Prologue
On dit souvent que pour comprendre les choses, il faut connaitre ce qu’elles étaient au commencement. C’est pour cette raison qu’avant de commencer ce récit, il faut faire un bon dans le temps. Pas dans le futur comme vous pouvez vous en douter, mais dans le passé. Quelques siècles en arrière lors de l’hiver 1523, en Écosse dans le village de Drùidhthall.
On les appelais les amants maudits, pas parce qu’ils étaient victime de magie noire. Non, s’ils avait hérité de ce surnom, cela venait de leur incapacité à avoir un enfant. Certains avançaient que la magie dont ils servaient était l’œuvre du mal et que Dieu les punissaient. Mais Alana et Cù rêvaient chaque nuit d’avoir un enfant et ce depuis des mois. Quand ils entendirent parler de ce petit village au nord de l’Ecosse caché dans les Highlands, ils se mirent en marchent. Pourquoi vous me demanderais vous ? Et je vous répondrais la chose suivante : les rêves se réalise toujours à Drùidhthall. Mais cette magie comme toute magie est à double tranchant. Si les rêves se réalisent, les cauchemars aussi...
Deux mois plus tard, après une longue marche, nos amoureux atteignirent afin le village. Fatigués par leur périple, ils entrèrent dans la première auberge qu’ils croisèrent. Les personnes s’y trouvant se montrèrent bien veillant envers les voyageurs, leur offrant le gite et le couvert. L’entièreté du village était prêt pour les fêtes de Yule. Avant de se coucher ce soir là, les deux amoureux prièrent les Dieux pour être sur de rêver de nouveau de leur enfant tant désiré. Seulement, cette nuit là, ils ne révèrent pas, pas plus que les suivantes. Au bout d’une semaine, ils commençait à perdre espoir.
Ils se rendirent donc dans le lieu de prière du village. Ils s’y croisèrent un homme vêtu d’une cape qu’ils leur annonça connaitre la raison de leur présence. Sceptiques mais quelque peu désespérés Alana et Cù écoutèrent les paroles du vieil homme. Alana se rappela alors les paroles de sa grand-mère puis celle de sa mère. Elles lui racontaient qu’elle descendait d’une lignée d’ancien druide. Alors, elle attendit que son époux s’endorme pour se rendre à l’endroit indiqué par le vieil homme. Elle tenait tellement à avoir cet enfant qu’elle était prête à tout essayer. Alana se trancha la paume de la main. Elle laissa couler les goutes de sang sur l’amas de pierre noire gravé de runes. Puis, elle entama le chant gaélique se trouvant sur le parchemin donné par le vieil homme en repensant à ces paroles.
— Ton sang porte le secret des Druides.
Pendant quelques minutes, il ne se passa rien. Elle perdit espoir et commença à se relever pour rejoindre la chaleur des bras de Cù. Mais, à ce moment, les pierres commencèrent à bouger pour former un cercle autour d’elle. Un éclat de lumière blanche dans le ciel, lui fit lever la tête. Quelque chose chuta à ses pieds. Elle se pencha pour le ramasser. l’objet qu’elle tenait dans sa main était chaud et brillant comme une étoile. Les tremblement autour d’elle cessèrent. Elle compris alors que le sort avait fonctionner. Elle compris qu’elle tenait dans ses mains, un morceau d’étoile. Elle tenait dans ces mains, leur seule chance de concevoir un enfant.
Cependant, elle avait l’autre partie des paroles du vieil homme.
— Mais chaque étoile volée exige son tribu...
Elle rentra à l’auberge en courant et entra dans leur petite chambre. Cù se réveilla et se redressa dans le lit. Son regard se posa sur celui de sa femme. Elle lui tendit le morceau d’étoile. Ses yeux s’ouvrirent de stupeur. Il n’avait pas cru une seule seconde que le sort marcherais alors il s’était endormi en passant que sa femme avait fait la même chose. Quelle belle erreur avait-il faite ?
Alana posa le morceau d’étoile sur le rebord d’une vieille commode et s’approcha de son époux. Elle commença à délasser ses vêtements. Cù la regarda faire avant de l’attraper par les hanches quand elle fut suffisamment prêt de lui. Il l’entraina sous le draps afin de lui donner l’enfant qu’ils désiraient tellement. Ce fut pourtant au comble de leur joie que la malédiction s’abattit. Quand les cloches de Noël sonnèrent à l’aube, Cù ne reconnut plus celle qu’il aimait. Les doigts d’Alana, autrefois si tendres, se refermèrent autour d’un couteau avec la force du désespoir. Il essaya d’attraper la lame, mais il ne fit que s’entailler la main. Alana lui planta la lame en plein cœur. Le dernier souffle de son aimé forma un cœur de givre dans l’air désormais glacial de la pièce.
Quand elle se rendit compte de son geste, les remords la submergèrent. Elle quitta leur chambre en courant vers les bois, elle s’écorcha les jambes et les bras sur les branches et les ronces. Son sang coula sur les pierres mais cela ne l’arrêta pas. Elle couru jusqu’à la petite église et y entra précipitamment. Elle monta jusqu’en haut du cloché et sauta dans le vide au moment ou les cloches attaquaient leur douzième coup annonçant Noël.
On raconte que cette nuit-là, la neige tomba noire pendant treize jours. Que les pierres du cairn pleurèrent du sang. Et que les esprits de Noël prononcèrent leur sentence : Vous vous aimerez à travers les siècles, mais l’un devra toujours mourir de la main de l’autre.
Ainsi naquit la malédiction de Drùidhthall.V