Chapter 1
âŠâŠâŠ..
â Eli : Tu la regardes souvent.
â Moha : Qui ça ?
â Eli : AĂŻshe.
pensĂ© de MohaâŠ.
Il hausse les Ă©paules, comme si la question nâavait aucune importance.
â Moha : Non. Enfin⊠pas plus que les autres.
â Eli : Ouiiii , Bien sĂ»r.!
[Moha]âŠ
Il marque une pause, puis reprend, comme pour se justifier.
â Moha : Elle est juste⊠particuliĂšre. Difficile Ă lire.
â Eli : Tu parles dâelle comme si tu essayais de tâen convaincre.
â Moha : ArrĂȘte. Elle est belle, oui, mais sans effort. Charismatique. SĂ»re dâelle.
â Eli : Tu vois, câest exactement ça.
â Moha : Quoi ?
â Eli : Tu viens de la dĂ©crire comme quelquâun que tu remarques trop.
Il fronce les sourcils.
â Moha : Son amie est bien plus attiranteâŠ.
Charlotte, par exemple. Elle, au moins, elle est évidente.
â Eli : Ăvidente, oui. Et AĂŻshe ?
Il hésite.
â Moha : AĂŻshe, câest diffĂ©rent.
â Eli : DiffĂ©rent comment ?
[Moha]
Il cherche ses mots.
â Moha : Elle laisse quelque chose derriĂšre elle. Une impression. Comme siâŠ
â Eli : Comme si tu continuais Ă y penser aprĂšs.
SilenceâŠ
â Moha : Elle nâa pourtant rien de spĂ©cial, reprend-il trop vite.
â Eli : Alors pourquoi tu me parles encore de sa peau, de son regard, de ses cheveux ?
Il se tait.
[Moha]
Sourit nerveusement.
â Moha : Je te dis que je prĂ©fĂšre Charlotte.
â Eli : Peut-ĂȘtre.
Dit il de maniĂšre anodineâŠ
â Moha : Quoi, peut-ĂȘtre ?
â Eli : Peut-ĂȘtre que ce nâest pas toujours celle quâon choisit qui nous trouble le plus.
Tu parles beaucoup dâelle pour quelquâun qui dit sâen foutre.
â Moha : Jâen parle parce que tu poses des questions.
Ainsi Moha,
Il détourne le regard. Devant eux, la rue est bruyante, mais son esprit est ailleurs.
âąPensĂ© de MohaâŠ
AĂŻshe nâa rien de provocant, pourtant tout chez elle attire lâattention. Fine, mais dessinĂ©e avec justesse. Des courbes naturelles, sans excĂšs. MĂȘme quand elle porte des vĂȘtements simples, elle dĂ©gage quelque chose dâĂ©lĂ©gant, presque instinctif.
Soudain revient Eli et ses questions persistanteâŠ
â Eli : Et Charlotte, alors ?
â Moha : Charlotte est⊠SILENCE⊠puis continue Ă©vidente.
Il sourit en disant ça.
Charlotte rassure. Charlotte ne trouble pas.
Puis dans ses pesnsĂ©sâŠ
AĂŻshe, elle, laisse toujours un arriĂšre-goĂ»t. Sa peau Ă©bĂšne accroche la lumiĂšre, son visage est un Ă©quilibre parfait entre douceur et assurance. Des yeux en amande qui ne fuient pas. Des lĂšvres pleines, assumĂ©es. Et ces cheveux, toujours soignĂ©s, quâils soient longs, lisses, tressĂ©s ou courts.
â Eli : Tu vois, reprend Eli doucement , tu la regardes comme quelquâun qui essaie de ne pas tomber.
â Moha : Nâimporte quoi.
â Eli : Peut-ĂȘtre. Mais tu ne parles pas de Charlotte comme ça.
Silence.
â Moha : Je ne veux rien dâAĂŻshe, finit il par dire.
â Eli : Câest rarement comme ça que ça commence.
âŠâŠ
Tout naturellement la vie Ă©tait toujours a son essorâŠ.
Le quartier des Ă©lĂšves dĂ©bordait de vie. Les vendeurs tambourinaient sur leurs Ă©tals, les tissus et livres formaient un patchwork de couleurs, et les tricheuses glissaient des cartes sous des mains trop rapides pour ĂȘtre vues.
La police patrouillait, rigide, et des voleurs profitaient du tumulte pour subtiliser ce quâils pouvaient. Lâair Ă©tait un mĂ©lange de cafĂ© brĂ»lĂ©, de mangues trop mĂ»res et de poussiĂšre. Partout, il y avait des cris, des rires, des rĂ©primandes, et le cliquetis des caisses enregistreuses improvisĂ©es.
Moha se fraya un chemin entre ses camarades de classe, serrant son sac contre lui.
â Un passant: HĂ©, fais gaffe Ă ce stand ! lança lâun dâeux, en pointant du doigt une tricheuse qui disparaissait derriĂšre un Ă©tal.
pensĂ© de MohaâŠ
Pourquoi est-ce que je la regarde autant, malgrĂ© tout ? pensa-t-il, jetant un coup dâĆil rapide vers AĂŻshe, immobile, le dos droit, impeccable. Elle ne riait pas, ne sâĂ©nervait pas, ne se laissait jamais emporter par lâagitation autour dâelle.
Il se dit que câest juste son imagination, que le marchĂ© est trop bruyant, quâil se fait des idĂ©es. Rien de plus.
Pourtant, son regard prĂ©cis, presque froid, revenait dans sa tĂȘte Ă chaque mouvement de la foule. Chaque fois quâelle levait un sourcil en notant quelque chose sur son carnet, il sentait son esprit se perdre un peu.
Son attitude rigide, son calme imperturbable dans ce chaos, lui revenait en tĂȘte.
Il nâavait pas le droit de penser comme ça. Elle nâĂ©tait pas Ă lui, elle ne lui avait jamais rien donnĂ© Ă penser.
âWen : Tu crois quâils vont nous laisser passer par lĂ ? demanda un camarade, et Moha hocha la tĂȘte, la voix Ă©tranglĂ©e par ses pensĂ©es.
Ce nâĂ©tait rien. Juste une curiositĂ©, un dĂ©tail parmi tant dâautres.
Mais chaque fois quâelle croisait son regard, il savait quâil ne parviendrait pas Ă chasser cette image, pas mĂȘme au milieu du tumulte de la foule dâĂ©lĂšves.








