Arc 1 : L’ombre de la crypte - Chapitre 1
Les trois gobelins avaient encerclé Akuro, l’un avait une dague, un autre un gourdin et enfin le dernier tenait une lance. Le jeune mage onmyoji tenait fermement son kunai long à deux mains, en essayant de ne pas trembler.
Et d’un coup, tout s’enchaîna très vite : le premier gobelin porta un coup avec son poignard, le jeune homme lui transperça le bras d’un coup de sa lame avant de lui broyer la gorge d’un coup de coude. Les deux ennemis restant se jetèrent ensemble sur Akuro. Celui armé d’un gourdin tenta de lui briser le genou droit tandis que son congénère essayait de lui transpercer la cuisse gauche. Les créatures à la peau verdâtre pensaient que cette attaque coordonnée clouerait le guerrier au sol, et qu’une fois au sol ils n’auraient plus qu’à le déchiqueter vivant.
Cette stratégie, fut la preuve que malgré leur apparence les gobelins étaient capables d’intelligence, mais elle en démontra également la limite. En effet, le mage dégaina un parchemin rectangulaire couvert de symboles cryptiques tracés à l’encre rouge. Akuro prononça alors une courte formule magique en brandissant son parchemin vers le gobelin au gourdin :
─ Phase terre-feu : Jutsu du feu follet.
Le talisman de papier se mit alors à irradier tandis qu’un flux de mana passait par lui. Une sphère se forma devant la main tendue du mage et s’enflamma dans un flash de lumière bleu avant d’être projetée. Avant même que le gobelin ne réalise ce qu’il se passait, une boule de feu le percuta de plein fouet. Mais ce n’était pas du feu à proprement parler : Akuro avait utilisé son mana pour manipuler la terre et le feu pour enflammer le phosphore présent dans la terre ambiante. Tel était le style de magie que les onmyojis maîtrisaient.
Surprit par le tour de force du mage, les gobelins furent déstabilisés. Leur adversaire en profita et effectua un pas digne d’un danseur qui le rapprocha du gobelin au javelot en un éclair. Le monstre tenta de le transpercer, mais Akuro plaqua la plante de sa botte sur la hampe de son arme et appuya dessus d’un coup sec. Déséquilibré, le gobelin s’étala sur le sol, l’artiste martial n’hésita pas et le transperça de son kunai, le clouant sur place.
Akuro épuisé, poussa un profond soupir de soulagement, avant de s’appuyer sur son arme toujours fichée dans le dos de la créature verte. Mais c’est alors qu’il entendit un bruit de pas lourds derrière lui, il se retourna juste avant d’être percuté par une massue large comme un tronc d’arbre. Une côte…deux côtes se brisèrent sous le choc, avant que le jeune mage n’aille s’écraser contre un arbre.
En face de Akuro se dressait à présent un énorme gobelin haut de presque deux mètres, armé d’une massue en bois cerclée de métal. Le colosse contempla les dépouilles de ses camarades, une lueur haineuse enflamma son regard. En rugissant, il se jeta sur le mage impuissant et désarmé.
Akuro se réveilla en sursaut, il était en sueur, la respiration haletante. Il n’était plus dans la forêt. À présent il était assis dans un chariot qui cahotait sur une route de campagne. Le chariot était bâché, le mage y était allongé, entouré d’une multitude de sacs et de caisses de marchandises venant du pays oriental de Tsukaho. Sa tête était calée contre un sac rempli d’épices.
Akuro se redressa en s’étirant gaiement, avant de se masser les tempes et les yeux endoloris par son réveil brutal. Il avait encore fait ce cauchemar, ou plutôt s’était-il une fois de plus remémoré sa mésaventure avec des gobelins.
Le jeune homme venait de l’archipel de Tsukaho, un archipel de grandes îles situé loin à l’est de sa position actuelle : le grand Empire de Kazux. Tsukaho était la patrie des légendaires guerriers de l’ombre que l’on nommait shinobi, c’est à dire maître de la furtivité et de l’infiltration. Les guerriers de l’archipel étaient également les garants d’un code de l’honneur strict ainsi que pratiquant d’un grand nombre d’arts-martiaux différents et redoutables. Leurs mages onmyojis quant à eux avaient leur propre style de magie. Akuro était le disciple de deux de ses disciplines : artistes martial et mage onmyoji.
