Ch 1 - Ils m'ont brûlés les ailes
Bienvenue à toi cher(e) lecteur(rice)
Voici une nouvelle histoire, celle pour laquelle je me suis le plus investie. Celle qui m'a demandé le plus de temps, le plus d'imagination.
J'ai eu énormément de plaisir à l'écrire, j'espère que tu auras tout autant de plaisir à la lire.
Les faits décrits dans cet essai sont purement fictifs, néanmoins, ne peut-on imaginer que dans nos quartiers, dans nos rues, dans nos villes, une histoire un peu similaire à celle d'Hisham et Illi?
Une histoire donnée pour terminée avant même d'avoir commencé...
J'ai connu quelques Hisham... J'ai aussi connu (beaucoup plus) des Illi... Des parcours de vie parfois dramatique, aux destins tragiques, mais aux amours forts, impossible aussi.
Quelqu'un m'a dit un jour : "Si tu n'as jamais haïe, tu n'a jamais aimé".
Et eux vont se haïr... À s'aimer.
CHAPITRE UN
"ILS M'ONT COUPÉ LES AILES..."
Il se pissait dessus. Je lui tournais le dos, fumant ma cigarette tranquille tandis qu'il poussait des cris d'otaries.
Anton - J'TE... J'TE JURE JE VAIS TE PAYER!! J'TE JURE! DONNE-MOI ENCORE QUELQUES JOURS ET JE VAIS TE PAYER.
J'ai regardé Joe qui était face à moi et qui voyait Anton se démener pour se défaire de ses liens. Il a eu un léger mouvement d'épaule, mais j'avais déjà pris ma décision.
Moi - T'as pas d'oseille, t'es un déchet Anton. Comment tu vas payer 120000€, hein?
Il s'est mit à gémir.
Anton - JE... JE... JE...
J'ai soufflé d'exaspération, j'en avais marre, j'avais déjà perdu assez de temps avec lui. J'ai soulevé mon haut pour prendre mon arme et je me suis tourné vers lui, avant d'avancer à grand pas et de poser le canon sur son gros crâne vide.
Moi - Adieu Anton.
J'ai tiré une unique balle et sa tête a violemment basculé en arrière, le sang giclant jusqu'à mon visage, puis son corps entier est tombé, la chaise basculant avec lui sous la force de l'impact. Ça rigole pas le 9mm.
J'ai ouvert la porte de l'entrepôt et j'ai appelé les gars qui attendaient devant.
Moi - Nettoyez moi ça, j'veux aucune trace.
J'ai fais signe à Joe et je me suis dirigé vers l'arrière de l'entrepôt, là où se trouvait mon "bureau". Une pièce sombre, sans fenêtre et avec une porte blindée. J'avais mis un bureau en fer, 2-3 chaises, et un buffet pour poser mes conneries. La porte derrière mon bureau était du genre coffre fort, j'y entreposait quelques trucs, du genre argent, armes et came.
Joe - C'était pas nécessaire...
Moi - Si. Il aurait jamais payé et tu l'sais, il nous faisait courir depuis des mois, j'ai pas qu'ça à foutre.
Joe - Bah là il paiera jamais pour le coup.
Moi - Mais ça passera l'envie aux autres de faire comme lui.
J'ai jeté mon arme sur le bureau, enlevé mes vêtements et je suis allé vers le petit lavabo d'appoint qui était dans un coin pour me nettoyer du sang de cet abruti.
Moi - Des nouvelles du Corse?
Joe - Non, on en aura pas avant demain de toute façon.
J'ai pris du savon et j'ai frotté mon visage et mes bras.
Moi - Essaye de contacter Jeff quand même. Qu'il garde un œil ouvert.
Joe - Mmmh.
J'ai pris une serviette et je me suis essuyé avant d'aller vers le buffet, d'où j'ai sorti un survêt et un tee-shirt, le genre de truc basique, Nike, noir.
Je suis allé m'asseoir derrière mon bureau après m'être habillé, tandis que Joe pianotait sur son téléphone, assis sur une chaise collée au mur.
Moi - Arrête de bouder, je vais appeler des filles ce soir.
Joe - Ouais, trop bien.
Il avait l'air vraiment blasé.
Moi - Ouais, tu dois vraiment t'faire sucer t'es trop tendu toi.
Il m'a jeté un regard de travers, ce qui m'a fait rire.
Joe - J'ai d'autres trucs en tête que les meufs. On doit s'faire discret Hish, tu fais n'importe quoi en ce moment.
Moi - J'dirige mon bizz comme je l'ai toujours fait.
Joe - Non, et tu le sais. À vouloir aller trop vite on va se faire baiser si on continue comme ça.
J'ai tiré sur ma nuque. Il me soulait à toujours vouloir "faire attention", "prendre notre temps". Je savais très bien ce que je faisais, et si on voulait prendre du poids, on n'avait pas d'autres choix que de prendre des risques.
C'était mon frère depuis l'époque des bacs à sable, on avait tout traversé ensemble lui et moi. On avait commencé à faire des courses pour les grands, puis nos premiers bar-tabacs avec des butins de merde, nos premières voitures, pour lesquelles j'avais tapé de la prison pour mineurs, et enfin la cour des grands, le trafic.
J'aurais donné ma vie pour lui, d'ailleurs je ne l'avais pas balancé quand je m'étais fait serrer, j'avais toujours protégé ses arrières comme lui protégeait les miens. C'était une des seules personnes au monde envers qui je manifestait un tant soit peu de confiance et d'affection.
Il a passé une main sur son crâne rasé et s'est levé.
Joe - Vas-y, je bouge. On s'capte plus tard ?
Moi - J'serais chez moi. Enfin, t'as capté.
Il a hoché la tête et a tapé son poing contre le mien, puis il est sorti.
J'ai soupiré avant de prendre mon téléphone, histoire d'envoyer quelques messages, j'avais vraiment envie de passer la soirée avec des filles, j'étais éreinté par cette semaine.
Puis quelqu'un a frappé à la porte.
Moi - Ouais?
... - C'est Micro!
Moi - Entre.
Il a ouvert la porte et a jeté un coup d'œil.
Micro - On a chargé la charogne, j'ai mis un gars au nettoyage.
J'ai hoché la tête.
Micro - Je peux décal?
Moi - Ouais vas-y. Mais demain reviens vers 18 heures, j'devrais avoir des nouvelles du Corse, on va devoir livrer nos gars.
Il a semblé enthousiaste.
Micro - Ah bien! Ils râlent tous là, ils ont plus rien.
Moi - La concu ils en sont où ?
Il a fait une grimace.
Micro - Comme nous hein, depuis la saisie c'est la merde pour tout l'monde.
J'ai hoché la tête et je me suis renfoncé dans mon siège.
Moi - Bon, ok. Vas-y alors, à demain.
Micro - À demain patron..
Il est parti et j'ai basculé ma tête en arrière. Laissez-moi me présenter.
Je m'appelle Hisham C***, j'ai 22 années d'existence sur cette terre. Je viens d'une ville du sud, là où il fait "bon vivre", le soleil, la chaleur, l'accent chantant. Mon père était marocain, un ouvrier usé par la vie mort prématurément d'une crise cardiaque, et ma mère une algérienne de l'ouest, morte prématurément d'un cancer des os. J'ai 3 frères, un est en prison pour 22 ans, après un braquage qui a mal tourné et les deux autres ont disparu des radars depuis bien longtemps.
J'ai dû pousser tout seul, vu que j'étais orphelin à l'âge de 16 ans, et j'ai grandit comme un loup, mené par mon instinct et rien d'autre. J'étais un bon garçon petit, j'allais avec mon père à la mosquée, je portais les sacs de courses des mamans du quartier, bref j'étais un gamin comme un autre. Puis mon père est mort et j'ai commencé à faire n'importe quoi avec Joe.
