Fabulations divines - tome 2 : le réveil

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Summary

Dans ce deuxième tome captivant de la saga "Fabulations Divines", des peuples aux origines diverses se préparent à affronter des dieux menaçants qui mettent leur monde en péril. La reine Métill, pour renforcer ses forces, forge une alliance stratégique en épousant le roi Imany III. Pendant ce temps, Mélusine enseigne l’art des runes aux Quasis afin de les préparer à contrer la menace divine. Ephrem, tiraillé entre son devoir et le désir de retrouver ses parents, décide de se lancer dans un périple décisif, avec Mélusine à ses côtés. Ensemble, ils devront déjouer les plans de l’Alkast Zohaar et de ses redoutables Legïonnes pour sauver leur univers de la destruction. "Le Réveil" est une aventure épique où magie, sacrifices et découvertes se mêlent pour redéfinir le destin de tous.

Status
Complete
Chapters
46
Rating
5.0 2 reviews
Age Rating
16+

Trois ans plus tôt.

Cela faisait plusieurs jours que Mélusine était allée de son côté, laissant Ephrem ainsi que Nicolin aux bons soins du demi-dieu Jodd. Celui-ci les avait transportés en un claquement de doigts, dans ce qui semblait être une grotte. L’endroit était sombre, et aucun son ne parvenait de l’extérieur. L’air, particulièrement lourd, et la chaleur extrême, faisaient de cet environnement un lieu difficile à vivre. L’oxygène y était rare, réduisant encore davantage les chances de survie de n’importe quel être Humain. C’était pourtant l’emplacement idéal, selon Jodd, pour qu’Ephrem, et accessoirement Nicolin, progresse suffisamment vite pour tenir tête à l’Elfe noir, Lyth.

À peine étaient-ils arrivés, qu’Ephrem et Nicolin tombèrent à genoux, luttant pour respirer.

— Où sommes-nous ? chercha à savoir Ephrem, à bout de souffle.

— Nous sommes presque au centre d’Helistia, répondit Jodd. Dans une ancienne chambre magmatique.

Ephrem entendit un son sourd à côté de lui, comme un corps qui tombe. Sa vue commençait à s’habituer à l’obscurité, ce qui lui permit de voir que Nicolin s’était évanoui.

— Nicolin ! appela-t-il.

— Ne t’inquiète pas pour lui, lui assura le demi-dieu, mais pour toi.

Jodd fit apparaitre une boule de lumière de ses mains, et la lança plusieurs mètres au-dessus de sa tête. A la grande surprise d’Ephrem, le plafond, loin haut-dessus de sa tête, brillait de mille feux. On y voyait des pierres précieuses de toutes les couleurs. Mais alors qu’il était encore en pleine contemplation, il reçut un coup de pied qui le fit retourner sur le dos. Le jeune Humain lâcha un bruit, qui mélangeait douleur et surprise. Sa vision se troubla. Il voyait flou, mais remarqua quand même l’air sérieux du Maître.

— Tu comptes faire comme ton ami et roupiller ? lui demanda-t-il. Nous n’avons que trois ans pour t’éveiller à ton plein potentiel. »

— M’éveiller ? répéta Ephrem. Qu’est-ce que tu veux dire par-là ?

— Nous n’avons pas le temps pour les bavardages.

Jodd donna un nouveau coup de pied à Ephrem, bloquer par ce dernier. Mais cela ne l’empêcha pas de rouler un peu plus loin ! Jodd ne s’arrêta pas là et fit rapidement sur son jeune élève pour lui asséner le coup suivant.

— Tu comptes combattre tes ennemis le dos au sol ? ricana Jodd, qui attrapa son adversaire par le col et le balança dans les airs.

Ephrem pivota un peu au hasard, et retomba sur ses pieds. Le demi-dieu lui décocha un coup de poing au visage, et c’est ravi qu’il vît Ephrem l’éviter en se baissant.

— Bravo gamin ! le félicita-t-il, avant de se rendre compte que son jeune protégé s’était tout bonnement évanoui.

