Masculine au Féminin

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Summary

Maxine, souvent prise pour un homme, possède un corps de femme qui refuse de taire ses désirs. Félicien, avec son allure délicate et son goût secret pour le travestissement, subit malgré lui la réputation de gigolo. Deux êtres que tout semble opposer, ressentant l'un pour l'autre des désirs inavoués, vont-ils pouvoir s'apprivoiser et coexister sans se perdre ?

Status
Ongoing
Chapters
63
Rating
5.0 6 reviews
Age Rating
18+

# 1 MAXINE




Bravo Max !

C’est un échec. Je ressemble encore plus à un mec.

De pire en pire...

— Oui, je te blâme toi !je m’écris en toquant mon index contre le miroir. Ne fais pas cette tête indignée avec moi, je t’avais prévenu que ce n’était pas une bonne idée !

On donne des coups à la porte de la salle de bains et je sursaute en entendant la poignée s’actionner dans le vide.

— Il s’est pas branlé pour qu’il s’excite autant ou quoi ?

— Hé la gouine ! J’ai besoin de presser le citron là. C’est urgent !

Je grommelle dans ma barbe invisible. Je ne suis pas gouine et si je l’avais été j’aurais détesté ce mot à consonance homophobe. Lesbienne ça sonne tellement mieux aux oreilles. Mais tout dépend de l’intonation.

— Ouvre, supplie la vessie sur patte. Ou je trucide tes cactus hideux en les arrosant !

Je range la paire de ciseau en soufflant ce qui fait décoller les mèches sur mon front.

— C’est pas parce que t’as une bite que tu peux te permettre de te comporter comme un gland !

Le voilà qui donne des coups de front comme un névrosé. Y a que lui pour perdre un millier de neurones dès le matin...

— Deux secondes !je proteste en rinçant le lavabo de mes petits cheveux bruns à la hâte avant de déverrouiller.

Simon qui pesait tout son poids sur la porte fait une entrée déséquilibrée et titube jusqu’à la cuvette avec la démarche d’un matelot ivre. Je détourne aussitôt le regard en réalisant qu’il n’est vêtu que d’un calcif. Loin de moi l’idée de mater un corps d’Apollon comme le sien, c’est juste que je ne suis pas ce genre de fille. J’ai toujours été en quelque sorte pudique et je ne vous parle pas de mon malaise face aux statues nues aux parties intimes sculptées. Bande d’architectes pervers.

— Aaah...gémit-il en se vidant et je rougis.

— C’est comme ça que tu jouis ?

Il me donne un coup de pied par derrière et m’atteint la cheville avant de jeter un coup d’œil paresseux par-dessus son épaule. Je n’ai jamais compris sa manière de reluquer une nana en commençant par les pieds pour finir par la tête. Comme s’il dégustait une crevette.

Ses yeux gris rencontrent mes yeux noirs avant de remonter plus haut pour s’écarquiller de surprise.

— Wow !

— Comme pour World Of Warcraft ?

— Non Max. Wow comme pour c’est quoi cette bouse de vache sur ta tête ?!

Il se secoue un peu avant de s’essuyer les mains sur la serviette. Il a oublié l’étape primordiale entre les deux, le rinçage au savon mais c’est pas grave, il est trop choqué par la catastrophe naturelle que j’ai pondu sur mon propre crâne.

— On dirait que je me suis chiée dessus ?je demande en me tournant vers le miroir.

— Littéralement, rit-il en sortant son téléphone pour me prendre en photo. Je change officiellement ton nom pour Crottine.

Y a que lui que ça fait marrer.

Mes épaules se ratatinent d’abattement et je fais une moue boudeuse en me tournant de face vers le miroir.

— Je voulais remodeler mon image pour la rentrée, en mode mise à jour...J’ai pas envie qu’on me confonde avec un mec. Encore.

Simon abat ses mains sur mes épaules et je grimace en repensant à la dernière chose qu’elles ont touché. Pas le portable ni la serviette mais juste avant.

— Max tu es masculine, déclare-t-il solennellement.

