Etoiles Timides

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Summary

Étoiles Timides suit Lana, une étudiante marquée par une rupture douloureuse. Cherchant la guérison, elle trouve une nouvelle connexion inattendue. Entre rires, émotions et une exploration délicate, l'histoire explore comment l'amour peut naître même dans les moments les plus sombres.

Genre
Romance/Humor
Author
Pline
Status
Ongoing
Chapters
6
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapitre 1: Les Fissures du Cœur

Je refermai délicatement mon cahier, les traces de mon stylo formant une danse complexe sur les pages désormais imprégnées de mes tentatives de révision. Je pris une profonde inspiration en fermant les yeux, reposant ma tête sur le dossier de ma chaise, espérant me défaire un peu du poids que j'avais l'impression de porter depuis quelque temps. Lentement, j'expirai en rouvrant mes yeux au monde. Mon regard se dirigea naturellement vers la fenêtre juste en face de moi, qui m'offrait comme d'habitude une vue que j'avais toujours appréciée.

À l’extérieur, le crépuscule déployait ses bras orangés, peignant le ciel d’une teinte chaleureuse qui se fondait avec douceur sur les bâtiments de la ville universitaire. Les derniers rayons du soleil caressaient les façades des édifices, créant des jeux d’ombre et de lumière qui conféraient à chaque coin de rue une aura empreinte de sérénité. Mon regard s’attarda sur ce tableau apaisant, une tentative inconsciente de trouver du réconfort dans la beauté du monde extérieur, même en ces moments de tension intérieure.

Cependant, à l’intérieur de ma chambre, l’atmosphère était bien différente. Les murs silencieux étaient mes seuls compagnons, et le contraste avec la quiétude extérieure ne faisait que souligner davantage l’isolement qui s’était installé en moi. Les ombres dansantes sur les façades étaient une métaphore poignante de la danse solitaire que je menais, en dépit du paisible spectacle offert par la rue animée.

Les images de la grimace de Tristan, mon petit ami, ou plutôt mon ex, ce jour-là, lorsqu’il a mis fin à notre relation, persistaient dans ma mémoire. Deux semaines s’étaient écoulées depuis, mais les fissures qu’avait creusées cette rupture semblaient toujours infranchissables, laissant en moi une douleur persistante. Chaque tentative de chasser ces souvenirs douloureux était vaine, et même la vue apaisante à travers ma fenêtre ne parvenait pas à dissiper complètement la tristesse qui enveloppait mon cœur meurtri.

Installée à mon bureau, je laissai mes pensées divaguer, revisiter cette journée douloureuse.



Tristan était un jeune homme d’une franchise désarmante. Il énonçait avec clarté ses préférences, une qualité qui, entre autres, constituait la raison pour laquelle je l’appréciais tant. Son caractère direct avait un attrait particulier. Cependant, malheureusement, j’avais dû apprendre à mes dépens que ma compréhension de lui était bien loin de correspondre à mes espérances.

Cela faisait quelques mois que nous étions ensemble, mais notre relation restait délibérément non physique, à cause de moi. Je savais cependant qu’il serait impossible de prolonger indéfiniment cet évitement.

Cela peut sembler étrange mais dans notre relation, ma virginité me mettait mal à l'aise, malgré les moments agréables que je partageais avec Tristan. Ce n'était pas ma première relation amoureuse mais l’envie d’aller au-delà des simples baisers ne s’était jamais manifestée avec l'un de mes copains. Et à mon grand regret, il me semblait maintenant évident que mon désintérêt pour les aspects plus physiques de l’intimité persistait également avec celui-ci.

Malgré l'affection que j'avais pour lui, je n'avais vraiment pas envie de le faire et, fidèle à moi même, je n’avais aucunement l’intention de m'y forcer. Je savais que je le regretterai sûrement, donc je préférerais attendre. Mais il fallait que je le lui dise pour qu'il comprenne que je préfèrerais rester vierge pour l’instant.