Les études, on en parle même pas, j'ai jamais été bien doué, mais j'ai vite arrêté les cours dès que j'en ai eu l'occasion. 6 ans que je suis seul, que je compte sur mon dos pour m'en sortir et que ça se passe plutôt bien. Alors oui, j'ai du sang sur les mains, mais c'est du sang sale, est-ce que ça compte vraiment ?
J'ai relevé mon regard sur la porte de la pièce, celle où était attaché un grand poster avec une ombre représentant un ange, l'Ange Noir. Mon surnom. J'étais un ange déchu, j'avais perdu mon humanité en perdant mes parents, j'étais dominé par mes pulsions, j'avais fait disparaitre toute trace de bonté. Mais c'est pas vraiment de ma faute tout ça. Ils m'ont coupé les ailes.
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On était posé dans notre quartier général, notre zone, là où on tenait notre trafic.
On avait loué un appartement proche du centre, loin du quartier où on avait quand même notre four, et on avait choisis un immeuble où se trouvait un snack, afin que nos hommes puissent surveiller et gérer les arrivées et les départs sans être suspects.
Dans la pièce du fond, nos petits faisaient la mise en sachet, dans la pièce principale nos vendeurs venaient chercher ces mêmes sachets pour les livrer, et dans une autre pièce encore, un autre gars à nous comptait et stockait notre oseille jusqu'au soir.
J'étais un des plus gros revendeurs de la région, je faisais partir 500 kilos de zipette par mois, une tonne de shit dans les même délais et j'ambitionnais de passer à l'étape supérieure, je voulais être le patron, avoir tout le sud et toute la France.
Joe est arrivé vers moi et m'a tendu son téléphone.
Moi - Allô ?
Le Corse - Ça va Hish?
J'ai soupiré de contentement.
Moi - Je suis content de d'entendre en tout cas.
Le Corse - Ouais, j'imagine. Je reviens du Havre là.
Moi - Tout s'est bien passé ?
Le Corse - Ouais, ouais. Mais on va devoir parler nous deux.
J'ai froncé les sourcils. Je travaillais avec le Corse depuis 1 an, j'avais absolument aucune confiance en lui. C'était quoi le problème ?
Moi - Ouais ok. Mais livre-moi d'abord et après on s'captera.
Le Corse - Dis à tes gars que je serais au même endroit que d'habitude, envoie pas des bouffons.
Moi - Y'a pas d'bouffons qui travaillent pour moi. Azy, on s'rappelle ce soir pour notre... Entretien.
Le Corse - On fait comme ça.
J'ai raccroché et j'ai tendu le téléphone à Joe qui avait suivi la conversation.
Joe - Y'a quoi?
J'ai tapoté l'accoudoir du canapé et j'ai relevé la tête vers lui.
Moi - Il veut nous baiser la gueule.
Je me suis levé et je lui ai fais signe de me suivre, on est allé dans la pièce où on stockait notre oseille.
Moi - Sors de là.
Le gardien est sorti sans discuter et j'ai fermé la porte derrière lui.
Moi - Il veut m'parler.
Joe - De?
Moi - J'sais pas, mais à mon avis c'est pas pour me féliciter.
Joe - Il a dit quoi exactement?
Moi - "On va devoir parler nous deux".
Il a hoché la tête.
Joe - J'te l'ai déjà dit, on doit changer de contact, il est pas fiable du tout.
J'ai hoché la tête.
Moi - Ouais, t'as raison. J'vais monter aux Pays-Bas, j'vais chercher t'inquiètes.
Joe - Et moi?
Moi - J'ai besoin d'toi ici, on va être livré faut qu'tout roule.
Joe - Ok.
Moi - Appelle nos gars, qu'ils prennent les utilitaires et qu'ils aillent au même endroit que d'habitude. Par contre, dis leur de prendre ce qu'il faut avec eux. Et qu'ils mettent des gilets j'ai pas confiance.
Joe - Ouais t'as raison.
On est sorti de la pièce et je suis allé dans celle où se trouvait ceux qui détaillait.
Moi - Nono?
Il a relevé la tête vers moi.
Nono - Ouais Hish?
Moi - Appelle du renfort.
Nono - Sah? Bien, bien, vas-y je m'en occupe.
Je ne leur disait jamais quand j'allais être livré, pas avant que la came soit sur place.
Moi - Oh! toi là !
Ils m'ont tous regardé, mais je fixais celui qui m'avait mis le seum.
... - Ouais Hish?
Moi - Mets ton putain de masque! On vous l'a déjà dit 1000 fois ça !
Il a baissé la tête sans répondre et je suis sorti de là.
Joe - Tu vas faire quoi là ?
Moi - J'reviens en fin de journée, tu gères?
Joe - Euh, ouais. C'est important ?
Moi - Ouais. Et appelle Micro, dis-lui de venir ici au lieu de l'entrepôt. Vas-y à plus.
J'ai pris mes affaires et je suis sorti de là. J'ai regardé un peu à droite à gauche dans la rue, mais ça semblait tranquille alors je suis monté dans ma voiture.
J'ai roulé pendant 1h30, la musique à fond et la tête ailleurs. Je me demandais si j'allais réussir à trouver un contact rapidement, un bon contact, quelles nouvelles consignes j'allais devoir mettre en place, combien d'hommes j'allais devoir trouver... Et est-ce que le Corse allait devenir un problème.
Au pire je le sècherais, mais il avait du monde derrière lui, ça ne serait pas sans conséquence.
J'ai garé ma voiture sur le parking, j'ai vérifié si j'avais tout avec moi et je me suis dirigé vers le portail.
... - Oui?
Moi - J'ai un parloir avec Othmane C***
... - Entrez et présentez vous à l'accueil.
J'ai poussé le portail quand j'ai entendu le grésillement, puis je me suis dirigé vers le bâtiment. J'avais l'habitude maintenant, 7 ans que je venais ici régulièrement voir mon grand frère, je connaissais même des matons.
Agent pénitentiaire - Bonjour, déposez tout ce que vous avez dans vos poches ici. Pièce d'identité et convocation.
J'ai fais ce qu'elle m'a dit et elle m'a tendu un badge.
Agent pénitentiaire - Ça devrait pas être long, je vous laisse patienter.
Je suis allé m'asseoir avec les personnes déjà présentes, familles de détenus, des femmes, des enfants, des mamans, des papas...
J'ai fais un signe de tête vers une meuf, je la croisais souvent ici, mais on avait jamais parlé, je savais juste que son mari s'entendait bien avec mon frère.
On a attendu une dizaine de minutes et l'agent pénitentiaire est venu nous chercher.
Agent pénitentiaire - Messieurs, dames, on y va?
On l'a suivi et on est arrivé dans la salle des visites. J'ai eu un sourire en voyant mon grand frère.
Othmane avait 19 ans quand il s'est fait arrêter, j'en avais 15 à l'époque, notre mère était encore en vie. Avec 2 potes à lui, ils sont allés braquer une bijouterie, sauf que le gars était armé et il a levé son arme pour tirer. Mon frère a pas réfléchi il a tiré avant lui. 2 balles en pleine tête.
Ils avaient arrêté un des 2 autres gars, qui avait balancé mon frère sans vergogne, bsahtek l'amitié. En plus il avait prit 20 ans, alors...
Othmane - Salam wa aleykom.
Moi - Wa aleykom salam. Ça va frangin?
Othmane - HamdoLlah et toi microbe?
Moi - Ça va, ça va, hamdoLlah. T'as pris encore hein!
Il a regardé ses bras.
Othmane - Ouais, vite fait. On a un cuistot là, ça fait un mois, il nous met bien.
Moi - Sah? T'as une cuisinière?
Il m'a mit un coup de pied sous la table et j'ai rigolé.
