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The Price of Loving You

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Résumé

Eléonore, la jeune fille unique d'un comte entamait une relation intime avec un redoutable mercenaire de guerre du royaume qui prétendait être un simple jardinier. La guerre éclatait et l'amant de la demoiselle fut envoyé sur le front. Leur secret fut découvert un jour, au beau milieu de la période de guerre, faisant basculer toute leur vie, surtout pour Eléonore qui a été contrainte de suivre un destin que la comtesse lui avait choisi. La jeune demoiselle ignorait tout de la vraie identité de son amant, qui était à la fois un assassin et un chevalier sanguinaire, envoyée à son territoire pour anéantir toute sa lignée, ainsi qu'elle. Leur amour sera-t-il sauvé ? Ou est-ce leur passion ardent vont leur brûler les doigts ? La guerre emportera-t-il le jeune mercenaire vers la mort ?

Genre :
Romance
Auteur :
Ilodiane
Statut :
En cours
Chapitres :
1
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

Chapter 1

Le château était agité. Des dizaines de servantes habillées dans leur longue robe beige et leur tablier marron accroché à leur cou se précipitait dans toute la pièce, allant de la cuisine à la grande salle de balle, de la salle de balle au jardin menant vers la cour intérieure pour transporter les marchandises commandé la veille par la gouvernante du château. Leurs pas résonnaient, leurs sandales qui se claquaient sur le sol, avec leurs bras chargés de décoration, de fleurs, de nourriture, de linge et bien d'autres, offraient une image d'une fourmilière. Chacunes avaient leur tâches, on aurait presque dit qu'elles couraient partout, les bras chargés.

« Mademoiselle Eléonore ! », appela une servante dans tout le château, en traversant chaque pièce à la recherche de celle-ci. Elle appela encore et encore, pénétrant dans chaque pièce, demandant à chaque servante et valets qu'elle croisait sur son chemin où se trouvait la jeune demoiselle du château. Tout le monde ignorait où elle se cachait, et secouait la tête.

« Où est encore passée la jeune demoiselle ! Bonté divine, elle est toujours introuvable celle-là ! », marmonna-t-elle en regardant autour d'elle.

« Marianne !», appela à son tour la gouvernante du château avec un ton sévère. « Avez-vous terminé de préparer mademoiselle Eléonore pour son bal de ce soir ? Il est presque dix-sept heures ! », continuait-elle de dire en s'approchant de Marianne qui était la servante responsable de la jeune Eléonore.

— Elle est encore introuvable, je l'ai cherché partout, répondit celle-ci en baissant la tête, le visage en sueur à force de marché dans tout le domaine à la recherche de la jeune maîtresse.

— L'avez-vous déjà cherché dans la cuisine ?(Marianne hochait la tête à chaque question ) Le jardin ?... L'écurie ?... La bibliothèque ?... Où peut-elle encore bien être ! La comtesse la cherche aussi. Continue à la chercher, et si tu les retrouves, dites-lui que sa mère demande à la voir.


Des rires étouffés s'échappaient de la petite chambre du dortoir réservé aux hommes de main, aux valets et aux serviteurs du château. C'était une simple bâtisse en bois, adossée à l'écurie, où logeaient les domestiques au service de la demeure du comte.

Leurs ricanements, mêlés à quelques chuchotements, résonnaient dans le long couloir où les chambres se faisaient face de chaque côté. Pourtant, ce vacarme ne provenait que d'une seule pièce : la cinquième porte au fond du couloir, sur la gauche.

— Ne parlez pas si fort ! Quelqu'un risquerait de nous entendre.

— Il n'y a personne ici, tout le monde est au château pour les préparatifs.

— Il n'y a que vous et moi, alors ? demanda timidement Eléonore en baissant les yeux. Elle fixait la pointe de ses sandales roses, frottant le sol du bout du pied comme si elle écrasait un cafard invisible.

— On peut le dire, oui, répondit le jeune homme devant lui avec un sourire narquois, le visage rayonnant d’une joie enfantine. Honnêtement, je ne m’attendais pas à ce que vous demandiez à me voir, ma chère Elie.

Il s’approchait lentement d’elle pendant qu’Eléonore baissait son regard, attendant sagement le jeune homme devant elle. Il marchait doucement vers elle, le sourire ne quittant pas ses lèvres. Alors qu'il tendait la main pour remettre en place une mèche blonde tombée sur son front, Eléonore fit aussitôt deux pas en avant en direction de la porte, le laissant toucher le vide.

