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ÉCLATS – Tome 2 : L’Héritage du Néant

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Résumé

[A VENIR]

Genre :
Scifi
Auteur :
Axel_book778
Statut :
En cours
Chapitres :
2
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

Chapitre 1 – Les Cendres de la Victoire

La victoire avait un goût étrange. Pas amer. Pas doux non plus. Quelque chose entre les deux, comme une pluie froide sur une peau brûlante. Depuis la chute de Monarque, New York n’avait pas vraiment repris vie. Les sirènes s’étaient tues, les dégâts avaient été réparés, les journaux avaient parlé d’incidents “exceptionnels”, et pourtant la ville restait traversée par une tension invisible. Comme si tout le monde avait oublié ce qui s’était passé, sauf ceux qui l’avaient vécu. Les porteurs, eux, n’avaient rien oublié. Le hangar du port était silencieux ce matin-là. Trop silencieux. Silas observait les bracelets posés sur la vieille table en métal, alignés comme si chacun d’eux contenait encore une bataille prête à recommencer. Ethan était adossé à une poutre, les bras croisés, l’air fatigué mais encore prêt à réagir au moindre danger. Liam fixait son Émeraude avec une concentration presque douloureuse. Noah faisait tourner une petite goutte d’eau entre ses doigts, nerveusement. Cléo gardait les bras croisés, droite et immobile. Ezra ne disait rien. Aaron et Iris restaient près de la fenêtre. Les triplés, eux, parlaient à voix basse. Kael observait tout le monde comme s’il cherchait déjà le prochain piège. Et Soren restait à l’écart, sa main posée sur son poignet nu. Là où sa pierre avait disparu. Là où elle avait été reprise. Là où elle était revenue. Silas prit enfin la parole.

Silas : Vous sentez ça, n’est-ce pas ? Personne ne répondit tout de suite.

Liam : Oui.

Ethan : Comme si la ville respirait mal. Silas hocha lentement la tête.

Silas : Parce qu’elle ne s’est jamais vraiment remise. Et parce que quelque chose s’approche à nouveau. Ethan releva la tête.

Ethan : Monarque ? Le vieux porteur serra la mâchoire.

Silas : Oui. Monarque. Le mot tomba lourdement dans la pièce. Un silence s’installa. Puis les bracelets se mirent à vibrer, tous ensemble. Rouge. Vert. Bleu. Jaune. Blanc. Noir. Turquoise. Améthyste. Opale. Citrine. Perle. Topaze. Et la lumière blanche de Soren, plus douce, plus stable qu’avant. Noah leva les yeux d’un coup.

Noah : Attendez… L’air avait changé. Pas un souffle. Pas une vibration simple. Quelque chose de plus grave. De plus profond. Comme si la ville entière retenait son souffle au même moment. Les pierres réagissaient en cadence, comme si elles percevaient une présence lointaine.

Ezra : Ce n’est pas normal.

Cléo : Rien ne l’est, avec lui. Soren, lui, blêmit légèrement.

Soren : Ce n’est pas une alerte. Tout le monde se tourna vers lui.

Soren : C’est une fracture. Avant que quelqu’un puisse lui demander ce qu’il voulait dire, toutes les lumières s’éteignirent d’un coup. Le hangar plongea dans l’obscurité. Puis, au loin, au-dessus des docks, une ligne violette fendit le ciel. Silas pâlit aussitôt.

Silas : Non…

Ethan : Quoi ? Silas fixa l’horizon, comme s’il venait de reconnaître une chose qu’il aurait préféré ne jamais revoir.

Silas : Ça… ce n’est pas seulement Monarque. Un éclair violet éclata de nouveau. Plus dense. Plus noir dans son cœur.

Silas : Quelque chose d’ancien vient de se réveiller avec lui. À des kilomètres de là, dans un lieu enfoui sous la ville, Monarque se tenait seul devant une paroi de pierre noire couverte de symboles anciens. Il n’avait plus l’air pressé. Il n’avait plus l’air blessé. Il paraissait calme. Presque patient. Autour de lui, les ombres semblaient respirer. Dans sa main, une poussière violette tournoyait lentement comme si elle attendait d’être appelée.