Moi - J'rigole, détends-toi!
Othmane - Et toi alors? Tu taf toujours ?
J'ai évité un peu son regard.
Moi - Ouais, toujours pareil hein.
Othmane - Mmmh...
Je l'ai regardé rapidement.
Moi - Quoi?
Il a soupiré.
Othmane - Tu comptais me prendre pour un con encore longtemps ?
Moi - Je...
Othmane - Le gars qui est tombé là, c'est Wassim A***
Ah la putain de sa mère!
Moi - Othmane...
Othmane - Nan, nan! On va pas trop parler là, mais putain Hisham...
Il a passé une main sur son visage et son masque de neutralité est tombé. J'ai vu les marques de la vie, les soucis, l'incarcération, l'angoisse, tout ça sur son visage. Ça m'a serré le cœur.
Othmane - J'ai que toi p'tit frère! Stp, fais attention putain! Regarde où j'suis, j'en ai encore pour 5 ans minimum, si j'ai d'la chance. 12 ans d'ma vie en fumée comme ça. J'veux pas ça pour toi.
Moi - Mais y'a rien Othmane, t'inquiètes ! J'fais rien, j'suis pas...
Othmane - Arrête ça stp. J'sais très exactement c'que tu fais. Frère...
J'ai relevé mon regard vers lui.
Othmane - Fais attention, j'veux pas t'enterrer toi aussi.
J'ai déglutit.
Moi - Nan, t'inquiètes.
On a gardé le silence un moment après ça, chacun dans nos pensées.
Othmane - T'as du nouveau pour les autres?
J'ai secoué la tête.
Moi - Rien. Après j'vais pas t'mentir je cherche pas de ouf.
Othmane - Essaye de les trouver quand même. C'est important, j'veux leur parler.
Moi - Ouais, j'vais voir c'que j'peux faire. T'as reçu mon mandat?
Othmane - Nan, tu l'as envoyé quand?
Moi - Ce matin.
Othmane - Ah bah j'ai pas vu encore. Merci.
Moi - Vas-y, ta gueule, galek merci!
Il a tendu le bras et il m'a mis une gifle.
Agent pénitentiaire - Othmane!!
Moi - C'est bon chef, on rigole.
Il a détourné la tête et mon frère et moi on s'est tapé une barre.
Moi - Sah, si t'as besoin fais moi savoir. Pour quoi qu'ce soit.
Othmane - La hachema c'est mon petit reuf qui m'entretien!
Moi - Quel hachema? Normal si c'est pas moi, c'est qui?
Othmane - WAllah heureusement t'es là !
Ça m'a gêné un peu, je savais que c'était un coup à son égo d'être entretenu par son frère. Petit frère en plus.
Moi - Bah nan, normal hein.
Othmane - Sinon, des nouvelles de Souhaïla ?
Le sujet que j'évitais au max. Souhaïla, c'est la fille dont il était fou amoureux quand il était dehors, il faisait tout pour elle, ils étaient fusionnels, limite il vivait pour elle.
Comment lui dire qu'elle était mariée et qu'elle avait déjà 2 gamins ?
Moi - Nan, rien hein. Depuis qu'elle a quitté le quartier, on l'a plus revus.
Elle y vivait toujours, avec son tahane, un pote de mon frère en plus. J'avais fais un scandale à leur mariage, ils devaient s'en rappeler chaque jour de leur vie ces traîtres. Voilà pourquoi j'aurais jamais de femme moi, c'est pas fiable ces trucs-là.
Othmane a hoché la tête sans rien ajouter, on a parlé de tout et de rien, il se comportait bien, il faisait pas de vagues, il voulait être sûr d'avoir la condi alors il restait dans le rang. Il mangeait sa peine, je savais que c'était un homme brisé, il m'avait dit aussi qu'il avait des remords pour le gars qu'il avait fumé, ça le travaillait grave.
Agent pénitentiaire - Messieurs, dames, c'est la fin.
J'ai regardé mon grand frère, la seule famille qui me restait. Je compte pas les 2 autres enculés, ils étaient morts pour moi.
Othmane - Fais attention à toi ok? Je compte sur toi Hisham!
Moi - Ouais, t'inquiètes. Et ramène ton linge la prochaine fois, je t'ai pris des trucs là, j'te les déposerais. Dans 2 semaines?
Il a hoché la tête et on s'est fait une accolade.
Moi - Allez, prends soin de toi. À bientôt inch'Allah, et oublie pas, moindre truc contact moi.
Othmane - Vas-y t'inquiètes moi j'suis dedans j'risque rien. C'est toi fais attention. Et passe le salam à Joe de ma part.
J'ai souris et après une dernière accolade, je suis parti.
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Joe m'attendais déjà sur place, il était assis sur son scooter, son téléphone à la main. Joe est vraiment grand et stoc, il fait bien ses 100 kg, mais il prend soin de lui, c'est pas un grassouillet. Il a la peau très noire, et des yeux marrons assez clair, ce qui donne un effet qui apparemment fait fondre toutes les meufs. Là il portait un tee-shirt noir et un jean simple, une paire de Jordan 3, tout ce qu'il y a de plus classique.
Joe c'était un surnom, son vrai prénom était Aliou. C'est moi qui l'avait surnommé Joe, après avoir regardé Tom Sawyer.
Moi - Ça va frère?
Il a levé la tête vers moi et m'a sourit.
Joe - Enfin! J'ai cru qu'tu serais jamais à l'heure!
Moi - J'suis passé chez moi vite fait pour me changer. Il est là ?
Il a secoué la tête.
Joe - Nan pas encore. T'étais où toi?
Moi - J'suis allé à Béziers.
Il a direct compris.
Joe - Ah. Il va bien?
Moi - Ouais, il te passe le salam.
On est rentrés dans le restau, un truc simple, un Italien. C'est là que je retrouvais le Corse quand on devait parler.
Moi - La livraison ?
Joe - Y'a pas eu d'soucis, j'en ai mis une partie au dépôt, l'autre au QG.
J'ai hoché la tête.
Joe - Par contre y'a des petits qui m'ont demandé des pains.
Hein?
Moi - Quels petits??
Joe - Des gars du quartier ***, c'est pas notre terrain.
Bizarre ça.
Moi - C'est le terrain du Tigre?
Joe - Ouais. J'les ai envoyé chier.
Moi - Mmmh... C'est pas le moment de faire des vagues avec la concu, j'ai un plan mais ça va demander du temps, j'dois d'abord avoir un nouveau fournisseur. On va avoir les gens du Corse sur les côtes, j'peux pas me permettre une guerre de rainté.
Il a acquiescé. On s'est posé et on a eu la carte assez rapidement. J'ai regardé un peu autour de moi, c'est une habitude chez moi, et j'ai vu une table de meuf, le genre m'as-tu-vu, les meufs d'une soirée.
Moi - Oh, Joe?
Joe - Mmmh?
Il a relevé sa tête de la carte.
Moi - Elle est bien elle là nan?
Il a regardé la direction que je lui indiquait et il a fait une grimace.
Joe - Laisse-moi deviner, la brune là ?
On les regardait sans gênes, elles s'en sont aperçu et ont commencé leur cinéma.
Moi - Bien vu le reuf
Joe - J'préfère l'autre moi, celle avec les mèches.
Moi - C'est étonnant ça.
On a rigolé et j'ai hésité juste une seconde avant de me lever. J'avais du succès avec les filles, je vais pas vous mentir. J'étais pas vilain, je faisais 1m88, j'étais pas aussi stoc que Joe, mais j'allais à la salle avec lui. J'avais des cheveux bruns, raides, coupés en dégradé américain, des yeux noisettes et j'avais laissé pousser une barbe ces derniers mois, elle était pas super longue mais je l'entretenait. J'avais bien cette sale cicatrice sous l'œil droit, souvenir d'une droite avec un poing américain, mais bizarrement les meufs aiment bien. Ah oui, et j'ai une fossette, alors là c'est incroyable comme elles sont avec ça, quand on sait que c'est une malformation.