— Vous me faites la tête ? demanda-t-il en laissant échapper un petit rire.

Elle lui tournait encore le dos en croisant les bras avec obstination, fixant la porte des yeux.

Le jeune homme soupira avant de se retourner vers elle, amusé malgré lui par cette jeune demoiselle boudeuse et capricieuse.

— Qu’ai-je encore fait cette-fois ci ?

— Vous ne savez vraiment pas ou vous feignez de ne rien savoir ? Ronchonna-t-elle, la colère qui commençait à monter. Elle fixait du regard le mur en bois devant elle, essayant de contenir sa rage.

— Pfff… je n’en ai absolument aucune idée.

— Je pars ! Je rentre au château ! S’exclama-t-elle en frappant le plancher du pied avec colère.

Elle s'apprêta à quitter la pièce lorsqu'il la retint doucement en l'enlaçant par-derrière. Ses bras vinrent entourer ses épaules tandis qu'il approchait son visage du sien.

— Ne partez pas, murmura-t-il près de son oreille avant de déposer un tendre baiser sur sa joue, qui se teinta aussitôt de rouge. Restez encore un peu... juste quelques secondes…non… quelques minutes… (il embrassa à nouveau sa joue gauche)... Non, quelques heures (il embrassa la joue droite d’ Eléonore) …non, quelques jours ( il sentit longuement le cou de la jeune demoiselle en laissant échapper un long soupir de soulagement, comme s’il savourait chaque odeur de sa délicate peau blanche) Quelques années... Non... cela ne me suffirait toujours pas.

Sa voix se fit plus douce tandis qu'il posait délicatement son front contre l’épaule d’Éléonore. Il effleura sa nuque d'un léger baiser, puis son omoplate.

Eléonore fermait inconsciemment ses yeux pendant tout ce temps, savourant chaque baiser déposé tendrement sur ses joues, sa nuque, son cou et son épaule. Chaque contact des lèvres et du souffle chaud de son amant sur sa peau lui caressait jusqu'à son âme. Son esprit flottait, sa température montait alors qu’elle frissonnait d’un froid inconnu. Puis, elle ouvrit doucement les yeux, son corps demandant plus mais elle ne savait quoi.

Il soupira.

— Une éternité c'est mieux, finissait-il de dire tendrement, mêlé d’une détresse et d’une peur de n’avoir plus droit au temps et à l’amour de la jeune demoiselle. Je vous veux à mes côtés, pour la vie, si cela ne tenait qu'à moi.

La colère d'Eléonore sembla vaciller.

— Vous m'avez oubliée, répondit-elle avec tristesse, à son tour. Vous n'êtes même pas venu me voir aujourd'hui. C'est pour cela que je suis venue jusqu'à l'écurie pour demander à vous voir. Et vous m'emmenez simplement dans votre chambre en un jour si spécial... Vous ne vous souvenez même pas de la date d'aujourd'hui. Je vous ai attendu toute la journée.

— Bon anniversaire ma très chère Elie, susurait-il. Jamais je n’oublierai le jour où ma dulcinée est venue au monde.

Tout en prononçant ces mots, il déposa un nouveau baiser sur sa joue avant de sortir un petit pendentif en forme de cœur suspendu à une fine chaîne d'argent.

— Soulevez vos cheveux, je vous prie. Il faut que j'attache le fermoir, dit-il d’un ton calme.

Eléonore releva doucement sa longue chevelure blonde claire. Avec une infinie précaution, le jeune homme referma le crochet derrière sa nuque avant d'y déposer un léger baiser qui fit frissonner Eléonore encore plus.

Elle se retourna enfin vers lui et prit le pendentif entre ses doigts, l'observant en silence pendant quelques instants.

Daniel la regardait avec une légère inquiétude.

— Il ne vous plaît pas ? Ce n'est ni de l'or ni un diamant... seulement de l'argent fin. Ce n'est pas un bijou très coûteux, mais... j'espérais qu'il vous ferait plaisir.

Il baissa timidement les yeux avant de reprendre :

— Je vous promets qu'un jour, lorsque j'aurai rejoint l'armée et gagné suffisamment d'argent, je vous offrirai un collier en or serti de rubis. Et des dizaines… non, des centaines de bijoux dignes de vous, mademoiselle Eléonore.

— Daniel, je l’adore ! S’exclama-t-elle, et leva vers lui des yeux brillants de bonheur. Elle est magnifique !

