Personnaliser la lisibilité
Aa

Entre Fer et Velours

Résumé

Dans le fracas de la Seconde Guerre mondiale, deux âmes brisées tentent de survivre à leurs propres démons. Elariel Everdeen a toujours fui les attaches. Orpheline terrifiée par l'abandon, elle s'est forgé une carapace de froideur et d'indépendance pour se protéger du monde. Mais lorsqu'elle croise le chemin du sergent James Buchanan Barnes — un soldat meurtri, hanté par les tortures d'HYDRA et cherchant désespérément la sortie —, ses certitudes volent en éclats. Dans l'obscurité et le froid de Londres, loin des regards, ils tissent un lien d'une intensité vertigineuse. Une passion viscérale, charnelle et réparatrice. Pour la première fois, Elariel ouvre les portes de son sanctuaire ; pour la première fois, le soldat trouve un véritable ancrage, scellé par la promesse d'un pendentif en argent.

Genre :
Romance
Auteur :
Hypnosis & Medusa
Statut :
il y a 2 mois
Chapitres :
30
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

Fragments de Lumière


L’air de la Stark Expo, en cet été 1943, était saturé d’une électricité qui n’avait rien de technologique. C’était une chaleur humaine, lourde, imprégnée de l’odeur âcre des cigares bon marché, du parfum capiteux des femmes de la haute société et de cette poussière métallique qui flottait, omniprésente, malgré les efforts de ventilation.

Elariel avançait entre les tables avec une souplesse qu’elle n’aurait jamais cru posséder après dix heures passées à l’usine, à visser des boulons sur des carcasses d’avions. Ses mains, dures et légèrement marquées par le travail mécanique, serraient fermement le plateau en argent. Pour elle, le bruit environnant — le rire des invités, les notes de cuivres de l’orchestre qui s’étouffaient dans les conversations — n’était qu’un brouillard sonore. Elle ne voyait pas les visages. Elle ne voyait que les verres vides, les cendriers trop pleins et le chemin le plus rapide pour revenir en cuisine, là où le silence, même fugace, lui permettait de reprendre son souffle.

Elle portait l’uniforme de serveuse imposé par l’organisation : une robe ajustée qui, bien qu’élégante, lui semblait être une armure de carton, une seconde peau qu’elle avait hâte de rejeter une fois la nuit tombée. Son regard, d’un bleu délavé et lointain, restait fixé sur le bord du plateau. Elle était une ombre, une fonction, une machine au milieu d’autres machines. Elle ignorait que, quelques tables plus loin, le destin venait de basculer dans un simple mouvement de tête.

— Un gin tonic pour la table quatre, lança le serveur principal, sa voix tranchant dans le tumulte.

Elariel hocha la tête, sans un mot, et pivota. Ses pieds, endoloris par les talons, semblaient brûler contre le sol ciré. Elle navigua entre les invités, une chorégraphie apprise par cœur, évitant les mains baladeuses et les regards trop insistants avec cette froideur polie qui la caractérisait. Elle ne cherchait pas à être remarquée ; elle cherchait à survivre à sa journée.

Elle atteignit la table.

Ils étaient quatre. Deux jeunes femmes à la beauté éclatante, le visage peint de rouge carmin, riant aux éclats de quelque chose qu’un homme venait de dire. À côté d’elles, deux hommes. L’un, maigre, au regard intense et un peu perdu dans cette débauche de luxe, écoutait avec une attention religieuse. L’autre, à ses côtés, semblait occuper tout l’espace vital par sa simple présence. Il était assis avec cette aisance tranquille des prédateurs qui n’ont plus besoin de chasser pour savoir qu’ils dominent le terrain.

C’était Bucky Barnes.

Il ne la remarqua pas tout de suite, trop occupé à répondre à l’une de ses compagnes d’un sourire en coin, désinvolte et assuré. Elariel déposa le verre de gin devant lui. Elle ne le regarda pas, concentrée sur la stabilité de son geste. Le verre tinta contre le marbre de la table, un bruit cristallin qui, pendant une fraction de seconde, attira l’attention de Bucky.

Il leva les yeux.

La conversation mourut sur ses lèvres. Il ne s’agissait pas d’une curiosité polie ou d’un intérêt passager ; c’était un arrêt brutal, une sorte de décalage temporel. Il vit cette jeune femme, la peau claire, presque diaphane sous les lumières crues de l’Expo, ses cheveux étranges, d’un violet profond qui semblait absorber la lumière, contrastant violemment avec l’ambiance sépia du reste du monde. Elle dégageait une fatigue qui n’était pas celle des autres invités — ce n’était pas une lassitude mondaine, c’était le poids de la survie brute.