Moi - Ça va?
Elles ont rigolé un peu et la brune qui m'avait tapé dans l'œil m'a regardé.
La fille - Ouais plutôt. Et toi ça va?
Moi - On a pas à s'plaindre. Mais si tu m'files ton Snap ça ira encore mieux.
Elles ont pouffé de rire et j'ai souris un peu. Elle m'a regardé avec un air aguicheur.
La fille - Et pourquoi je te le donnerais?
Moi - On peut faire connaissance ? Tu m'as tapé dans l'œil dès que j'ai passé cette porte, sah sois pas cruelle et donne-moi ton Snap.
Elle a regardé ses copines, une d'entre elle a fait oui de la tête.
La fille - Bon, au pire j'te bloque.
J'ai eu un grand sourire.
Moi - T'en auras pas envie, t'inquiètes.
Elle m'a filé son Snap et je l'ai ajouté. J'ai regardé la mèché en lui désignant Joe.
Moi - J'ai mon pote qui est timide, mais t'as vu...
J'ai regardé Joe qui a froncé les sourcils.
Moi - ... Il est charmant hein?
Elle a secoué la tête.
La seconde fille - J'suis en couple.
Elle a baissé la tête dans son plat et j'ai pas insisté. J'ai fais glisser mon doigt sur la joue de ma nouvelle proie.
Moi - Vas-y on s'écrit.
Elle a sourit et elle a acquiescé. Je suis retourné vers Joe.
Moi - Désolé, ta pote elle est prise.
Il a soupiré.
Joe - Je t'ai rien demandé hein!
Moi - T'as une meuf ou quoi?? T'es trop chelou !
Il a tourné sa bague au petit doigt puis il a haussé les épaules.
Joe - Ouais... Peut-être.
J'ai tapé sur son épaule.
Moi - Dommage, je t'aimais bien!
Il a lâché un pffff sonore et j'ai rigolé, puis j'ai vu le Corse se diriger vers nous avec ses chiens de garde, 2 corses comme lui aux épaules larges.
Le Corse - Alors les gars, ça va?
Joe - Ça va, et toi?
Le Corse - Impeccable ! CARLO?
Le serveur est vite venu vers nous.
Carlo - Salut le Corse !
Le Corse - Sert moi une grappa stp.
L'autre a hoché la tête et nous a regardé.
Moi - Je vais prendre une pizza, une sicilienne.
Joe - Moi, une au saumon.
Carlo - À boire?
Moi - Un côte du Rhône.
Joe - Un coca.
Le serveur est parti et j'ai regardé le Corse.
Moi - Alors? Tu voulais qu'on parle?
Le Corse - Ouais... On va devoir renégocier notre affaire.
J'ai jeté un coup d'œil à Joe. Il était tendu.
Moi - Comment ça ?
Le Corse - Nos gars aux douanes nous demandent plus. Alors on demande plus.
Joe - C'est-à-dire plus?
Le Corse - 10%.
J'ai regardé Joe, qui a fait de même et on a éclaté de rire.
Moi - 10??
Joe - Qui augmente ses prix comme ça? Oh le Corse, 10% tu te rends compte ou pas?
Le Corse - C'est à prendre ou à laisser.
Le serveur est arrivé avec les boissons et le Corse a sifflé sa grappa.
Le Corse - Ah oui, et le prochain chargement c'est dans 3 semaines, payable à l'avance.
Là, j'ai reculé ma chaise. Ces gorilles se sont levés.
Moi - Quel payable à l'avance? Oh, tu joues à quoi !!??
Il a gardé un visage impassible.
Le Corse - Si vous voulez votre came, ça marche comme ça.
Joe - Et on est tous à la même enseigne ou c'est spécialement pour nous?
L'autre a sourit sans répondre. C'était une déclaration de guerre.
Le Corse - Sans moi vous avez rien. Vous avez pas vraiment le choix.
Moi - T'es pas le seul trou du cul à vendre de la poudre.
Il a rigolé.
Le Corse - Si vous cherchez à court circuiter mes fournisseurs, vous allez vous retrouver avec des gros problèmes sur le dos. À vous de voir.
Il s'est levé, et nous a sourit.
Le Corse - On se dit à bientôt alors?
Joe et moi on l'a fixé sans répondre, et il est parti.
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Joe et moi on était en train de se prendre la tête au dépôt.
Moi - On va pas le laisser nous la faire à l'envers sans réagir?!
Joe - Mais nan, mais c'est pas la peine de défourailler dans tout les sens! Sers-toi de ta tête putain, Hish!
Moi - Mais c'est c'que j'fais, le gars il veut nous couillonner Joe! J'vais pas rester les bras croisés!
J'ai pris mon arme sur le bureau et je me suis dirigé vers la porte. Joe m'a retenu par le bras.
Joe - Tu vas où ??
Moi - J'dois savoir avec qui il a fait une alliance. J'vais au four parler avec les gars, après j'vais chercher qui nous a mit la carotte et j'vais aller lui parler.
Joe - C'est pas le Corse pour toi?
J'ai secoué la tête.
Moi - Pas seul, il s'est allié avec un concu, ils veulent prendre notre marché. Tu verras dans quelques jours ou quelques semaines ça va venir prendre nos terrains. D'ailleurs on va déménager, l'appartement là, c'est plus sûr. Trouve un truc dans le même style.
Il a hoché la tête et je suis allé dans ma voiture. Je devais agir vite avant de tout perdre. J'avais eu raison de pas lui faire confiance à ce gros porc! Je savais qu'il allait nous faire un sale coup, mais là... Avec qui il était aller parler?!
J'ai roulé une vingtaine de minutes et je suis arrivé au quartier. Ça me faisait toujours quelque chose de venir ici, j'avais poussé entre ces blocs de béton, j'y avais vécu les meilleures années de ma vie, les pires aussi.
Je suis allé vers le bloc que gérais nos gars et je suis tombé sur nos guetteurs.
Moi - Ça va ?
Rayane - Ça va hamdoLlah et toi Hish?
J'ai hoché la tête en observant tout ceux présent en détail.
Moi - Ouais hamdoLlah. Il est où So?
Il a désigné l'entrée du bâtiment.
Rayane - Comme d'hab, au 3ème.
J'ai hoché la tête et je suis monté. Il avait forcé un appartement vide qu'il avait investi. Il gérait le bizz depuis cet appart.
J'ai frappé à la porte et un grand renoi m'a ouvert avec un air méfiant, puis quand il m'a reconnu il a sourit, en ouvrant en grand.
Adama - Ça va Hish?
Moi - Ouais hamdoLlah. Tout s'passe bien ici ?
Adama - Ouais tranquille. Rien à signaler.
Je l'ai suivi jusqu'à la pièce de vie où plusieurs gars était posé. Ils m'ont tous salué et je suis allé m'asseoir à côté de So.
Moi - Ça va ? Rien de particulier ici?
So - Nan, wAllah, le calme total. Ça fait un bail qu'on a plus eu d'problème.
J'ai hoché la tête en regardant les gars un par un.
Moi - Ils taffent tous pour nous?
So - Nan, y'en a c'est mes potes.
Moi - Mmmmh... Vas-y viens on descend.
Il a parut surpris.
So - Y'a un problème ?
Moi - Ouais. Faut qu'on parle.
Il s'est levé et m'a suivi. Ici, on vendait beaucoup de shit, un peu de coke alors qu'en ville s'était le contraire : beaucoup de coke, un peu de shit. Mais on rentrait quand même beaucoup d'oseille.
