1 Qui est-elle ?
1. Qui est-elle ?
Ville de Delhi.
20h30
Une pluie battante s'abat sur la ville. Les réverbères scintillent tandis que l'eau ruisselle sur la chaussée. Les voitures avancent lentement et le son des klaxons résonne à travers l'averse. Les gens se précipitent sous leurs parapluies ; certains s'arrêtent près des étals de chai, dont la vapeur s'élève dans l'air froid de la nuit.
Un SUV de luxe noir fend la pluie. Arnav Singh Raizada est au volant. Il rentre tôt chez lui aujourd'hui.
Son téléphone sonne. Il gare sa voiture sur le bas-côté et décroche.
« Oui, Aman. »
« ASR, es-tu rentré ? »
Arnav regarde par la fenêtre la ville qui défile.
« Non… je suis en chemin. »
« Mmm… Il pleut énormément. Appelle-moi quand tu seras bien rentré. »
« Je le ferai. »
Il s'apprête à raccrocher… quand soudain, sa main s'immobilise. Les yeux d'Arnav se fixent sur l'autre côté de la route…
Une jeune femme se tient là, sous la pluie. Elle rit doucement… elle commence à danser, tournoyant librement sous l'averse. Ses cheveux sont trempés, et son visage rayonne d'une joie pure. Le temps ralentit. La pluie tombe autour d'elle comme par magie. Ses bracelets tintent. Son sourire illumine la rue sombre.
Arnav est pétrifié. Son cœur bat plus fort que le tonnerre pour la première fois, et ASR perd les mots.
« ASR, tu m'écoutes ? » demande la voix d'Aman.
« Aman, je te rappelle plus tard. » Dit-il, perdu, sans jamais détacher ses yeux d'elle.
La jeune femme lève le visage vers le ciel, laissant la pluie le laver. À cause de l'obscurité, Arnav peine à distinguer clairement ses traits.
L'eau de pluie ruisselle sur la vitre de la voiture, brouillant tout à l'extérieur.
Arnav lève la main et essuie la buée sur la vitre trempée. Sa respiration se coupe. Elle se tourne légèrement avant que son visage ne soit parfaitement visible… Un éclair déchire le ciel. Toute la rue s'illumine, révélant ses traits.
La pluie embrasse sa peau, ses yeux expressifs. Un sourire épargné par la cruauté du monde. Pendant une seconde, tout s'arrête. L'homme d'affaires impitoyable oublie toutes les dures vérités sur lesquelles il avait bâti sa vie.
Elle rit et tournoie à nouveau dans les éclaboussures. Ses bracelets étincellent.
Le tintement d'une clochette perce le bruit de la pluie. Un tricycle de marchand de glaces passe lentement. La jeune femme s'arrête de danser.
Ses yeux s'illuminent.
« Bhaiya… Arrêtez ! Je veux une glace à l'eau », lance-t-elle avec enthousiasme.
Le vendeur s'arrête et la regarde, surpris. « Sous la pluie, beti ? » demande-t-il, perplexe.
À cause de l'averse, personne ne lui achetait de glaces et il rentrait chez lui. Il est surpris de voir cette fille manger une glace par un temps pareil.
Elle hoche la tête avec empressement.
« Oui, Bhaiya ! Donnez-moi celle à l'orange. »
Le vendeur sourit et lui tend une glace. Elle le paie.
« Merci ! »
Le chariot s'éloigne et disparaît dans la pluie.
Arnav observe la scène, stupéfait.
Elle déballe sa glace et en prend une bouchée joyeuse, les yeux fermés de pur bonheur, debout au milieu de la rue.
Arnav fronce les sourcils. « Est-elle folle ? Qui mangerait une glace sous une pluie battante ? »
Elle rit seule tandis que l'eau froide se mélange à la glace qui fond, totalement indifférente.
Les lèvres d'Arnav tressaillent ; un début de sourire se dessine en la voyant.
