Coup de foudre à New-York

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Summary

Émilie, jeune trentenaire au cœur tendre, tient une petite pâtisserie au cœur de New York. Ses journées sont rythmées par la douceur de ses créations et par son désir d’apporter un peu de lumière à ceux qui en manquent. Un matin, elle croise le chemin de Snoopy, un petit chat blessé, fragile et abandonné. En le recueillant, elle ne se doute pas que ce geste simple fera éclore des changements inattendus dans sa vie. Peu à peu, le quotidien d’Émilie s’illumine, et l’amour, discret mais irrésistible, vient doucement frapper à sa porte.

Status
Complete
Chapters
31
Rating
4.7 39 reviews
Age Rating
13+

Chapter 1

[Émilie]


Je marche lentement dans cette grande maison encore vide. Mes pas résonnent contre les murs nus, donnant à chaque pièce une impression de silence presque pesant. Cela fait déjà trente minutes que les déménageurs devraient être là ; sans doute sont-ils coincés dans les embouteillages.

J’en profite pour ouvrir grand les fenêtres. L’air chaud de ce début de juillet s’engouffre doucement, faisant danser les rideaux inexistants. Une odeur d’été, mêlée à celle du bois et du renfermé, envahit peu à peu les pièces.

J’ai du mal à réaliser… Cette maison est à moi. Ma maison.

Mais cette pensée, au lieu de me réjouir pleinement, se teinte d’une pointe d’amertume. Il aura fallu un malheur pour en arriver là…

Mon regard se perd dans le vide tandis que je repense à ma grand-mère. Cela fait quelques mois maintenant que je l’ai enterrée, et son absence laisse encore un creux douloureux en moi. Elle m’a laissé un bel héritage… Moi qui la croyais presque sans ressources, vivant simplement, discrètement… Elle cachait bien son jeu. Et aujourd’hui, c’est grâce à elle que je suis ici.

La sonnette retentit brusquement, me tirant de mes pensées. Je sursaute légèrement avant de jeter un coup d’œil à ma montre : 9 h 15. Enfin.

Les déménageurs s’excusent rapidement pour le retard avant de se mettre aussitôt au travail. Leur présence brise le silence de la maison, remplissant les pièces de bruit, de voix, de pas pressés.

J’avais déjà apporté les cartons les plus importants ainsi que la télévision — j’avais bien trop peur qu’elle se casse pendant le transport. Il ne reste donc que les meubles imposants, lourds, encombrants… les trucs de mecs, comme on dit.

Les heures défilent sans que je ne les voie passer.

Six heures… Six longues heures pour tout décharger et installer. La maison, peu à peu, prend vie. Les murs ne sont plus seuls.

Pour les remercier, j’ai commandé Burger King pour tout le monde. Je n’allais quand même pas les laisser manger dans leur camion. On partage ce moment simplement, dans une ambiance un peu fatiguée mais étrangement chaleureuse.

Puis, à 15 h 30, le calme revient. D’un coup.

Je me retrouve seule.

Je regarde autour de moi. Un mélange de désordre et de vie. Je commence à ranger ce que les trois hommes ont laissé derrière eux, je passe rapidement l’aspirateur, tentant de redonner un semblant d’ordre à ce nouveau chez-moi.

Et soudain, une évidence : le frigo est vide.

Je souris légèrement. Une maison, ça commence aussi par ça.

Je ne suis pas une adepte des grandes surfaces, alors la petite épicerie au coin de la rue tombe à pic.

Je referme les fenêtres, attrape mon sac et un grand panier, puis je sors.

Et pour la première fois, en franchissant cette porte, je me dis que cette maison… est vraiment la mienne.