Il venait de la famille Omori, du clan de la Corneille. Les membres de ce clan, en plus d’être des guerriers et des mages, étaient également des marchands et explorateurs, réputés pour amener leur marchandise jusque dans les capitales de pays éloignés.
C’est justement durant un voyage de commerce, vers la capitale d’un royaume de l’ouest avec sa tante Yukio, qu’Akuro avait été attaqué par des gobelins. Il n’avait dû son salut qu’à l’intervention providentielle d’un aventurier qui traquait les montres dans les environs. Grâce à lui, Akuro avait pu quitter la forêt et rentrer chez lui sain et sauf.
L’appel de son oncle Hattori qui conduisait le chariot, tira le jeune homme des brumes du réveil :
« Hé Akuro ! On arrive à Changor.
L’oncle du mage, un homme à la courte barbe noire et à la carrure d’armoire à glace, avait appelé son neveu de sa voix bourrue.
─ Vraiment ?
Le jeune homme se leva pour voir la destination tant attendue de la caravane marchande. Au bout de la route se dressait la ville de Changor située à la frontière occidentale de l’empire. La guilde d’aventuriers de cette ville était réputée. En effet de nombreux membres de la guilde étaient du rang Argent, soit le plus haut niveau pour des aventuriers indépendants.
─ Ta destination, c’est bien la guilde de cette ville, cher neveu ?
Le mage répondit d’un simple signe de tête.
Akuro était effectivement venu dans cette ville pour s’y installer et s’y enregistrer en tant qu’aventurier. Son oncle et les marchands de son clan avaient acheté un bâtiment deux ans auparavant. Ils l’avaient rénové et transformé en une sorte d’auberge d’étape pour leur clan. C’est dans cette auberge qu’Akuro allait s’installer en tant qu’aventurier. Cela avait réglé la question du logement et du loyer une fois installé en ville.
Le jeune mage retourna à l’arrière du chariot, et rassembla ses affaires. Dans une cage juste à côté de lui un petit cri se fit entendre et il vit deux yeux jaunes familiers le scruter.
─ Tu es réveillé mon beau ? demanda-t-il en retirant le voile qui couvrait la cage.
À l’intérieur se trouvait Oull, son hibou grand-duc au plumage et aux yeux brillants. C’était le plus fidèle compagnon d’Akuro depuis son enfance, il aurait donc été impensable qu’il ne l’emmène pas avec lui.
Dix minutes plus tard la caravane entra en ville, avant de s’arrêter à l’auberge du clan. Le mage-onmyoji aida son oncle à décharger ses marchandises, puis rassembla ses effets personnels, ainsi que son hibou et les monta dans la chambre qu’on lui avait attribué.
La pièce en question avait pour seuls meubles, une table, une armoire et un futon. Akuro ne s’offusqua pas de la simplicité du mobilier, il avait vécu dans moins confortable que ça.
Il commença par libérer son ami à plumes de sa cage en osier. Très heureux d’être enfin libre de ses mouvements, le rapace battit joyeusement des ailes et s’envola pour aller se percher sur l’armoire. Percevant la frustration de son camarade, le jeune homme lui dit :
─ Ne t’en fais pas camarade, tu pourras bientôt sortir te dégourdir les ailes. Laisse-moi juste ranger mes affaires et préparer mon matériel.
Akuro joignit le geste à la parole et déballa ses affaires, avant de les ranger dans l’armoire et la commode de la chambre. Cette première partie de ses bagages était composée de vêtements, la seconde constituait son équipement d’aventurier.
Son armure se composait d’un pourpoint en cuir pour le torse, complété par deux paires de protections en cuir, pour les avants bras et les jambes, renforcées avec des pièces d’acier. Afin de faciliter sa mobilité, Akuro ne portait pas de casque, il devait être très prudent et miser sur son esquive le plus possible.
Les armes de d’Akuro se résumaient à un kunai de la longueur d’une épée courte, des étoiles d’acier aussi appelé shuriken faisant office d’armes de jets et enfin un paquet de parchemins rectangulaire faisant office de talismans catalyseurs pour les sorts du mage.