Monarque : Ils ont survécu à ma chute. Un sourire discret glissa sous sa capuche.

Monarque : Bien. Alors maintenant, ils vont comprendre ce que j’ai vraiment réveillé. Il leva lentement la tête. Ses yeux brillèrent d’un éclat plus sombre qu’avant.

Monarque : Et quand je reviendrai… je ne serai plus Monarque. Dans le hangar, une nouvelle vibration secoua les murs. La porte s’ouvrit toute seule. Tous se retournèrent d’un même mouvement. Une femme se tenait dans l’embrasure. Tailleur sombre, visage calme, presque banal. Le genre de personne qu’on oublierait aussitôt dans une foule. Mais personne ne bougea. Parce que ses yeux, eux, étaient bien trop calmes. Et bien trop violets. Silas recula d’un pas.

Silas : Non… La femme inclina légèrement la tête.

Femme : Je suis venue transmettre un message. Ethan fit un pas en avant.

Ethan : Vous êtes qui ? La femme sourit à peine.

Femme : Quelqu’un qui travaille avec Monarque. Puis elle tendit la main. Dans sa paume apparut une enveloppe noire, marquée du symbole du Néant.

Femme : Il vous envoie ceci. Liam fronça les sourcils.

Liam : Où est-il ? La femme le regarda calmement.

Femme : Plus près que vous ne le pensez. Puis la lumière autour d’elle se tordit. Son corps sembla se dissoudre dans une fumée violette, comme si elle n’avait été là que pour un seul instant. Quand elle disparut, l’enveloppe tomba au sol. Soren la ramassa le premier. À l’intérieur, une seule phrase. “Le passé ne meurt jamais. Il apprend à porter de nouveaux visages.” Ethan sentit un frisson lui remonter la colonne vertébrale.

Ethan : Qu’est-ce que ça veut dire ? Silas fixa la phrase, puis le cercle des porteurs, puis les bracelets. Son visage avait perdu toute couleur.

Silas : Ça veut dire qu’il ne revient pas comme avant. Un silence. Puis, très bas :

Silas : Quand il réapparaîtra vraiment… il ne sera plus Monarque. Dehors, le ciel au-dessus de New York s’assombrit d’un coup, comme si la nuit venait de tomber plus tôt que prévu. Et quelque part, dans les profondeurs de l’ombre, une nouvelle présence ouvrit les yeux. Plus froide. Plus ancienne. Plus dangereuse. Ombre Noire venait de naître. Le vent s’était levé dehors. Brutal. Inhabituel. Les porteurs échangèrent des regards. L’enveloppe noire reposait toujours ouverte sur la table, sa phrase résonnant comme un écho dans le silence du hangar.

Ethan : Il bluffe. On l’a battu. Il peut pas revenir comme ça.

Soren : Si. Et il le fera. Silas posa une main sur la table, son regard fixé sur la porte.

Silas : Écoutez. Tout s’arrêta. Le vent. Les bruits de la ville. Même le tic-tac lointain d’une horloge invisible. Puis un grondement. Profond. Comme si la terre elle-même se réveillait. La porte du hangar s’arracha de ses gonds. Une silhouette se dressa dans l’embrasure, immense, drapée d’une cape noire absolue qui semblait absorber la lumière elle-même. Plus de violet criard. Plus de fissures. Juste un vide parfait, traversé de veines argentées luminescentes qui pulsaient comme des artères vivantes. Son masque était neuf. Poli. Intégral. Deux fentes étroites laissaient filtrer un regard d’un noir liquide, profond, insondable. À sa main droite, un nouveau sceptre. Plus fin, plus élégant. Au sommet, une pierre d’obsidienne intacte, massive, sans la moindre éraflure du combat précédent. Elle irradiait une énergie stable, contrôlée, infiniment plus puissante.

Silas : Monarque… La voix qui répondit n’était plus la même. Plus grave. Plus résonnante. Comme si elle venait de plusieurs endroits à la fois.

