Odyssée - Livre II : L'attaque

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Summary

Un cri a été entendu en Istria, terre inaccessible au delà de la grande muraille. Alerté par la situation, la résistance se rend à Ashelia dans l'espoir d'y trouver des réponses. Mais les nouvelles questions qu'elles soulèveront les mèneront bien plus loin qu'ils ne l'auraient cru. L'obscurité s'intensifie, et personne ne semble pouvoir y échapper !

Status
Complete
Chapters
24
Rating
5.0 1 review
Age Rating
16+

-1-

Les voyages en train n’avait jamais été le fort de Noah. Tous ces gens entassés les un contre les autres, mélangeant leurs intimités, se violant réciproquement, se salissant… Bref, Noah ne supportait pas la foule. Et le train bondé dans lequel il se trouvait avec Jun le rendait malade.

— Il nous reste beaucoup de stations ? demanda-t-il nerveusement.

Jun lui sourit et tenta de le calmer.

— Détends-toi un peu Noah, tu frétilles dans tous les sens. Tu vas finir par me stresser aussi, plaisanta-t-elle.

— Désolé, je n’aime pas vraiment la foule.

— J’avais remarqué oui. Mais tu devrais plutôt profiter du voyage. Une fois arrivés à la ville de Kashan le train n’ira pas plus loin, il va falloir t’attendre à marcher si jamais on ne trouve personne pour nous emmener à Ashelia.

Noah poussa un long soupir résigné. Tout ce sport ne lui était vraiment pas familier, et voila qu’il commençait à sentir des douleurs à différents endroits du corps dont il ne soupçonnait même pas l’existence d’un muscle !

Malgré sa peur panique de la cohue, le jeune homme dû admettre qu’il n’y avait pas grand monde. Il était tôt, et la plupart des gens prenaient le chemin inverse pour aller travailler dans la Cité. De plus, le tangage du train et le défilement de tout ce paysage nouveau à ses yeux le reposait, et il en avait bien besoin

Il se mit à scruter les arbres verts qui défilaient à la fenêtre, les longs champs d’or s’étendant à perte de vue, captant par moment le regard furtif d’un animal attendant patiemment que le temps passe, sans jamais se soucier de ce qu’il pourrait lui arriver. Les murs gris de la Cité avait depuis longtemps laissé place à des zones agricoles plus ou moins exploitées. Le sud de l’enceinte restait la partie la plus pauvre et était presque en totalité recouvert de villages fermiers où les habitants vivaient de leurs réserves. Il aperçut plus loin une ville qui lui parut en ruine, le toit effondré d’une structure attestant du délaissement des lieux. Il apprit par la jeune femme qu’il s’agissait d’Izzyr, une ville détruite par les flammes il y avait de cela plusieurs années. Certains habitants tentaient de la reconstruire, sans grand résultats. Il fallait dire que Kashan avait grandement profité de ce malheur pour devenir la nouvelle ville de jonction entre la Cité et les villages producteurs du sud de l’enceinte. Noah fut étonné que la destruction d’une ville entière ne lui soit jamais parvenue aux oreilles, et il se rendit compte à quel point il ne connaissait pas grand chose du monde qui vivait en dehors de la Cité. Cette réflexion lui remémora le chemin qu’il avait parcouru jusqu’ici et dans ce train, aux cotés de Jun, il éprouva une certaine fierté dans les actes qu’il avait accomplis depuis son départ. Aussi faibles fussent-ils.

— En règle générale, les gens sont attristés par cette histoire, contente qu’elle te fasse sourire.

Noah se reprit aussitôt.

Aucun d’eux ne parla plus pendant un temps. Ce fut Jun qui rompit le silence. Une question tournait sans cesse dans sa tête depuis leur rencontre. Ne sachant comment la poser, elle lui demanda de but en blanc.

— Dis-moi... Est-ce que tu a vraiment rencontré Zhéos hier ?

Noah baissa les yeux, surpris par la question, bien qu’il s’y attendît un peu.

— Excusez-moi… Il m’avait demandé de ne pas vous en parler.

— Pourquoi ? insista la jeune femme.

Le rouge monta aux joues de Noah qui baissait de plus en plus les yeux, incapable de fixer ceux de la jeune femme.

— Je n’en sais rien du tout, il m’a simplement dit de venir vous voir, que vous sauriez quoi faire pour moi.

Elle l’observa un instant, perdue dans ses pensées.

— J’espère qu’il a raison… dit-elle enfin en s’adossant à nouveau au siège miteux.

Mais elle en doutait. Elle ne savait même pas ce que la Brigade Noire voulait à ce garçon. Zhéos devait en connaître la raison, il ne lui aurait pas envoyé le garçon dans le cas contraire. Mais pourquoi n’était-il pas venu en personne ? Pour le protéger ? Pour la protéger ? Peut-être était-il traqué lui aussi ?

Ses réflexions furent interrompues par le message grésillant demandant à tous leurs aimables passagers de bien vouloir quitter le train à son terminus. Et c’est l’humeur au plus bas et la tête bourdonnante de question qu’elle attrapa son sac à dos et descendit en compagnie de cet adolescent qui, pour une raison qui lui échappait, avait une très grande importance.

Et dont elle avait la protection.