Un coup de foudre pour moi ?

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Summary

Histoire courte - Et si les coups de foudre existaient vraiment ? Si en faisant un pas dans une boulangerie, on tombait amoureux de la femme au comptoir ? Et si en tenant la caisse de cette même boulangerie, on tombait amoureux de l'homme franchissant la porte ? Que se passerait-il ?

Status
Complete
Chapters
1
Rating
5.0 1 review
Age Rating
16+

Un jour, un coup de foudre

Nala est une jeune étudiante de vingt-deux ans qui travaille à temps partiel dans une boulangerie. Si la monotonie était son quotidien, le tintement de la cloche de la petite boutique intervient pour le bouleverser.

Jamais au cours de ses vingt-deux ans Nala n’a ressenti ne serait-ce qu’une étincelle pour quelqu’un. Pourtant, aujourd’hui, elle sent les battements de son cœur s’accélérer pour la première fois. Le sentiment était si puissant qu’elle sentit son cœur être transpercé par une flèche et un éclair en même temps.

Quelles sont ces sensations ? Pourquoi le peu de poils couvrant son corps s’hérissent ? Pourquoi son ventre et ses rondeurs sont traversés par des émotions si électrifiantes ? Et pourquoi son corps est-il aussi chaud ? Les questions fusent dans l’esprit de Nala.

Elle ne peut détourner les yeux de l’Adonis face à elle, ses yeux chocolat dévorent un homme pour la première fois. Elle est si honteuse de son attitude qu’elle n’ose pas rencontrer le regard de la magnifique femme qui l’accompagne. Qui aimerait que son compagnon soit reluqué de cette manière ? Personne.

Reprends-toi, Nala ! Se motive-t-elle.

Elle plaque un sourire professionnel et garde les yeux rivés sur le comptoir.

— Bonjour, que puis-je faire pour vous ?

C’est sans hésiter que la compagne prend sa commande, quant à l’homme de ses rêves il ne parle pas. Il reste silencieux alors que Nala crève d’envie d’entendre sa voix.

Pourquoi ne lâche-t-il pas un mot ? Est-ce qu’il a remarqué qu’elle le déshabillait du regard ? Oh non, si c’est le cas Nala ne pourra jamais plus regarder une personne en face.

Lentement, elle remonte ses yeux vers l’inconnu et plonge dans ses magnifiques iris alezans. Comme si tout s’effaçait autour d’eux, Nala est projetée dans un autre espace temps, dans un monde merveilleux où seuls eux seraient présents.

La compagne l’interpelle et tout son magnifique rêve se brise.

Cet homme est pris, à quoi penses-tu, idiote ? Se reprend-elle.

Après s’être reprise et avoir délivré les deux cafés glacés et la tarte tatin, Nala observe l’homme pour qui elle a eu un coup de foudre quitter la boutique.

Un coup de foudre ? C’est bien ça ? Eh bien c’est une sensation aussi magnifique que destructrice.

La nuit qui a suivi, elle n’a cessé de penser à lui. Ses rêves étaient hantés par lui, sa présence, son toucher, elle rêvait de tout ce qui lui était inaccessible.

Et quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle le revit le lendemain accompagné d’une autre.

Encore une femme magnifique à ses côtés... Pensa-t-elle.

Ce n’est pas qu’elle n’avait pas confiance en elle, non. Bien au contraire, Nala avait appris à aimer ses cuisses épaisses, son ventre rond, et ses joues pleines, mais pour la première fois de sa vie, elle prenait le regard d’un autre en compte, et ce malgré elle.

Est-ce qu’il me trouve jolie ? Est-ce que la femme à ses côtés est son style ? Est-ce que je suis son genre ?

Et juste au moment où ces idées peu positives prenaient place dans son esprit, il lui sourit. Un sourire éclatant, réconfortant et agréable. Ce sourire eut un effet si revigorant qu’elle oublia ces pensées sombres.

Et comme la veille, la femme à ses côtés passa une commande pendant qu’il observait silencieusement Nala.

Si je ne peux pas être avec lui, je peux bien l’admirer de loin, non ? Cela ne peut pas faire de mal. Pensa-t-elle.

Les jours suivants, le bel inconnu vint seul, à la surprise de Nala et de la vieille commère habituée à traîner dans la boulangerie en quête de ragots.

— On dirait que quelqu’un est intéressé. Ria dans sa tête la vieille.

Nala sentit le stress s’accumuler en elle le troisième jour. C’était la première fois qu’il venait seul, et elle ne pouvait s’empêcher de penser qu’elle allait enfin entendre sa voix. Passer à autre chose était impossible, il a fallu qu’elle ne le voie qu’une seule fois pour qu’elle ne cesse de penser à lui. Devenait-elle folle ? Ou l’amour lui faisait simplement péter les pédales ?