So - Alors?
J'ai regardé autour de nous. On était au début de l'été, les gens étaient dehors, les enfants s'amusaient un peu partout. Ça sentait les départs au pays pour certains.
Moi - J'ai un problème avec le gars qui m'fournit d'la coke. Ça peut péter dans pas longtemps, reste sur tes gardes ils vont peut-être vouloir me prendre la place ici.
So - On va s'équiper t'inquiètes. Pour le shit?
J'ai secoué la tête.
Moi - Nan, rien à voir c'est nous qui allons chercher notre matos en Espagne. On est tranquille de ce côté-là.
Il a acquiescé.
So - Viens j'te présente les nouveaux.
Il m'a emmené devant le bat, il m'a présenté un peu les gars, machin, truc, des petits, autour de 16-17 ans. On est resté un peu à discuter quand d'un coup, j'ai rien compris.
... - SOFIANE!
On s'est tous tourné vers la voix qui avait hurlé. So m'a regardé en lâchant un "oh, oh!". J'ai regardé la boule de nerf qui a foncé vers nous.
Moi - Ta meuf?
So - Nan, pire.
... - MAINTENANT TU VAS ARRÊTER DE TE FOUTRE DE MA GUEULE ET TU VAS ME DIRE OÙ IL EST!!!
So - Illi je...
Illi - NAN, NAN, CHERCHE PAS À ME MENTIR ! IL EST OÙ ??
So m'a regardé, désespéré. Puis la fille m'a regardé aussi en fronçant fort les sourcils. Elle était pas très grande, dans les 1m70, fines mais avec des épaules musclés et elle avait une crinière brunes aux boucles qui partaient dans tout les sens. Elle avait les yeux noirs bridés, le teint doré, franchement, une frappe.
So - J'sais pas...
Illi - T'es qui toi?
Elle s'adressait à moi, j'ai faillis éclaté de rire.
Moi - Toi t'es qui sale folle?
Illi - Folle??? FOLLE MOI??
J'ai haussé un sourcil avec un petit sourire.
So - Illi, calme-toi là !
Illi - C'est qui lui? Votre patron??
So m'a regardé vraiment très gêné.
Moi - Ouais. T'es qui toi?
Illi - J'veux mon frère! Dis-moi où il est!!
Mais elle est vraiment pas nette en fait celle-là.
Moi - Oh, je sais même pas t'es qui, tu m'parles de ton frère?!
So - C'est la sœur de Taha...
Ah, d'accord... Je connaissais Anya, sa grande sœur, mais pas celle-ci. Enfin, je l'avais forcément croisé mais je m'en souvenais pas. Mais maintenant qu'il me l'avait dit, ça m'a sauté aux yeux: la même tête que son frère SobhanAllah.
Moi - Taha hein? Il est occupé, t'inquiètes pas pour lui.
Illi - Inquiète ??
Elle a rigolé.
Illi - Je m'en tape, mais ma mère est comme une folle, alors tu vas l'appeler, tu vas lui dire de rentrer demain! Sinon je m'occupe de sa sale grosse tête.
Elle a fiché son regard droit dans le mien, elle a relevé son menton dans un geste de défit et elle est partie comme elle est venue.
J'ai éclaté de rire.
Moi - C'est quoi ça???
Il a soufflé.
So - Laisse tomber, ils sont tous fous dans cette famille, Taha c'est le plus normal et c'est déjà un taré.
Moi - Elle m'a fumé.
J'ai regardé dans la direction qu'elle avait prise et je l'ai vu 50 mètres plus loin en train de parler avec des meufs. Je me souvenais pas d'elle, elle devait avoir quoi? 19-20 ans, par là. La dernière fois que je l'ai vu elle avait probablement dans les 14 ans, j'avais même pas dû la remarquer.
Moi - C'est quel genre?
So - Le genre bien sauvage, bien cramée dans sa tête.
Ouais, pas le genre à vouloir passer une petite soirée avec moi à mon avis. Je l'ai regardé encore un peu, puis j'ai détourné mon regard.
So - Il revient quand Taha du coup?
Moi - Bientôt, vraiment bientôt. Si tu vois sa folle de sœur dis-lui que je l'ai eu au téléphone et qu'il rentrait.
Il a acquiescé. Je lui ai renouvelé mes recommandations, j'allais lui envoyer ce qu'il faut pour faire face au cas où, et je suis parti. J'ai repensé à la meuf la, Illi, et j'ai rigolé tout seul dans ma voiture. Un sketch.
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J'avais 3 semaines pour régler mon problème avec le Corse. 3 semaines, c'est rien. J'ai donc donné rendez-vous à Joe chez moi pour tout régler avant mon départ aux Pays-Bas.
Moi - Vas-y c'est bon, arrête!
J'ai relevé la tête de la meuf occupée à me donner du plaisir. J'étais en train de parler avec l'autre, la meuf du restaurant, en même temps sur Snap.
Lola - T'aime pas?
Moi - Hein?
Je l'ai regardé. Elle a semblé perplexe.
Lola - Bah, ça te fait rien?
Moi - Ah, ouais si, si, tu gères t'inquiètes.
Franchement, rien de fou. Elles se prennent toutes pour Mia Khalifa, mais honnêtement c'était pas une dinguerie.
Lola - Bah pourquoi tu veux arrêter?
J'ai posé mon téléphone et je l'ai attrapé.
Moi - Parce que, j'veux pas venir dans ta bouche.
Je l'ai prise en levrette, elle a crié en surjouant à mort, j'suis pas con non plus, puis j'ai eu mon plaisir après un long moment. Rien d'exceptionnel, franchement c'était décevant.
Lola - C'était trop bien!
Moi - Ouais, grave. Bon, Lola, j'ai mon associé qui doit venir. On s'rappelle?
Elle a buggé, puis elle a fait une sale tête.
Lola - Putain, mais j'suis trop conne!
Moi - Eh commence pas stp, on a passé une bonne soirée!
Lola - À chaque fois c'est pareil avec toi, Hish, tu prends c'que tu veux, tu me jette comme une merde et tu reviens des mois plus tard en me promettant monts et merveilles, et tu recommence !
Moi - Bah c'est pas d'ma faute si t'as pas compris.
Elle a eu mal, je l'ai vu. Mais honnêtement, j'en avais rien à foutre.
Moi - Allez, pars stp, je t'ai dis mon associé doit venir.
Elle a rassemblé ses affaires avant d'aller dans la salle de bain, puis elle en est ressortie 10 minutes plus tard et elle est directement partie de chez moi en claquant la porte.
Je me suis levé à mon tour et je suis allé dans la salle d'eau de ma chambre pour prendre une douche, puis je suis passé dans le dressing pour me changer. En sortant, j'ai trouvé Joe sur mon canapé en train de taper son meilleur grec.
Moi - Ah tu m'attends même pas!?
Joe - Je t'ai attendu longtemps, c'est bon, j'ai faim moi!
Je me suis posé à côté de lui et j'ai pris le sandwich qu'il avait laissé sur la table.
Moi - Rien de spécial ?
Joe - Nan, tout va bien. J'ai donné sa part à Micro, j'ai servi les autres aussi. Là ils préparent les sachets pour les petits, demain ça devrait être réglé.
Moi - 250?
Il a hoché la tête.
Moi - Le zetla arrive demain, j'ai eu confirmation.
Joe - Ok.
Moi - Comme d'hab, sers d'abord So, tu lui livrera aussi des armes et des gilets, je veux qu'ils soient équipés au cas où.
Il a tourné sa tête vers moi.
Joe - Tu pars quand?
Moi - Demain. Je dois me dépêcher, on a pas 1000 ans.
Joe - Tu sais qui?
Moi - Y'a un gars, un maro. J'avais eu son contact y'a longtemps, c'est un ancien, de la vieille génération.
