Personnaliser la lisibilité
Aa

COEURS HORS-JEU

Tous droits réservés ©

Résumé

J’ai tout plaqué pour fuir ma vie d’avant et je suis retournée vivre chez mon père, Joe, un coach de foot US que je connais à peine. Il m’a récupérée comme assistante dans son club, histoire de m’aider à me reconstruire. Tout allait enfin droit… jusqu’au « Midnight Magnolia Ball ». Léo m’y a traînée, et j’y ai croisé le garçon qui, au lycée, nous avait fait perdre la tête — et devant qui Léo et moi nous étions ridiculisés comme jamais. Notre seule vraie dispute, notre plus grosse honte. Le pire ? Il joue maintenant dans l’équipe que mon père entraîne. Et Joe a une règle simple : « Le premier qui touche à ma fille, je lui botte le cul. » Entre un père surprotecteur, un passé humiliant qui revient en pleine face et une vie que j’essaie de remettre d’aplomb, mon “retour à la normale” vient de prendre feu.

Genre :
Romance
Auteur :
CAROLE73
Statut :
En cours
Chapitres :
2
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

1

STACY

Quand mon meilleur ami Léo m’a proposé de l’accompagner au bal de son université, j’ai eu un réflexe immédiat. Je l’ai regardé droit dans les yeux et j’ai lâché :

« Sérieusement ? Je ne suis même plus étudiante. »

Il a éclaté de rire, comme si ma réponse était la plus absurde du monde :

« Et alors ? Personne ne l’est vraiment. On est une armée à y aller. Et puis c’est pas n’importe quel bal, c’est le Midnight Magnolia Ball. Tu te rends compte, ma chérie ? Toute la fac en parle depuis des semaines. Allez, s’il te plaît, me laisse pas y aller seul. »

Je le connais par cœur. Léo, mon meilleur pote depuis la maternelle.

Celui avec qui j’ai partagé mes premiers crushs, mes premiers chagrins d’amour… et surtout celui qui, comme moi, avait complètement fondu pour ce mec de terminale qui nous faisait perdre la tête à tous les deux.

C’est là qu’il m’a avoué qu’il aimait les mecs. Bon… j’avoue que j’avais toujours eu un petit doute, le genre de doute qui clignote en néon rose, mais que tu fais semblant de ne pas voir.

On en a ri des années plus tard, mais sur le moment, c’était moins drôle. On était officiellement en compétition. Mais tout ça était derrière nous à présent, et Léo était officiellement mon meilleur ami !

Il me regarde d’un air suppliant en joignant les mains :

« Te plaît, te plaît… tu verras, y aura plein de beaux gosses. »

« Je sais pas… »

J’ai hésité une demi-seconde, mais j’avoue que lorsqu’il a dit « plein de beaux gosses », j’ai soufflé, levé les yeux au ciel, et malgré moi, un sourire m’a échappé :

« Bon… d’accord. »

Il a poussé un petit cri de victoire avant de se laisser tomber sur mon lit :

« Merci ! Tu me sauves. »

« À ce point-là ? »

Il a hésité, puis a grimacé :

« Mon rencard m’a laissé tomber. Genre… complètement. Message reçu ce matin : “Désolé, imprévu.” Traduction : il a trouvé mieux. »

« Sympa… »

« Ouais, carrément. Du coup, si j’y vais seul, je vais juste avoir l’air du mec qu’on a largué à la dernière minute. Et franchement, non merci. »

« Mais c’est ce que tu es, un mec largué ! » le taquiné-je.

Il se redresse et je me demande pourquoi la nature est aussi mal faite, car Léo, c’est le mec qui fait baver toutes les filles depuis longtemps : des cheveux bruns, un regard bleu, un corps sportif. Même dans ses gestes efféminés, il a du charme. Je me suis redressée sur les coudes, un sourire en coin :

« Et moi, je serai quoi ? La pote de secours ? Tout le monde sait que tu aimes les mecs et… »

Il a haussé les épaules avec un air innocent :

« Tu seras toi simplement, Stacy, ma meilleure amie. Et franchement, c’est encore mieux. »

J’ai levé un sourcil, amusée malgré moi :

« J’ai rien à me mettre aussi et pas de thune pour m’habiller en ce moment ! »

Il m’a observée quelques secondes, puis son regard a changé, devenant un peu plus malicieux :

« T’inquiète, je m’occupe de ça aussi, tu me rends service et moi je te rends belle. Et qui sait, ça se trouve tu vas rencontrer un mec à ce bal ? »

