Echoes of Pain

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Résumé

Quand Harmony découvre qu'elle est enceinte pour ensuite surprendre son mari au lit avec sa meilleure amie, elle décide qu'elle en a assez. Mais la douleur semble la suivre partout où elle va. Sera-t-elle capable d'échapper à la tragédie de son passé et de trouver un nouvel amour ? Ou les ténèbres finiront-elles par la consumer ?

Genre :
Drama/Romance
Auteur :
RachaelK99
Statut :
Terminé
Chapitres :
42
Rating
5.0 2 avis
Classification par âge :
18+

Chapitre 1 : Les Ex

Je fixe un mur gris en pensant à l'enfer qu'est ma vie. Oui, j'ai l'impression que mon existence n'est qu'une suite de grosses erreurs. Personne pour m'aimer. Tout le monde se fout royalement de mon sort, personne ne vient prendre de mes nouvelles.

Enfin, John a appelé. C'était sûrement pour vérifier que je ne m'étais pas suicidée. C'est gentil de sa part. Au fond, c'est un bon gars. C'est sans doute le seul mec bien sur cette terre.

Mais tout a basculé le mois dernier. Ça a empiré au point que je me demande si ça vaut encore le coup. J'aimerais pouvoir revenir à cette foutue erreur que j'ai commise. J'aimerais m'engueuler et me dire que toute cette souffrance n'en vaut pas la peine ! Quitte cette ville et ne te retourne pas !

À quoi ressemblerait ma vie si j'avais fait un autre choix ? Est-ce que je serais heureuse ? Je ne me rappelle même plus la dernière fois où je l'ai été... Peut-être que je serais juste en sécurité. Et à ce stade, la sécurité, c'est bien mieux que le bonheur.

Bien sûr, j'aurais probablement cru que je devenais folle. J'aurais fini par rire de moi-même jusqu'à l'hôpital. Et pour être honnête, c'était peut-être la meilleure option ! Si j'étais à l'hosto, au moins, je ne serais pas en train de sangloter dans une salle de bain. Je ne pleurerais pas sur le désastre qu'est ma vie en me demandant comment j'ai bien pu atterrir ici.

J'ai envie de me bourrer la gueule, de tomber dans le coma et de ne plus jamais me réveiller... Quelqu'un finirait peut-être par trouver mon cadavre dans quelques semaines... Je doute que quiconque paie pour mon enterrement. Ma famille s'en fiche complètement. En fait, ils fêteraient sûrement ça ! Ils brûleraient mon corps et on n'en parlerait plus.

Il y a deux semaines, je suis sortie du cabinet médical toute joyeuse. C'était le plus beau jour de ma vie ! J'avais enfin de la valeur ! J'avais une grande nouvelle à annoncer à Damian. J'étais sûre qu'il serait content quand je lui dirais.

Peut-être que ça redeviendrait bien entre nous, comme il y a six mois. Depuis que sa mère nous harcèle pour qu'on ait un gamin, il s'acharne comme un fou. Il me mettait une pression d'enfer.

Le sexe est devenu... douloureux. C'est une corvée. Il est le seul à y prendre du plaisir. Il me fait mal, mais ça en vaudrait la peine si je pouvais lui donner ce qu'il veut désespérément.

Il recommencerait à s'occuper de moi... Je ne savais pas quand son amour avait disparu pour devenir une torture. Mais avec un bébé, je serais à l'abri. Du moins, c'est ce que je pensais bêtement. Maintenant, je ne suis plus si dupe !

Il agissait bizarrement ces derniers temps. Et le fait que je sois malade n'arrangeait rien. Il me repoussait et passait des heures au boulot. Il disait qu'il essayait d'économiser ou qu'il bossait sur un gros projet.

Il avait promis de faire une pause dans quelques semaines pour partir en vacances. Tout ça tenait debout, non ? Il ne pouvait pas me mentir ! Il m'aimait ! Il m'avait même demandé en mariage, alors pourquoi il m'aurait menti ?

Avec le recul, j'aurais dû le voir. J'aurais dû remarquer les signes... Mais j'étais tellement désespérée de compter pour quelqu'un, pour une fois. Comment j'aurais pu savoir que j'aurais mieux fait de partir au Texas plutôt que de rester en Oklahoma avec ce connard ?

On était mariés depuis six mois... Se marier à 22 ans, c'est jeune, c'est vrai. Et j'étais naïve. J'étais amoureuse de lui (enfin, c'est ce que je croyais) et il me couvrait d'attention. Il me disait que j'étais la plus belle femme qu'il ait connue. Il voulait passer le reste de sa vie avec moi !

