Le cœur du montagnard (Heart's Peak, tome 1)

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Résumé

Lorsque Dove, citadine pure souche, hérite d'un haras, elle n'a qu'une hâte : le vendre. Tomber amoureuse du ténébreux voisin n'était absolument pas au programme. Mais pourra-t-elle passer outre le passé sombre de Burley ? Ou leurs secrets finiront-ils par les séparer ?

Genre :
Romance/Drama
Auteur :
Danica Avery
Statut :
Terminé
Chapitres :
28
Rating
5.0 1 avis
Classification par âge :
18+

Chapitre 1 ~ Dove

« Vous êtes arrivée. »

Dove jeta un coup d’œil à son téléphone et tendit le bras pour éteindre le GPS. Elle était bien contente de l’avoir, sinon elle n’aurait jamais trouvé cet endroit. Une maison isolée à la sortie d’une petite ville nichée dans les montagnes du Colorado. C’était déjà un miracle qu’elle soit répertoriée dans le GPS.

La maison qui se dressait maintenant devant elle, encadrée par son pare-brise, avait appartenu à son grand-père. Elle... elle ressemblait à un désastre en devenir.

« Sérieusement ? » se dit-elle, comme si douter à voix haute pouvait changer la réalité. On lui avait promis une charmante maison d’artisan. Ce qu’elle voyait là, c’était une simple bicoque délabrée, et ce n’était pas du tout ce qu’elle appelait « charmant ».

Dans un soupir, Dove sortit de sa voiture pour mieux observer les lieux. Des feuilles d’automne jonchaient la cour et obstruaient les gouttières. La peinture bleu clair du bardage était passée et s’écaillait. Des toiles d’araignée et des restes de vieux nids de frelons s’accrochaient aux vitres sales. Les marches du perron grinçaient sous ses pieds et une image horrible lui traversa l’esprit : le bois cédant sous son poids. Elle allait se casser la cheville en tombant ! Putain, c’était quand la dernière fois qu’elle avait fait un rappel de vaccin contre le tétanos ?

Heureusement, les marches de grand-père ne s’effondrèrent pas sous elle. Le perron avait l’air aussi usé que le reste de la maison ; il était vide, à l’exception de deux chaises. La porte moustiquaire grinça quand elle l’ouvrit. Elle avait l’intention de la maintenir ouverte avec sa hanche le temps de sortir la clé de son sac, mais après avoir fixé la vieille porte pendant une minute, elle fronça le nez et changea d’avis. Ses vêtements étaient beaucoup trop beaux pour être frottés contre cette moustiquaire crasseuse.

Elle la laissa se refermer dans un claquement sonore et fouilla dans son sac. Peut-être ne devrait-elle pas être aussi sévère avec cet endroit. On venait juste de le lui donner. L’appel était arrivé de nulle part. Son grand-père était décédé et, comme il n’avait pas laissé de testament, ses biens et sa propriété lui revenaient automatiquement.

Sauf qu’elle était censée faire quoi avec cette baraque au milieu de nulle part ? Elle vivait à New York, bon sang ! Il n’était pas question qu’elle laisse tout tomber pour vivre au fin fond de la cambrousse. Le plus vite elle en aurait fini ici, mieux ce serait.

Si seulement elle pouvait trouver la clé de la maison.

« Pff, où est-elle ? » souffla-t-elle dans un soupir. Oh, attends. C’est vrai, elle l’avait mise dans la boîte à gants pour ne pas la perdre. Elle détestait quand elle faisait ça. Mettre un truc dans un « endroit sûr » pour l’oublier complètement après. Elle leva les yeux au ciel, lâcha un petit rire qui détendit un peu ses nerfs, et retourna vers sa voiture.

Les marches du perron ne l’engloutirent pas non plus en redescendant.

Elle se dirigea vers le côté passager et tirait la portière quand elle entendit quelque chose qui ressemblait distinctement au hennissement d’un cheval. Elle se redressa et jeta un coup d’œil autour d’elle. Encore ce bruit. Yep, c’était bel et bien un cheval.