En sentant une boule amère dans ma gorge, je déglutis. Je me sens comme crucifiée par ce mot : masculine. Pire que gouine. Non franchement c’est le comble !

— Quel mec voudrait d’un ovni tel que moi ? Quel mec me trouverait baisable à moins qu’il soit gay refoulé ?

— T’as juste...foiré ta féminité, répond Simon en me secouant les cheveux. Et puis, c’est pas comme si tu faisais des efforts pour paraître plus fille. Fais gaffe quand même, t’as une moustache qui commence à pousser.

Je plaque une main sur ma bouche alors qu’il sort avec un sourire en coin. Dès son départ, je me rapproche à deux centimètres du miroir pour laisser tomber mes yeux sur le dessus de ma lèvre supérieure et l’observer pendant quelques secondes intenses, la respiration coupée afin de ne pas créer de la buée gênante.

— C’est un duvet crétin !

— Mais oui, poussin...

Je me rends dans le salon en rouspétant sous les yeux hilares de mon foutu colocataire bien foutu qui ne rate jamais une occasion de me provoquer. Il est parti s’installer devant la télé avec un bol de céréales posé sur ses abdominaux bien dessinés.

— Rappelle-moi pourquoi on a emménagé ensemble ?je demande comme si j’avais subitement un trou de mémoire.

Simon est un ancien camarade de classe. On s’est rencontré par hasard à un bar et on a fini la soirée sur le divan.

A jouer aux jeux vidéo.

Une cuillère dans la bouche, il regarde pensivement vers le haut avec une expression craquante avant de tendre le couvert vers moi pour me donner ses arguments qui sont les suivants :

— Parce que t’es la seule meuf de mon entourage que je n’ai pas envie de baiser, qui ne suscite aucun désir chez mes potes et aucune jalousie de la part des filles.

Interloquée, je m’arrête.

— Et ta mère alors ?

— T’es la seule, répète-t-il. Et putain, comment ça ma mère ? Parle poliment, OK?

— KO, je réponds avec l’impression qu’on vient de me puncher le vagin.

C’est une défaite complète à tous les niveaux. Je traîne ma carcasse jusque dans ma chambre située à côté de la cuisine. Ma main attrape un paquet de cookies sur le chemin car mon estomac a senti qu’il fallait meubler l’inconfort. Oui, j’ai un bon instinct...intestin de survie...peu importe c’est pareil.

Il faut que je fasse un point sur ma situation.

J’ai 18 ans et toujours puceau. Merde ! Je voulais dire vierge !

Oh je suis vraiment mal barrée si je m’emmêle dans la syntaxe…

Reprenons. Je suis plus que prête pour passer à l’acte mais le hic c’est que je ne suis pas excitée si je ne ressens pas une forme de domination sur ma personne. J’ai donc besoin en toute urgence de trouver un homme avec une vraie virilité qui saura faire naître ma féminité et éliminer ainsi toute ambiguïté.

— Max !m’appelle Simon. Rapplique faut que je te dise quelque chose...

Je passe une tête encapuchonnée entre l’espace de la porte ouverte au minimum pour exprimer mon peu d’envie à l’interaction pour le reste de la journée.

— Quoi ~ ?

Simon passe un bras sur le haut du divan avant de tourner la tête pour me regarder dans les yeux. Il hésite en me dévisageant avant de se décider à dégoupiller la grenade pour tuer le suspense.

— Y a Fé qui emménage ce soir.

J’ouvre la porte en grand et hurle :

— TU TE FOUS DE MA GUEULE ?!


Petit mot :

Merci tout d'abord de me lire et d'être arrivé(e(s jusqu'ici ! Pour les migrants de Wattpad, vous connaissez déjà l'histoire et je publierai la suite ici dorénavant (en priant qu'on ne me censure pas). Pour les nouveaux, je préviens qu'il y aura des TW (sûrement dès le deuxième chapitre) donc vous voilà avertis, mais vous demeurez les bienvenus.

Et faites-moi savoir si vous êtes de la partie, ça fait toujours plaisir !