cependant, ne semblait pas convaincue. Ses yeux étincelaient d’une lueur de réticence.

— Papa, je comprends la logique derrière cette décision, mais Alexandre... Il est si froid, si obsédé par sa carrière. Comment pourrais-je épouser un homme qui ne pense qu’à lui-même et à son succès ?

Les mots de Cassandra frappèrent Aurore comme une pierre et elle eut un pincement au cœur. Elle ne pouvait s’empêcher de se sentir troublée, partagée entre sa loyauté envers sa sœur et son propre désir inavoué d’être celle choisie pour épouser Alexandre. Il avait exercé sur elle une telle fascination quelques années plus tôt ! Pourtant, le choix s’était naturellement porté sur son aînée et elle avait du mal à dissimuler sa déception.

— Aurore, qu’en penses-tu ? demanda soudain son père, la tirant de ses pensées.

Aurore leva les yeux, son regard s’accrochant au sien. Elle chercha les mots justes, l’esprit encore en désordre.

— Je... Je pense que nous devrions considérer ce qui est le mieux pour la famille et pour le cabinet. Si c’est la décision que vous pensez être la bonne, alors nous devrions la soutenir.

Son cœur battait fort dans sa poitrine alors qu’elle prononçait ces mots. Elle pouvait sentir le poids de la décision et l’importance de l’instant. Jérémy hocha la tête, satisfait de sa réponse.

— Une alliance entre nos deux familles et une descendance commune assureront que le cabinet reste notre patrimoine. Celle qui épousera Alexandre, en plus d’épouser un homme brillant et prometteur, héritera pour sa descendance du fruit de mon travail et de celui de mon père… Et puis, vous connaissez Alexandre Duval, même s’il est plus âgé que vous deux… Vous l’avez côtoyé il y a quelques années !

— C’est vrai qu’il était très charismatique, mais on ne le voit plus tellement depuis la tragédie qui l’a frappé ! lança Cassandra. Les bruits de couloir disent que c’est un homme brisé depuis la mort de Caroline Dewith. Je me demande bien s’il est prêt à s’investir dans une nouvelle union.

— Il a accepté ma proposition sans trop de réticence et a demandé à vous voir ! Honnêtement, Cassandra, je pense que tu serais celle qu’il faudrait à Alexandre. Vous n’avez que cinq ans et demi d’écart, tu as une bonne connaissance de notre clientèle et du milieu mondain dans lequel tu brilles. Tu pourrais l’épauler, le conseiller, lui ramener une clientèle de choix !

— De la stratégie… toujours de la stratégie ! dit Cassandra, pensive et un peu amère. On parle quand même de mariage et de descendance ! Et s’il n’y a pas d’amour ?

Sa mère, qui jusque-là avait écouté, prit la parole.

— Alexandre me semble loin d’être rebutant ! Nombre de jeunes femmes de la haute société d’Angers et des environs le surnomment « l’Archange ». Il est beau, riche, cultivé, foncièrement bon. Plus d’une jeune femme aimerait se voir proposer une alliance avec lui, fût-elle arrangée.

— Certes ! admit Cassandra. Je veux bien le rencontrer et nous verrons si nous pouvons nous mettre d’accord.

— Parfait, Cassandra. Nous allons organiser un déjeuner avec Alexandre ce week-end et nous pourrons discuter de ce mariage.

La soirée se termina dans une ambiance de réflexion profonde et de résignation. Chaque membre de la famille Dumaine était pris dans ses propres pensées et ses propres émotions, conscient de l’énorme changement qui se profilait à l’horizon.

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Bien écrit

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