Il a froncé les sourcils.
Joe - Sah?
Moi - Mmmh. Il a travaillé avec le Belge, t'en as déjà entendu parler?
Il a sifflé.
Joe - Ah ouais, ça rigole pas.
J'ai secoué la tête.
Joe - Comment t'as eu son contact ?
Moi - C'est Taha, c'est son voisin au bled.
Puis là j'ai éclaté de rire. Il a rien compris.
Joe - Wesh, t'es schizo ?
Moi - Nan, mais nan, c'est juste que j'ai vu la sœur de Taha aujourd'hui...
Joe - Laquelle?
Moi - La petite là.
Joe - Illi?
Moi - Ouais. Tu la connais??
Joe - Bah ouais, elle est gentille Illi.
Moi - Gentille? Elle nous a agressé So et moi, elle voulait savoir où était Taha. C'est une folle !
Joe - Nan, c'est une gentille gamine, elle a trop de trucs sur les épaules c'est tout.
Moi - Ouais je sais pas... Tu la connais comment toi?
Joe - J'te signale que je vais toujours au quartier moi.
Moi - Ah bah oui.
Il avait toujours sa mère et sa famille là-bas.
Moi - Ouais, bref, justement Taha, il arrive demain comme je t'ai dis, donc tu t'appuiera sur lui et Micro. Parle pas du Corse.
Joe - Bah ouais t'inquiètes.
Moi - Quand j'ai du neuf je te dis.
Joe - Tu vas prendre de l'oseille?
Moi - Nan, pas tant que j'ai pas d'accord avec quelqu'un. Je te tiens au courant pour ça aussi.
On a fini de manger en parlant de deux trois trucs sans importance, puis il est rentré chez lui. J'ai dormis tôt ce soir-là, j'avais beaucoup de choses à faire.
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Moi - Mmmh... Allo?
... - Hish c'est Momo.
Momo, Momo... Ok, le marché de gros!
Moi - Ouais Momo? Y'a quoi? Il est quelle heure là ??
Momo - Y'a quelqu'un qui est venu braquer un de mes camions. Ils pensaient trouver haja dedans.
Je me suis redressé dans le lit. Putain, à 1 jour près!
Moi - Qui? T'as vu?
Momo - Nan, mais si tu peux passes.
Je me suis levé du lit. 4h58. Putain de merde!
Moi - J'arrive.
J'ai raccroché et j'ai filé me préparer à l'arrache. J'ai mis un vieux survêt et j'ai foncé au marché de gros. Je me suis garé sur le parking des employés et j'ai foncé au stand de Momo. Dès qu'il m'a vu arriver, il m'a fait un signe pour le suivre.
Momo - Salam, bien?
Moi - Ouais, hamdoLlah. Alors?
Il a poussé une porte et il m'a montré le camion en question.
Momo - C'est le seul qu'ils ont touché. C'est lui qui était chargé.
J'ai regardé, du travail de pro.
Momo - Ça peut pas être une coïncidence.
Moi - Nan, je suis d'accord.
Momo - Hish, si t'as des problèmes je vais pas pouvoir continuer avec toi frère.
Je l'ai regardé salement.
Moi - De quoi tu parle?
Momo - Prends le pas mal, mais j'ai une famille moi. Je veux pas me retrouver dans des histoires de règlement de comptes et tout. Si j'avais été sur place ils m'auraient sûrement séché.
Moi - Mais nan, c'est rien ça, t'es sah tu flippes??
Momo - Je sais pas....
Moi - Oh, Momo, j'ai juste besoin de tes camions moi!
Momo - Alors règle ce problème, sinon on stop là.
Putain, encore une galère.
Moi - Pffff, vous tremblez vraiment pour rien les gens. Vas-y je m'en occupe je t'ai dis, y'a rien.
On est reparti là où se trouvait les stands, poissonnerie, fruits et légumes, viandes etc... On trouvait de tout ici.
J'ai allumé une clope et j'ai regardé autour de moi. Et j'ai bloqué. Elle fout quoi ici celle-là ?!
La sœur de Taha, Illi, était en chaussures de sécurité, un pantalon cargo et tee-shirt XXL, en train de charger des cagettes sur un transpalette.
Moi - Wesh, elle fout quoi ici celle-là ??
Momo a regardé dans la même direction que moi.
Momo - Ah, c'est Illi! Elle vient 1 matin sur 2.
Je l'ai regardé, surprit.
Moi - Pourquoi faire?
Il a rigolé.
Momo - Bah tu le vois bien, elle taffe. Elle se fait un peu d'argent comme ça, et le week-end elle fait les marchés.
J'ai bloqué sur elle, les yeux grands ouverts.
Momo - Je crois qu'elle taffe aussi le soir dans un restau, mais je suis pas sûr.
Moi - Pourquoi elle fait tout ça ?!
Il a semblé surprit.
Momo - Bah, pour payer ses études !
Taha avait largement de quoi les lui payer pourtant !
Moi - Pourquoi elle demande pas à son frère?
Il a rigolé franchement.
Momo - Jamais elle va accepter.
Il l'a regardé.
Momo - Elle est trop fière pour ça.
J'ai observé ses mouvements rapides et sûrs, tu m'étonne qu'elle a des épaules musclées.
Puis elle a levé la tête après avoir rempli son transpalette et elle a croisé mon regard. On s'est défié quelques secondes, et j'ai eu un petit sourire devant son air féroce. Elle est trop drôle!
Puis elle a attrapé la poignée et elle a tiré son chargement je ne sais où.
Moi - Bref, vas-y je pars quelques jours, mais je vais parler avec Joe. Si t'entends quoi que ce soit préviens moi, on va chercher de notre côté aussi.
Momo - Ok, je compte sur toi Hish.
Je lui ai tapé dans la main en ajustant ma capuche, puis j'ai jeté ma clope dans un égout.
Moi - Ouais t'inquiètes. Allez salam.
J'ai tracé vers la sortie, direction chez moi. J'allais partir dès maintenant.
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Après presque 20 heures de route, je suis enfin arrivé à Amsterdam. Il était 4 heures du mat, j'ai pas cherché longtemps, j'ai pris le premier hôtel sur ma route et je suis allé pioncer. J'étais mort.
Je me suis réveillé vers 15 heures, la tête à l'envers, et j'ai été directement prendre une douche.
Quand t'es dans ce milieu, tu te fais des contacts partout. Ici, j'avais un "pote", un gars de ma ville au bled, un marocain de Hollande. J'ai pas hésité longtemps avant de l'appeler. Forcément, on devait communiquer en arabe. Il m'a demandé où j'étais et il m'a dit de l'attendre devant l'hôtel.
Je me suis donc sappé, j'ai mis un jean avec un polo, une paire de Vapormax, j'ai vérifié ma coupe, ma barbe, et une fois satisfait de l'image que me renvoyait le miroir, je suis sorti de là.
Mon pote est arrivé 5 minutes après, au volant d'un merco. Il avait toujours voulu m'en mettre plein la vue, c'est son del, mais j'avoue, pas mal le classe G.
Houssam - HISHAAAAM!!!
J'ai rigolé, ce fou là !
Moi - Houssam khoya, ça va?
Il est venu me prendre dans ses bras.
Houssam - Putain de beau-gosse va! T'as changé !
Moi - Pareil! Toujours au top à ce que je vois!
Il a rigolé et il m'a entraîné vers la voiture.
Houssam - On se plaint pas, hamdoLlah.
Il était pas seul dans la voiture, un gars l'accompagnait.
Houssam - Lui c'est Souris, c'est mon associé, mon reuf, mon sah.
J'ai salué le gars qui a fait un petit sourire poli. Il m'avait déjà parlé de lui.
Houssam - Alors, qu'est-ce qui t'amène chez nous?
