Chapitre 1: là où tout commence
Avertissements : scène de viol, torture, maltraitance.
Ce livre témoigne de mon indignation face au réseau de prostitution de mineurs ainsi qu'à la traite des êtres humains. Il est en grande partie tiré de faits réels, comme l'affaire Epstein ou l'affaire Zandvoort. C'est un hommage aux victimes et une condamnation de leurs bourreaux. Je sais bien que ce n'est qu'une maigre contribution à la lutte contre ces horreurs.
Ce livre est protégé par les droits d'auteur ; toute copie est interdite.
Non corrigé. Peut être lu indépendamment de la saga.
Veuillez cliquer sur "J'aime" à la fin de la lecture pour me donner une idée du nombre de personnes ayant lu ce livre.
Cordialement.
Camillia:
Je m'appelle Camillia. J'ai 14 ans et une adorable petite sœur, Bethany. C’est une jolie petite tête blonde. Nous vivons dans un mobile-home en Louisiane. Je ne peux pas dire que la vie soit facile, bien au contraire. Mon père est un véritable con. Un alcoolique, un drogué, et en plus, il est parfois violent. Heureusement, on ne le voit pas beaucoup, car il passe son temps avec ses amis à jouer au poker.
Quant à ma mère, elle est morte il y a quatre ans d'une overdose. Elle n'était pas méchante, juste complètement foutue. Le genre de mère qui privilégie sa came à ses enfants. Elle nous laissait seules à la maison pendant des heures pour retrouver son dealer. Un jour, elle m’a même oubliée dans un bar. J’ai passé une bonne partie de la nuit sous le flipper. Une nuit horrible.
C’est moi qui m’occupe de Bethany. Hors de question de la laisser seule. Je suis sa grande sœur, après tout, et je prends ce rôle très à cœur. Ne me demandez pas pourquoi, je ne sais pas. Peut-être que je ne veux pas qu’elle soit aussi seule que moi. Que je veuille qu’elle sache qu’elle peut compter sur moi. Mais parfois, c’est difficile. J’ai du mal à payer la nourriture. Je fais quelques petits boulots, comme sortir les animaux et les poubelles. Je tonds des pelouses.
J’avoue que je dois cacher l’argent à mon père, sinon il le prendrait. Ce n’est pas grand-chose, ça ne suffit pas toujours pour faire les courses.
Mais je m’accroche. Je suis une battante. Je l’ai toujours été. En tout cas, les instituteurs me l'ont souvent dit. J’ai toujours été douée à l’école. Mais je ne sais pas si je pourrai continuer longtemps. Je préférerais avoir un emploi pour m’occuper de ma petite sœur. Certains diraient que j’ai endossé le rôle de ma mère, que ce n’est pas normal. Je m’en fiche.
Je commence un peu à m’inquiéter. Ça fait plus d’une semaine que mon père n’est pas rentré et, même pour lui, c’est étrange. D’habitude, il revient au moins pour cuver à la maison. Il se repose un peu, dévalise les placards, puis repart au bout d’une journée. Mais là, on est totalement seules. Et puis, il a eu un comportement étrange le mois dernier. Il a rempli les placards et nous a même acheté des vêtements.
Je me demande s’il va bien. D’un autre côté, sans lui, ce sera peut-être plus facile. J’ai peur que l’on soit placées dans des foyers, séparées.
Parfois, nos peurs sont tellement loin de la réalité.