Un doux sourire étira ses lèvres tandis qu'elle serrait délicatement le pendentif contre son cœur.

— Vous êtes tout ce qu'il me faut, Daniel. Je ne veux rien d’autre que vous. Rien.

Il prit doucement la main droite d'Éléonore et s'agenouilla devant elle, sans jamais la lâcher, comme s'il s'apprêtait à la demander en mariage. Les yeux levés vers son visage, il la regardait avec une sincérité bouleversante. Surprise par ce geste inattendu, Éléonore resta figée.

— Je vous le promets, Elie. Je travaillerai sans relâche et je m'entraînerai jusqu'à intégrer l'armée royale. Je deviendrai un chevalier brave et renommé, et le roi me couvrira d'honneurs, d'or et de gloire. Un jour, je serai seigneur… peut-être même baron. J'aurai mon propre domaine et j'y gouvernerai avec justice. Je conquérirai de nouvelles terres pour agrandir mon territoire… un territoire qui sera aussi le vôtre.

Sa voix se fit plus douce.

— Lorsque j'aurai enfin acquis cette gloire et cette fortune, j'irai demander votre main à votre père, le comte Vincent del Cassio . Je viendrai vous chercher et je vous conduirai chez nous. Alors seulement, il m'acceptera. Je ferai tout pour devenir un noble, même si je ne le suis pas de sang. Je vous en prie… attendez-moi. Attendez que je devienne l'homme digne de vous.

Les yeux d'Éléonore s'emplirent d'émotion.

— Vous êtes déjà digne de moi…, murmura-t-elle presque désespérément.

Daniel se releva lentement, gardant toujours sa main dans la sienne.

— Pas encore. Je ne suis qu’un roturier, Elie.

— Je m'en moque ! s'écria-t-elle avec une passion soudaine. Je demanderai à père de vous écrire une lettre de recommandation pour le commandant de la garde royale afin que vous puissiez entrer à l'académie militaire.

Daniel secoua aussitôt la tête en disant :

— Je refuse.

— Pourquoi refusez-vous mon aide ? Demanda Eléonore surprise.

— Je vous l'ai déjà dit mille fois. Je veux réussir par moi-même, grâce à mes propres capacités. Je veux prouver ma valeur.

Éléonore fronça les sourcils.

— Vous savez pourtant qu'il est extrêmement rare qu'un roturier soit accepté dans l'armée royale. Et même si c'était le cas, vous ne seriez qu'un simple fantassin. Un bouclier humain destiné à protéger les nobles sur le champ de bataille. Je refuse de vous laisser courir un tel risque. Laissez-moi parler à père… ou au commandant de notre garnison. Une simple lettre pourrait tout changer.

Daniel lui répondit d'une voix calme mais ferme.

— Nous ne pouvons pas. Cela éveillerait des soupçons sur notre relation. Elie… écoute-moi.

— Tout le monde sait qu’on est proche toi et moi.

— Ils ne savent pas qu’on est si proche que ça, disait-il en souriant d’un ton malicieux.

Éléonore ne put retenir un rire et le repoussa légèrement des deux mains.

— Ils vont penser que je vous aide car vous êtes un ami à moi, disait-elle avec un ton rassureur.

— Un ami qui vous embrasse avec la langue ? Ironisait-il en faisant un clin d'œil.

— Daniel ! S’exclamait-elle, ses joues s'embrasèrent instantanément.

Rougissante jusqu'aux oreilles, elle se mit à lui asséner plusieurs petites tapes sur le bras pour masquer son embarras.

— Aïe ! Aïe ! Vous me faites mal ! protesta-t-il en riant.

Son rire était si franc que des larmes finirent par lui monter aux yeux. Il les essuya du revers de la main, puis contempla Éléonore avec une tendresse infinie.

Elle, toujours écarlate de honte, avait finalement cessé de le frapper. Une main cachait son visage tandis que l'autre restait timidement prisonnière de celle de Daniel.

Daniel connaissait parfaitement le caractère têtu et capricieux d'Éléonore. Au fond, il le comprenait. Elle avait grandi dans un univers de luxe, entourée de richesses et habituée à obtenir tout ce qu'elle désirait. Son père, le comte Vincent del Cassio la gâtait beaucoup trop.

Au début de leur relation, cette différence de milieu avait rendu les choses difficiles, mais avec le temps, il avait appris à s'adapter à sa façon d'être et à sa manière de voir le monde.

