Oncle

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Résumé

« T'aimer n'a jamais été une option, c'était une nécessité » Voici l'histoire d'une jeune fille nommée Neveah qui tombe amoureuse d'un homme plus âgé. Pas seulement un homme plus âgé, mais son beau-oncle. C'est mal. C'est interdit. C'est... incestueux ? Ou pas ?

Genre :
Romance/Drama
Auteur :
Carissa
Statut :
Terminé
Chapitres :
25
Rating
4.7 119 avis
Classification par âge :
18+

01| Une journée pas si normale

« PARFOIS, les choses s'effondrent pour que de MEILLEURES CHOSES puissent arriver. »

-Marilyn Monroe



Neveah



Je me suis réveillée ce matin en pensant que ce serait un mardi normal. Comme c'est les vacances d'été, je n'avais pas école. J'allais me lever de mon lit super douillet et passer par la salle de bain avant de descendre en pyjama. Ma tenue se compose d'un short de nuit camouflage et d'un débardeur où il est écrit : « Personne ne porte le camouflage mieux que moi », en lettres roses. Beurk. Je déteste le rose, sans vouloir offenser personne.


D'habitude, ma mère est dans notre grande cuisine. Elle prépare des pancakes aux pépites de chocolat, du bacon et des œufs en fredonnant un air des années 80. Mon père est à la table de la cuisine avec sa tasse de café. Il tient le journal du jour ouvert à la section sport. Mais toutes les quelques secondes, il lève les yeux pour regarder ma mère avec adoration et amour.


Sauf que quand j'arrive en bas, je ne sens pas la bonne odeur du petit-déjeuner. Je fronce les sourcils et j'entre dans la cuisine. Elle est impeccable et vide. Pas de pâte à pancakes sur le comptoir, pas de bacon qui frit, pas de maman qui fredonne, pas de papa qui fait semblant de lire. Rien.


« Maman ! Papa ! » j'appelle en allant de la cuisine vers le salon. Plus j'approche du salon, plus j'entends un bruit qui ressemble à des pleurs.


J'entre dans le grand salon. Je trouve une petite femme aux cheveux noirs assise sur l'un des deux canapés marron clair. Elle a les coudes sur les genoux et la tête dans les mains. Ses épaules sont secouées par des sanglots.


« Maman, dis-je en m'approchant d'elle à petits pas, est-ce que ça va ? »


Elle lève les yeux. Ses yeux marron sont brillants de larmes et son visage bronzé est tout barbouillé.


« Ça va », renifle-t-elle en prenant de grandes inspirations pour se calmer.


« Tu es sûre, maman ? »


« O-oui... » Les sanglots reprennent de plus belle et elle secoue la tête. Ses longs cheveux noirs tombent devant ses yeux et des mèches collent à son visage mouillé. « Je suis tellement désolée, ma chérie, crie-t-elle. Je suis une mère terrible ! »


Je me précipite vers elle et je me laisse glisser au sol. À genoux devant elle, j'entoure sa taille de mes bras et je pose ma tête contre elle. « Mais non. Tu n'es pas une mère terrible, c'est tout le contraire. »


Au bout d'un moment, elle se calme. Elle passe ses doigts dans mes longs cheveux châtains ondulés. « Je t'aime, Neveah », murmure-t-elle. « Je t'aime aussi maman, je réponds en relevant la tête pour la regarder. Tu veux me dire ce qui ne va pas ? » je demande doucement. Avant qu'elle puisse répondre, j'ajoute vite : « Pas de secrets entre nous, jamais. Tu te souviens ? »


« Je sais, ma puce. » Elle soupire avant de tapoter le coussin du canapé à côté d'elle. Je me relève, grimaçant un peu d'être restée à genoux si longtemps, et je m'assois près d'elle. Elle prend mes mains dans les siennes et me regarde.


« Tu te souviens de Westley, n'est-ce pas ? » demande-t-elle doucement.


Westley ?... Un air confus passe sur mon visage avant que je comprenne de qui elle parle. « Tu veux dire ce moins-que-rien de West ?! »


Westley Jameson... L'idiot qui a gâché la vie de ma mère. Celui qui a laissé sa petite amie enceinte et seule après trois ans de relation. Et qui, par pur hasard, partage mon ADN.


« Oui, chérie. West », confirme-t-elle.


« D'accooord... je traîne sur le mot, pourquoi tu parles de ce tas de mer— »


« Surveille ton langage, mademoiselle. »


« Désolée, maman », je marmonne en baissant les yeux.


« C'est pas grave. Et je parle de lui parce que... » Elle s'arrête, les épaules affaissées, « parce que tu dois aller vivre chez lui pour l'été. »


« Qu'est-ce que tu as dit ? » je demande en espérant avoir mal entendu.


