UNKNOWN

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Résumé

Lucas vit dans une ville pas très bien fréquentée et son appartement se situe dans une cité. Il a une vie un peu banale jusqu'à la mort de son père. Il prend son petit frère en charge à 16 ans et enchaine les petits boulots, mais ce n'est as suffisant et il vas se faire retirer la garde de Noah. Il prend alors une décision qui va changer sa vie à jamais. Avec son nouveau métier dangereux, son petit frère, l'assistante sociale un peu indiscrète et le lycée, arrivera t'il a tout gérer?

Genre :
Action
Auteur :
Melina_la_D
Statut :
En cours
Chapitres :
2
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

Chapitre 1

Le crayon à papier traçait de légères lignes, des contours et des ombres. Il releva la tête quand le professeur parla de la boucle for en langage Python — l’informatique et la programmation étant ses seules passions — mais il se replongea vite dans ses gribouillages en comprenant que le niveau était pour débutants. Lucas était le genre d’élève typique qui n’est pas méchant, mais qui est désintéressé de tout ce qui touche de près ou de loin à l’école. Ses pages de cahier étaient plus témoins de petits dessins sans importance que de réelles progressions en français. Ses notes restaient dans la moyenne, et ses travaux, pour la plupart, étaient bâclés. Ses cheveux bruns en bataille représentaient tout autant le désordre dans sa vie que dans sa scolarité. Son allure négligée ne plaisait pas à tout le monde, et il se prenait parfois des remarques passives-agressives de la part d’autres camarades de classe.

Mais disons que son allure, comme ses résultats, n’étaient pas sa priorité dans la vie. Sa situation familiale était assez bancale, et ses responsabilités envers son petit frère s’étaient multipliées. Les cours étaient presque devenus ses seuls moments de pseudo-tranquillité.

En effet, son père perdait depuis quelques mois de plus en plus de forces et avait du mal à se déplacer. N’ayant plus de carte vitale et redoutant le coût d’un diagnostic, il avait décrété que c’était une simple grippe et qu’il irait mieux dans deux semaines. Autant vous dire que c’était bien plus grave, et qu’en cette fin de semaine, il restait cloué au lit, crachant du sang. Il avait voulu le lui cacher, mais les mouchoirs tachés de rouge dans la corbeille près du lit l’avaient trahi.

Les douces notes de musique satisfaisantes qui annonçaient la fin de l’heure retentirent lorsqu’il finissait la forme géométrique aux allures futuristes dans la marge de son cahier. Il attrapa son sac délavé, qu’il n’avait pas changé depuis la quatrième, et rangea ses affaires. Il sortit sans se faire remarquer par le professeur et joua des coudes entre la centaine d’autres élèves qui sortaient des salles et se jetaient dans la foule du couloir du lycée comme les rivières affluentes se jetant dans la Seine. Lucas se dirigea vers le fond du parvis situé devant l’établissement, le point de rencontre qu’il avait avec ses seuls amis, tout en pensant au contrôle de demain qu’il n’avait pas révisé et au froid qui lui piquait le nez.

Mais en voyant que Chris et Lenny étaient déjà là quand il arriva, il sentit le poids incessant sur ses épaules s’alléger. Il avait certes fini tôt les cours aujourd’hui, mais eux avaient séché la dernière heure pour traîner sur des forums louches du dark net, leur passion commune. Ils étaient voisins tous les deux et étaient inséparables. À eux trois, ils formaient un groupe de nerds paumés un peu inébranlable, avec des délires propres à eux seuls. Ils traînaient ensemble, ne perdaient pas leur temps à juger tout le monde et se fichaient bien du lycée — ils étaient plus centrés sur le code et des trucs incompréhensibles pour les trois quarts de la population.

Ils sortirent d’un pas traînant de l’établissement et firent un bout de chemin ensemble, en débattant de la meilleure manière de protéger leurs clouds.

Ils se séparèrent sur la conclusion d’un tout autre sujet que celui de départ quand ils arrivèrent devant le bâtiment où habitaient Chris et Lenny. Il fit un petit signe de la main en souriant, puis continua à marcher en se sentant un peu plus lourd. Il se terra un peu plus dans son manteau pour se faire plus discret et pour pouvoir rentrer chez lui sans encombre.

Les rues tristes et mal entretenues ne faisaient que rajouter du poids au sentiment de malaise de Lucas, il pressa donc le pas. En passant dans le hall de son immeuble, il fixa ses pieds pour éviter le regard des dealers qui squattaient et grimpa les sept paliers à pied, faute d’ascenseur fonctionnel. Il sortit les clés de sa poche et ouvrit la porte qui avait l’odeur du temps passé.

Un mauvais pressentiment le frappa, comme s’il avait le souffle coupé ; il savait qu’il s’était passé quelque chose de grave. Il fit glisser son sac de cours le long de son dos et le posa doucement par terre. Il n’y avait pas un bruit dans l’appartement et la lumière des fenêtres du salon faisait encore plus peser le poids du drame sur Lucas. Il se dirigea vers la chambre de son père et toqua à la porte en bois, qui datait certainement des années 80, mais qui avait été témoin de nombreux souvenirs heureux de la famille. N’obtenant pas de réponse, il ouvrit la porte. Un silence qui ne présageait rien de bon l’accueillit. L’aura chaleureuse d’antan de la pièce avait disparu et, malgré l’ambiance glaciale, il sentit une chaleur malaisante monter en lui… Il avança son pied sur le carrelage froid et un nœud commença à se former et à l’étouffer.

D’une voix hésitante qui trahissait l’inquiétude, Lucas appela son père : — Papa… — Papa, ça va ? Le même silence pesant lui répondit.

Il avança pas à pas, lentement, dans la pièce en redoutant ce qui allait se produire et se pencha au-dessus du lit. Un petit papier reposait sur le corps de l’homme d’environ un mètre quatre-vingt-trois, avec les cheveux et la barbe grisonnants et le visage à peine marqué par les ravages du temps, reposait sur le dos ; un filet de sang reliait sa narine droite à ses lèvres sèches et gercées. Le visage serein du père de Lucas contrastait avec l’ambiance de la pièce. L’expression paisible de son père, qui avait la position de quelqu’un qui avait attendu ce moment, lui fit monter les larmes aux yeux. Il effleura le bras du corps inerte et sentit le froid : un froid intense et glacé .

D’un coup le temps ralentit, le froid lui remonta le long du dos, il se sentit comme le seul être de l’univers. Une pression semblable à celle que fait l’eau sur son corps s’abattit sur lui. Il senti une larme couler sur la joue droite. Il avait l’impression de se noyer dans les eaux glacées que représentait son chagrin. Il le savait, il l’avait compris