J’ai laissé échapper un petit rire :

« Ah oui ? Et où exactement ? Entre le buffet et la piste de danse ? »

« Pourquoi pas ? »

Il s’est redressé, soudain très sérieux :

« D’ailleurs… si tu veux, je peux te présenter un pote. »

« Un pote à toi ? »

« Enfin… un gars que je connais. Il est cool, drôle, et surtout célibataire. »

« Ça sent le plan foireux. »

« Pas du tout ! »

Il a levé les mains en signe d’innocence :

« Je dis juste que t’es pas obligée d’y aller en mode ermite antisociale. Et puis… je te rappelle que je suis gay, hein. Mon gaydar est bien plus fiable que le tien. »

J’ai éclaté de rire :

« Ok, ok, t’as gagné. Mais je te préviens, si c’est un de tes ex, je te jure que je te pousse dans la piscine. »

Il a ri à son tour :

« Promis, c’est pas un ex. Juste un pote de fac. Super sympa. Je l’ai dragué mais il est hétéro et a refusé de tenter une petite expérience avec moi, mais nous sommes restés amis tout de même. »

Je me suis laissée retomber sur le matelas, fixant le plafond :

« Je te rappelle que je viens juste de revenir ici. J’ai pas vraiment la tête à rencontrer qui que ce soit. Déjà m’installer chez mon père, c’est comme m’installer chez un inconnu. »

« Justement. Ça te ferait du bien. »

Je n’ai pas répondu. Parce qu’au fond, je savais qu’il n’avait pas complètement tort. Et voilà comment je me suis retrouvée, quelques jours plus tard, à me préparer pour le Midnight Magnolia Ball dans une petite ville perdue d’Amérique, comme si tout était encore possible.


Je suis à table avec Joe. Mon père. Mon vrai père. Celui que je n’arrive toujours pas à appeler papa depuis que ma mère l’a quitté et m’a emmenée avec elle. J’avais sept ans. Et cet homme est revenu dans ma vie quand j’avais quinze ans. Huit ans sans nouvelles. Huit ans à entendre ma mère cracher sur lui.

Il avait quitté la ville pour une femme d'après ma mère et est revenus auprès des siens.

La ville est grande, suffisamment grande pour que l'on ne se croise jamais.

Pourtant, Joe, mon père, cet homme aux mille défauts d’après ma mère, c’est lui qui m’avait tendu la main alors que je sombrais.

Il mange avec cette concentration méthodique qu’il appliquait à tout. Il a cette carrure imposante, les épaules larges et une mâchoire carrée que le temps n’a pas réussi à entamer. Malgré les années de séparation, il reste pour moi une figure intimidante, un roc sculpté par le terrain de football américain et les entraînements intensifs. Puis, un jour, il a repris contact. Il m’a dit qu’il voulait me voir. Juste… me voir.

Maman a crié « jamais », mais la loi a donné raison à Joe. Alors on a essayé.

Pas souvent, à cause de mes entraînements intensifs, mais il était là, fier de moi, et à chaque fois que je pouvais venir, il se montrait le plus gentil des « papas ».

Aujourd’hui, je m’installe chez lui, car maman s’est encore remise avec quelqu’un.

Mais lui, c’est différent.

Parce que lui, je le connais déjà.

C’est mon coach à la piscine, celui qu’elle payait soi-disant une blinde pour que je sois la meilleure.

Je faisais de la natation à haut niveau. C’était toute ma vie.

Lui, il fait partie du décor depuis longtemps. Autoritaire, exigeant… j’ai toujours cru que c’était normal. Même lorsqu’il me frappait parce que je n’avais pas été la meilleure, ma mère disait que c’était pour mon bien, et moi j’y ai cru…

Les remarques et les coups sont devenus plus durs, plus personnels.

Les regards, les sous-entendus, les gestes parfois… trop proches.

Mais je ne dis plus rien, je ne me plains pas : c’est normal, c’est ma vie.

Puis ma mère se met avec lui. À partir de là, il est partout. À la piscine. À la maison. Il agit comme s’il avait tous les droits. Sur elle. Sur moi.

Il me parle comme à une moins que rien, me rabaisse dès que je rentre des cours et n’hésite pas à me frapper s’il estime que je le mérite.

La natation, mon échappatoire, devient une prison.

Je tiens encore un peu. Puis je craque. Burn-out. J’arrête tout. Grosse dépression avec envie d’en finir.