« Mais… elle est mignonne. »
Elle croque à nouveau dans sa glace avec plaisir. Soudain, son téléphone sonne. Elle se fige. Son sourire s'efface. Elle sort précipitamment l'appareil de son sac trempé et regarde l'écran. BUAJI s'affiche.
Ses yeux s'écarquillent de terreur.
« Oh… non… Je suis morte aujourd'hui », murmure-t-elle.
Elle déglutit et répond à l'appel.
« Allô, Buaji », dit-elle d'un ton doux et innocent.
« Hé KHUSHI ! Où es-tu ? Il pleut des cordes, est-ce que tu es encore en train de te tremper sous la pluie et de manger une glace ? » demande-t-elle avec colère et bruyamment.
Khushi déglutit difficilement. Elle baisse les yeux… sur ses cheveux mouillés, ses vêtements trempés… puis sur sa main. La glace fond et coule sur ses doigts.
Khushi se redresse rapidement.
« N… non, Buaji… Je ne suis pas du tout mouillée et je ne mange pas de glace. »
« Ne me mens pas ! Il se fait tard, rentre vite. »
« Ji, Buaji. » Elle raccroche et fixe son téléphone.
« Tu vas prendre cher aujourd'hui », se dit-elle avant de déglutir à nouveau. Elle lève les yeux vers le ciel. « Devi Maiyya… s'il te plaît, sauve-moi ! »
Elle cache précipitamment la glace derrière son dos, comme une enfant coupable.
Arnav a tout vu. Ses expressions… son visage effrayé… un léger amusement scintille dans ses yeux.
Il ne comprend pas ce qu'elle dit, mais son regard s'adoucit tandis que Khushi se mord la lèvre, nerveuse. Mais celle qui est à l'autre bout du fil… elle est clairement en train de la réprimander.
Il l'observe essuyer la glace fondue sur son dupatta, en panique.
Il se penche en arrière, les yeux toujours fixés sur elle. « Incroyable. »
Khushi se tourne et s'en va, l'inquiétude se lisant sur son visage. Et Arnav Singh Raizada ne peut pas détacher son regard d'elle.
Arnav Singh Raizada, l'homme qui n'avait jamais cru en l'amour et pensait que les émotions étaient des faiblesses, ne pouvait pas cesser de la regarder disparaître dans la pluie.
Il ne connaissait pas son nom. La pluie s'était calmée, mais Arnav ne bougeait pas.
Ses doigts restaient posés sur le volant. Ses yeux demeuraient fixés sur la route où elle venait de disparaître.
Pourquoi suis-je encore assis ici ?
Le SUV avance lentement. Et là, il la revoit.
Elle est debout près d'un petit temple en bord de route, essayant d'essorer son dupatta. Son visage se crispe de frustration alors qu'elle secoue ses cheveux mouillés comme un chaton agacé.
Les lèvres d'Arnav se courbent inconsciemment.
Soudain, une moto arrive en trombe et roule dans une flaque à proximité. De l'eau sale l'éclabousse entièrement.
Khushi se fige.
Elle baisse les yeux sur ses vêtements désormais encore plus sales.
« Hé ! Tu es aveugle ou quoi ? » crie-t-elle au motard qui disparaît au loin, en frappant du pied.
Les sourcils d'Arnav se haussent.
Du feu. Il y avait un vrai tempérament sur ce visage innocent. On aurait dit qu'elle était prête à poursuivre la moto. Mais à la place, elle soupire de façon dramatique et lève à nouveau les yeux au ciel.
« Devi Maiyya… est-ce que ça fait partie de ton grand plan pour tester ma patience ? »
Arnav manque d'éclater de rire.
La fille qui dansait sous la pluie… qui mangeait une glace pendant un orage… est maintenant en train de se disputer avec Dieu ?
« Incroyable. »
Elle se précipite vers les marches du temple et joint les mains avec sincérité.
« S'il te plaît, fais en sorte que la colère de Buaji s'apaise avant que je rentre… et aussi… ne me laisse pas attraper de fièvre. Je déteste le kadha. »
Arnav secoua légèrement la tête.