J'ai fais une grimace.
Moi - Je viens faire des rencontres.
Houssam - Ah ouais? Un nom en tête?
Moi - Un gars, Nizar, je sais pas si tu connais?
Il a eu l'air surprit.
Houssam - Tu le connais comment lui?
Moi - C'est un gars de chez moi qui m'a parlé de lui.
Houssam - On l'approche pas comme ça mon frère.
Moi - On a des connaissances en commun. Tu sais où on peut le voir?
Lui et son pote se sont regardés.
Houssam - Ouais, viens, on doit d'abord parler à ses gars. On va dans sa zone.
On a prit la route et il me parlait de la ville, de la vie ici. Il m'a demandé des nouvelles de mes frères, je lui ai dit qu'à part Othmane, les autres je les voyais plus. Il a secoué la tête.
Houssam - C'est chaud ça! Tu sais pas où ils sont?
J'ai repensé à Othmane, qui m'a demandé de les chercher et j'ai secoué la tête.
Moi - Nan. Je m'en fous t'as vu, ils m'ont pas cala, je vais pas les cala.
Il a acquiescé.
Houssam - Et le bizz? C'est comment en France ?
Moi - Bien, bien. Mais j'ai des soucis un peu là, on veut me la faire à l'envers.
Houssam - Un concu?
J'ai hoché la tête.
Moi - Ouais, je pense avec mon fournisseur.
Il s'est tourné vers moi.
Houssam - C'est rien ça, tu vas trouver ici. Il te livre combien?
Moi - Une demi-tonne.
Il a sifflé.
Houssam - Les affaires marchent pour toi!
J'ai rigolé.
Moi - Ouais, on s'en sort pas mal.
Houssam - Mais du coup, il va falloir un bon fournisseur et surtout des très très bonnes garanties mon reuf. Ils vont pas te croire sur parole.
J'ai acquiescé. Il a raison bien sûr.
Moi - Ouais, je sais. J'ai de quoi payer t'inquiètes.
Houssam - Alors ça devrait aller.
On est arrivé dans un café, un coffeeshop en fait. On s'est installé et Houssam m'a tendu un joint.
Houssam - Tiens, c'est bien meilleur.
J'ai pris et on a fumé en discutant. Puis des gars sont rentrés environ 30 minutes plus tard. Houssam m'a mit un léger coup de coude et j'ai discrètement regarder : c'était des rebeux et des renois, ils étaient 5, l'air franchement pas commodes.
Houssam - Le petit c'est la Flèche, il travail pour Nizar. C'est le plus proche de lui entre tous ceux que tu vois là.
Il a regardé Souris, qui s'est levé pour se diriger vers les gars. Ils ont commencé à parler et ils se sont tous tourné vers nous.
Un des gars, la Flèche, s'est levé et est venu s'asseoir à notre table accompagné de Souris.
La Flèche - Salam...
On a tous répondu et il s'est mit à parler en néerlandais avec Houssam. Ça avait l'air plutôt tranquille comme discussion. Puis finalement il m'a regardé et m'a parlé en arabe.
La Flèche - On va pas discuter affaire ici, ce soir tu viendras avec Houssam quelque part. Tu veux beaucoup d'après ce que j'ai compris?
Moi - Ouais, j'ai besoin de maintenir mon business.
Il a hoché la tête.
La Flèche - Juste, ton fournisseur c'est qui?
Moi - Un gars de chez moi, le Corse.
Il a secoué la tête. Il ne connaissait pas.
La Flèche - Mais il travaille avec quel port?
Moi - Le Havre.
Il s'est levé.
La Flèche - Ouais, pas du tout notre secteur. Ok, à ce soir inch'Allah.
Moi - Inch'Allah.
Il est retourné avec ses potes et nous on a fini tranquillement nos conso avant de sortir.
Souris - C'est rare qu'il accepte aussi vite.
Moi - Bah c'est parce que je suis avec vous!
Houssam - On est des petits pour eux. Nan, sérieux c'est bien, si tu fais affaires avec eux, tu vas te faire beaucoup, beaucoup d'oseilles.
Souris - Par contre avec eux, le moindre pas de travers...
Il a mimé un pistolet avec ses doigts et il a fait le bruit d'une arme à feu.
Souris - ... C'est finito.
Houssam - Il a raison. Tu connais leur devise à ses gars là ?
J'ai secoué la tête.
Souris - Celui qui parle mourra.
Moi - Je parle pas moi, y'a pas de soucis.
Houssam a tapé sur mon épaule.
Houssam - Alors ça devrait aller.
Après ça, ils m'ont emmené faire le tour de la ville, on a été voir des filles aussi, c'est un endroit qui me plaisait bien. Rien à voir avec chez moi, ça me changeait et j'oubliais un peu la merde qui m'attendait là-bas.
Puis, vers 23 heures, Souris a reçu un appel et on a bougé. On a prit la route, on a roulé une bonne demi-heure, dans un patelin à l'extérieur de la ville, une sorte de ferme mais ça n'en était pas une du tout.
Souris - Alors c'est ici l'antre de Nizar...
On a regardé un peu en silence, jusqu'à ce qu'un gars tape à la fenêtre passager. On ne l'avait même pas vu arriver celui-là !
... - Houssam?
Houssam a acquiescé et ils ont parlé un peu en néerlandais, puis on nous a invité à sortir de la voiture. Le gars était armé avec un fusil d'assaut, un HK 417 à première vu. Il a fait signe dans la pénombre et deux autres gars sont arrivés et nous ont fouillé. J'ai rien dit je trouvais ça normal.
Houssam - Il est pas fou, mais quand même il aime pas qu'on lui parle mal...
Moi - Nan mais t'inquiètes Houss, je vais pas faire le con.
On est rentré dans la maison, en suivant le gars armé, et on a vu qu'il y avait 2-3 gars sur place, un renoi, un rebeu et le troisième avait l'air européen à première vue mais il avait des traits de maghrébins.
Il était pas très grand, plutôt fin, avec des yeux vert très clairs et des cheveux châtains clairs. Il était habillé plutôt simplement avec un tee-shirt blanc et un jean noir. Il avait peut-être 36-38 ans.
Le renoi était massif, le crâne rasé, le teint clair, il avait l'air pas commode du tout. Il était assis à table et nous regardais fixement.
Et enfin, le dernier avait lui une bonne tête de rebeu, pas très grands aussi, mais le plus remarquable chez lui était son œil droit, à l'iris décoloré et traversé par une balafre. J'ai détourné le regard, il me donnait froid dans le dos.
Celui aux yeux clairs m'a regardé et s'est adressé à moi en français, un français impeccable, ce qui m'a surprit.
... - Salam. C'est toi Hisham?
Moi - Salam, ouais c'est moi.
... - Moi c'est Nizar, lui c'est Kenneth et lui Nouri. Installe-toi.
Il s'est tourné vers Houssam et Souris, et il leur a parlé en néerlandais, puis il leur a serré la main et j'ai vu les gars s'asseoir aussi.
Nizar - Tu viens d'où en France?
Moi - Du Sud, à ***
Il a hoché la tête.
Nizar - Pourquoi t'as fais toute cette route?
J'ai pris une inspiration.
Moi - J'ai eu ton contact par Taha A***, il m'a dit que t'étais dans les affaires et que t'es pas un petit joueur.
Nizar - Taha? Il travaille pour toi?
J'ai acquiescé.
Nizar - Mais quoi? Tu te lance en grand? Tu vends combien environ?
Moi - En poudre je suis déjà à 500 litres par mois environ. Je fournis beaucoup dans mon secteur, en gros et au détail. En shit je suis à une tonne.
Il a sifflé.
Nizar - Bah t'as déjà un bon marché? Pourquoi tu crois que je pourrais t'aider ?
