Les Compagnons du Docteur (Installation à Galatea)

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Résumé

Une médecin urgentiste se retrouve plongée dans l'univers d'une meute de loups lorsqu'elle accepte de soigner l'un d'eux officieusement... Une duologie complète. Cette histoire mature est destinée à un public de 18+ avec un langage explicite et de nombreuses scènes sexuelles.

Statut :
Extrait
Chapitres :
5
Rating
4.9 95 avis
Classification par âge :
18+

(1) Capish

La porte bleue de l'hôpital s'ouvrit d'un coup dans un fracas terrible. Surprise par le boucan, je m'étouffai avec un pop-corn au cheddar.

« Pas question de passer une seconde de plus avec ces connards. » Mia leva les mains au ciel en traversant la salle de pause d'un pas rageur. Je toussai pour déloger le grain de pop-corn coincé dans ma gorge et mon téléphone s'écrasa par terre.

Je jurai en essuyant la poussière de fromage blanc sur ma blouse. Je me baissai pour vérifier que ma partie de <i>Candy Crush</i> n'avait pas été bousillée.

Je fourrai le téléphone dans ma poche et me redressai alors que Mia ouvrait violemment la porte en métal de son casier.

« Qu'est-ce qui se passe ? Quels connards ? » La nuit était plutôt calme aux urgences, même si je n'aimais pas trop porter la poisse. Et ma pause dîner n'avait commencé que depuis dix minutes.

La docteure Mia Chen et moi avions fait notre internat dans le même hôpital au Colorado. On nous avait proposé des postes aux urgences juste après avoir réussi nos examens de spécialité.

« Deux armoires à glace ont débarqué avec leur pote qui a une blessure par balle. Il a clairement besoin d'une chirurgie. Mais son "ami" refuse de nous laisser approcher, les infirmières ou moi. Ça sert à quoi de l'amener à l'hôpital s'il ne me laisse pas l'examiner ? » Elle fusilla du regard l'intérieur de son casier. « Et puis il a eu le culot de me hurler dessus en russe, comme si j'avais la moindre foutue idée de ce qu'il racontait... »

D'habitude, Mia gardait son sang-froid avec les patients et au bloc. Je respectais ça chez elle. Ce que j'aimais moins, c'est quand elle baissait la garde et déversait toute sa frustration sur moi. Je devrais déjà être contente d'avoir <i>une seule</i> amie au boulot, mais là tout de suite, c'était juste gonflant.

« D'accord », commençai-je doucement. « Est-ce qu'il a dit <i>pourquoi</i> il ne voulait pas que tu touches son pote ? »

Mia attrapa un paquet de clopes. Elle avait pourtant juré d'arrêter net au début de sa garde d'hier. Je ne la jugeais pas, j'avais moi aussi mes propres vices.

« Est-ce que j'ai une tête à parler russe ? Ana, je sais que tu es en pause, mais tu dois prendre le relais. Je vais fumer et prier le petit Jésus pour ne pas croiser un autre connard de la mafia russe ce soir. »

Je m'arrêtai devant l'évier juste avant d'ouvrir le robinet. Mes doigts tremblaient. Je les fixai, leur ordonnant de rester tranquilles. « Pourquoi tu assumes que c'est la mafia ? »

Mia me jeta un regard noir en haussant les sourcils. « Ma grande. On est entre nous. <i>Sérieusement.</i> »

Je levai les yeux au ciel. « Bravo. C'est ce qu'on appelle sauter aux conclusions. Tu es vraiment un bel exemple d'humanité. Une humble guérisseuse du peuple. J'en ai presque la larme à l'œil, vraiment. »

Elle me fit un doigt d'honneur et s'en alla. Je grimaçai un sourire ; j'avais bien cherché cette petite pique, puisque j'étais maintenant l'heureuse responsable du trio de connards susmentionné.

J'enfilai ma blouse blanche et entrai dans la salle A, mon ordinateur à la main. Le sol et la table d'examen étaient couverts de sang, mais mon patient avait disparu. Seuls deux agents d'entretien en tenue de protection intégrale se tenaient là et me regardaient d'un air hébété.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demandai-je d'un geste de la main.

