Riptide Second Chance Romance par Aly Nyx chez Inkitt
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Riptide - Second Chance Romance

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Résumé

Madison Morgan n'a jamais oublié Brandon Hartley. À quatorze ans, il était tout, son premier amour, son premier baiser, celui qui lui a offert le pendentif cœur brisé en promettant "pour toujours". Puis l'été de ses quinze ans, il a disparu. Un silence qui a duré trois ans. Aujourd'hui, Madison a dix-huit ans. Elle rentre à Riverside après son premier semestre à l'université. Mais le destin s'en moque. Brandon est là, au bord du même lac. Et quelque chose de dangereux s’abat sur Riverside.

Genre :
Romance
Auteur :
Aly Nyx
Statut :
En cours
Chapitres :
2
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

Chapitre 0. Première Marée

Madison Morgan , 14 ans


Mars

Il y a des moments qui redéfinissent une vie entière. Des instants si brefs qu’on pourrait les manquer en clignant des yeux, mais qui gravent leur empreinte dans l’âme comme une brûlure au fer rouge. Pour moi, ce moment est arrivé un mardi ordinaire de mars, dans la cafétéria bruyante de Riverside High, quand j’avais quatorze ans et que je ne savais pas encore ce que signifiait perdre son cœur.

La cafétéria sentait toujours la même chose, un mélange de pizza réchauffée, de désinfectant et de cette odeur indéfinissable propre aux lycées américains.

J’étais assise à notre table habituelle, coincée entre Alysson et Chloé, pendant qu’Emma racontait une histoire compliquée sur son cours de chimie. Ses mains gesticulaient avec animation, ses boucles rousses rebondissant autour de son visage comme des ressorts.

— Et puis M. Peterson a littéralement fait exploser le bécher ! Emma riait, les yeux brillants. Il y avait de la fumée partout, et l’alarme incendie a failli se déclencher, et...

— Oh mon Dieu.

La voix d’Alysson était à peine un murmure, mais quelque chose dans son ton m’a fait lever les yeux de mon plateau.

Elle ne nous regardait pas. Son regard était fixé sur la table du fond complètement absorbée. Ses joues avaient pris une teinte rosée, ses lèvres entrouvertes comme si elle avait oublié comment respirer.

— Qu’est-ce que tu regardes ? a demandé Chloé en suivant son regard, les sourcils froncés.

Rien, a répondu Alysson trop rapidement, détournant les yeux une fraction de seconde avant de les ramener vers la table du fond.

Emma a échangé un regard confus avec Chloé.

— Tu es bizarre aujourd’hui.

C’est à ce moment-là que je l’ai vu. Je sais que c’est un cliché. Je sais que c’est ce que tout le monde dit dans les films, dans les livres, dans les chansons d’amour stupides. Mais c’est exactement ce qui s’est passé. Le bruit de la cafétéria s’est estompé jusqu’à devenir un murmure lointain, les conversations se sont transformées en bourdonnement indistinct, et il n’y avait plus que lui.

Il était trop grand. Pas comme les garçons de ma classe, ces adolescents maladroits aux voix qui muent encore, aux corps qui ne savent pas quoi faire de leurs membres trop longs. Non. Lui, c’était un homme. Seize ans, peut-être dix-sept. Première ou deuxième année. Muscles définis sous son t-shirt noir qui épousait ses épaules larges, ses bras sculptés.

Une mâchoire ciselée, anguleuse, virile. Des cheveux bruns qui tombaient négligemment sur ses yeux, encadrant des pommettes hautes et une bouche parfaite. Il portait un jean délavé qui tombait bas sur ses hanches, et il se déplaçait avec une assurance tranquille, fluide, comme s’il savait exactement qui il était et n’avait rien à prouver à personne.

Trop vieux et trop beau pour moi.

Mon cœur s’est serré douloureusement dans ma poitrine. Parce que je le savais déjà, ce garçon n’était pas pour moi. Il était hors de ma portée, dans un autre monde, une autre galaxie. J’avais quatorze ans. J’étais une gamine. Et lui... lui, c’était un dieu descendu sur terre, et je n’avais aucun droit de le regarder comme ça.

— C’est qui ? a chuchoté Chloé, les yeux écarquillés.

Brandon Hartley, a répondu Alysson, qui semblait toujours tout savoir sur tout le monde. Il vient de déménager ici. Son grand-père habite sur Maple Street.

— Il est... Emma a cherché ses mots, la bouche légèrement ouverte. Wow.

Wow ne suffisait pas. Wow était un euphémisme ridicule pour ce que je ressentais. Il était comme une force de la nature, un orage, un incendie, quelque chose d'impossible à ignorer.