Ça ne la surprenait pas tant que ça. Elle savait que la propriété comprenait une écurie. Grand-père élevait des chevaux pour vivre. Elle ne s’attendait juste pas à ce que les chevaux soient encore là. Ce n’était pas une sorte de maltraitance animale, ça ? Elle imaginait que quelqu’un d’officiel serait passé les récupérer en attendant que la famille de grand-père s’en occupe. Comme l’État, la SPA ou je ne sais quoi. Visiblement, elle n’y connaissait rien.

Une inquiétude soudaine l’envahit : les pauvres bêtes devaient mourir de faim. Dove n’était pas une amoureuse des chevaux. Elle n’en avait même jamais monté un. Pour être honnête, ils lui faisaient peur. Mais ça ne voulait pas dire qu’elle voulait les voir souffrir !

Elle jeta son sac sur le siège passager et se précipita pour trouver la source du hennissement. Où était cette foutue écurie ? On ne la voyait pas depuis l’allée. Elle remarqua un chemin qui contournait la maison. C’était un chemin de terre, humide et un peu boueux à cause d’une récente pluie d’automne. Marcher dessus avec ses bottines super mignonnes la fit soudain hésiter.

Merde, mais qu’est-ce qu’on en a à faire des chevaux ?

Serrant les dents, elle s’engagea sur le chemin en essayant tant bien que mal d’éviter les flaques de boue. Elle était tellement concentrée sur le sol qu’elle ne remarqua l’écurie que lorsqu’elle fut droit devant elle. Elle leva les yeux : c’était là, une grande grange rouge, tout aussi délabrée que la maison.

Les portes de l’écurie étaient ouvertes, laissant apparaître une rangée de stalles de chaque côté avec un large passage au milieu. Elle ne voyait aucun cheval d’où elle se trouvait, mais elle les entendait plus clairement maintenant.

Elle sursauta et s’arrêta net. Il y avait quelqu’un dans l’écurie.

Grand-père vivait seul. Personne ne devrait être sur sa propriété. Sur sa propriété. Qui était cet homme ? Quoi qu’il en soit, il ne semblait pas l’avoir remarquée. Il tenait un balai et balayait ce qui ressemblait à de la paille sale sur le sol de l’écurie.

Eh bien, il fallait bien savoir qui c’était, non ? Il avait l’air de faire des corvées, donc ce n’était probablement pas un psychopathe redneck tout droit sorti d’un film. Elle se redressa, se tenant droite avec l’assurance de quelqu’un qui était à sa place, et s’approcha des portes ouvertes de l’écurie.

À mesure qu’elle se rapprochait, elle put mieux voir l’homme et... putain. Ce n’était pas du tout un redneck. C’était un canon ! Il était grand, facilement plus d’un mètre quatre-vingt. Les manches de sa chemise étaient retroussées jusqu’aux coudes, dévoilant ses avant-bras musclés. À voir la façon dont le reste de sa chemise moulait son corps, elle devinait que sa carrure imposante était faite de muscles solides. Ses cheveux brun foncé étaient longs, tombant sur ses épaules, et ils étaient assortis à son épaisse barbe. Tout chez lui avait l’air fort et robuste. Elle n’aurait jamais cru qu’on pouvait associer « montagnard » et « sexy », mais nom d’un chien, il lui prouvait le contraire.

Et là, elle était en train de le dévorer des yeux comme une idiote. Elle se secoua et se rappela ce qu’elle était venue faire.

« Excusez-moi, » dit-elle en entrant dans l’écurie. « Qui êtes-vous ? »

L’homme s’arrêta de balayer et tourna le regard vers elle, la remarquant pour la première fois. Son expression était indéchiffrable.

« Je m’appelle Burley Johnson, mademoiselle », répondit l’homme, et même sa voix était attirante. Il faisait plus chaud dans l’écurie ou c’était juste elle ?