Qui prie de cette façon ? Il avait vu des gens prier pour la richesse. Pour le succès. Pour le pouvoir. Mais cette fille ? Elle priait pour du kadha.
Khushi héla un auto-rickshaw, monta dedans et partit. Arnav la regarda disparaître sous la pluie, glissant à l'intérieur du véhicule.
Il ne savait pas l'expliquer… mais quelque chose en elle persistait dans son esprit, refusant de s'effacer. Sa façon de rire sous la pluie, sa manière de se disputer avec le monde entier et même avec Dieu, son innocence qui se heurtait à son tempérament de feu… c'était exaspérant. Et pourtant, absolument fascinant.
Arnav redémarra son SUV. Il conduisait lentement, l'esprit agité.
« Qui est-elle ? » murmura-t-il entre ses dents.
Et pour la première fois depuis des années… Arnav était curieux au sujet de quelqu'un.
........
L'eau de pluie dégoulinait des cheveux de Khushi alors qu'elle se tenait devant la porte. Elle hésita… puis frappa doucement…
« J'arrive… » lança une voix de l'intérieur.
La porte s'ouvrit à la volée et Buaji apparut. Dès que ses yeux se posèrent sur Khushi, ils s'écarquillèrent.
« Eh, Sanka Devi ! » s'exclama-t-elle, un mélange de choc et de colère dans la voix.
Avant que Khushi ne puisse réagir, Buaji la tira à l'intérieur et l'examina d'un regard critique, la scannant de la tête aux pieds.
« Tu es complètement trempée ! »
Khushi déglutit et frissonna légèrement, les dents claquant.
« Buaji… » commença-t-elle d'une petite voix, mais avant qu'elle ne puisse finir, Buaji lui tira l'oreille.
« Combien de fois t'ai-je dit que sortir sous la pluie est interdit ! Et qui plus est, à cette heure-ci. »
Khushi grimaca : « Aïe… Buaji ! »
Ses grands yeux brillaient, ses lèvres boudaient, et elle fit sa moue la plus innocente, semblable à celle d'un bébé.
« J'ai fait une erreur, d'accord ? » supplia Khushi.
Une voix douce les interrompit.
« Jiji… »
Le visage de Khushi s'éclaira instantanément. Elle se dégagea de la poigne de Buaji et s'élança vers l'avant.
« Babuji ! » s'exclama-t-elle en se jetant dans les bras de Shashi, enfouissant son visage contre son torse.
Buaji poussa un soupir, les mains sur les hanches.
« Shashi… vous deux, vous la gâtez beaucoup trop… »
Khushi jeta un coup d'œil depuis les bras de Shashi en faisant la moue.
« Buaji… » dit-elle en faisant les yeux doux.
Buaji l'observa. Trempée, grelottante… elle se détourna, feignant la colère : « Va d'abord changer tes vêtements… on discutera après », grogna-t-elle.
« D'accord… » dit-elle avec un sourire. Elle embrassa la joue de Buaji et Khushi disparut à l'intérieur pour se changer.
« Quelle fille folle… si elle continue à rentrer trempée comme ça, elle va finir par tomber malade. »
À ce moment-là, Garima sortit de la cuisine.
« Qu'est-ce qui se passe, Jiji ? Pourquoi Khushi est-elle si en retard ? »
Buaji croisa les bras, agacée : « Qu'est-ce qui pourrait se passer d'autre ! Sa majesté est rentrée à la maison trempée par la pluie. »
Le visage de Garima se remplit d'inquiétude : « Sous la pluie ? »
Elle se dirigea vers la chambre de Khushi, mais Buaji l'arrêta.
« Elle est en train de se changer en ce moment même. »
« Tu l'as grondée, n'est-ce pas… »
« Je suis obligée de la gronder. Si nous ne disons rien, qui le fera ? » dit Buaji d'un ton bourru. « C'est juste que… elle aurait pu attraper froid, tu ne crois pas ? »
« Tu l'aimes beaucoup, Jiji. » Garima la taquina gentiment.
« Je vais aller préparer du thé… avec du gingembre… »
Garima sourit.
............