L'un d'eux, Gabe, un homme d'un certain âge, retira son masque et fit un signe de tête vers la gauche. « On les a déplacés. Au fond. Le blond hurlait et faisait peur à tout le monde. »

« Compris. » Je fis demi-tour pour partir, mais Gabe m'appela. Je jetai un coup d'œil par-dessus mon épaule.

« Demande à la sécurité de t'accompagner. J'ai déjà vu des gars comme ça. » Il secoua la tête. « Quel que soit ton salaire, crois-moi, ça ne vaudra pas ce que tu vas subir là-dedans. »

Je lui adressai un sourire et un clin d'œil complice avant de me diriger vers le fond des urgences.

Cette partie de l'hôpital était inutilisée pour la simple raison qu'elle était vieille. Elle manquait du confort de la partie avant, plus récente.

J'hésitai un instant tandis que les néons du couloir vacillaient au-dessus de moi de façon sinistre. Par moments, on se serait cru dans un film d'horreur.

Après avoir pris une grande inspiration pour me préparer, j'affichai mon plus beau sourire et poussai la porte.

« Bonjour ! Je suis le docteur Hansen... <i>Wow</i>... ça fait beaucoup de sang. » Un brun incroyablement costaud, bronzé et tatoué, était plié en deux. Sa main pressait son flanc d'où le sang giclait comme dans un film de Tarantino. Son compagnon aux cheveux de jais appuyait aussi sur la plaie, comme si cela pouvait stopper l'hémorragie.

Avant que je ne puisse m'approcher, un grand blond athlétique en jean noir et veste en cuir se dressa devant moi. Je dus lever la tête pour croiser ses yeux bleu azur.

Dans un coin de ma tête, je notai qu'il était d'une beauté insolente. Ils l'étaient <i>tous</i>. Mia avait oublié de mentionner ce détail. Elle était restée bloquée sur les cris et les hurlements, j'imagine.

L'homme aux cheveux d'or dit quelque chose en russe. Je clignai des yeux en remarquant qu'il avait les yeux injectés de sang et les pupilles dilatées.

Je posai une main sur son épaule. Il s'arrêta net, le souffle court, regardant l'endroit où je le touchais la bouche bée. Comme si j'avais commis un acte terrible et innommable.

« Je suis là pour aider. » Je tapotai mon badge où, en grosses lettres capitales, il était écrit <i>DOCTEUR</i> sous mon nom et ma photo au sourire niais. Elle avait été prise le premier jour de mon internat. Le type de l'administration m'avait dit qu'il ne me laisserait la refaire que si j'acceptais de sortir avec lui.

La photo ne m'aidait donc sans doute pas à paraître rassurante ou expérimentée, mais bon, je faisais de mon mieux.

Le Russe fixa mon badge pendant un long moment. « Anastasia. Hansen. »

Son accent avait disparu, sa voix était devenue douce. Je fus surprise par ce changement brusque de comportement. « Heu, vous avez eu un traumatisme crânien récemment ? Ou pris des drogues un peu spéciales ? »

Il grogna et je tapotai de nouveau son épaule. « Désolée. C'est vrai. On verra ça plus tard. Je pense que votre ami blessé par balle doit passer en priorité. Je vais juste l'examiner, pas lui faire de mal. J'ai prêté serment pour ça. D'accord ? »

Hésitant, le blond s'écarta avec un signe de tête penaud.

Le colosse qui maintenait la plaie de la victime me dévisagea, puis se redressa soudainement comme s'il me jaugeait, et vice versa.

C'était qui, ces types, au juste ?

Je faisais un mètre soixante-deux, environ soixante kilos... <i>à peu près</i>, et zéro muscle. Le kiné hyper baraqué sur qui je craquais l'an dernier m'avait dit que j'étais « adorablement moelleuse », ce qui voulait dire que je n'étais pas aussi mince que je l'aurais dû.

Sérieusement, <i>merde</i> à ce mec.

Mais mon point était que je n'avais rien d'une menace. Je l'incitai silencieusement à regarder ma foutue photo d'identité débile, comme je l'avais fait avec son ami.

