Yours Darlin' par Gabby Daniels chez Inkitt
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Rien que pour toi

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Résumé

Kate Reid, la typique jeune femme britannique, a traversé l’Atlantique pour s'installer dans l'Oklahoma. Elle a tout misé sur un seul rêve : devenir un jour une autrice à succès. Après en avoir dévoré des centaines, elle veut enfin écrire le sien. Zac Morgan vient tout juste d'hériter du ranch familial après le décès de son père. Il ne veut rien avoir à faire avec la maison d'hôtes, mais lorsqu’il reçoit une réservation pour trois mois payée d'avance, sa situation financière ne lui permet pas de refuser. Kate tente de s'adapter à la vie au ranch tout en cherchant l'étincelle pour son roman, tandis que Zac apprivoche ses nouvelles responsabilités. Tout les oppose et ils se heurtent sur les détails les plus anodins. Zac est pragmatique et rationnel, là où Kate est spontanée et fantaisiste, mais on dit souvent que les contraires s'attirent…

Genre :
Romance
Auteur :
Gabby Daniels
Statut :
Terminé
Chapitres :
41
Rating
5.0 2 avis
Classification par âge :
18+

Chapitre 1 - Kate

Existe-t-il quelque chose de pire qu'un vol long-courrier en classe économique ET au siège du milieu ? Mon avion a décollé d'Heathrow juste avant le déjeuner, avec deux hommes de chaque côté qui pensaient que mon espace au sol leur appartenait aussi.

Quand nous avons atterri à Chicago O’Hare, j'étais ravie d'avoir une escale de cinq heures pour me dégourdir les jambes, même si elles étaient complètement engourdies quand j'ai essayé de me lever. Heureusement, le vol de correspondance pour Tulsa ne durait qu'un peu plus de deux heures et j'avais un siège côté hublot.

Je pensais ressentir un peu de nostalgie en quittant l'Angleterre, mais en sortant de l'aéroport vers le loueur de voitures, j'avais l'impression de rentrer chez moi. C'est un sacré changement que je viens d'opérer : j'ai laissé ma vie confortable et stable dans la banque pour suivre mon cœur et me consacrer à l'écriture. Certes, j'aurais pu écrire de n'importe où, mais j'adore les romances de cowboys, et quoi de mieux pour écrire une telle histoire que de vivre sur un ranch ?

Ne vous y trompez pas, j'ai un dossier dans mon sac avec tous mes itinéraires et mes réservations. J'ai une trousse à pharmacie avec tout ce qu'il me faut… si je partais en pèlerinage à travers le désert. J'ai peut-être pris cette décision folle assez rapidement, mais vous pouvez parier que j'y ai réfléchi et que j'ai fait mes recherches pendant des mois.

Il m'a fallu plus de temps que d'habitude pour choisir où loger une fois arrivée ici en Oklahoma. J'avais ouvert plein d'onglets avec des options et leurs avis ; je me suis concentrée sur les ranchs car je voulais écrire au plus proche de mon histoire. J'ai fini par en choisir un à l'est de l'État, à environ deux heures de l'aéroport. L'endroit semblait plus récent, il y avait moins d'avis mais presque tous étaient positifs. Je me souviens que quelques commentaires mentionnaient un rancher grincheux, mais je suis passée outre, cela n'avait rien à voir avec les maisons d'hôtes elles-mêmes.

Quand j'ai contacté le Lakeview Ranch, j'ai eu une réponse quasi immédiate de Martha Morgan, la copropriétaire. J'ai expliqué que je voulais un séjour plus long que la normale – les avis parlaient de personnes restant quelques semaines – et Martha était ravie de m'accueillir. Elle est restée en contact avec moi durant les semaines précédant mon arrivée. Sa photo en ligne était une photo de famille. Martha, une dame âgée aux cheveux poivre et sel, se tenait à côté de ce que je présume être son mari. Deux garçons plus jeunes se tiennent de chaque côté avec des chapeaux de cowboy à larges bords, mais seul l'un d'eux affiche un large sourire. L'autre se tient stoïquement, la bouche pincée en une ligne sérieuse et fine.

Je me suis demandé si c'était le fameux rancher grincheux des commentaires.

Martha m'avait confié que son mari et les deux garçons avaient construit la maison d'hôtes il y a environ cinq ans. Depuis, Martha s'était donné pour projet de la décorer pour qu'on s'y sente comme à la maison. Quand ils ont ouvert aux clients, l'endroit a été complet pendant des mois.

Martha m'avait envoyé beaucoup de photos, et c'est époustouflant. C'est une propriété de plain-pied avec deux chambres. Tout est parfaitement équipé avec tout le confort imaginable. Des portes-fenêtres à la française donnent sur une grande véranda à l'arrière, qui surplombe une bonne partie du ranch. Au loin, on peut voir le soleil briller sur le Buller Lake. C'est vraiment magnifique. Quand Martha m'a montré ça, j'ai su que j'avais trouvé l'endroit idéal pour écrire mon histoire.