Les grandes portes de RM s'ouvrirent. Arnav entra.
« Chotte… » Une voix l'arrêta. « Pourquoi es-tu en retard aujourd'hui ? »
Arnav s'arrêta… mais ne répondit rien. Il desserra légèrement son manteau.
« Aman a appelé. Il a dit que tu avais soudainement raccroché. Il a essayé de te joindre tant de fois, mais tu ne répondais pas », dit la personne.
La personne s'approcha : « Que s'est-il passé, Chotte ? Je me suis tellement inquiétée en apprenant cela. »
« Rien, Nani. » Il sortit son téléphone et y jeta un coup d'œil : « Il n'y avait pas de réseau sur la route. C'est tout. Nani, pourquoi n'es-tu pas encore au lit ? »
« Même si je suis fatiguée, je ne peux pas trouver le sommeil tant que tu n'es pas rentré, Chotte… »
« Nani… combien de fois t'ai-je dit de ne pas m'attendre ? S'il te plaît, mange à l'heure et va te coucher… »
« Si je ne m'occupe pas de toi, qui le fera ? Qui prendra soin de toi quand je ne serai plus là ? »
« Nani, je t'en prie… ne parle pas comme ça. Tu ne vas nulle part. » Il s'agenouilla près d'elle, son apparence dure s'adoucissant instantanément.
« Si tu épouses une fille bien… même si je ne suis plus là, elle prendra soin de toi avec beaucoup d'amour. Je veux juste te voir heureux et installé, Chotte. »
L'idée du mariage, et peut-être d'une certaine jeune fille en costume Chikankari, passa dans ses yeux. Il se leva brusquement, essayant de dissimuler ses émotions.
« J'ai une réunion tôt demain. Va te coucher maintenant, Nani. Me le promets-tu ? »
« Chotte… dois-je demander à Hari Prakash de faire réchauffer ton repas ? »
« D'accord… Va te reposer. Je vais me changer et je descends manger. Je te le promets. »
Elle hocha la tête.
« Assure-toi de manger correctement. Ne te contente pas de ton café amer pour tout repas. »
Un léger sourire, presque imperceptible, apparut sur ses lèvres : « Bonne nuit, Nani. »
Arnav disparut dans sa chambre. Nani resta un moment dans le couloir silencieux avant d'appeler.
« Hari Prakash ! »
HP accourut depuis la cuisine, essuyant ses mains sur son tablier : « Oui, Nani ji ? »
« Arnav Baba vient de rentrer. Fais réchauffer son repas, d'accord ? Assure-toi que tout soit bien chaud. »
« Oui, Nani ji. Je l'apporte immédiatement sur la table », répondit-il en hochant la tête avec diligence.
Nani le regarda se diriger vers la cuisine, puis elle se tourna et entra dans sa propre chambre.
...........
Dans la maison des Gupta, dans la chambre de Khushi.
Khushi était allongée sur son lit, enveloppée dans une couverture. Ses cheveux étaient encore légèrement humides. Elle frissonna et tira la couverture plus près d'elle.
« Devi Maiyya… s'il te plaît, ne laisse pas la maladie m'attraper demain. »
Ses yeux se fermèrent lentement. Elle sombra dans le sommeil. Après quelque temps, la porte s'ouvrit doucement. Shashi et Garima entrèrent silencieusement.
« Elle ne semble pas avoir de fièvre », murmura Garima.
Shashi poussa un soupir de soulagement.
« Elle est probablement juste un peu fatiguée. » Il remonta délicatement la couverture autour de Khushi. Khushi murmura quelque chose dans son sommeil.
« Babuji… » murmura-t-elle.
Garima sourit avec amour. Shashi se pencha et embrassa le front de Khushi.
« Ma petite puce… » dit doucement Shashi.
Garima éteignit la lampe de chevet. Ils sortirent discrètement, refermant la porte derrière eux.
À suivre…









nice start ...love ot read more
I really liked the beginning of this story. I will read it with the greatest pleasure. Thank you.
beautiful beginning ❤️