Une fille hors normes
LA VIE PEUT ÊTRE BELLE, MALGRÉ TOUT
(PARTIE 1)
Chapitre N°1
Une fille hors normes
EMMA
Je m’appelle Emma, j’ai 17 ans.
Je suis en terminale au Lehman College. C’est un lycée public où il y a un mélange de diverses origines, aussi bien sociales qu’ethniques.
Moi, je fais partie de la « basse classe » mais ça ne me dérange pas ; j’ai fait ma place et personne ne me cherche. J’ai su me faire respecter à force de démonstrations de force et de coups de gueule ! Ici, je suis « Mad Ma », c’est le surnom qu’on me donne depuis que j’ai « défoncé » un mec de terminale qui m’a manqué de respect alors que je n’étais qu’en seconde.
Je pense qu’il avait fait un pari idiot avec ses copains de l’équipe de foot et m’avait mis la main aux fesses. Il n’a pas été déçu du retour ! Non seulement, il s’est instantanément retrouvé plaqué au sol après avoir reçu un coup-de-poing, mais en plus, il s’est pris une claque sur les fesses ! Le tout bien sûr devant tout le monde à la cafétéria !
Le mec se croyait fort avec ses muscles de footballer ! Il ignorait sans doute que je pratiquais le MMA depuis presque deux ans et que j’étais très douée.
Ce sport de combat, anciennement appelé combat libre ou free-fight, est un sport regroupant un peu toutes les techniques de combat, que ce soient les percussions ou les préhensions ; on peut aussi bien frapper à coups de poing, de pied ou de coude, que plaquer au sol ou projeter son adversaire.
J’aime le sport en général, j’aime me dépasser, ça me permet de me canaliser… enfin quand on ne me cherche pas trop ! J’ai eu mon lot de traumatismes dans ma vie et, pour y faire face, j’ai besoin de me sentir invincible.
La pratique du MMA m’a permis de pouvoir me défendre en toutes circonstances et celle du « parcours », de pouvoir m’échapper rapidement quel que soit l’endroit où je me trouve. Le temps où j’étais une pauvre petite fille sans défense est révolu !
Au lycée, j’ai donc la réputation d’être une dure à cuire, et ma manière de recaler tous les mecs qui osent encore tenter de me draguer fait que presque tout le monde est persuadé que je suis lesbienne ! Ce n’est pas le cas, mais mes traumas font que, « pour l’instant » fréquenter les mecs de cette façon ne m’intéresse pas ; donc je les laisse croire ce qu’ils veulent… On verra plus tard…
En attendant, j’ai plein de potes mecs, je fais partie du groupe des « marginaux » qui rassemble des personnes qui ne rentrent pas dans le moule. Ceux comme moi qui ont un look et une attitude peu orthodoxes…
Ha oui, je ne me suis pas décrite, je suis une fille, de race blanche, blonde aux yeux bleus très clair.
Je mesure 1m70, je suis très musclée, mais mon corps reste quand même très féminin ce que je cache soigneusement avec des joggings et des vestes très larges.
Mes cheveux sont tressés avec de fines tresses « africaines » partant depuis le sommet de mon crâne et allant jusqu’à l’arrière de celui-ci, dégageant mes oreilles recouvertes de six piercings en acier de chaque côté, pour finir par descendre jusqu’au creux de mon dos. Je ne les lâche jamais au lycée.
Mes yeux sont toujours contourés par un trait noir, avec un effet smoky très prononcé faisant ressortir le bleu très clair de mes yeux, leur donnant un aspect féroce.
Je ressemble à une guerrière, j’aurais pu jouer dans un film de vikings ! j’ai également un piercing avec un anneau au milieu de ma lèvre inférieure.
Bref, je cultive ce look pour intimider ; je préfère qu’on ait peur de moi, comme ça, on me laisse tranquille. Mieux vaut prévenir que guérir !
Par contre, je prends mes études très au sérieux, je sais que ce n’est que comme ça que je pourrais m’en sortir. Je ne suis pas idiote, et j’apprends assez facilement et j’ai un but bien précis dans la vie. Je veux devenir avocate pour défendre les plus démunis, surtout les femmes et les enfants. Ce serait une super revanche sur la vie !
Le groupe des marginaux, donc, se compose en partie de gens comme moi, pratiquant des sports de combat ou faisant du parcours.
Nous nous retrouvons souvent le week-end pour prendre d’assaut des immeubles ou des usines en toute illégalité et faisons des concours pour savoir qui ira le plus haut ou le plus vite.
Un copain s’est, un jour, cassé les deux jambes en tombant de deux étages sur un sol instable. Mais nous n’avons jamais déploré de mort... Heureusement !
Une autre partie de notre groupe est composée de jeunes qui ont juste du mal à communiquer ou à s’intégrer, et il y a enfin ceux qui n’ont pas la vie facile et qui font plus ou moins des trucs un peu illégaux pour avoir un peu de thune, vol à l’étalage, revente de cachetons pendant les soirées.
Nous avons tous eu des problèmes plus ou moins graves dans la vie. Nous nous rendons tous service les uns aux autres avec nos diverses capacités, car enfin, tout le monde peut avoir une utilité quelle qu’elle soit.
Les autres groupes que l’on peut voir dans notre lycée sont celui des sportifs et des « populaires », quelques beaux mecs et belles nanas qui attirent l’attention de presque tous les élèves et croient être le centre du monde. Beaucoup sont des fils ou des filles à papa et se la pètent avec leurs fringues de marque ou leur belle voiture. Les autres essaient de faire ‘comme si’ et sont stupidement fiers de faire partie de « l’élite » !
Il y a aussi le groupe des « intellos » toujours le nez dans leurs bouquins, et enfin le groupe le plus vaste, celui des élèves lambda, qui constitue la majeure partie du fan-club des populaires, prêt à tout pour attirer leur attention, espérant faire un jour partie de «l’élite ».
Un lycée, c’est en fait une représentation miniature de la société.