Le mage vérifia tout cela une dernière fois, puis il enfila sa tenue, attacha son ceinturon au niveau de ses reins, glissa ses shuriken dans un étui à sa ceinture tout comme ses talismans. Enfin prêt, Akuro appela son hibou qui vint se percher sur son épaule et il quitta l’auberge pour se diriger vers le bâtiment de la guilde.
Akuro souriait de toutes ses dents. Il avait passé deux ans à se préparer pour ce jour et à présent il était prêt : il allait devenir un aventurier. Tandis qu’il remontait la rue en direction de la guilde, beaucoup de gens le dévisageaient.
Son accoutrement, son physique et surtout son rapace, attiraient quelque peu l’attention. Akuro, âgé de dix-huit ans avait déjà une stature et une musculature dignes d’un adulte. Cela venait de son entraînement intensif au combat, son affinité avec le hibou datait de sa formation de mage. Pour les habitants des pays de l’ouest, cela-dit, un jeune homme accompagné d’un rapace de cette taille n’était pas habituel. Akuro ne prêta cependant pas attention aux regards des passants, et poursuivit son chemin.
Après dix bonnes minutes de marche, il arriva au bâtiment de la guilde. Dès qu’il en passa la porte, les regards se braquèrent sur le nouveau venu. Rien d’anormal, une nouvelle tête se remarquait toujours à la guilde, surtout en pleine matinée.
Le jeune homme se dirigea vers le comptoir, derrière lequel se tenait une jeune employée aux cheveux couleur blé et aux yeux dorés. Lorsqu’elle entendit le mage, la réceptionniste leva les yeux. Son visage afficha un bref instant un air surpris qu’elle s’empressa de remplacer par un sourire radieux.
─ Bonjour ! Bienvenue à la guilde des aventuriers. Comment puis-je vous aider ?
─ Je voudrais m’inscrire, s’il vous plait.
─ Très bien. Il va falloir remplir ce document : savez-vous lire et écrire ?
Akuro acquiesça et remplit le document de sa plus belle écriture.
Prénom : Akuro
Nom : Omori
Sexe : masculin
Âge : 18 ans
Caractéristiques physiques ;
Classe : mage et artiste-martial
Capacités… :
etc.
Lorsqu’il eut terminé il tendit le papier à la jeune femme, elle relut le document et le guerrier lut en elle comme dans un livre ouvert. En dépit de son calme apparent, Korie, la jeune employée, était impressionnée. Elle avait déjà été surprise par l’apparence d’Akuro mais elle en lisant le document d’inscription, sa surprise grandit encore. L’âge du jeune homme, dix-huit ans, n’avait rien de si étonnant que ça, à première vue.
Mais lorsque l’on savait que l’âge habituel des débutants, était quinze ou seize ans on pouvait se poser quelques questions. Les capacités du jeune homme étaient vraiment surprenantes : en plus de ses attributs d’artiste-martial, il connaissait la magie. Évidement il arrivait que des aventuriers maîtrisent la magie en parallèle de leurs compétences principales. Mais seuls les rangs bronze voire argent possédaient un tel éventail de capacités.
La guilde classait les aventuriers selon 10 rangs :
Rang 10 : Porcelaine
Rang 9 : Obsidienne
Rang 8 : Acier
Rang 7 : Saphir
Rang 6 : Émeraude
Rang 5 : Rubis
Rang 4 : Bronze
Rang 3 : Argent
Rang 2 : Or
Rang 1 : Platine
Les deux rangs, les plus élevés n’avaient été atteints que par une poignée d’élus de légende, surtout les platines. Dans toute l’histoire on pouvait les compter sur les doigts d’une main, et ils n’intervenaient que pour des problèmes à l’échelle d’un pays.
Les rangs argent et bronze étaient des vétérans toujours actifs sur le terrain. Du rubis au saphir, c’étaient les niveaux intermédiaires, et enfin de l’acier à la porcelaine étaient les aventuriers débutants.
Ce sont tous ces détails, qui rendaient le profil du mage onmyoji si anormal aux yeux de la réceptionniste. Ce jeune homme était un débutant de dix-huit ans, et selon ses dires il avait des aptitudes équivalentes à un vétéran.