« Je sais que vous êtes inquiet pour votre ami », commençai-je doucement alors que ses épaules s'affaissaient. « Mais je suis là pour aider. Rien d'autre. »

L'homme déglutit lourdement, faisant bouger les muscles de son cou puissant, puis il hocha la tête en lâchant son ami. Je lui adressai un sourire de remerciement en attrapant une paire de gants en néoprène juste au-dessus du comptoir de l'évier.

À cette distance, je voyais clairement la blessure sanglante dans son dos. Ils lui avaient enlevé son t-shirt, révélant un corps large et musclé. Ce type était dans une forme incroyable.

Pour ne pas me répéter, ils l'étaient <i>tous</i>. À tel point qu'on aurait dit du Photoshop.

« D'accord. Une plaie par balle qui... » Je me penchai et soulevai sa main pour regarder de l'autre côté. « On dirait qu'elle est ressortie par devant. »

« C'est une bonne chose », dit l'homme aux cheveux noirs. Je clignai des yeux.

« Pas forcément. Il faut s'inquiéter de ce qu'elle a touché en sortant. » Je posai délicatement ma main sur le dos du patient, puis je fronçai les sourcils, décidant de ne pas appuyer ni de fouiller. Inutile. Je devais m'assurer que ses organes étaient intacts et qu'il n'y avait pas d'hémorragie interne.

Je pris mon talkie-walkie et appuyai sur le bouton. « Hé, c'est Hansen. J'ai besoin d'un scanner et d'une IRM. Et au cas où, préparez le bloc opératoire en urgence pour une blessure par ba... » Le colosse m'arracha le talkie des mains et je le regardai s'écraser au sol.

« <i>Hé !</i> » Mes cauchemars de <i>Candy Crush</i> recommençaient. « C'est quoi votre problème ? »

« Pas de bloc opératoire. Pas de scanner. Pas d'autres témoins. On n'a pas le temps. »

« Quoi... <i>comment ça</i> ? » m'écriai-je les bras écartés. « De quoi vous parlez ? Cet homme — votre ami — pourrait mourir si on ne vérifie pas que la balle n'a pas... »

« On veut juste que ses blessures soient nettoyées et recousues. Pas d'ouverture, pas de scanner. Ne fouillez pas là-dedans. »

Je restai bouche bée devant une telle <i>audace</i>. Un homme qui n'était clairement pas médecin me donnait des ordres. Je ne pus m'empêcher de rire jaune. « Oh, vous êtes du métier, peut-être ? »

« J'étais infirmier militaire », dit l'homme qui n'était <i>plus</i> russe en se frappant la poitrine. Je levai les yeux au ciel.

L'autre fit un signe de tête vers son ami. « Tu vois ? Ilya s'y connaît. »

Je mis une main sur ma hanche. « Monsieur, vous n'êtes pas chez vous ici. Ce n'est pas à vous de prendre ce genre de décisions. » Le brun ne fut pas le seul à se crisper ; le patient et Ilya grimacèrent en même temps, ce qui me fit froncer les sourcils.

« Qu'est-ce qui vous inquiète au point de risquer que votre ami se vide de son sang et meure ? »

« On est des shifters », répondit Ilya.

« <i>Ilya</i> », grogna l'homme aux cheveux noirs d'un ton d'avertissement.

Ça me laissa perplexe. « Heu, c'est une sorte de... secte ? » Un gang de motards, peut-être ?

« C'est un loup », expliqua le brun d'un ton impatient après avoir fusillé Ilya du regard.

Il se leva, me dépassant de toute sa tête. Son expression dure n'enlevait rien à sa beauté. Une mâchoire carrée, des pommettes hautes, un nez fin et des lèvres charnues. Je ne le dévorais pas des yeux, mais je sentais mon cou et mes oreilles commencer à chauffer alors que je soutenais fermement son regard.

