Prologue
En 2036, une catastrophe climatique avec des sècheresses et des pluies diluviennes déclencha le virus Marburg 2.0 sur la Terre, encore bien plus virulent que le COVID 19 qui était apparu en 2020.
Les globules blancs des humains, plus spécifiquement les lymphocytes qui s’occupent du système immunitaire, mouraient simplement trop rapidement. Les défenses immunitaires s’écroulaient et tous les organes d’un malade devenaient infectés. Un simple vaccin plus classique, comme ceux à ARN messager (ARNm) et ceux à protéine recombinante avec adjuvant (PRA), n’était pas suffisant. L’unique façon de pouvoir résister au virus fut de choisir la génétique d’animaux au sommet de la chaine alimentaire.
L’évolution adaptative est la grande force des animaux sauvages. Grâce à leur cycle de vie plus court et face à de nouvelles conditions environnementales, les individus des espèces sauvages, possédant des caractéristiques génétiques plus résistantes, produisent davantage de descendants et leurs gènes fortifiés, moins touchés par les virus, se répandent au sein d’une même espèce. Dans les années 2000, des chercheurs avaient déjà découvert que la plupart des individus de toutes les espèces sauvages mouraient avant même de se reproduire. Seuls quelques adultes, majoritairement au sommet de la chaine alimentaire, donnaient ainsi naissance à un grand nombre de descendants, ce qui conduisait à une distribution asymétrique des gènes dans une population, plus exactement dans un groupe d’individus d’une même espèce. En moyenne et à chaque génération, les changements génétiques permettaient une augmentation de 50% de la capacité survie et de reproduction des progénitures pour les espèces en générale et jusqu’à 75 % pour les espèces au sommet de la chaine alimentaire.
Un vaccin ajoutant la génétique d’un animal sauvage prédéfini avec la génétique humaine de chacun fut ainsi créé. Certaines personnes de la population mondiale refusèrent le vaccin pour ne pas devenir des organismes génétiquement modifiés (OGM) et moururent très rapidement. Certains autres acceptèrent le vaccin, mais ne survirèrent pas à la transformation génétique quasi immédiate qui se créa par mutation dans le corps. Les femmes enceintes, qui avaient survécu à leur propre mutation génétique, recevaient toutes directement dans le foetus la modification génétique proche de leur animal sauvage afin que le bébé ait plus de chance de naitre sans mourir quelques minutes après à la naissance.
En moins de 10 ans, la population mondiale de 10 milliards d’habitants diminua à seulement environ 5 millions d’habitants, soit la population qu’il y aurait eu 10 000 ans avant Jésus-Criss. La Chine, l’Inde, l’Afrique et l’Asie furent le plus durement touchées. Toute l’Amérique fut un peu moins touchée, puisque sa population était moins grande, donc moins sujette à la propagation rapide.
La zooanthropie par OGM devint la nouvelle norme mondiale.
En 2051, il ne restait plus un seul humain sans modification génétique animal sur Terre. Des générations se succédèrent avec une espérance de vie plus courte qui passa de 75 ans à 45 ans en moyenne. C’était dû au plus court cycle de vie des animaux et aussi la seule façon d’éviter le retour d’un virus mortel qui décime une population complète.
L’humain n’était nullement habitué à vivre avec de nouvelles caractéristiques des animaux qu’ils ne connaissent pas. L’alimentation du complètement changer pour devenir majoritairement carnivore. Les champs agricoles furent tous consacrés à l’élevage du bétail. Heureusement, l’élevage classique commercial fut proscrit mondialement, puisque tous se sentaient maintenant plus concernés par le bien-être animal. Le paysage agricole fit place à des pâturages régénératifs qui consistent à faire la rotation des emplacements de broutage des animaux pour permettre aux plantes de se régénérer sans jamais labourer le sol. Le système de scolarité classique fut considéré moins nécessaire et majoritairement mis de côté. Cependant, une grande quantité de nouvelles écoles virent le jour pour tenter d’apprendre à contrôler sa forme animale au quotidien, autant pour les adultes que les enfants. La connaissance et le contrôle des émotions et sentiments ressentis devinrent primordiaux. Plusieurs hybrides n’y arrivaient malheureusement pas correctement malgré tout. Une multitude de combats et de guerres eurent lieu entre les différents nouveaux hybrides en haut de la chaine alimentaire. Dû à tous ces changements de mode de vie, certains tombèrent en dépression profonde et une grande quantité de suicide eurent lieu à travers le monde chaque année.
Vers l’an 2500, un nouvel ordre mondial politique vit officiellement le jour avec les plus forts hybrides qui dirigèrent les lieux le plus important des différents continents. Plus aucun pays n’existait vraiment, uniquement des immenses territoires de chasse. À même ces nouveaux territoires se trouvaient des zones de chasses qui elles même étaient définies par certaines familles, au sens scientifique génétique, des animaux s’y retrouvaient. Ces grandes familles incluaient, par exemple, dans une zone tous les félidés ou les ursidés ou les canidés, peu importe leur genre et leur espèce. Ceci permettait de diminuer les risques de guerre dus à leurs caractéristiques animales différentes. Certains bâtiments, assez grands et résistant pour recevoir ces hybrides, furent conservés à travers le monde. Une majorité de grandes familles animales habitaient toutes ensemble, tandis que d’autres, plus éparpillés dans les zones de chasse, dépendant leur niveau d’un besoin de meute ou non.
C’est seulement en l’an 2865 qu’un semblant de stabilité avec la zooanthropie ce fut enfin sur Terre.