La jeune femme dévisagea longuement Akuro, puis elle dit d’un ton sévère :
─ Est-ce que c’est une blague ?
Akuro, dans un premier temps surpris, comprit rapidement ce qu’elle voulait dire. Ce à quoi il répondit d’un ton bas et serein.
─ Je vous assure que je ne me moque pas de vous. Ce sont mes vraies capacités que j’ai mentionnées.
─ Vraiment ? Vous pouvez utiliser la…magie du pentagramme élémentaire ? C’est une vraie magie au moins ?
─ Oui, ça repose sur cinq éléments et des catalyseurs préparés à l’avance.
Korie ne semblait pas convaincue, elle se retourna et fit un signe à l’une de ses collègues assise un peu plus loin, une autre femme aux longs cheveux bruns. Cette dernière se leva et rejoignit le duo. Le mage-onmyoji déglutit, il n’aimait pas la façon dont la situation évoluait. Il observa la nouvelle arrivante, il reconnut très vite le talisman qu’elle portait autour du coup : une balance et une épée, cette femme étaient une prêtresse d’Arkova, la déesse de la vérité et de la justice.
Akuro resta calme Il connaissait le dieu suprême, le représentant de la loi et de la vérité. Le mage savait également que parmi les pouvoirs divin que les prêtres de cette déité pouvaient invoquer, la détection des mensonge était le plus répandu.
Sachant cela, Akuro se détendit. Les deux femmes échangeaient des murmures depuis plusieurs secondes. La prêtresse, du nom de Martha, jetait des coups d’œil mauvais au mage onmyoji. Après presque deux minutes de discussion à voix basse, les deux femmes reportèrent leur attention sur le mage. Leurs yeux, transperçaient littéralement le jeune homme.
La réceptionniste, se pencha par-dessus le comptoir avant de dire :
─ Je vais vous reposer la question. Avez-vous écrit des mensonges sur ce document, oui ou non ?
─ Non, répondit Akuro du tac au tac. Je n’ai écrit que la vérité.
Un court silence s’ensuivit, la prêtresse avait fermé les yeux et semblait se concentrer. Elle serrait son talisman. Une faible lueur illumina le colifichet pendant quelques instants, avant de s’éteindre. Martha rouvrit les yeux, elle fixa longuement Akuro, il put lire de la surprise sur son visage. De la sueur perlait sur son front. Enfin elle prit la parole :
─ Il dit la vérité.
Korie ouvrit des yeux ronds, le guerrier poussa un soupir de soulagement et Oull bâtit des ailes comme pour montrer sa satisfaction. Visiblement confuses et gênées d’avoir accusé, à tort, Akuro d’être un menteur, les deux femmes échangeaient des regards circonspects. La réceptionniste se racla la gorge et l’observatrice retourna à son propre bureau. Tripotant sa natte, la réceptionniste fuyait le regard du guerrier, finalement elle dit d’une voix basse :
─ Je suis désolée, mais les aventuriers débutants avec votre profil sont très rares et je préfère m’assurer que les menteurs soient démasqués le plus tôt possible.
─ Je comprends, répondit simplement Akuro.
Il valait mieux, en effet, découvrir rapidement les aventuriers malhonnêtes. Sinon ils pouvaient rapidement devenir trop dangereux et causer de gros problèmes. Les employés de la guilde avaient donc la responsabilité de surveiller les aventuriers et de s’assurer de leur honnêteté. Or, en l’occurrence, le mage était innocent.
Après cet épisode quelque peu tendu, Akuro obtint enfin sa plaque d’aventurier en porcelaine. Sur ce petit objet, étaient gravées toutes les informations concernant son propriétaire. Avec cela Korie lui donna un ensemble de matériel basique : cordes, lanterne etc…
─ Très bien ! Vous voici aventurier de rang porcelaine ! dit la jeune femme en affichant un sourire éclatant. En tant que tel vous devriez commencer par de la chasse aux nécro-rats dans le cimetière et les sous terrains de la ville.
─ Et pour les chasses aux gobelins ? demanda Akuro.
