Chapter 1
Quand j’étais petite, ma maison semblait ordinaire pendant la journée, mais dès la nuit tombée, un étrange malaise s’installait. Chaque nuit, sans exception, un phénomène inexplicable se produisait dans ma chambre. Ce n’était pas simplement des rêves, c’était comme si une présence malveillante se glissait dans l’obscurité, prête à me hanter.
Tout a commencé une nuit, vers mes huit ans. Un homme, que je n’avais jamais vu, est apparu dans ma chambre à exactement 3h du matin. Au début, je pensais que c’était juste un mauvais rêve, mais les événements se répétaient chaque nuit à la même heure. Cet homme, flou et indistinct, avait une silhouette sombre, presque irréelle, comme une ombre projetée par une lumière invisible. Il ne faisait aucun bruit, juste un léger frôlement dans l’air, comme un souffle froid. Il restait immobile au pied de mon lit, me fixant de ses yeux perçants, mais je ne pouvais rien faire. C’était comme si une force invisible me maintenait clouée au lit.
Au fur et à mesure des nuits, cette apparition est devenue plus intense. Mon corps, pourtant épuisé, restait figé, paralysé, comme si je n’avais plus de contrôle. J’essayais de bouger, de crier, mais rien ne sortait. J’étais comme prisonnière de mon propre corps, dans un état de terreur indescriptible. Chaque nuit, cet homme approchait, sa présence me glacait les os. Je sentais l’air se rafraîchir brusquement, les draps qui se soulevaient comme si quelqu’un s’installait près de moi. Mais ce n’était pas mon imagination, je pouvais ressentir sa respiration, froide et irrégulière, sur ma peau.
Mes petits frères et sœurs dormaient dans le même lit, mais ils ne semblaient rien comprendre. Quand ils se réveillaient en plein milieu de la nuit, ils me voyaient allongée là, paralysée, le regard figé, les yeux pleins de terreur. Parfois, je pouvais les entendre murmurer, appeler maman, mais rien n’y faisait. Ils étaient trop effrayés pour m’aider, trop jeunes pour comprendre ce qui se passait. Ils se précipitaient hors de la chambre, courant dans la pièce de ma mère, me laissant seule face à cette présence.
Les nuits s’enchaînaient, et chaque réveil était plus angoissant que le précédent. Il y avait des moments où je ne savais même plus si j’étais en train de rêver ou si ce qui se passait était réel. L’homme ne se contentait pas de rester là, il semblait se rapprocher chaque nuit un peu plus. À un moment donné, j’ai cru que je l’entendais chuchoter mon nom, mais sa voix était étrange, lointaine, comme si elle venait d’un autre monde. Il n’y avait aucune compassion dans ses mots, seulement une menace silencieuse. Chaque nuit, il me laissait dans un état de terreur extrême, sans que je ne puisse rien faire pour l’arrêter.
Un soir, alors que l’horloge venait de frôler les trois heures, quelque chose d’encore plus étrange s’est produit. Alors qu’il approchait comme à son habitude, j’ai senti une chaleur étrange, un frémissement dans l’air, et un poids lourd sur mon corps. Une sensation de suffocation m’envahit. C’était comme s’il m’écrasait de tout son poids, me forçant à rester immobile. J’ai essayé de me libérer, de crier, mais ma bouche était scellée, mes muscles tétanisés. La peur m’envahissait complètement.
Le matin suivant, je voulais en parler, mais je savais que personne ne me croirait. Mes parents, bien qu’inquiets, me disaient que ce n’était que des rêves, des cauchemars d’enfant. Mais je savais au fond de moi que ce n’était pas ça. C’était bien plus que ça. Une force, quelque chose de malveillant, quelque chose qui ne faisait que revenir chaque nuit pour me hanter. Mon frère et ma sœur, eux aussi, avaient leurs propres cauchemars, mais ils ne comprenaient pas ce qui m’arrivait.
À mesure que les mois passaient, la terreur grandissait. J’avais l’impression que cet homme n’était pas simplement un figment de mon imagination, mais une entité, un être venu d’un autre monde, peut-être d’un monde parallèle où les lois de la réalité n’avaient plus cours. Ce qui était le plus terrifiant, c’était la certitude qu’il reviendrait chaque nuit. Une fois, alors que j’ai essayé de rester éveillée, j’ai vu l’ombre se dessiner sur le mur, comme un spectre, et j’ai ressenti une présence oppressante se faire plus forte.
Aujourd’hui, des années plus tard, ces souvenirs me hantent encore. Même si je suis loin de cette maison, je ne peux m’empêcher de regarder l’heure chaque nuit. Quand l’horloge affiche 3h du matin, je frissonne, une angoisse profonde m’envahit, et je m’assure que je suis bien éveillée. Je ne peux pas m’empêcher de me demander s’il reviendra un jour. Et si, tout comme avant, il se glissera dans ma chambre, à l’heure fatidique, pour me faire revivre ces terribles nuits.