Son attitude montrait clairement qu'il avait l'habitude de commander et d'être obéi. « ...Et plus on le laisse saigner, plus il faiblit, plus il risque de se transformer. De l'homme au loup. Alors, à moins que vous ne vouliez terrifier tout le monde dans cet hôpital et gérer un loup enragé devenu fou de douleur à cause de l'empoisonnement à l'argent, j'ai besoin que ça reste ici. Entre nous. Recousez-le. C'est tout. »

Eh bien. Ce n'était pas la chose la plus dingue que j'avais entendue cette semaine. Ni même aujourd'hui, d'ailleurs. Deux patients plus tôt, un homme m'avait assuré qu'il était un lézard d'un autre système solaire avant de vomir sur mes chaussures.

De toute façon, prétendre être un loup n'était pas si bizarre pour les urgences à quatre heures du matin un jeudi. Comme j'avais une autre garde de douze heures qui m'attendait et que j'étais d'astreinte tout le week-end, cette histoire serait vite oubliée.

Pourtant, il semblait croire ce qu'il disait. En fait, tous les trois semblaient y croire, ce qui me fit me demander si le Russe n'était pas sous l'emprise d'une drogue ou s'il ne souffrait pas d'un choc à la tête.

« Alors... » Les longues mèches décoiffées du brun retombaient sur son front d'une manière bien trop séduisante, lui masquant un œil. « <i>S'il vous plaît</i>. Aidez-nous. »

Le silence tomba dans la pièce. Le Russe et le blessé le regardèrent avec admiration.

« Eric », dit Ilya d'un ton grave, visiblement touché pour une raison obscure.

<i>Quoi ?</i> Je les regardai tour à tour, essayant de comprendre leur dynamique. C'était si rare que ce type dise <i>s'il vous plaît</i> ?

« Je veux aider votre ami. C'est mon métier. Il souffre et je veux vraiment le soigner. » En fait, mes doigts me démangeaient de passer à l'action pour gérer ce foutu bordel. « Mais ce que vous me demandez va à l'encontre du règlement de l'hôpital. Je pourrais perdre mon boulot <i>et</i> ma licence. »

« On n'en arrivera pas là », affirma l'homme qui devait s'appeler Eric, le regard direct et assuré. « Je surveillerai. Personne ne verra rien. Ilya a une formation médicale. Il vous assistera si besoin. »

Je jaugeai l'homme du regard, hésitante. Il avait de grands yeux ourlés de longs cils noirs. Comme je l'avais dit, ils étaient <i>tous</i> magnifiques. Mais celui-ci était plus imposant, plus fier. Puissant. Ses paroles dégageaient une telle confiance qu'elles me poussaient à l'écouter, même si je n'en avais pas vraiment envie.

Je regardai leur ami qui souffrait et me mordis les lèvres, anxieuse.

Ce n'était pas une question de fierté, d'ego ou de règlement intérieur. Il s'agissait d'aider quelqu'un.

Je grognai intérieurement, sachant que ma décision était déjà prise. « <i>C'est bon</i>. »

Quand je ramassai mon talkie, Eric se tendit comme s'il s'apprêtait à me l'arracher à nouveau. Je levai la main pour l'apaiser.

« Ici Hansen. Annulez ma dernière demande. Les gars sont partis. Je retourne en pause déjeuner. Appelez-moi si besoin. »

« Reçu, docteur Hansen », répondit le superviseur.

Je remis le talkie dans ma poche, retirai mes gants pour les jeter dans le bac à déchets dangereux, puis me lavai les mains une seconde fois.

« Bon, vous, c'est Eric. Le blond là-bas, c'est Ilya. Comment s'appelle le patient ? »

« Damon », répondit Eric.

« Très bien. Damon, je vais faire ce que je peux pour recoudre tes plaies. Mais si tu as une blessure interne et que tu as des complications plus tard ? Une rate éclatée ? Un rein touché ? Une hémorragie ? J'espère que tu sais que tes frais d'obsèques seront pour ces deux-là, pas pour moi. Capish ? »

« C'est quoi, capish ? » marmonna Ilya derrière moi.

« Ça veut dire <i>pigé</i>, abruti », haleta Damon. Je tournai la tête vers lui, surprise qu'il arrive encore à parler vu la douleur qu'il devait endurer.


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