La réceptionniste eut une brève impression de déjà-vu avant de répondre :
─ Pour ça il vaut mieux attendre que vous soyez dans un groupe.
Le mage une pause puis répondit :
─ D’accord. Est-ce que vous pourrez me prévenir lorsqu’un groupe de débutants se présentera pour une chasse aux gobelins ?
─ Et bien, c’est un peu inattendu comme demande mais oui. Dit calmement la jeune fonctionnaire.
Le mage onmyoji la remercia poliment, puis s’avança vers le tableau des annonces. Korie voulut lui demander pourquoi il n’allait pas voir le forgeron pour obtenir de l’équipement, mais elle comprit vite qu’il était déjà mieux équipé que la plupart des autres débutants.
Sur le tableau en bois, des dizaines d’annonces étaient affichées. Il y avait de tout, mais l’Épéiste n’avait pas le temps de s’y intéresser. Il se dépêcha de trouver la quête qu’il cherchait, la chasse aux nécro-rats, et la décrocha. Le hibou poussa un petit cri d’enthousiasme. Il revint au comptoir et informa la guilde de son choix de quête. Une heure plus tard Akuro descendait dans les égouts, flanqué de son ami à plume.
Une lanterne fixée à son ceinturon, son cimeterre en main, le guerrier des sables s’avançait dans l’obscurité et la puanteur des égouts de la ville. Il releva le tissu de son écharpe sur son nez et sa bouche, pour se protéger de l’odeur.
Le hibou volait juste au-dessus de lui, jouant les éclaireurs avec sa vision nocturne. Cette mission n’enchantait pas tellement Akuro. Bien qu’il sût qu’en tant qu’aventurier débutant il n’aurait pas immédiatement accès à des traques de démon ou de monstres de légendes. Pourtant il était frustré. Il tempéra ce sentiment en se disant que la reconnaissance et le respect viendrait avec l’accomplissement. Avec ses compétences cela ne prendrait pas trop de temps.
Oull distança légèrement son camarade, avant de revenir moins d’une minute plus tard. Le hibou se posa sur l’épaule de son camarade et poussa une série de petits cris. L’Épéiste comprit sans problème la signification des hululements de son ami : il avait repéré deux des rongeurs géants au prochain tournant.
Le guerrier dégaina ses shurikens et avança à pas feutrés. Il arriva rapidement au croisement en question et jeta un coup d’œil derrière le mur. Les silhouettes des deux rongeurs monstrueux, se dessinaient dans la pénombre.
Akuro réfléchit quelques secondes, il murmura quelques mots à Oull et ce dernier s’envola. Le rapace se plaça dans le dos des deux monstres, et poussa un cri aigu si puissant qu’il résonna dans tout le souterrain, et jusqu’à la surface.
Les rats se retournèrent, et levèrent les yeux à la recherche de l’origine du bruit. Dès que l’aventurier vit les deux paires d’yeux rouges des rongeurs géants, il lança deux étoiles d’acier droit sur la gorge de celui de gauche avant foncer sur le second. Les armes de jet fendirent l’air en formant une courbe parfaite et tranchèrent la jugulaire du rongeur, son corps se vida de son sang noirâtre en quelques secondes. Le deuxième monstre eut à peine le temps de cligner des yeux avant qu’Akuro ne lui transperce le crâne d’un coup de kunai bien placé. Le nécro-rat s’écroula, les yeux révulsés.
Le mage expira, calmement. Tout allait bien. Il avait tué les deux rats en moins de cinq secondes, facile. Mais ce n’était pas une raison pour se relâcher, il était toujours en territoire ennemi et sa quête n’était pas terminée. Les runes sur le kunai d’Akuro, brillèrent d’une lueur rouge et les taches de sang noirs furent absorbées par le métal.
L’aventurier sourit, l’enchantement qu’il avait placé sur son sabre, visant à sécher et absorber le sang de ses ennemis, fonctionnait parfaitement. Il trancha une oreille à chacun des rats, prouvant qu’il les avait tués et se remit en route. Cela fait il souffla :
─ Trop facile.
Cette remarque faite il se remit en mouvement. Oull reprit son envol à la recherche d’autres nécro-rats.