Forever, no matter the universe.

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Summary

Pourquoi dire que donner naissance c'est le plus beau des cadeaux ? Alors que c'est donner à un être encore innocent un billet pour les enfers. Personnellement, je n'ai jamais voulu vivre. Et je n'ai jamais - de souvenir - aimé ça. Alors pourquoi la vie s'accroche à moi ? Pourquoi n'aurais-je pas le droit de me reposer aussi ? Quand on croit que c'est fini, ça repart de plus belle. J'ai toujours voulu être amoureuse... je ne l'ai pourtant jamais été. Ne suis-je pas assez bien pour être aimée ? Ou ne le méritais-je pas ? Je me suis posée ces questions un nombre incalculable de fois. Néanmoins, je n'ai plus la force de continuer à me battre pour vivre en espérant être aimée à ma juste valeur une fois dans ma vie. A toutes les personnes qui veulent en finir, qui veulent se reposer dans ce monde de brute. Aux personnes qui croient au véritable amour. Ce livre est fait pour vous.

Status
Ongoing
Chapters
6
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapter 1: 1980 *Aline*

Je m'appelle Aline et j'ai 21 ans. Il y a 3 ans, pour mes 18 ans, mes parents ont décidé de déménager dans le sud. Je vis maintenant en Provence, abandonnant toute ma vie dans le nord.

Fille unique avec des parents absents à longueur de temps, ce changement a été une véritable épreuve. J'avais toute ma vie là-bas. Des amis depuis le collège, des connaissances, de la famille et un garçon...

Un garçon..

Il s'appelle Adam. Je l'ai rencontré il y a 6 ans, lors de ma rentrée en 2nd. Le garçon le plus beau que j'ai jamais vu. Et je pèse mes mots. Bordel, un vrai top modèle ce mec. Il faisait tourner la tête des filles - et des garçons - quand il passait à côté. J’en fais partis bien évidemment.

Bref, le fait est que je ne pourrais pas compter le nombre de fantasmes des plus tordus que j'ai pu avoir sur lui depuis que j'ai croisé son regard.

Je me suis toujours sentie différente des autres - oui tout le monde le pense - mais il y a quelque chose de différent chez moi... Et je sens que ce n'est que le début d'une longue et éprouvante histoire.

J'ai toujours trouvé les autres filles hypocrites et mesquines. Cependant, là, je suis d'accord avec elles. Ce mec au cul bien moulé est tout à fait sublime.

Il me manque ce débile. Je regrette de ne jamais lui avoir exprimé mes sentiments...

Et merde, rien qu'en y pensant je plombe l'ambiance du repas.

En claquant des doigts et haussant le ton,

- Aline? Tu m'écoutes?

- Pardon, désolée, c'est la fatigue. Tu disais papa ?

- Je parlais des avancées technologiques actuelles. Tu as vu à quel point ça progresse !

- T'es encore en train d'en parler mon chéri ? Dit-elle en rigolant.

Ma mère vient poser ses lèvres sur celles de mon père et ça me refait penser à l'envie de poser les miennes sur celles d'Adam.

- Normal que j'en parle ! C'est mon métier !

Mon père se vante toujours de son travail. Il est expert en développement et travaille sur la création de téléphones plus puissants avec plus de fonctionnalités. Et quant à ma mère, elle est maîtresse d'une classe de CE1.

- D'ailleurs Aline.. - ils ne m'appellent jamais par un surnom, seulement par mon prénom -

- Oui ?

- As-tu eu des réponses pour tes demandes d'emplois ?

Depuis qu'on est descendus dans le sud, ils font que m'en parler. Après j'ai 21 ans c'est normal. Mais je n'accepte toujours pas le fait d'avoir laissé tomber ma vie en haut. Et sachant que j'ai le mal du sud, je n'ai jamais eu la force de faire des études. Je ne veux pas accepter le fait que je ne sois plus là-bas.

- Non, j'ai aucune nouvelle. Ils ont probablement déjà trouvé quelqu'un maman.

C'est faux, j'ai déjà eu toutes les réponses, ils m'ont tous refusés car je n'ai jamais travaillé et je ne connais pas assez le coin qui plus est. - évidemment -

- T'es vraiment pas sérieuse Aline. Me lance mon père.

C'est toujours la même chose avec eux. Aucune empathie, aucun amour, aucune délicatesse. Ça ne sert à rien de parler avec eux.

- Vous avez fini ? Je peux aller dans ma chambre ?

- T'es toujours une adolescente pff, t'as 21 ans là. T'as plus l'âge Aline. Rétorque mon père.

Sur ce, je quitte le salon sur les nerfs en direction de mon lit. J'ai besoin de me reposer, je suis claquée. En ce moment je n'arrive pas à bien dormir. Je ferme mes yeux en espérant reprendre un souffle normal, mais le rouge me monte aux joues. Ils m'énervent ! Ils.. AHHH

Je n'arrive pas à taire toutes ces pensées dans ma tête. Elles vont trop vite, elles sont trop brutales.

Je sens que je suis sur le point de faire une crise.. une vague de panique me prend. Sans réfléchir je cours vers la porte, j'ai besoin d'air. Je le sens. Je le sais.

Ma respiration se fait de plus en plus saccadée. Je dévale les marches deux à deux risquant de tomber à chaque fois que je pose le pied par terre. Ma vision se trouble, les larmes montent. C'est pas bon signe.. je dois partir loin, là, maintenant.

Mais mon père n'est pas du même avis, il m'appelle. Putain ! Toujours au mauvais moment. Et il est toujours obligé d'en rajouter une couche qui plus est.

- Tu comptes sortir ?