Moi - Mon fournisseur veut me la faire à l'envers, j'ai besoin d'un nouveau contact.
Nizar - C'est qui ton fournisseur ?
Moi - Le Corse.
Il a secoué la tête.
Nizar - Je connais pas. Il s'approvisionne au Havre c'est ça ?
J'ai hoché la tête.
Nizar - Et il travaille avec qui ?
Moi - Des brésiliens.
Il a regardé le renoi, puis après quelques secondes de silence, il a reprit.
Nizar - Et c'est quoi le problème exactement ?
Je lui ai raconté le problème, il m'a posé v'la les questions, est-ce que j'avais cherché à savoir qui était avec le Corse, pourquoi maintenant, qu'est-ce que je comptais faire etc...
Moi - J'ai appris ça avant-hier et j'ai tout de suite pensé à toi. Je dois d'abord être sûr que derrière je puisses me réapprovisionner sans problème. J'ai laissé mon reuf sur place, il cherche avec moi...
Il m'a coupé.
Nizar - Ton reuf?
Moi - Ouais, mon associé.
Nizar - Tu le connais depuis longtemps ?
J'ai eu un petit sourire.
Moi - Depuis les bacs à sable. On s'est connu au quartier, en maternelle et on est toujours resté ensemble depuis.
Nizar - Il est fiable?
J'ai hoché la tête.
Moi - Fiable et intelligent.
Nizar - T'as combien d'hommes de confiance?
J'ai fais une grimace.
Moi - Les yeux fermés ?
Il a acquiescé.
Moi - J'ai que lui. Les autres je taf avec eux, je pense qu'ils sont loyaux mais je peux pas me permettre plus.
Il a lentement hoché la tête.
Nizar - Du coup il enquête?
Moi - Ouais, lui, moi et deux autres gars aussi, je vais les mettre sur l'affaire. Bah Taha déjà, il rentre d'Espagne là, et un autre. C'est les seuls vers qui je peux me tourner pour ça.
Nizar - Ok. Parce que tu sais que si tu te fournis chez moi, ça va devenir un problème ?
Moi - Ouais bien sûr, j'en ai conscience.
Bien sûr que je le savais. Faire perdre un marché de 500 kg par mois à un groupe, c'était un peu chercher la merde. Ou la mort.
Nizar - T'as de quoi payer?
Moi - Sans aucun problème.
Il a prit son temps, il s'est tourné vers le renoi, puis vers le rebeu flippant. Il m'a regardé en se calant dans son siège, puis il m'a parlé en arabe.
Nizar - Tu cherches quoi Hisham? Un fournisseur, ou un partenaire?
J'ai tourné mon regard vers Houssam, il avait les yeux un peu exorbités. Un partenariat, carrément ??
Moi - Euh...
Pour une fois, je savais pas quoi dire.
Nizar - Tu sais que tu vas rentrer en guerre si tu te fournis chez moi. T'as les moyens de la soutenir?
Moi - J'ai des hommes, des armes et de l'argent.
Nizar - C'est un bon départ. Mais est-ce que t'es prêt à ça? Tu t'en sens capable?
J'ai compris le sens de sa question.
Moi - J'ai aucun problème de ce côté-là. Je ferais ce que j'ai à faire.
Nizar - Tu m'as l'air d'avoir une solide base, si tu trouves qui essaye de te couler, et si tu règles le problème du Corse, honnêtement je pense qu'on serait tout les 2 gagnants dans une association. Tu veux te développer ou pas?
Moi - Bien sûr que oui! Je tiens déjà les 3/4 de ma région, je fournis jusqu'à Montpellier, Toulouse et je sers aussi des gars sur Marseille.
Nizar - Ok, donc tu serais prêt à aller encore plus loin?
J'ai hoché la tête sans hésiter.
Nizar - Ok.
Il s'est tourné vers les deux autres, ses collègues, et il leur a parlé en néerlandais. Ils ont discuté un peu, j'ai jeté un coup d'œil vers Houssam et Souris, ils me regardaient avec stupéfaction.
Puis Nizar m'a parlé et je l'ai regardé.
Nizar - Je vais te fournir des armes en plus, y'a des gars à moi qui vont descendre avec toi. Tu leur donnera la moitié de l'oseille sur la prochaine livraison, dans 3 semaines, un mois environ. Quand les choses sérieuses commenceront, hésite pas à me demander du renfort.
On a parlé prix, quantité, livraisons etc...
Nizar - Qui te livre?
Moi - Je travaille avec un gars, un tunisien de ma ville. Il est dans les fruits et légumes et il a plusieurs camions, avec beaucoup de personnel.
Nizar - Ok, on fera moitié-moitié pour la route, tu récupérera ta marchandise à Paris.
Il s'est levé, j'ai fais pareil que lui. Il m'a tendu sa main.
Nizar - J'attends 2 choses des gens qui travaillent avec moi : la loyauté et le sérieux. Si tu manques à ces deux règles...
Moi - Je suis jeune je sais, mais je suis pas un gamin. J'ai 22 ans et j'ai déjà fais ce que des plus vieux n'ont pas fait. Je joue pas Nizar, compte sur moi.
Il a eu un tout petit sourire et j'ai fais signe à Houssam et Souris. Le gars qui nous avait amené à Nizar nous a raccompagné jusqu'à notre voiture, on s'est installé et on a roulé un peu en silence. Puis Houssam a prit la parole.
Houssam - Frère je suis choqué !
Souris - Oh, pareil! Nizar il travaille pas avec n'importe qui!
Houssam - Il a pas confiance, faut grave prouver pour qu'il accepte de faire quoi que ce soit avec toi normalement !
J'ai eu un sourire. Ils sont naïfs quand même.
Moi - Il sait exactement ce que je fais et comment je le fais. Par contre, j'suis vraiment surpris qu'il ai réussi à avoir des infos sur moi en si peu de temps !
Ils se sont regardés avec incompréhension.
Houssam - Comment ça ?
Moi - Souris, quand t'as parlé avec la Flèche, t'as dis quoi de moi?
Il a fait une grimace.
Souris - J'ai dis que tu venais de France, de *** et que t'étais venu jusqu'ici pour parler avec Nizar.
Moi - Bah voilà, le gars avait mon blase, ma ville, la raison de ma présence ici. C'est facile après.
Ils ont secoué la tête.
Houssam - Eh vas-y, je suis pas fait pour diriger moi !
J'ai rigolé un peu, puis on a discuté de mes projets. J'en ai dis le moins possible sur notre discussion entre Nizar et moi, vu qu'on avait parlé en français, ils ne savaient pas grand chose.
Moi - D'ailleurs comment il parle si bien français ? Il a zéro accent!
Houssam - Bah il a grandit en France, il est venu ici petit.
Souris - Ouais, et ça fait longtemps il est là-dedans. Il taffait pour le Belge.
Houssam - Anouar, la Terreur d'Amsterdam. Il a fait trembler la ville lui à son époque.
Moi - Et il est où maintenant ? Il est mort?
Houssam a haussé les épaules.
Houssam - Paraît qu'il est marié avec des gamins, il a une vie de père de famille classique. En France je crois.
Moi - Sah??
Souris - Ouais, mais sa femme c'est un phénomène, je l'ai déjà vu moi, quand j'étais petit. Isma. Une vaillante.
Tout arrêter pour une femme?! N'importe quoi !
Houssam - C'est tard, tu veux sortir?
Moi - Nan, juste me prendre un truc à manger et aller me coucher.
Houssam - Tu restes un peu?
J'ai secoué la tête.
Moi - Demain je reprends la route inch'Allah. Mais viens quand tu veux mon frère t'es le bienvenu. T'as assuré !
Il m'a sourit et on a fait comme j'ai dis.
J'allais devenir le patron, j'avais plus aucun doute là-dessus !