Ombre Noire : Non. Il fit un pas en avant. Le sol se fissura légèrement sous son pied.

Ombre Noire : Monarque était une coquille. Ceci est l’héritage. Les pierres des porteurs s’illuminèrent d’un coup, frénétiques, comme si elles réagissaient à une menace qu’elles n’avaient jamais connue. Ethan serra les poings, des flammes jaillissant déjà de ses paumes.

Ethan : T’es toujours le même lâche !

Ombre Noire : Lâche ? Non. Stratège. Son regard balaya le groupe, s’arrêtant un instant sur Soren.

Ombre Noire : Vous avez brisé une partie de moi. J’en ai forgé dix autres. Il leva lentement son sceptre intact.

Ombre Noire : Et maintenant… vous allez voir ce que je peux vraiment créer. L’obsidienne pulsa. Pas un akuma. Quelque chose de différent. Plus grand. Plus primal. Une masse d’ombre se forma devant lui, grandissant, se tordant, prenant forme. Des griffes. Des yeux multiples. Un corps fait d’obscurité liquide, parcouru de filaments argentés.

Liam : C’est quoi ça… ?

Silas : Un Sentimonstre. Sa première création parfaite. La créature rugit. Un son qui fit vibrer les os de tous ceux présents. Elle mesurait dix mètres de haut, ses membres se reformant constamment, impossibles à anticiper.

Ombre Noire : Nommez-le… Abysse. Abysse chargea. Ethan lança ses flammes. Elles furent absorbées. Liam fit surgir des racines. Elles furent broyées. Noah tenta une vague. Elle se dissipa dans le néant. Cléo érigea un bouclier. Il se brisa comme du verre. Les porteurs reculèrent, pour la première fois depuis longtemps… dépassés.

Ezra : Il a évolué. Complètement.

Ombre Noire : Observez bien. Il claqua des doigts. Abysse se divisa en trois. Puis cinq. Puis dix silhouettes plus petites, rapides, mortelles.

Ombre Noire : Chaque fragment porte une émotion. Colère. Peur. Désespoir. Les fragments se dispersèrent dans le hangar, attaquant de tous les côtés. Kael tenta une illusion. Abysse la traversa sans broncher. Soren leva sa pierre blanche. Une onde purificatrice balaya un fragment… mais cinq autres surgirent à sa place.

Soren : Il se régénère plus vite que je ne peux le purifier ! Ombre Noire s’avança calmement au milieu du chaos.

Ombre Noire : Vous avez gagné une bataille. J’ai gagné une guerre. Son regard se posa sur Ethan et Liam.

Ombre Noire : Vos pierres sont liées. Brisez l’un… et l’autre s’éteint. Ethan et Liam échangèrent un regard. Pour la première fois… inquiet. Puis Ombre Noire leva son nouveau sceptre vers le ciel.

Ombre Noire : Ceci n’était qu’un test. Le véritable Héritage commence maintenant. Un éclair noir fendit le ciel au-dessus de New York. Des centaines de fragments d’ombre se répandirent dans la ville.

Silas : Il libère les Sentimonstres sur toute la ville !

Ombre Noire : Précisément. Il tourna les talons, sa cape noire ondulant comme une vague d’encre.

Ombre Noire : Bonne chance, porteurs. Le hangar trembla une dernière fois. Puis le silence retomba. Dehors, New York hurlait déjà.

Ethan : On fait quoi maintenant ?

Soren : On se bat.

Liam : Tous ensemble.

Silas : Ou on perd tout. Les treize pierres s’illuminèrent à nouveau. Mais cette fois… face à un ennemi qui n’avait plus peur de la lumière. Les fragments d’Abysse se dispersaient déjà, filant comme des ombres vivantes à travers les murs fissurés du hangar. Chaque fragment pulsait d’une émotion brute — colère hurlante, peur suffocante, désespoir muet — se fondant dans la nuit de New York comme autant de poisons lâchés dans la ville. Ombre Noire s’était arrêté à l’entrée, sa cape noire ondulant légèrement malgré l’absence de vent. Son nouveau sceptre intact irradiait encore de cette énergie stable, presque sereine, qui rendait sa présence encore plus oppressante.