Elariel, sentant ce regard peser sur elle, se tendit. Ce n’était pas un regard comme les autres, de ceux qui balaient son corps en cherchant une faille ou une proie. C’était une observation, une analyse silencieuse. Elle releva brièvement la tête, ses yeux d’un bleu translucide croisant les siens. Dans ce choc visuel, elle ne vit pas le soldat, ni le héros de guerre, ni le futur instrument de mort. Elle ne vit qu’un homme, là, dans l’instant, dont la présence semblait soudainement assombrir tout ce qui l’entourait.

Elle ne sourit pas. Elle ne baissa pas les yeux, même si son cœur s’emballa d’une manière qu’elle ne put expliquer. Elle soutint le regard pendant une seconde de trop, une éternité de silence où le reste de la salle disparut.

— Merci, finit-elle par dire, sa voix calme, presque dénuée d’émotion, bien que ses doigts tremblent imperceptiblement sur le bord de son plateau.

Elle fit volte-face, ses mouvements toujours mesurés, sa silhouette élancée s’éloignant vers l’ombre des coulisses.

Bucky ne la suivit pas des yeux, mais il ne reprit pas sa conversation. Sa main, posée sur la table, resta immobile, les doigts effleurant la condensation glacée sur le verre qu’elle venait de déposer. Il y avait dans son regard, resté fixé sur l’endroit où elle se tenait quelques instants auparavant, une forme d’incompréhension, comme si une pièce d’un puzzle qu’il ignorait posséder venait de lui glisser entre les doigts.

— Bucky ? Ça va ? demanda Steve, une pointe d’inquiétude dans la voix.

Bucky secoua la tête, reprenant le contrôle, bien que son esprit soit resté accroché au sillage du parfum de lilas qu’elle avait laissé derrière elle. Il ramassa son verre, la mâchoire légèrement contractée.

— Ouais, murmura-t-il, sans quitter le vide des yeux. Juste... un peu de fatigue.



Dites à Hypnosis & Medusa ce que vous avez pensé de ce chapitre !
J'adore ça

0

J'adore ça

Drôle

0

Drôle

Épicé

0

Épicé

Plein de suspense

0

Plein de suspense

Émouvant

0

Émouvant

Profond

0

Profond

Réconfortant

0

Réconfortant

Choquant

0

Choquant

Bien écrit

0

Bien écrit

Intrigue captivante

0

Intrigue captivante

Super personnage

0

Super personnage

Dialogues forts

0

Dialogues forts

Autres recommandations

La jumelle perdu et ses fréres maffieux

kafrine974: Histoire bien avec beaucoup de rebondissement de tristesse

Lire maintenant
The Sliders - Tome 1

sarah07112014: J'ai adorer se livre avec plein de rebondissements je vais continuer les autre tome

Lire maintenant
My Angel

contesse: Tout ma plus sauf le chapitre avec la barbie refaite .Un amour sincère et tout de suite ,il se sont reconnus.bravo

Lire maintenant
A qui sait bien aimer, il n'est rien d'impossible

Ilham: Alors jai beaucoup aimé le livre et la fin est trop mimi j'adore. C'est drôle et touchant. Bien écrit. Bravo et merci à l'auteur et bonne continuation.

Lire maintenant
Désir Sucré

Genaydre: Histoire parfaite . A lire absolument

Lire maintenant
La Luna Blanche aux yeux clairs

Cecile: Belle histoire cohérente et pleine d'amour. Pas l'amour guimauve mais celui qui est juste et qui fait rêver.Continuez et ne laissez personne vous dire que vous manquez d'imagination ou que vous nêtes pas douée. Il ont tord.

Lire maintenant
Fuir son âme-soeur - TOME 1

Stéphanie: J'aime beaucoup l'histoire le suspense entre Anna et Chase.Le côté on parle des autres mais pas trop non plus, les informations qui arrivent petit a petit.Rien que je n'aime pas pour l'instant , 😀

Lire maintenant
Je te Rejette

gaelle: L'histoire est vraiment top et l'intrigue donne envie de découvrir la suite que l'on n'aura malheureusement pas ici...

Lire maintenant
Jason Saison 1

Leona: Ce livre est parfait sexy et drôle j'ai kiffé du début la fin continu comme sa ma belle.

Lire maintenant