Sur le côté droit de la véranda, un fauteuil suspendu en forme d'œuf repose dans un coin, rempli de coussins, avec une petite table à côté. Ce sera parfait pour les soirées d'été, pour regarder le soleil se coucher avec un cidre. À gauche, il y a un canapé d'angle avec une table basse ; tout l'endroit est pittoresque.

Le trajet jusqu'au ranch n'a pas été trop pénible non plus ; du moins, après m'être habituée à conduire aux États-Unis et à me souvenir qu'ils roulent à droite, contrairement à nous, les Britanniques. Ça a été quinze minutes de panique, c'est certain. En quittant la route principale, je passe sous le panneau Lakeview Ranch. Les carillons qui pendent au panneau dansent et chantent joliment dans la brise alors que je remonte le chemin de terre vers la maison principale. Sur la droite, juste derrière la rangée d'arbres, s'étend un vaste champ. Je vois des vaches qui broutent, peut-être même un veau. La maison principale apparaît après environ trente secondes, et elle est bien plus impressionnante qu'en photo.

La maison à deux étages ressemble presque à un manoir. Une longue véranda fait le tour des trois quarts de la bâtisse, avec de petites lumières blanches suspendues aux poutres en cèdre. La porte d'entrée est large, vert forêt, avec un vitrail au centre. Toutes sortes de couleurs se reflètent dans le hall. En me garant derrière ce que je suppose être leur camion, je me demande dans quel paradis je suis tombée. Je sors de la voiture de location juste au moment où cette magnifique porte verte s'ouvre. Une petite femme que je reconnais immédiatement comme étant Martha sort et descend les marches à toute allure vers moi.

Elle ouvre les bras en s'approchant. « Tu dois être Kate ! C'est vraiment agréable de te rencontrer enfin en personne. »

Elle m'enlace naturellement, me serrant dans ses bras comme seule une mère saurait le faire ; je n'avais jamais reçu un tel câlin. Elle me serre une dernière fois avant de me lâcher. Je force un sourire et elle recule pour me regarder.

« Bonjour, Mrs Morgan. Merci de me permettre de séjourner ici », dis-je gentiment. Elle porte une chemise en lin blanc, sa peau est bronzée par des années de vie au ranch, mais ses yeux restent jeunes et pétillants.

« C'est un plaisir, ma chère... et s'il te plaît, appelle-moi Martha. »

Quand elle sourit, tout son visage s'illumine. Il serait difficile d'être triste avec Martha, c'est ma première impression.

Elle me fait signe d'entrer et nous marchons d'un pas tranquille à travers la porte que j'admirais quelques instants plus tôt. Le hall rend l'extérieur presque banal. Une large porte ouvre sur un espace de vie sur ma gauche ; à droite se trouve un placard qui mène directement à une grande cuisine.

Quelque chose de délicieux est en train de mijoter, je crois ; l'odeur est divine.

Une grande cage d'escalier domine la vue. Un tapis crème recouvre les marches, et les rambardes ressemblent au bois des poutres de la véranda. Je me demande si cette maison a aussi été construite par le mari de Martha et leurs deux fils.

Mes pensées sont interrompues par Martha qui me regarde du coin de l'œil avec un sourire entendu. Tandis qu'elle se tourne pour ouvrir un tiroir de la commode à sa droite, elle comble le silence avec enthousiasme.

« Oui, cette couleur est difficile à entretenir quand on vit dans un ranch… mais j'adore ça ! » s'exclame-t-elle. Elle fixe les objets avec nostalgie avant de fouiller à nouveau dans le tiroir, d'où elle finit par sortir un trousseau de clés. Un petit porte-clés y est attaché, et en regardant de plus près, je distingue la photo de deux garçons.

Les deux garçons de la photo de Martha. Ses fils.

Martha me tend les clés. Alors que je les prends, elle m'explique comment atteindre la maison d'hôtes et tout ce dont je pourrais avoir besoin.

« … voilà, ça devrait être tout », dit Martha avec un geste gracieux.

« Merci, vraiment. Je pense que ces trois mois ici vont être très agréables », dis-je doucement. Martha me gratifie d'un sourire radieux, et je me demande si c'est à cela que ressemble une fraction de l'amour d'une mère.

Puis, elle se souvient : « Tu dois venir dîner avec nous ce soir, aussi. »

Je me fige. J'espérais une hospitalité chaleureuse, mais je ne m'attendais pas à être nourrie. Pour être honnête, j'avais prévu de balancer mes affaires et de me gaver de chips en attendant de trouver un magasin.

« Oh, je… hum, je ne voudrais pas déranger », bégayé-je.

Martha balaie mon hésitation d'un geste. « Des bêtises. Tu fais pratiquement partie de la famille maintenant. »

Ce sentiment diffuse une chaleur dans tout mon corps, partant de mon cœur. Martha doit être la femme la plus gentille de tout l'Oklahoma.

Alors que je m'en vais, elle m'attend sur le pas de la porte. Elle s'appuie contre l'encadrement en souriant et me fait signe au moment où je pars. Je passe juste devant la véranda quand elle m'appelle.