Ce jour-là, lorsque je rentre de la balade avec le chien, l’air dans la maison est déjà électrique. Je sens que quelque chose a changé dès que je franchis le seuil. Ma mère m’attend dans la cuisine, un courrier officiel de l’université à la main. Elle ne me laisse même pas le temps d’ôter mes chaussures.

« C’est fini, Stacy. Ils ont annulé ton inscription », lance-t-elle, la voix tremblante de colère.

Je dépose la laisse sur la table, le silence qui suit est assourdissant.

C’est à ce moment précis que le coach entre dans la pièce. Sa carrure massive bloque la lumière et je sens immédiatement mes muscles se raidir, un réflexe de survie qui me fait reculer contre le mur.

Il pose une main lourde sur la table, ses doigts se contractant violemment sur le bois, et son regard, froid et tranchant, me transperce.

« Mais tu vas faire quoi de ta vie si tu quittes tout ? » crache ma mère, les bras croisés sur la poitrine.

« Je sais pas, maman, je vais voir. »

« Oui, mais tu vas pas vivre au crochet de ta mère toute ta vie ! »

Le coach rit, un son amer et dédaigneux. Il s’incline vers moi, son haleine chaude effleurant mon visage.

« Bien sûr qu’elle va vivre à tes crochets, elle est trop bonne à rien pour faire autre chose. »

Il marque une pause, m’observant avec un dégoût viscéral, comme si j’étais un déchet.

« Tu n’es qu’une perte de temps, Stacy. Toutes ces années à t’entraîner, à t’offrir ce qu’il y a de mieux, pour quoi ? Pour que tu finisses comme une incapable ? »

Il pointe un doigt accusateur vers mon ventre.

« Et regarde-toi. Tu as perdu toute discipline. Dès demain, tu reprends le régime strict. Je ne veux plus voir un gramme de gras sur toi. Tu es une athlète, pas une poupée en sucre. »

Je baisse les yeux, tremblante, cherchant un appui.

« Je sais, coach, j’essaie juste de remettre de l’ordre dans ma tête. »

« Oui, bah dépêche-toi, car il y a bientôt les sélections et je t’ai inscrite, que tu le veuilles ou non. »

« Vous n’auriez pas dû, coach. »

Ma mère, exaspérée, s’interpose :

« Mais il a raison ! Tu peux pas rester à rien faire, Stacy. Cherche au moins du boulot ! »

Le soir même, désespérée, j’appelle mon père. Je lui dis que je ne sais plus quoi faire. Je pleure sans le vouloir. Il m’écoute, ou fait autre chose en même temps, je ne sais pas.

Il hésite et semble réfléchir :

« Viens chez moi. Je serai ravi de t’avoir. »

« J’ai pas de taf, pas d’école, rien. »

« Tu veux un taf, ma fille ? »

« Ça me ferait peut-être du bien, oui, mais mes CV restent lettre morte. »

« J’ai besoin d’une intendante dans mon club, pour tout gérer : tenue, match, déplacement. J’ai pas le temps de tout faire et le président a lâché un budget pour employer quelqu’un. Alors si tu veux, tu as le poste. »

« Tu penses que je serais à la hauteur ? Maman dit que je suis nulle. »

« Ta mère… Écoute, je serai là pour t’aider. Rien de sorcier, faut juste savoir lire, écrire, compter et réfléchir. Ça, tu sais faire. »

J’ai souri à l’autre bout du fil :

« Oui, je sais. »

« Alors c’est bon, tu viens quand ? »

« Le plus tôt possible ! »

« Je t’attends et tu commenceras après les petites vacances, ça te laisse le temps de t’installer et souffler un peu. »

« Merci, Joe. Merci. »

« Tu peux m’appeler papa, tu sais ? »

« Joe me convient aussi… pour le moment… »

« Oui, prends ton temps… »


Et me voilà aujourd’hui, assise à sa table. J’ai fait le repas, car je ne veux pas qu’il me reproche quoi que ce soit. Je suis bonne cuisinière, d’ailleurs il doit le penser aussi, car il a décrété qu’en plus du reste, je serais aux fourneaux lors des stages !