Ça devait bien vouloir dire quelque chose ! Surtout que personne ne m'avait jamais dit que j'étais belle. J'étais une nuisance, un fardeau... Pas quelqu'un qu'on épouse comme ça.

Mais pour être franche, je n'avais nulle part où aller. J'étais tellement collante et en manque d'affection que je n'ai rien vu venir. Il m'a manipulée et je m'en suis rendu compte trop tard. J'aurais dû me tirer quand j'en avais l'occasion. Je suppose que ça me rend stupide... En tout cas, c'est ce que mes parents m'auraient dit.

J'aimerais pouvoir dire que j'ai une relation avec mes parents, mais ce n'est pas le cas. Ils m'ont foutue à la porte dès mes 18 ans, sous prétexte que je leur coûtais trop cher. Ils se sont servis de moi comme tout le monde. En public, ils faisaient semblant d'être des parents aimants. Mais à la maison, c'était l'enfer.

Ils ne m'ont jamais touchée. Ça aurait alerté l'école et les flics. Non, ce sont leurs mots et leur mépris qui m'ont le plus torturée. Ils m'ont fait me sentir tellement nulle. Comme si j'étais une sale erreur de la nature !

Toute la ville de Brookfield, en Oklahoma, me traitait comme une moins que rien. Tout ça parce que mes parents n'en avaient rien à foutre de moi.

Ils ne manquaient jamais une occasion de me dire à quel point j'étais inutile. Ils disaient que c'était ma faute si ma sœur jumelle était morte. Si c'était moi qui étais morte à la place de Melody, est-ce qu'ils l'auraient aimée, elle ? Je ne le saurai jamais. Parfois, je regrette que ce ne soit pas moi qui sois partie... Elle aurait été torturée à ma place... Ou alors aimée comme je ne l'ai jamais été... De toute façon, je ne serais plus là pour subir tout ça.

Ma jumelle et moi étions presque identiques. On avait toutes les deux des cheveux roux flamboyants. Sauf que ses yeux étaient bleus et les miens sont verts. Elle est morte dans un accident de voiture quand j'avais 5 ans. Je ne vois pas comment ça fait de moi la responsable de sa mort ! J'étais aussi dans l'accident. J'ai survécu, pas elle. Tout ce que je sais, c'est qu'elle me manque. Je me sens tellement seule depuis qu'elle est partie.

Je fais des petits boulots depuis mes 12 ans. J'ai de l'argent de côté à la banque, là où mes parents ne peuvent pas y toucher. Ils adoraient me punir en me privant de nourriture... Parfois, ils oubliaient même que j'existais. Ils ne cuisinaient que pour eux deux. Si je ne voulais pas crever, il me fallait mon propre argent.

Mes grands-parents m'ont aidée à ouvrir ce compte en cachette. J'aurais aimé vivre chez eux, mais ils sont partis faire le tour du monde. Pour être honnête, je n'ai plus de nouvelles depuis des années. Ils ne m'aimaient pas assez pour m'emmener. Ils voulaient juste que j'aie de quoi me démerder toute seule.

Après m'avoir jetée dehors, je suis allée chez ma meilleure amie, Candi. Sa famille m'a hébergée pendant quelques mois. Je leur serai éternellement reconnaissante. Les parents de Candi, Lidia et Joe, ont toujours été gentils. Ils ne m'ont jamais traitée comme un boulet. Quand on a eu assez d'argent, Candi et moi avons pris notre propre appart.

Pendant un temps, tout semblait normal. J'étais presque heureuse ! J'avais un bon boulot et un toit d'où personne ne pouvait m'expulser. Je n'étais le fardeau de personne. J'étais juste moi-même, enfin libre.

Et puis Damian est arrivé, comme un chevalier blanc... C'est ce que je croyais à l'époque.

Il a quelques années de plus que moi et il avait déjà fini ses études. Il travaille dans la comptabilité. Il s'en sortait bien quand il m'a rencontrée au resto où je bossais. J'ai cru au coup de foudre... J'aurais vraiment dû m'acheter des lunettes !

Mais comment j'aurais pu savoir que c'était foutu d'avance ? Dès la première fois qu'il m'a regardée, le sort était jeté. J'étais tellement en manque d'amour que j'étais prête à le suivre aveuglément.

On est sortis ensemble pendant 3 mois. J'étais folle de lui. Il m'a dit que je n'avais plus besoin de travailler et que je pouvais emménager chez lui. Il s'occuperait de moi et on serait heureux. On fonderait une famille et on vieillirait ensemble... Tous ces rêves de bonheur me tournaient la tête. Ça m'a empêchée de voir la réalité en face.