« N'oublie pas, 19 h ! » crie-t-elle.

Je hoche la tête avec le sourire, secrètement ravie de ne pas avoir à dîner d'un paquet de chips trouvé au fond de mon sac.

Il ne me faut que deux minutes de trajet sur une petite route pour trouver la maison d'hôtes sur ma gauche. Comme je suis la seule à loger ici, je me gare juste devant la porte d'entrée ; ça me fera moins de chemin pour décharger tout mon bordel.

Martha m'avait prévenue qu'elle avait laissé les portes arrière ouvertes pour aérer. J'ai apprécié, car j'avais largement sous-estimé les températures ici. C'est une journée de mai douce, mais en Angleterre, je serais en sweat à capuche à moins d'une vague de chaleur exceptionnelle. Ici, en mai, je dois retirer des couches de vêtements en permanence. Martha avait pris soin d'étiqueter les clés, ce qui m'a évité de tâtonner pour trouver la bonne.

C'est vraiment une femme qui me ressemble.

La porte s'ouvre, et je réalise vite à quel point les photos de Martha ne rendaient pas justice à la beauté du lieu. L'entrée donne sur une cuisine ouverte et un salon. Sur ma gauche, une cuisine entièrement équipée, prête à l'emploi. Sur ma droite, un grand canapé recouvert de couvertures fait face aux portes-fenêtres, qui laissent entrer une brise légère. Je vois trois portes intérieures, sans doute les deux chambres et la salle de bain. Un petit bureau, manifestement fait main, trône parfaitement dans le coin supérieur droit de la pièce. J'avais dit à Martha que je voulais écrire pendant mes trois mois ici, et elle a laissé une note sur le bureau : « J'espère que cela t'aidera pour ton écriture. M. x » — elle est tellement adorable.

Je me dirige vers la chambre principale, celle de gauche d'après les photos. Un lit à baldaquin et des fenêtres du sol au plafond se dévoilent sous mes yeux. Mon souffle se coupe en découvrant cet endroit que je peux appeler « chez moi » pour les trois prochains mois.

Une horloge au-dessus du lit m'indique qu'il ne me reste que quarante minutes avant 19 h, et je ne veux pas être en retard pour Martha. J'entre juste mes valises avant de sauter sous la douche ; après une longue journée de voyage, je ne veux pas débarquer en ayant l'air d'avoir été traînée dans les buissons.

De toute façon, je pourrai défaire mes valises demain.

J'ai l'impression d'avoir cligné des yeux et me voilà déjà de retour devant la maison principale, mais cette fois, un autre camion est garé là. Un Ford un peu ancien, d'une magnifique couleur brun bourgogne. En sortant, je n'ai pas le même accueil chaleureux de Martha, mais ce calme fait du bien. C'est très paisible, un peu à l'écart, et tout ce que j'entends, c'est le bruit doux de la brise dans les arbres et les oiseaux qui chantent.

Je monte les marches de la véranda d'un pas léger avant de m'arrêter devant la porte verte. Pas de sonnette. Ni de heurtoir. Je levais à peine le bras pour frapper quand une voix a résonné derrière moi.

« C'est ta première fois à une porte, ma belle ? »

La voix est grave, presque un grondement. Cela n'empêche pas qu'elle m'a fait hurler comme si j'étais sur le point de mourir. Alors que j'essayais de m'en remettre après ce petit arrêt cardiaque, je me suis retournée pour faire face à un homme grand, large d'épaules et barbu. Un chapeau de cowboy noir repose parfaitement sur sa tête, laissant s'échapper quelques mèches brunes. Il porte des lunettes de soleil teintées, mais quand il les baisse, il révèle des yeux bleu-gris perçants qui font battre mon cœur plus vite. Il porte une chemise gris foncé, les deux boutons du haut ouverts, et un jean bleu brut. Cela ne cache rien de sa musculature ; au contraire, ça moule tout ce qu'il faut. Ses manches sont retroussées, dévoilant ses avant-bras puissants et ses grandes mains. Elles sont bronzées comme celles de Martha, mais on voit bien qu'il travaille physiquement.

L'homme lève un sourcil alors que je reste là, bouche bée, à le regarder. Je dois avoir l'air d'une idiote.

« D-désolée… », bégayé-je avant de me tourner vers la porte. « Martha m'a invitée. »

Comme si je l'avais invoquée, la porte vole en éclats et Martha surgit avec une poêle à la main. L'homme fait un bond en avant pour l'arrêter.

« Maman ! C'est moi », dit-il avec urgence, les mots se bousculant dans sa bouche.

Martha regarde l'homme dans les yeux, puis son air sévère laisse place au regard maternel que j'ai vu plus tôt.

« Oh, salut mon chéri. Tu as rencontré Kate ? » Elle me désigne et l'homme se tourne vers moi. Ses yeux bleu-gris brûlent mon regard. Je n'arrive pas à le cerner ; il me dévisage presque, alors qu'il ne me connaît même pas.

À ma grande surprise, l'homme tend la main et se présente.

« Zac Morgan. »

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