Ethan : Tu crois vraiment qu’on va te laisser faire ça ? Ombre Noire tourna lentement la tête, son masque poli reflétant les flammes vacillantes d’Ethan.

Ombre Noire : Je ne crois rien, porteur du Rubis. Je sais. Il leva une main gantée, comme pour savourer la panique naissante dans leurs yeux.

Ombre Noire : Abysse n’est pas une arme. C’est un miroir. Il reflète ce que vous cachez tous. À cet instant, un mouvement dans l’ombre attira son regard. Mirage. Elle se tenait là, à quelques mètres derrière lui, immobile. Son tailleur sombre était intact, sa bague fusionnée luisait faiblement d’un violet discret. Mais elle n’avançait pas. Elle n’attaquait pas. Elle observait simplement, les bras le long du corps, son regard fixé sur Soren. Ombre Noire fronça imperceptiblement les sourcils sous son masque.

Ombre Noire : Mirage. Pas d’ordre. Pas de menace. Juste son nom. Elle ne bougea pas. Son expression restait neutre, presque détachée. Comme si le combat qui se déroulait sous ses yeux ne la concernait plus.

Ombre Noire : Joins-toi à eux. Silence. Les porteurs retinrent leur souffle, sentant la tension monter entre les deux silhouettes sombres. Ethan échangea un regard rapide avec Liam — une opportunité ? Une trahison ? Mirage inclina légèrement la tête, comme si elle réfléchissait. Puis, d’une voix calme, presque douce :

Mirage : Non. Le mot claqua comme un fouet. Ombre Noire resta immobile une seconde de trop. Même son nouveau pouvoir, si parfait, si maîtrisé, sembla hésiter.

Ombre Noire : Explique-toi.

Mirage : Tu as changé. Et pas en mieux. Elle fit un pas en arrière, vers l’obscurité, sans jamais quitter Soren des yeux.

Mirage : La pierre de Décorruption… elle agit encore sur moi. Et je préfère rester… libre. Ombre Noire serra son sceptre. Une veine argentée pulsa plus fort sur sa cape.

Ombre Noire : Traîtresse.

Mirage : Peut-être. Ou simplement lucide. Elle disparut dans une fumée subtile, laissant derrière elle un vide que même les ombres semblaient refuser de combler. Ombre Noire resta figé un instant. Pour la première fois depuis son retour, une faille. Minuscule. Mais réelle.

Soren : Elle a choisi. Ombre Noire tourna brusquement la tête vers lui.

Ombre Noire : Comme toi. Et tu vois où ça mène. Il leva son sceptre une dernière fois. Les derniers fragments d’Abysse se regroupèrent autour de lui, comme des chiens fidèles.

Ombre Noire : Abysse va consumer vos émotions. Une par une. Vous vous détruirez vous-mêmes. Puis, sans un regard de plus, il s’évanouit dans l’ombre, sa cape se fondant parfaitement dans la nuit. Le hangar retomba dans un silence oppressant. Seuls les échos lointains des Sentimonstres se répandant dans la ville brisaient la nuit.

Ethan : C’était quoi ça ?

Silas : Une fissure. Dans son plan. Dans son contrôle.

Liam : Mirage… elle a résisté à la Décorruption même après tout ça.

Soren : Non. Elle a choisi de résister. Il y a une différence. Noah, encore tremblant, regarda vers la porte béante.

Noah : Et maintenant ?

Silas ramassa son Aigue-marine, qui pulsait d’une lueur bleue renforcée.

Silas : Maintenant, on chasse les Sentimonstres. Et on trouve les fissures.

Ethan : Toutes les fissures ?

Silas : Oui. Même celles qu’on ne voit pas encore. Dehors, New York hurlait déjà sous les premiers assauts d’Abysse. Mais pour la première fois… les porteurs avaient un espoir concret. Pas une victoire. Une opportunité.

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