- Oui. Je dois aller prendre mes médicaments à la pharmacie. - c'est faux aussi, j'ai toujours des réserves au cas où -

- Ah oui c'est vrai, t'es dépressive.

- Chéri ! Intervient ma mère.

- Bah quoi ? On lui a payé des psy et elle continue à vouloir aller mal. Et c'est avec notre argent qu'elle achète ses putains de médocs! Alors je suis tout à fait en droit de râler.

Abasourdie par ses paroles je ne répondis rien. "vouloir aller mal" "avec notre argent" ? J'ai bien entendu ? Une rage s'installe dans mon ventre et mon esprit. Je savais qu'ils ne m'aimaient pas mais de là à dire autant d'absurdités. Il dépasse les bornes, père ou pas, ses propos sont déplacés. Et il le sait, c’est ça qui fait mal.

- Tu peux y aller Aline je m'occupe de ton père. - elle veut probablement se sentir moins coupable, sauf que c'est pas en étant une fois de mon côté tous les 100 ans que ça va changer quelque chose -

- Merci.

Je leur fait volt-face et me dirige vers la porte. En moins d'une seconde j'étais déjà dehors. Je vais me cacher derrière la maison en espérant me calmer. Je pourrais bien prendre un médoc et me laisser consumer par ces calmants que j'aime tant. Mais j'en ai plus qu'assez d'en dépendre. Donc je m’assois dos au mur et j'essaie de me calmer en essayant de positiver et de retrouver une respiration normale.

Ce n'est que maintenant que je réalise que je pleure. Je ne sais pas depuis quand exactement, mais ça m'est égal. Je ne pourrais pas m'arrêter même si je le voulais. Et je ne le veux pas. Je veux déverser toute cette frustration dans ces larmes.

Ça fait probablement 5 minutes que je pleure sans m'arrêter, car je suis trempée. Mes joues sont inondées et mon tee-shirt mouillé. Mon visage doit être rouge, mais peu importe. Chaque larme est une parole que je n'ai pas su dire à voix haute et je les exprime là, avec mes larmes et ma crise d'angoisse qui fait irruption petit à petit. Je n'essuie pas mon visage avec mes mains ou mon tee-shirt. Vous savez pourquoi ? Au bout d'un certain temps, on arrête d'essuyer les premières larmes.

Je. fais. une. crise. encore.

Je tremble, je ne vois plus rien, j'ai une douleur au ventre insupportable, et j'ai une envie de vomir qui me prend. Je suis terrifiée. Mais je me retiens, je dois tenir. Je ne m'en sortirais jamais si je dépend de ces médicaments.

Je me déteste pour ça, mais j'ai besoin de ces foutus cachets. Je perds mes sens. Chaque seconde écoulée est une seconde me rapprochant du malaise.

J'essaie de me relever mais j'ai le tournis, il ne me reste pas longtemps avant que je tombe dans les pommes. Je fonce dans ma chambre. Mais actuellement, cet escalier me semble interminable. J'enchaîne les marches oui, mais d'une lenteur insupportable. Je vais pas tenir longtemps. Je maintiens les deux rambardes de l'escalier et m’élance avec mes bras pour avancer plus vite, puis je me tiens aux murs pour me guider et arriver jusqu'à ma chambre.

Je trouve les médicaments tant bien que mal avec la vue qui m'abandonne. J'en prends un. Puis deux. Puis trois... Puis je ne sais combien. Je n'arrive plus à réfléchir. Mais mon instinct me dit très clairement qu'il faut que je finisse cette boîte si je veux aller mieux. Je compte donc bien la vider. Est-ce mal de vouloir ne plus souffrir ? Est-ce mal de vouloir se reposer ?

De toute façon, que m'arrivera-t-il ?

Vais-je mourir ? Tant mieux.

Vais-je rester en vie ? Tant pis.

Mon crâne est sur le point d’exploser. Heureusement, je commence à ressentir les effets car je sens que je retrouve la vue et la douleur s'estompe doucement. C'est en reprenant ma respiration que je me rends compte qu'il n'y a aucun bruit. Seulement le bruit que fait le vent en frappant mes volets et de mon cœur qui nous fait un remake d'une chanson de métal.

Ils ont dû partir travailler.

Je me retrouve seule, assise en plein milieu de ma chambre. J'ai froid. Je me sens seule. Je l'ai toujours été, mais je ne m'y suis jamais habitué. Je n'arrive pas à concevoir l'idée de laquelle je finirais ma vie toute seule. Je me déteste. Je suis terrifiée.

Je veux mourir.

Cette idée ne cesse de venir me tourmenter. Elle me chuchote à l'oreille que c'est la solution à tous mes problèmes. Je ne l'écoutais pas au début. J'y ai toujours pensé depuis que je suis enfant, mais là c'est différent.

Je veux mourir.

Je sens que j'y suis proche. Proche de ma liberté. Je ferais plus chier personne et je serais enfin en paix. Alors pourquoi refuser?

Dans ce calme effrayant et intimidant, je sens le rythme de mon cœur diminuer. Il est de plus en plus lent. C'est à la fois inquiétant et attendu. J'ai l'impression de flotter sur un petit nuage. Ce doit être à cause de la boite de médocs que je me suis enfilée juste avant. Mais peu importe. Je me laisse bercer par les battements de mon cœur.

Quelle belle symphonie. Je me sens... si bien.

Je regrette une seule chose. Ne pas voir les beaux yeux noirs de ce garçon qui a tourmenté toutes mes pensées au lycée et qui le fait toujours même quand je suis sur le point de mourir.

Je regrette que tu ne saches pas que je t'aimerais jusqu'à mon dernier souffle Adam.