Il relève la tête, son regard gris-bleu croisant le mien avec une curiosité presque paternelle :

« Alors, ton ami, il était content de te revoir ? »

J’ai déposé ma fourchette, sentant une légère chaleur me monter aux joues :

« Ravi, oui. Il veut que je l’accompagne à une soirée, le Midnight Magnolia Ball. C’est organisé par la fac. »

Il a arrêté de mâcher, un léger sourire étirant ses lèvres :

« Et tu as dit quoi ? »

« Il a insisté, alors j’ai fini par céder. Ça ne te dérange pas ? »

« Pas du tout. Au contraire, tu vas t’amuser, c’est le principal. Tu veux de l’argent pour une tenue ? »

J’en ai rougi jusqu’aux oreilles. Ce n’était pas de la honte, mais une sorte d’orgueil mal placé, celui de celle qui a tout perdu et qui redoute de passer pour une mendiante. Il a dû le lire sur mon visage, car il a froncé les sourcils, s’est levé d’un mouvement fluide et a disparu dans la pièce d’à côté. Quand il est revenu, il tenait un billet entre ses doigts. Il l’a posé sur la table, puis, voyant mon hésitation, il a contourné la table pour me le glisser directement dans la paume :

« Je te dois bien ça, prends-le, ma chérie. »

« Je ne peux pas, Joe… Tu m’héberges déjà, tu m’as donné un poste au club… »

Il a posé une main lourde et rassurante sur mon épaule. Son contact est chaud, presque électrique :

« Tu es ma fille, Stacy. On a beaucoup de temps à rattraper. Fais-toi plaisir, et si tu as besoin de plus, tu demandes. C’est clair ? »

Un nœud s’est formé dans ma gorge, un mélange de soulagement et de tristesse.

J’ai fini par me lever et l’enlacer. C’était une étreinte un peu maladroite de ma part, mais il a répondu en me serrant brièvement contre lui.

Sa stature dégage une odeur de cuir et de vieux papier, une odeur de sécurité que je n’avais jamais vraiment connue.

J’ai eu envie, pendant une fraction de seconde, de briser ce mur invisible.

Pourquoi ce silence radio de huit ans pendant que je grandissais sans toi ?

Mais les mots sont restés bloqués derrière mes dents.

Il y a des questions qui risquent de faire voler en éclats le fragile équilibre que nous sommes en train de construire, et je ne suis pas prête à gérer les décombres.

Chapitres
1. 1
Dites à CAROLE73 ce que vous avez pensé de ce chapitre !
J'adore ça

1

J'adore ça

Drôle

0

Drôle

Épicé

0

Épicé

Plein de suspense

0

Plein de suspense

Émouvant

0

Émouvant

Profond

0

Profond

Réconfortant

0

Réconfortant

Choquant

0

Choquant

Bien écrit

0

Bien écrit

Intrigue captivante

0

Intrigue captivante

Super personnage

0

Super personnage

Dialogues forts

0

Dialogues forts

Autres recommandations

Merry Christmas - Adventskalender 2025

Aelyn Raven: Wieder eine tolle Geschichte. Leider bin ich erst jetzt dazu gekommen sie zu lesen, aber das tut der Geschichte keinen Abbruch *g* ich freue mich schon auf den nächsten Adventskalender

Lire maintenant
 Mehrfach zurückgewiesene Gefährtin

Nicole Schär: Eine tolle Geschichte, bin schon gespannt wie sie ausgeht.

Lire maintenant
Alpha’s Claim

Fiona Walker: A thoroughly enjoyable story with a slightly different take on werewolves. I loved his commitment to his mate and her open mindedness.

Lire maintenant
Alpha Zach

Viviana Lorena: La trama de la novela, me encanta.

Lire maintenant
The Dating Deal

Deonna: Hannah and Nate for the win! Gerald needs his own book. ❤️🩶

Lire maintenant
Ruthless Lord

Victoria: Hi,I analyzed your work, and I think it has a very unique and engaging storytelling style. The way you present your ideas and emotions really stands out. By the way are you currently working on any other stories or writing projects?

Lire maintenant
Bloodlines

Victoria: Hi,I analyzed your work, and I think it has a very unique and engaging storytelling style. The way you present your ideas and emotions really stands out. By the way are you currently working on any other stories or writing projects?

Lire maintenant
His Forsaken Fate

monica: Ho trovato questo libro interessante dal punto dl vista della storia,l'autore ha cercato di dare un messaggio ben preciso.Il perdono si deve conquistare ,ma bisogna avere ancora più coraggio per darlo.L'ortografia è un pó da correggere,lo stile di scrittura è acerbo,ma penso che ci sia molto potenzi...

Lire maintenant
Alien Claim: Book 1

Kim: I love that this book is well written, that each character is described with care, and the storyline is addicting.

Lire maintenant