Éléonore pouvait se montrer hautaine, parfois même égoïste. Elle aimait les robes somptueuses, les bijoux précieux et tout ce qui brillait par son prix autant que par son éclat. Cette attirance pour le faste faisait souvent naître chez Daniel un profond complexe d'infériorité. Lui qui ne possédait rien se demandait parfois ce qu'il pouvait bien lui offrir, sinon son amour et ses promesses.

Et pourtant, malgré tous ses défauts, il l'aimait d'un amour sincère et indéfectible. Il supportait ses sautes d'humeur avec une patience presque infinie, cédait à ses caprices avec douceur et désamorçait chacune de ses colères avec calme. Il avait appris à naviguer sur les tempêtes de son tempérament sans jamais perdre son sang-froid, alors qu’il était un homme impulsif, et parfois violent et agressif avec les hommes qu’il n'aimait pas. Il redoutait plus que tout de voir Eléonore s'éloigner de lui.

Sa plus grande peur n'était ni la guerre, ni la pauvreté, ni même la mort.

Sa plus grande peur était qu'un jour Éléonore ouvre enfin les yeux et réalise qu'elle méritait mieux que lui. Qu'elle comprenne qu'elle pouvait obtenir n'importe quel homme de noble naissance sans avoir à défier les conventions.

Elle était d'une beauté telle que tout le royaume parlait d'elle. Bien qu'elle ne fût que la fille d'un comte et non une princesse, son élégance et son charme la distinguait.

Daniel, quant à lui, était un homme fier, presque obstiné. Son orgueil lui interdisait de tendre la main pour obtenir un privilège immérité. Il était difficile à convaincre et plus difficile encore à faire changer d'avis. Les gens le considéraient comme un jeune homme réservé, peu bavard, presque froid au premier abord.

Il plongea son regard dans celui d'Éléonore avant de reprendre d'une voix calme :

— Je ne veux pas que les autres pensent que je profite de vous.

Éléonore leva aussitôt les yeux vers lui.

— Alors, profitez de moi ! Utilisez mon rang pour votre gloire, je m’en fous !

Un léger sourire apparut sur les lèvres de Daniel.

— Vous êtes têtue comme une mule.

En disant cela, il lui ébouriffa affectueusement les cheveux, qui se retrouvèrent aussitôt en désordre.

— Daniel ! protesta-t-elle en fronçant les sourcils.

Sans répondre, il se mit doucement à remettre ses mèches en place du bout des doigts. Avec une infinie délicatesse, il peigna sa chevelure blonde comme s'il manipulait un objet précieux, avant de glisser une mèche rebelle derrière son oreille.

Son geste était si tendre qu'Éléonore oublia aussitôt sa contrariété et resta immobile, le regard fixé sur lui.


« Mademoiselle Eléonore ! », appela une voix de femme au loin, pendant que les deux jeunes amants faisaient la cour dans la chambre des serviteurs du château. Absorbés l'un par l'autre, ils ne l'entendirent pas.

Pendant ce temps, Daniel serrait doucement Éléonore contre lui pour lui dire au revoir. Son menton reposait un instant sur les cheveux de la jeune fille tandis qu'il lui murmurait, une seconde fois, un tendre :

— Joyeux anniversaire, Elie.

Daniel était grand, et mesurait à peu près dans les un mètre quatre vingt quinze, tandis qu’Eléonore était normale de taille. Elle mesurait un mètre soixante trois.

Le monde semblait avoir disparu autour d'eux. Ils demeuraient enlacés, insouciants, sans remarquer que les pas qui résonnaient dans le couloir se rapprochaient de plus en plus.

Marianne, la servante personnelle d'Éléonore, parcourait justement le dortoir à la recherche de sa jeune maîtresse. Après plusieurs appels restés sans réponse, son attention fut attirée par de faibles murmures provenant du fond du couloir.

Elle s'arrêta net.

Une voix féminine venait de s'échapper de l'une des chambres réservées aux hommes.

Son visage se crispa aussitôt.

Les femmes n'avaient absolument pas le droit d'entrer dans les dortoirs des serviteurs ; c'était une règle stricte du château de Cassio. Intriguée, et déjà gagnée par un mauvais pressentiment, Marianne accéléra le pas en direction de la porte d'où provenaient les voix.

Une fois devant celle-ci, elle posa la main sur la poignée.

Sans la moindre hésitation, elle la tourna brusquement.




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