Les Lunes Silencieuses : La Lune Rouge

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Résumé

On dit que certaines âmes se croisent avant même de se connaître. Naëlys ne se souvient plus de son passé… Seulement d’un éclat de lune rouge, d’une voix dans la brume, et d’un serment oublié. À San Francisco, elle pensait fuir ses cauchemars. Mais comprenant que quelque chose a changé, elle décide de quitter la ville pour aller dans une ville qui lui semble plus que familière. Elle y rencontre Kael, musicien aux yeux d’ombre, dont chaque note semble réveiller quelque chose en elle. Mais la mémoire a ses propres chemins, et l’amour, ses propres malédictions. Dans un monde où les émotions façonnent la réalité, Naëlys devra choisir : se souvenir, quitte à tout perdre… ou oublier, et le perdre à nouveau. Sous la lumière changeante de la lune, deux cœurs se reconnaissent. Et le silence devient promesse.

Genre :
Romance
Auteur :
3DreamLA
Statut :
En cours
Chapitres :
6
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

Prologue

Je me suis toujours méfiée du silence.À San Francisco, le grondement des tramways, les cris des mouettes et la mer contre les rochers remplissaient les espaces vides, étouffant les pensées trop bruyantes. Mais depuis quelque temps, même le bruit du monde semblait s’éloigner de moi. Comme si tout retenait son souffle. Comme si le silence s’était glissé jusqu’à l’intérieur de mes rêves.

Je ne sais pas quand tout a commencé.Peut-être cette nuit où je me suis réveillée avec des larmes sur les joues, sans savoir pourquoi. Ou celle où j’ai cru entendre quelqu’un murmurer mon prénom à travers la pluie. Depuis, je me sens différente. Un peu en décalage. Comme suspendue entre deux battements de cœur, entre deux vies.

J’ai mis ça sur le compte de la fatigue, du stress, de l’ennui peut-être. Mais plus j’essayais d’oublier, plus ces images revenaient.Des voix, des ombres, une lumière dorée, et ce visage — celui d’un homme que je n’ai jamais rencontré, et pourtant, que je reconnais.Je ne vois jamais ses traits clairement. Juste ses yeux, sombres, profonds, qui semblent pleins de regrets.

Un matin, j’ai compris que je ne pouvais plus rester ici.J’ai rangé mes affaires, fermé les volets, et je suis partie. Sans prévenir personne. San Francisco appartenait à une autre version de moi, une fille qui croyait encore que la réalité était stable.

Je ne sais pas pourquoi j’ai choisi Chicago.Peut-être parce qu’elle me semblait froide, éloignée, assez grise pour me permettre de disparaître. J’ai trouvé un petit appartement près du lac Michigan. Sur les photos, tout avait l’air impersonnel, sans chaleur. Exactement ce qu’il me fallait.

Le trajet en avion m’a paru irréel. Les nuages passaient sous mes pieds, comme un océan suspendu. Et au-dessus d’eux, j’ai senti pour la première fois depuis longtemps… une paix étrange.Mais quand j’ai fermé les yeux, il était là. Cet homme.Toujours dans cette lumière brumeuse.Et j’ai eu la certitude d’avoir déjà entendu sa voix. Quelque part. Avant.

Dans le train qui m’a menée jusqu’à mon nouveau quartier, je me suis observée dans la vitre.Mes cheveux mal attachés, mes cernes, mon regard vide.J’avais l’air d’une étrangère. Peut-être que c’est ce que je cherchais à devenir.Pourtant, sous cette fatigue, il y avait autre chose. Un frémissement. Comme si quelque chose en moi se réveillait lentement, à contretemps du reste du monde.

Il pleuvait quand je suis arrivée devant mon immeuble.Le vent venu du lac me fouettait le visage. J’ai levé les yeux vers le ciel : la lune se cachait derrière les nuages, mais parfois, un rayon glissait jusqu’à moi.J’ai cru voir son reflet pulser, juste un instant.Une illusion, sûrement.

Mon appartement sentait la peinture fraîche. Les murs étaient blancs, trop propres. Je suis restée là, sans bouger, écoutant le silence. Pas le silence paisible d’une nuit tranquille — celui, plus dense, qui précède quelque chose.Comme avant un orage.

La lune projetait son reflet sur le mur. Une lueur argentée, mouvante, presque vivante.Je me suis approchée, attirée sans savoir pourquoi. Et c’est là que je l’ai entendu.Un son. Lointain, profond. Une note tenue, vibrante, comme si elle venait d’en dessous de la ville. Mes yeux se ferment.

Une contrebasse.Je n’en suis pas sûre, mais j’en ai senti chaque vibration jusque dans ma poitrine.Le son n’a duré qu’une seconde. Pourtant, il m’a fait l’effet d’un souvenir. Comme si je reconnaissais une mélodie que j’avais aimée autrefois.

Quand j’ai rouvert les yeux, la lune s’était cachée.Mais l’écho de cette note flottait encore dans ma tête. Doux, mélancolique.Et j’ai su, sans comprendre comment, que ce départ n’était pas une fuite.

C’était un retour.Vers quoi, je l’ignore encore.