« J'ai dit que tu devais aller— »


« Je sais ce que tu as dit, maman ! » Je me lève et je commence à faire les cent pas. « Mais pourquoi je dois aller chez cet... cet individu sans intérêt ?! »


Elle se lève et s'approche de moi. « Parce que c'est quand même ton père... »


« Ce n'est pas mon père ! Et je ne vais pas passer l'été chez lui ! »


« Il n'en est pas question, maman ! » je lance en la foudroyant du regard.


Ses yeux se durcissent. Un air sévère apparaît sur son visage d'habitude si doux. « Tu vas aller chez Westley pour l'été. »


« Non, j'irai pas. » Je campe sur mes positions en la fixant droit dans les yeux.


« Neveah Sky Coleman ! Tu y vas et c'est mon dernier mot ! » me dit-elle en haussant le ton.


« Non ! » je crie, ignorant l'avertissement dans sa voix et le fait qu'elle ait utilisé mon nom complet.


« Si, tu y vas ! »


« Non, je— »


« Holà ! C'est quoi tous ces cris ? » Quinn, mon père... enfin, le seul père que j'aie jamais connu, demande en entrant dans le salon.


« Je ne veux pas aller chez mon donneur de sperme qui nous a abandonnées, maman et moi ! »


« Elle ne veut rien écouter ! »


Maman et moi crions en même temps.


« OK, calmez-vous. Toutes les deux. » Il nous regarde l'une après l'autre avant de fixer son regard sur moi. « Écoute Neveah, ma chérie, je sais que tu ne veux pas aller chez ton père— »


« Ce n'est pas mon père ! » Je tape du pied (c'est gamin, je sais) en lui coupant la parole.


Il me lance ce regard, vous voyez lequel ? Celui qui veut dire « tais-toi et écoute ou tu seras privée de sortie ». Puis il continue : « Merde, ta mère et moi, on ne veut pas non plus que tu le fréquentes, et encore moins que tu y passes l'été. » Il soupire avec un air peiné. « Mais si tu n'y vas pas pour l'été, il a menacé de nous traîner en justice pour demander ta garde. »


Je reste plantée là, sous le choc, pendant une minute. Puis je demande : « Il ne peut pas faire ça, si ? »


« Écoute ma puce, il peut faire tout ce qu'il veut. C'est l'un des hommes les plus riches de Californie et il a le président dans sa poche. » Ma mère reprend la parole. Elle grimace en disant « président ». Même si ça fait des années, 17 presque 18 pour être exacte, je sais que ça lui fait toujours mal. Son propre père ne veut rien avoir à faire avec elle. Il la méprise et la voit comme une ratée.


« Mais j'ai 17 ans. S'il vous emmène au tribunal, je peux juste dire que je veux rester avec vous et pas avec lui. »


Ma mère recommence à pleurer et sort du salon. Elle nous laisse seuls, Quinn et moi.


« Ma chérie, ta mère... »


« Ma mère quoi ? je demande en le regardant. Qu'est-ce qu'elle ne me dit pas ? »


Il soupire. « Si ton père... » Je tressaille. Je déteste quand on appelle West mon père. Quinn s'en rend compte et me sourit tristement. « Si Westley nous poursuit, il y a de grandes chances qu'il obtienne ta garde. Il gagnerait. »


« Comment ça ? »


« Eh bien, quand on va au tribunal, ils fouillent dans ton passé. Je sais que mon casier est vierge, mais on sait tous les deux que celui de ta mère n'est pas parfait. Ce serait suffisant pour qu'on te perde. »


« Mais j'aurai 18 ans dans moins d'un mois ! »


je m'écrie.


« Je sais, chérie. Et quand tu auras 18 ans, tu pourras rentrer à la maison. Mais tu dois quand même rester chez lui jusque-là. »


Les larmes me montent aux yeux et brouillent ma vue. « Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? »


Quinn s'approche et me prend dans ses bras réconfortants. L'odeur de son parfum Axe m'apaise et je me détends contre lui.


« Tout va bien se passer, ma puce. Tu as juste à rester chez lui jusqu'à ton 18e anniversaire... Un mois tout au plus. Après, tu rentres ici et tu n'auras plus jamais besoin de le voir si tu ne veux pas. »


Je me dégage de ses bras. « Quand est-ce que je dois partir ? »


« Vendredi. »


Vendredi, c'est dans deux jours. C'est tout le temps qu'il me reste avec mes parents avant de devoir partir.


Ce soir-là, je reste au lit à pleurer dans mon oreiller. Je me demande pourquoi il veut me voir maintenant. Je resterai chez lui jusqu'à mes 18 ans. Ensuite, je ne le reverrai plus jamais.


S'il croit qu'en me forçant à rester avec lui, je vais moins le détester, il se fourre le doigt dans l'œil. C'est à cause de lui et de mes grands-parents que ma mère a dû traverser tout ça...