Je ne savais pas que dire "oui" pour ce mariage était la première d'une longue série d'erreurs. Pourquoi accepter ça après seulement quelques mois ? Ça m'écœure d'y repenser. Je suis tellement conne ! Je déteste être aussi faible ! (Enfin, je crois que j'ai bien retenu la leçon maintenant.)

On a fait un mariage fissa au tribunal la semaine suivante. Puis j'ai emménagé. J'ai quitté mon job comme il me l'avait demandé. J'ai mis mon argent sur son compte pour qu'il soit "en sécurité". Je sais ! Pourquoi je n'ai pas vu les drapeaux rouges ? C'étaient carrément des sirènes d'alarme qui me hurlaient de me barrer de là !

Pourtant, je n'ai pas écouté. Je pensais qu'il m'aimerait pour toujours. J'étais une gamine idiote avec des rêves stupides. Je voulais être importante à ses yeux. Je ne peux m'en prendre qu'à moi-même pour ne pas avoir réagi plus tôt !

Au moment où j'ai dit « Je le veux », tout a changé.

Il est devenu colérique et a voulu tout contrôler. Tout devait être parfait, sinon il me frappait. Même le sexe était une façon de me dominer, une punition. Je n'arrivais jamais à rien faire d'assez bien pour Damian.

Il me rabaissait devant ses potes quand il m'emmenait en soirée. Il draguait toutes les filles célibataires. Il les embrassait sous mes yeux. Il faisait comme si j'étais complètement aveugle, alors que j'étais juste là à regarder tout son manège.

Et malgré ça, je n'ouvrais pas les yeux ! Qu'est-ce qui cloche chez moi ? Pourquoi je n'ai pas compris que quoi que je fasse, je ne serais jamais assez bien pour mériter son amour ?

Alors, quand je suis rentrée à la maison ce jour-là, avec ma grande nouvelle, et que j'ai trouvé mon mari sur le canapé avec ma meilleure amie à califourchon sur lui, j'ai pété les plombs. Je leur ai hurlé dessus, je les ai insultés.

« Comment tu as pu me faire ça ! Après tout ce que je fais pour toi ? Tu vas baiser ma meilleure amie ! Candice ! Je t'aimais comme une sœur... Et pendant tout ce temps... tu voulais juste mon mari ? Qu'est-ce qui tourne pas rond chez vous ? » j'ai hurlé, en leur balançant les coussins du canapé dans un accès de rage.

Candi a eu au moins la décence d'avoir l'air honteuse. Elle était rouge comme une tomate et elle pleurait. Elle refusait de me regarder, ce qui me va très bien. Je ne sais pas si elle joue la comédie pour Damian ou pas.

Mais Damian, lui, était furax et il a explosé. Il a lâché mon ex-meilleure amie et s'est levé devant moi, complètement à poil. Il m'a mis un coup de poing dans le ventre. Il m'a frappée encore et encore. Le monde s'est mis à tourner et j'avais juste envie de crever.

Je suis tombée, ma tête a tapé contre la table de la cuisine. Il s'est approché, m'a mis un grand coup de pied dans le bide et m'a encore giflée. Ma lèvre s'est mise à saigner. Je ne préférais pas penser au bleu qui commençait déjà à gonfler sur ma joue. Et je ne voulais surtout pas sentir ce vide douloureux dans mon ventre.

J'avais mal au crâne. Pendant un instant, tout était flou et tournoyait. Mais c'était peut-être à cause de mes larmes. J'avais un mal de chien à respirer, une douleur atroce irradiait de mon abdomen. Il fallait que je bouge...

« Sale petite traînée ! Je ne sais pas ce que je t'ai trouvé ! » hurlait-il. « Tu ne sers qu'à une chose, et quand j'ai besoin d'autre chose pour me satisfaire, tu viens tout gâcher ! » continuait-il de me crier au visage.

Je n'ai même pas pris la peine de le regarder. Il n'est plus rien pour moi. Ses mots font presque aussi mal que ses coups, mais je ne vais pas lui montrer ma douleur.

Plus tard, je pleurerais dans mon oreiller et je m'effondrerais, mais pas maintenant. Au lieu de ça, mes yeux embués se sont fixés sur mon ex-meilleure amie.

J'ai vu comme de la pitié dans son regard. Je n'avais pas besoin de sa pitié. Je n'avais pas besoin de son amitié. Sur le moment, je voulais juste lui faire aussi mal qu'elle m'avait fait souffrir. Et j'allais être on ne peut plus honnête avec cette traître.

J'ai simplement secoué la tête : « S'il peut faire ça à sa femme, qu'est-ce que tu crois qu'il te fera à toi ? » j'ai ricané alors qu'elle faisait signe que non. « Garde-le, ton connard. Je n'ai pas besoin d'un amour en toc. Vous vous méritez bien tous les deux. »