Quand il lui sourit et lui lâcha ces quelques mots, elle ne put s’empêcher d’être aussi heureuse que confuse, ce qui eut pour magnifique résultat de la faire s’étouffer avec sa salive.

— Bonjour, je suis célibataire.

Aussitôt que ces mots quittèrent sa bouche, les mains de l’inconnu vinrent couvrir ses lèvres et ses yeux s’ouvrirent aussi grandement que des orbites.

— Excusez-moi, ce n’est pas… Ce n’est pas ce que je voulais dire. Je voudrais un café glacé.

Les joues du bel inconnu étaient rouges et il n’était pas difficile de voir que ses mots lui avaient échappé.

Rassurée de ne pas être la seule à être aussi étrange, Nala se détendit et sa personnalité reprit du fouet.

— Moi aussi… Je veux dire, combien de sucre ?

Et c’est ainsi que nos deux protagonistes purent briser la glace. Mais il y a une chose que Nala ne savait pas. Une chose très importante.

Si Dany était un jeune homme de vingt-cinq ans travaillant pour l’entreprise de son père, il n’était pas connu pour être dans des relations stables. Au grand désarroi de ses parents, Dany enchaînait les conquêtes sans créer de lien romantique avec ces dernières. Jamais il n’a ressenti quelque chose de plus que physique pour ses conquêtes. La dernière en date était à ses côtés le quittant pour se marier avec un riche héritier et lui demanda donc de conclure leur relation par un café.

Prendre un café avec une femme rencontrée deux jours auparavant était une corvée pour Dany, mais c’était un gentleman, et il ne pouvait pas refuser la demande aussi simple soit-elle d’une dame. Alors quand il vit cette petite boulangerie douillette, il crut que ça ferait l’affaire.

Dany était loin d’imaginer que dès son entrée dans la boutique ses yeux tomberaient sur la plus belle femme qu’il n’ait jamais eu la chance de voir. De son corps à son visage, tout ne semblait qu’harmonie, et le sourire qu’elle offrait au client précédent faisait autant fondre que bouillir de jalousie notre jeune homme.

Qu’est-ce qu’il m’arrive ? Pourquoi est-ce que mon cœur bat si vite ? Pourquoi ai-je tant envie de la prendre dans mes bras et qu’elle y reste pour le reste de ma vie ? Et pourquoi est-ce que je sonne aussi ridicule ?

Les pensées de Dany se succèdent, et le doute et l’excitation l’envahissent face à ses nouveaux sentiments.

Jamais Dany n’a montré de vulnérabilité, que ce soit face aux autres ou face à lui-même. Il ne pleurait pas, ou s’il le faisait dans son enfance, c’était dans l’eau donc ça ne comptait pas.

Le lendemain, il est revenu avec sa sœur, ils étaient si complices qu’il fallait qu’il sache son avis quant à la fille de ses rêves. Et quand sa grande sœur parut sous le charme de cette inconnue, il sut. Il sut que ce serait elle.

Elle sera sienne.

Le seul problème était que Dany ne savait pas séduire, il n’en a jamais eu besoin. Les femmes le séduisaient et il répondait positivement quand il était intéressé. Alors comment faire lorsque ses prochaines paroles détermineront sa relation avec sa future femme.

— Excusez-moi, ce n’est pas… Ce n’est pas ce que je voulais dire. Je voudrais un café glacé.

Peut-être qu’il n’aurait pas dû venir seul. Pensait-il. Même la vieille femme assise se moque de moi.

Mais à son plus grand soulagement, elle joua le jeu.

C’est vraiment la femme de mes rêves. Affirma-t-il.

C’est ainsi que le quatrième jour, le cinquième et ainsi de suite, jusqu’au lundi suivant, Dany tenta de créer un lien avec elle. Et cela a marché, ils parlaient de sujets divers, ils parlaient beaucoup, ils parlaient énormément, sans jamais ressentir que le temps passait.

Et c’est ce jour-là, une semaine jour pour jour, le lundi suivant l’entrée dans la boutique de Dany que Nala prit son courage à deux mains. Elle doit le faire, elle ne doit pas laisser passer cette chance.

Nala plongea ses iris dans les magnifiques iris de Dany et sourit. Ce dernier sentit son cœur flancher à ce geste.

— Dany… Est-ce que tu voudrais… Hmm.. Prendre un verre avec moi ?

Le sourire de Dany s’agrandit, ravi d’entendre les mots qu’il avait peur de prononcer depuis des jours maintenant.

— Nala, tu me voles les mots des lèvres, je serais ravi de sortir avec toi.

Attendez ? Est-ce qu’il a dit sortir ?