Il s’est dirigé vers le comptoir, et j’ai suivi chaque mouvement. Puis il s’est retourné. Et nos regards se sont croisés.

Ses yeux, d’un brun profond, presque noir, avec des éclats dorés qui captaient la lumière, ont rencontré les miens à travers la cafétéria bondée. Pendant une fraction de seconde qui a semblé durer une éternité, il m’a vue.

Un sourire a effleuré ses lèvres. Léger, presque imperceptible, mais il était là. Puis il a détourné le regard.


Juin - Une Semaine Avant la Fin de l’Année.

Je ne croyais pas au destin. Pas vraiment. Mais quand je l’ai vu assis sur le quai de Riverside Lake ce vendredi après-midi, les pieds pendant au-dessus de l’eau, un carnet de croquis ouvert sur ses genoux, j’ai pensé que peut-être, peut-être, l’univers conspirait pour quelque chose.

Il était seul. Complètement absorbé par ce qu’il dessinait, les sourcils légèrement froncés en concentration, une mèche de cheveux bruns tombant sur ses yeux. Le soleil de fin d’après-midi dorait sa peau, faisait briller les reflets auburn dans ses cheveux.

J’aurais dû partir. J’aurais dû faire demi-tour et rentrer chez moi avant qu’il ne me voie. Mais mes pieds ont refusé de bouger.

Trois mois depuis ce jour à la cafétéria où nos regards s’étaient croisés. Trois mois à le regarder de loin dans les couloirs, à mémoriser chaque détail de son visage, à inventer des conversations que nous n’aurions jamais.

Et maintenant, il était là. À mon endroit secret.

— Tu vas rester plantée là toute la journée, ou tu vas t’asseoir ?

Sa voix m’a fait sursauter. Il ne levait même pas les yeux de son carnet, mais un sourire jouait sur ses lèvres.

Il savait que j’étais là.

— Je... je ne voulais pas te déranger.

— Tu ne me déranges pas, murmure-t-il.

Il a levé les yeux alors, et ce regard, ce regard brun doré qui m’avait hantée pendant trois mois, s’est posé sur moi avec une intensité qui m’a coupé le souffle.

— Assieds-toi, a-t-il dit doucement. S’il te plaît.

J’ai obéi, mes jambes tremblantes me portant jusqu’au quai. Je me suis assise à côté de lui, laissant un espace respectable entre nous, mes mains serrées sur mes genoux. L’eau clapotait doucement contre les piliers en bois sous nos pieds. Le soleil commençait à descendre, peignant le ciel de rose et d’orange.

— Tu viens souvent ici ? a-t-il demandé, refermant son carnet.

— Oui. Enfin... j’y venais. Avant.

— Avant quoi ?

Avant que tu déménages à Riverside et que tu deviennes tout ce à quoi je peux penser.

— Avant que l’année scolaire devienne folle, ai-je menti.

Il a souri, et mon cœur a fait une pirouette dangereuse.

— Je comprends. Moi aussi, j’aime venir ici. C’est calme. Loin de tout le bruit.

— Tu dessines ? ai-je demandé, hochant la tête vers son carnet.

Il a hésité, puis l’a ouvert à une page au hasard. C’était un croquis du lac, les arbres se reflétant dans l’eau, les nuages bas, la lumière filtrant à travers les branches. C’était magnifique.

— C’est... incroyable, ai-je murmuré.

— Merci. Il a passé une main dans ses cheveux, soudain presque timide. C’est juste... un truc que je fais. Pour me vider la tête.

— Ça marche ?

— Parfois.

Nous sommes restés assis là pendant ce qui a semblé être des heures, parlant de tout et de rien. Il m’a raconté comment il avait déménagé ici après la mort de sa grand-mère, comment son grand-père était seul maintenant et avait besoin de lui. Je lui ai parlé de mes parents divorcés, de comment je venais au lac pour échapper au silence de la maison vide. Il m’a montré d’autres dessins. Je lui ai dit qu’il devrait les exposer un jour.


Août

La maison d’Emma vibrait de musique et de rires. Des guirlandes lumineuses étaient suspendues dans le jardin, créant une atmosphère féerique sous le ciel d’août qui commençait à s’assombrir. L’air sentait le barbecue et l’été, cette odeur sucrée de fin de vacances qui te rappelle que septembre approche trop vite.

Brandon et moi sommes arrivés ensemble, sa main dans la mienne, et j’ai senti tous les regards se tourner vers nous. Nous. Un couple officiel.

— Tu es sûre que ça va ? a-t-il murmuré à mon oreille, son souffle chaud contre ma peau.

— Oui, ai-je chuchoté en retour, serrant sa main plus fort. Tant que tu es là.