C’était un choix personnel que je pensais pouvoir partager avec lui en toute confiance, croyant en la force de notre connexion.

C'est pourquoi, ce soir là, je l'ai invité chez moi. Je voulais qu'on soit dans un endroit tranquille pour discuter mais où je me sentirais suffisamment à l'aise pour avoir cette conversation. Ainsi, j’avais soigneusement préparé une ambiance chaleureuse et décontractée, disposant quelques coussins sur le sol, créant un coin confortable dans un coin de la pièce.

À la table basse, une légère collation attendait, avec des fruits frais, des chocolats et des rafraîchissements, tous soigneusement présentés. Les arômes d’une bougie parfumée flottant délicatement dans l’air, ajoutant une touche subtile à l’ensemble.

Tristan, affable et insouciant, était entré avec un sourire éclatant, prêt à partager cette soirée. Nous avons commencé par échanger des banalités, riant de petites anecdotes de la journée. Cependant, je sentais mon cœur battre un peu plus vite, sachant qu’un moment crucial se profilait.

Après avoir dégusté un repas léger que j’avais préparé avec soin, Tristan, peut-être imprégné de l’ambiance, tenta une approche romantique. Ses mains douces cherchèrent les miennes, son regard empreint de désir. Il se rapprocha comme pour m'embrasser et, sans réfléchir, je me penchai légèrement en arrière pour l'éviter. Son regard était plein de confusion et j'avoue que je le comprenais. C'est pourquoi, avant qu'il ne puisse poser la question je décidai de me lancer.

“Tristan,” dis-je doucement, retirant doucement mes mains des siennes, “il y a quelque chose que je dois te dire.” J’ai plongé dans ses yeux, cherchant la meilleure façon d’exprimer mes sentiments. “Tu sais, je t'aime beaucoup. Mais, il faut que je te dise que… pour l’instant, je préfère maintenir notre relation à un niveau émotionnel. L’idée d’aller plus loin sur le plan physique, ce n’est pas quelque chose que j'ai envie de faire actuellement.”

Un silence pesant s’installa dans la pièce. Je pouvais voir la surprise et peut-être la déception dans son regard mais tout cela se transforma rapidement en un autre mélange d'émotions.

"Tu plaisantes j'espère." Répondit-il finalement avec un sourire froid, son regard trahissant une pointe de mépris. "Tu n’es pas sérieuse, n’est-ce pas ?"

Sa réaction me surprenait alors que son visage se déformait dans un mélange de mépris et de dégoût.

"Ecoute, je sais q-que c'est un peu--"

"Non mais tu te fous de moi?!" Me coupa-t-il en criant, se passant la main dans les chemins dans un clair mouvement de frustration avant de se lever brusquement et de poursuivre: "Les gars m'avaient prévenu que tu serais difficile à sauter mais quand même!"

"Quoi?" murmurai-je. Que venait-il de me dire à l'instant?

"Tu veux dire que je t’ai supporté tout ce temps pour rien?! Et tout ça c'était pourquoi alors?" demanda-t-il en désignant le décor de ma chambre.

Je me sentais comme glacée. J'avais l'impression que mon cœur s'était arrêté. Peut-être s'était-il caché dans le trou où j'avais subitement envie de disparaître.

C'était impossible. Il n'avait pas vraiment pu dire ça. Non. Il pouvait être furieux que je rejette une nouvelle fois ses avances, je le comprenais parfaitement mais pas ça.

Son visage c’était déformé avec une telle expression de dégoût qu’on aurait cru qu’il venait de marcher dans un tas de merde.

Je n'arrivais pas à réfléchir. Je voulais lui répondre, lui demander de se calmer pour qu'on puisse discuter mais, rien. Absolument rien, aucune idée, aucun mot, n'arrivait à se former dans le chaos de mon esprit.

