Il pleut dans nos cœurs

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Summary

Quand Liv Landon apprend qu'elle est atteinte d'une tumeur incurable, sa vie bascule. Que faire lorsque l'on sait que le chapitre de son existence prend fin dans trois mois ? Bien décidée à ne pas gâcher son temps, Liv Landon bouleverse son quotidien, quitte à affronter l'effroyable stalker qui menace de s'en prendre à elle. Arrivera t-elle à finir à temps l'œuvre de sa vie ?

Genre
Romance
Author
OMEGA
Status
Complete
Chapters
37
Rating
5.0 2 reviews
Age Rating
16+

Prologue

Je n'ai jamais vraiment su quand ça avait pu commencer. Quelques fois, je me dis que ce nuage gris qui ponctue mon quotidien, s'est formé le jour de ma naissance.


C'est ce nuage gris qui, enflant et grossissant, avait décidé d'éclater pendant ce rendez-vous chez le docteur Tran. Et pendant que l'orage pulsait contre mes tempes, je me suis souvenue de cet instant, où pour la première fois, j'ai pu entrevoir pendant le cours d'un instant, les rayons du soleil.


C'était un jour stupide. J'avais rendu ma lettre de démission, essuyé un énième courrier refusant mes manuscrits. Et puis, j'avais reçu cet appel. J'étais seule, Travis en train de sécher son partiel de mathématiques.


Quelques heures plus tard, nous étions en train de contempler la silhouette de nos parents, sous ces affreux draps, à côté de la carcasse de la voiture. Un accident. Travis avait sangloté jusqu'à ce que Tante Alma arrive. Jusqu'à ce que son teeshirt n'ait plus de surface sèche pour essuyer ses joues. Jusqu'à ce qu'il s'endorme contre l'épaule de Tante Alma, qui remplissait un formulaire.


Je ne me rappelle pas avoir pleuré. Je m'étais échappée de la surveillance des ambulanciers et j'avais marché. Marché si longtemps. Je voulais partir loin, sans savoir où.


La pluie.


La pluie avait décidé d'enfoncer le clou et de me noyer sous son impitoyable manteau. Mes cheveux s'étaient transformés en algues détrempées. A chaque pas, mes semelles produisaient un son spongieux. C'était ça. Il avait tellement plu, que je ne savais pas si les gouttes qui dévalaient sur mon visage, provenaient de mes propres paupières. Je n'arrivais plus à avancer. Il faisait affreusement nuit. Affreusement froid. Alors je me suis laissée tomber sur une volée de marches devant un immeuble, et j'ai attendu je-ne-sais-quoi, les bras serrés contre moi. Cette lumière éclatante qui dépassait d'entre les rideaux, déchirait les miettes qui me restaient à la place du cœur. Quelqu'un là bas, qui n'aurait aucune idée du drame qui se jouait à cet instant dans ma tête, et qui embrasserait sa famille, sans penser un seul instant que peut-être, oui peut-être ce serait pour la dernière fois.


Et puis, soudainement, il y a eu ce parapluie, dressé au dessus de ma tête.


« Je voudrais passer. »


L'inconnu me regardait, le visage sans émotion. Froid comme de la glace. Je n'ai rien pu sortir. Ma gorge était comprimée. Je me suis poussée maladroitement, m'écorchant les mains sur le bitume tandis qu'il me dépassait. J'ai pensé à Travis, qui hier encore, m'avait exaspéré avec ses bêtises. J'ai réalisé que désormais, nous étions seuls au monde. Qu'il n'aurait plus que moi. J'ai étouffé un cri silencieux avec ma main.


L'homme qui avait entrebâillé la porte de l'immeuble, s'est figé. Il a doucement fait demi-tour. Puis il m'a fait agripper le manche de son parapluie.


« Il pleut. »


Je l'ai regardé, comme s'il était transparent. Et je crois que j'ai parlé, d'une voix rauque. Je crois que je lui ai raconté l'accident. Mes échecs. Le nuage gris, qui dévore mes entrailles. Qui ponctue ma vie. Ce premier amour qui n'est jamais arrivé. Ce premier baiser, dont tous se vantent, qui ne m'a jamais effleuré. J'ai mélangé des mots, avalé des syllabes, massacré ma ponctuation. Je pense qu'à ce moment précis, j'avais l'air d'une folle.


Et pourtant. Ses lèvres se sont posées sur les miennes. J'ai senti le parapluie quitter ma paume et venir s'écraser derrière moi, tandis que son baiser redoublait de douceur.


Quand j'ai ouvert les yeux, il n'était plus là.


Alors j'ai pris ma décision. J'ai cramponné le parapluie, et j'ai rejoint Travis et Tante Alma, blottis l'un contre l'autre.