Il a souri, ce sourire dévastateur qui me faisait fondre à chaque fois, et a déposé un baiser léger sur ma tempe. Mon cœur a fait une pirouette dangereuse.

Emma nous a accueillis avec des cris de joie, nous entraînant vers le jardin où la plupart des invités étaient déjà rassemblés. Chloé était là, dansant avec Tyler près des enceintes. Elle nous a fait un signe de la main enthousiaste, les yeux brillants.

— Enfin ! a-t-elle crié par-dessus la musique. Le couple de l’année est arrivé !

J’ai rougi, mais Brandon a juste ri, passant un bras autour de mes épaules comme si c’était la chose la plus naturelle du monde. Et peut-être que ça l’était.

Mais quand j’ai cherché Alysson du regard, mon sourire s’est figé.

Elle était assise seule sur les marches de la terrasse, un verre de soda à moitié vide dans les mains, le regard perdu vers l’horizon. Elle portait une robe d’été jaune pâle qui aurait dû la faire rayonner, mais elle avait l’air... éteinte. Absente. Comme si son corps était là mais que son esprit était à des kilomètres.

— Aly ? ai-je appelé, lâchant la main de Brandon pour m’approcher d’elle.

— Oh. Salut, Mads.

— Tu veux parler ? ai-je insisté doucement.

Elle a secoué la tête, ses cheveux blonds tombant devant son visage.

Il y avait quelque chose dans sa voix, une sorte de désespoir caché, une douleur qu’elle refusait de partager. Et ça m’a fait mal de la voir comme ça, fermée, lointaine, comme si elle était enfermée dans un endroit où je ne pouvais pas la rejoindre.

La soirée a continué autour de nous. Emma a soufflé ses bougies. Chloé a fait un discours embarrassant sur l’amitié. Tyler a renversé du punch sur sa chemise. Et Brandon et moi, nous sommes restés ensemble, sa main dans la mienne, son rire dans mes oreilles, son regard sur moi comme si j’étais la seule personne qui comptait.


Juin - Un An Plus Tard.

Le quai de Riverside Lake était exactement comme dans mes souvenirs. Les mêmes planches de bois usées, les mêmes reflets argentés sur l’eau, le même ciel qui s’étirait à l’infini au-dessus de nos têtes. Mais tout était différent maintenant. Parce que j’étais différente. Parce que nous étions différents.

Un an depuis ce jour de juin où Brandon m’avait invitée à m’asseoir à côté de lui, où nos vies s’étaient entrelacées comme les branches des saules qui bordaient le lac. Un an de rires, de baisers volés dans les couloirs du lycée, de nuits passées au téléphone jusqu’à ce que nos voix deviennent rauques.

— Ferme les yeux, a murmuré Brandon, sa voix chaude contre mon oreille.

— Pourquoi ? ai-je demandé, mais j’obéissais déjà, mes paupières se fermant.

— Fais-moi confiance.

Je te fais confiance… au point de te confier ma vie sans hésiter.

J’ai senti ses mains glisser autour de mon cou, quelque chose de froid et métallique effleurant ma peau. Puis ses doigts ont attaché le fermoir, et il a reculé d’un pas.

— Tu peux regarder.

J’ai ouvert les yeux et baissé le regard. Un pendentif en argent brillait contre ma peau, suspendu à une chaîne délicate. Un cœur brisé en deux, les bords irréguliers s’emboîtant parfaitement, comme s’ils avaient été faits pour se retrouver.

— Brandon... ai-je soufflé, mes doigts tremblants touchant le métal froid.

— C’est nous, a-t-il dit doucement, ses yeux bruns dorés plongés dans les miens. Deux moitiés d’un même cœur. Séparées, on est incomplets. Mais ensemble...

Il a posé sa main sur la mienne, nos doigts s’entrelaçant autour du pendentif.

Les larmes de bonheur me montent aux yeux, si intenses que mon cœur menace d’exploser dans ma poitrine.

— Je t’aime, Madison.

— Je t’aime aussi, ai-je chuchoté, ma voix brisée par l’émotion. Tellement. Tellement que ça me fait peur parfois.

— N’aie pas peur, a-t-il murmuré, ses mains encadrant mon visage, ses pouces essuyant les larmes qui coulaient sur mes joues. Je serai toujours là. Je te le promets.

— Pour toujours ?

— Pour toujours… répète-t-il dans un souffle.

Il m’a embrassée alors, et le monde a disparu. Le lac murmurait autour de nous, le vent jouait dans nos cheveux, et j’ai pensé que c’était ça, le paradis. Cet instant. Brandon et moi.

Pour toujours.

Je l’ai cru. Dieu… comme j’ai eu tort d’y croire.

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