Chapitre 1 : Un nouveau dépars
Elle était encore assise à son bureau, le casque sur les oreilles. Le son des explosions de son jeu cachait les cris dans sa maison. Madeline était concentrée sur ce qu’elle faisait, son ordinateur était l’une des seules occupations qu’elle avait. Jusqu’à ce que son père ouvre brutalement la porte de sa chambre, elle n’avait pas fait attention à ce qu’il se passait autour d’elle.
« Tu n’as toujours pas fait tes cartons ? Je veux que tu ais fini avant ce soir, alors dépêche toi ! » Lui hurla son géniteur.
La brune avait retiré son casque rapidement en voyant la porte bouger, elle ne pouvait s’empêcher de soupirer quand il quitta la pièce. Elle n’avait jamais eu de bon rapport avec lui, surtout depuis qu’elle avait arrêté le lycée en seconde. Pour lui, Madeline était une honte, qui ne faisait rien de ses journées et qui avait décidé, du jour au lendemain, de les emmerder lui et sa femme. La jeune fille s’était levée pour faire ce qu’il lui avait demandé, prenant l’un des cartons qui traînaient pour y ranger ce qu’elle trouvait. Commençant par des draps, puis quelques livres qu’elle savait qu’elle ne lirait pas avant son dépars, pour finalement passer plus de temps à lire la quatrième de couverture. Son frère, plus âgé, était venu la voir, après avoir fini ses propres cartons, il avait entendu son père crier et voulait aider sa petite sœur pour qu’elle ne reçoive pas une nouvelle punition inutile. Esteban était pour Madeline son seul soutien, le seul digne de confiance. Il l’avait aidé pour plusieurs cartons, détendant l’atmosphère en racontant tout ce qu’il avait en tête et se qu’il faisait avec ses amis. Il avait plusieurs fois voulu la faire venir avec lui pour sortir, mais Madeline préférerait largement rester à la maison avec ses livres et son ordinateur. De plus, cela la gênait beaucoup, devoir sortir, dehors, faire face aux foules. C’était trop compliqué pour elle. Il n’y avait que quelque rare exception, où elle acceptait de sortir, mais jamais bien longtemps.
Au repas du soir, Domenico, leur père, était plus calme. Peut être par ce qu’il voyait toute la maison envahie de carton, seul l’essentiel était encore en place. Ses yeux remplient quelques heures plus tôt de fureur avaient retrouvé leur vert habituel. Il souriait, parlant de son future cabinet avec sa femme, puis expliquant les mérites d’Esteban comme chaque soir. Il avait fini une nouvelle année de médecine et cela devait se fêter ! Il était si fier de lui, rien ne comptait plus que montrer sa réussite et s’approprier celle de ses enfants. C’est bien pour ça que Madeline lui faisait horreur, il n’avait aucune réussite à faire envier avec elle. Camila avait beau ne pas apprécier les cris de son mari, elle ne pouvait pas se résoudre à lui tenir tête, même si sa fille devait en pâtir.
Tout le monde enviait cette famille si parfaite en apparence. Tout le monde enviait la réussite de Domenico et son poste d’avocat, ils enviaient sa femme, si belle avec ses longs cheveux brun toujours bien coiffé, ses yeux de biche d’un noisette magnifique et son teint hâlé, ils parlaient de la réussite et l’intelligence de son fils, mais le patriarche faisait tout pour cacher la brebis galeuse de la famille Campos.
C’était à cause de son travail à lui, que sa famille devait déménager. Quitter la ville pour aller à deux heures d’ici. Pas si loin pour n’importe qui, mais une vraie bouffée d’air frais pour Madeline. Pour elle, l’ouverture du cabinet de son géniteur était une bénédiction, elle pouvait enfin partir loin. Ce qu’elle redoutait cependant, était le retour à l’enseignement classique. Cela faisait plus d’un an et demi qu’elle avait arrêté et suivait une école en ligne, cela lui convenait, mais ses parents, eux, voulaient qu’elle retourne au lycée pour sa dernière année.
Esteban, avait trouvé un hôpital qui l’acceptait en tant qu’interne et se réjouissait depuis des jours qu’il allait enfin faire quelque chose de concret, il avait hâte d’aider tout le monde. Il n’y avait que Camila qui pour l’instant restait sans travail. Elle avait déjà postulé à plusieurs endroits, personne ne semblait vouloir d’elle, mais elle ne se décourageait pas, sa détermination n’avait pas de limite.
Madeline passait sa dernière matinée dans sa chambre, en faisant ses derniers cartons, elle avait fini par emballer tous ses livres, avait soigneusement rangé sa tour d’ordinateur et son écran dans du papier bulle pour éviter les chocs et avait fini de faire ses valises pour aller à la future maison. Ils devaient partir tôt pour avoir du temps dans la journée et Madeline attendait avec ses bagages, assise sur le porche de la maison, lisant son seul livre encore hors des cartons.
Le voyage lui semblait long, personne ne parlait dans la voiture, le père était concentré sur la route et Esteban et Madeline avaient chacun leur casque sur les oreilles, lui regardait un film alors qu’elle lisait encore son livre pour passer le temps. Leur mère était dans sa propre voiture et transportait quelques valises. Ils allaient bientôt arriver dans leur maison, une maison plus modeste qu’avant, mais assez grande pour montrer que la famille avait de bon revenu. Domenico l’avait choisi pour son charme et sa différence avec les autres maisons classique du quartier. De belles grandes fenêtres en bois blanc, un grand garage pouvant contenir deux voitures. Mais surtout un grand salon salle à manger avec une belle cuisine ouverte possédant même un îlot central avec four intégré. L’entièreté du sol était fait de grands carreaux en effet marbre blanc, ce qui donnait une ambiance luxueuse non négligeable. Leur chambre à lui et sa femme serait au rez de chaussez et celles de la fratrie seraient à l’étage avec une chambre d’amie. Les parents avaient leur propre salle de bain, et leurs enfants se partageraient une salle de bain assez grande et lumineuse. Puis ce jardin magnifique, si verdoyant dans lequel était creusé une piscine pour l’instant vide. Oui, Domenico avait bien fait de choisir cette maison, il pourrait la montrer à qui il voulait et faire parler de lui, il avait si hâte de faire venir du monde.
À la fin du voyage, les enfants de la famille découvrirent la maison, ils prirent tous leurs valises en attendant le camion de déménagement et entrèrent dans la maison. Ils n’étaient pas vraiment surprit de son apparence, à vrai dire, pour eux, elle était banale, ils imaginaient même que leur père aurait choisit un palace par pur égocentrisme.
Camila montra les différentes pièces à ses enfants. Esteban imaginait déjà sa jeune sœur faire des pâtisseries dans la cuisine quand elle aurait besoin de réfléchir ou son père inviter ses collaborateurs à boire un verre dans le salon. Ils visitèrent chacun leur chambre en déposant enfin leurs affaires dans chacune d’elle. Elles étaient encore toute blanche et sans luminaire, mais leur mère comptait bien les emmener choisir ce qu’ils voulaient y mettre.
C’était un nouveau départ qui commençait, pour tout le monde.