“Tu sais quoi Lana? Je t’emmerde. Si tu veux faire la sainte, vas-y, te gêne surtout pas, mais ça sera sans moi. Toi et moi on s'arrête là.” termina-t-il avant de sortir de la pièce sans me jeter un regard.

Je restai planté là, au milieu de ma chambre, essayant encore de comprendre ce qu'il venait de se passer. C'était toujours le chaos dans mon esprit. J'avais l'impression qu'une tornade s'était abattue sur moi en une fraction de secondes. Subitement, sentant mes joues se mouiller, je me rendis compte que je pleurais. Je ne ressentais que maintenant le picotement dans mes yeux, cette douleur dans ma poitrine et, par peur de mettre à hurler, je me couvris rapidement la bouche à l'aide de ma main.

Heureusement, je gardai assez de lucidité pour aller jusqu'à ma porte et la verrouiller avant de m'effondrer comme un château de carte et d'éclater en sanglots incontrôlables.

Que venait-il de se passer? Et qui étaient “les gars” dont il avait parlé?



Je n’étais pas catégoriquement opposée à l’idée du sexe avant le mariage ou à des principes similaires, mais j’avais simplement besoin de plus de temps. C’était ce que je souhaitais lui communiquer. Cependant, face à sa réaction, il devint évident qu’il n’était pas digne de cette discussion sincère. Malgré cela, la sensation de trahison ne pouvait être ignorée.

La douleur de cette déception imprégnait le silence de ma chambre, amplifiée par le rythme régulier des pages que le vent tournait dans la rue. Chaque souffle du vent semblait murmurer une triste mélodie, résonnant avec la déception qui avait maintenant pris résidence dans mon cœur.

Alors que je repassais une énième fois ce souvenir désagréable dans mon esprit, une série de vibrations interrompit mes pensées, provenant de mon téléphone posé sur le bureau. La réalité me saisit à nouveau.

Évidemment, je n’avais qu’une seule personne en tête capable de me bombarder de messages de cette manière : Carmen, ma meilleure amie.

Je lui avais déballé toute l’histoire, luttant difficilement pour la dissuader d’aller éclater la tête de ce type. Imaginer la scène qui en résulterait avait un côté comique, assez pour éclipser momentanément la tristesse qui menaçait de m’engloutir. La puissante énergie protectrice de Carmen, même dans son expression la plus intense, réussissait à m'insuffler un soupçon de légèreté.

Après ça, elle essaya par tous les moyens de me remonter le moral. Elle était terriblement inquiète pour moi. Je la trouvais presque adorable. Et même si j’appréciais sa sollicitude, je ne pouvais m’empêcher de vouloir rester fermée, cacher ma douleur derrière un sourire fragile. Alors elle insistait, me harcelant presque pour que je m’ouvre et évacue ma douleur.

Ce soir, fidèle à son habitude, Carmen m’envoya plein de messages avec des emojis exagérés et un autre de ses invitations persistantes à sortir. “Viens avec nous ce soir. Ça te fera du bien!“, disait-elle en résumé.

J’hésitai, mais après quelques instants de contemplation, je décidai de me laisser convaincre. Peut-être que sortir avec des amies pourrait apporter un soulagement momentané à mon cœur brisé. Les étudiants universitaires étaient déjà animés par l’excitation du week-end à venir.

Je pris une profonde inspiration, me levai de mon bureau et commençai à me préparer pour la soirée. Une fois terminée, le miroir devant lequel je me tenais refléta une image de moi-même - une jeune femme aux cheveux châtains tombant en douces vagues autour de son visage, les yeux noisette teintés d’une nuance de tristesse. Je me tenais là, supportant le fardeau de ma rupture récente, une lueur de résilience à peine perceptible dans mes yeux ternis par la tristesse.

Le bruit de la porte de ma chambre qui se referma derrière moi résonna dans le couloir. Le soir allait commencer, et je me demandais si cette nuit pourrait marquer le début de la guérison de mon cœur meurtri.