Chapitre 1 - La rage de réussir
« En vérité, la difficulté est accompagnée de la facilité. »
Cette phrase, je me la répète chaque matin comme une prière qui ne s’éteint jamais. Pas une simple sagesse, non. Une promesse divine. Une vérité écrite dans notre Livre. Je la serre contre moi comme une armure invisible. Alors pourquoi renoncer ? Pourquoi me plier ? Pourquoi accepter une vie faite de miettes, d’attente, de soumission silencieuse ?
Ma facilité viendra. Je le crois avec un entêtement qui dépasse la logique.
Après la pluie, vient le beau temps. Mais moi, je ne suis pas du genre à attendre que le ciel se décide. Je veux provoquer mon beau temps. Forcer la saison. Les nuits blanches à rêver, les sacrifices qui me déchirent, les humiliations avalées… tout ça doit servir à quelque chose. Je ne suis pas née pour ramasser les restes. J’ai été mise sur cette terre pour accomplir. Pour déranger. Pour renverser.
Mon but ? Devenir une femme puissante. Pas “indépendante”. Pas “à l’aise”. Non. Puissante.
Influente, respectée, crainte même. Une femme dont le nom circule dans les bureaux fermés, dans les couloirs où les deals se font. Une femme que l’on consulte. Une femme que l’on ne contourne pas. Une femme riche — pas “à l’aise”, riche.
On dit que les femmes doivent rêver modestement. Moi, je veux rêver avec excès. Avec insolence.
Parce qu’ici, la société nous fabrique petites. Elle nous façonne pour plaire, pour servir, pour enfanter. Mais moi, je suis née pour déranger l’ordre établi. Je suis née pour briser les règles qu’on ne nous a même jamais laissées écrire.
On nous parle d’égalité comme on parle de météo : avec désinvolture. Surtout le 8 mars, quand tout le monde devient féministe pendant douze heures. Mais l’égalité ne se fête pas. Elle se conquiert. Elle se construit. Et tant que la société nous demandera de nous taire, je parlerai plus fort.
Le monde ne me donnera rien. Alors je viendrai prendre. Pas mendier — prendre.
Ma mère ne comprenait pas toujours cette flamme-là. Elle disait souvent :
— Tu vas trop loin, ma fille. C’est bien d’avoir des rêves, mais ils ne doivent pas t’engloutir.
Elle avait peur que je vende mon âme, que je tombe dans les chemins de l’ombre que beaucoup empruntent désormais. Le fétichisme. Le sang. Les pactes. Toutes ces routes où la richesse se paie en morceaux d’humanité.
Mais moi, je n’avais pas besoin de ça. J’avais mon cerveau. Ma vision. Ma faim.
Une faim ancienne, qui mord de l’intérieur.
Je regardais ma mère vivre dans un quartier qui avale les gens, et je me jurais que ce ne serait pas notre fin. Qu’elle verrait la lumière avant de quitter ce monde.
Je la vengerai. Je laverai son nom. Je sortirai notre histoire de la poussière.
Quand j’en avais trop sur le cœur, je m’échappais au Jardin Botanique de Bingerville. C’était mon refuge. Mon laboratoire d’idées. Là, entourée d’arbres immenses qui n’avaient peur de rien, je rêvais comme eux : en hauteur.
Assise sur l’herbe, je construisais ma vie comme un architecte construit une ville. Je n’acceptais aucune limite. Je me voyais marcher loin, très loin. Je me voyais devenir une femme que même le destin respecte.
Je ne voulais pas d’une vie “acceptable”. Je voulais une vie qui impose le silence quand j’entre dans une pièce.
Et c’est dans cette ambition-là, cette fièvre-là, que commence vraiment mon histoire.
💛 Merci de lire. Vos mots comptent plus que vous ne l’imaginez