Ephrem se réveilla avec difficulté. Il avait la tête qui tournait, et le corps douloureux et transpirant. Un bruit dans son dos attira son attention. Il se mit assis, et tout de suite ce simple petit effort l’essouffla. Il regarda en direction de Jodd, occupé à vider une bouteille.

— Bois un coup, ça te fera du bien, lui conseilla le demi-dieu.

Ephrem avait rattrapé la bouteille, juste avant que celle-ci ne s’enfonce dans son estomac. Un peu du contenu s’était renversé sur sa tunique, et il sentit une forte odeur d’alcool. Apparemment du vin !

— Je n’ai pas l’âge pour boire de l’alcool, lui apprit le jeune Humain.

Jodd, qui était adossé un peu plus loin, se leva, et alla se mettre à juste devant Ephrem. Il se baissa sans ployer les genoux et le regarda dans les yeux.

— Tu meurs de soif, n’est-ce pas ? Tu as cette boisson d’homme, ou de l’eau un peu plus loin.

Ephrem regarda dans la direction que lui montrait Jodd, et vit avec surprise que Nicolin avait rampé jusque là-bas, et qu’il buvait au goulot d’une des nombreuses bouteilles qui jonchaient le sol. En s’en apercevant, Jodd accourut pour la lui retirer des mains, mais Nicolin ne lâchait pas prise.

— Lâche cette bouteille vermisseau !

— Ne me traite pas de vermisseau, vieux bouc puant !

— Hé ! Ne me traite pas de vieux bouc puant, le gnome. Je suis ton maitre !

— Tu n’es pas mon maitre ! Toi tu n’es qu’un ivrogne immortel !

— Un ivrogne immortel ! répéta Jodd en lâchant la bouteille.

Content d’avoir un nouveau titre, le demi-dieu/Maître-Constellaire rigola à plein poumon et se retourna pour revenir vers Ephrem.

— T’es un p’tit marrant l’insecte. Je te laisse boire autant que tu veux ce coup-ci, mais sache que tu vas souffrir pour m’avoir manqué de respect.

Allonger sur le dos, Nicolin avala de travers et manqua de s’étouffer.

— Quant à toi, qu’as-tu décidé ? demanda Jodd à Ephrem.

— Je vais évidemment boire de l’eau ! s’écria celui-ci.

— Il va falloir le mériter.

Le demi-dieu avait dit cela avec un drôle de rictus sur le visage, qui n’annonçait rien de bon pour Ephrem.

— Mais contrairement à ton ami, me faire rire ne suffira pas. Je t’autoriserai à boire de l’eau seulement quand tu auras fait dix-mille génuflexions.

— Quoi ! s’écria Ephrem. Mais c’est impossible.

— Alors meurs de soif ou saoul-toi. À toi de décider de ce qui te rendra plus puissant. Mais dis-moi, ajouta le demi-dieu, tu ne croyais pas vraiment que frapper un mannequin à l’épée te rendrait plus fort, n’est-ce pas ?

— C’est vrai, réalisa Ephrem. Je dois devenir plus fort. Je dois vaincre ce Lyth !

Le jeune garçon se mit debout, jeta la bouteille de vin au sol, et commença à faire des génuflexions.

— Hé ! aboya Jodd. Y avait pas besoin de péter ma bouteille !

Ephrem ne l’écoutait plus. Il montait et redescendait aussi rapidement que ses cuisses les lui permettaient.

Nicolin, ému par la motivation de son maitre, se mit debout, non sans mal, et l’imita. Mais arrivé à la douzième flexion, il n’en pouvait déjà plus. Mais prenant exemple sur Ephrem, il ne s’arrêta pas, et fini encore une fois par s’évanouir. Les choses n’étaient guère mieux pour le jeune Humain. Il n’en avait fait qu’une petite trentaine que ses jambes tremblaient et que son cœur battait si fort qu’il l’entendait dans ses oreilles. Sa vue se troublait, mais il ne voulait pas s’arrêter.

Il était bloqué à mi-chemin, ses cuisses refusant de faire une répétition supplémentaire. Jodd, assis par terre et une nouvelle bouteille de vin à la main, l’observait, et attendit ce qui devait arriver.

— Toi aussi te voilà encore évanoui, souffla le demi-Dieu.