Derrière la caméra

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Summary

🔞🍆 Une histoire brute, intense, sans faux-semblants. 🔥 Emma vit comme elle l’entend, sans attaches, sans barrières. Son corps, c’est son business. Mais un événement vient tout faire basculer. Son monde se fissure. Entre secrets, désirs et erreurs, elle se retrouve prise dans un engrenage qui pourrait tout lui coûter.

Genre
Erotica/Drama
Author
Emilia
Status
Complete
Chapters
28
Rating
4.8 26 reviews
Age Rating
18+

Chapitre 1

La lumière rouge de la caméra s’allume, et c’est comme si un interrupteur s’activait en moi. Je ne suis plus qu’un corps, une vision, une illusion faite pour eux. Je me tiens nue, sans un fil, au centre du cadre. Mon visage reste hors du champ, invisible. Ce détail est mon dernier refuge, le seul qui me sépare d’eux. Mais le reste, ils peuvent tout voir. Je leur donne tout.

Je m’assieds sur le tabouret, les jambes légèrement écartées, laissant entrevoir ce qu’ils veulent le plus. Mon intimité est parfaitement visible, à peine dissimulée par l’ombre créée par la lumière tamisée.

Les messages commencent à affluer, une pluie de fantasmes tapés à toute vitesse. « Écarte-les pour moi. », « Rapproche la caméra. », « Touche-toi, bébé, fais-moi rêver. »

Je m’exécute, me penche, prenant la caméra dans mes mains, la rapprochant encore, jusqu’à ce que tout soit parfaitement net, jusqu’à ce qu’ils puissent voir chaque détail. Ils sont là pour ça après tout.

Je laisse mes doigts glisser lentement entre mes cuisses, juste pour les exciter un peu plus. Je me caresse doucement, effleurant ma peau chaude et sensible. Mes soupirs, légers mais calculés, remplissent la pièce grâce au micro. Chaque son, chaque mouvement est un spectacle.

Mes doigts passent sur mes petites lèvres, les caressent, les écartent doucement. Mon autre main monte jusqu’à ma poitrine. Je presse, je joue avec la pointe de mes tétons jusqu’à ce qu’ils durcissent sous mes doigts.

Les messages se font plus impatients.

Mes doigts glissent en moi, lentement, puis ressortent. Je répète le geste avec une régularité qui me fait perdre pied. Mon souffle devient plus court, chaque mouvement amplifie le plaisir.

Ma main libre descend pour écarter davantage mes lèvres, leur offrant une vue encore plus détaillée. Je sais qu’ils savourent.

Les messages continuent de défiler, une avalanche de demandes et de fantasmes.

Un message m’interpelle. Et tout s’arrête.

« Mon orpheline préférée. »

Mes doigts s’arrêtent net. Mon corps se raidit et mon cœur s’emballe tellement que je sens ses battements dans ma gorge. Je fixe l’écran, incapable de respirer.

Je n’ai jamais parlé de ça, pas ici.

Putain !

Je me redresse d’un coup, mes mains tremblent tellement que je manque de faire tomber la caméra. Ma gorge est sèche. Mon esprit s’emballe. Comment il sait ? Qui c’est ? Comment il peut savoir un truc pareil ?

Je regarde autour de moi, comme si j’allais trouver une réponse dans cet appart. Mon anonymat, c’est tout ce que j’ai. Tout ce qui me protège. Et là, ce message me donne l’impression que tout s’écroule.

Les messages continuent d’arriver, mais je ne les vois plus. Tout ce que je vois, c’est cette phrase. Ces mots qui me paralysent. Est-ce que j’ai fait une erreur ? Est-ce qu’il y a un détail qui m’a trahie ?

Un nouveau message s’affiche, signé du même pseudo :

« Tu ne peux pas me cacher qui tu es. »

Je sens mes jambes se dérober sous moi. Mon ventre se tord. J’ai l’impression que quelqu’un m’observe, qu’il est là, juste derrière l’écran, à me scruter. Je devrais couper. Tout arrêter. Mais je n’y arrive pas. Mon corps est figé.

Je tente de reprendre là où je me suis arrêtée. Mes doigts retrouvent mon entrejambe, reprennent leur mouvement, mais c’est mécanique. Mes gestes sont maladroits, tremblants. Je n’arrive plus à me concentrer. C’est comme si ce message résonnait dans ma tête, encore et encore.

Je fais semblant, je continue, parce que c’est ce que je suis censée faire. Mais à l’intérieur, je suis en panique totale. Mon souffle devient plus rapide, mon corps chauffe, mais ce n’est pas du plaisir, c’est du stress. Je veux juste que ça se termine.

Je sens la tension monter, prête à exploser, mais je n’y arrive pas. Je retire brusquement mes doigts, trempés, et j’éteins la caméra.

Le silence est immédiat. La lumière rouge disparaît. Je reste immobile, complètement nue, les mains sur mes cuisses, fixant l’écran éteint.

J’attrape mon téléphone avec des mains tremblantes, vérifie mes notifications, mes messages. Rien. Pas d’appels. Pas d’explications. Juste ce silence, ce vide. Et cette putain de phrase qui me hante.




J’ai passé une nuit pourrie. Des cauchemars, encore et encore. Des bouts de mon passé qui refont surface, comme des vieux fantômes. Sauf que dans mes rêves, je suis encore une gamine, faible et perdue, coincée dans des situations que je ne contrôlais pas. Mais c’est fini ça, j’ai 25 ans, c’est ma vie maintenant, et je suis la seule à décider ce que j’en fais.

Je me répète ça en boucle depuis que je suis sortie du lit, mais ça ne marche qu’à moitié. Il est toujours là, dans un coin de ma tête. Ce foutu message. Je me dis que je devrais lâcher prise, oublier, mais ça me colle à la peau, comme une mauvaise odeur.

Pas question de le laisser bousiller ma journée. À midi, j’ai prévu de déjeuner avec Zoé. Ça va me changer les idées.

Zoé, c’est une amie que j’ai rencontrée quand j’étais serveuse au lycée, pendant mes années galères. On est restées proches, même si je ne lui raconte pas tout. Enfin… surtout pas ça.

Je lui fait croire que je bosse comme assistante dans une petite boîte automobile. C’est plus simple comme ça. Si elle savait comment je gagne vraiment ma vie, je ne suis pas sûre qu’elle me regarderait de la même manière.

Zoé, c’est le genre de fille qui a grandi dans une famille normale, avec des parents qui l’aiment et un frère protecteur. Moi, j’ai rien de tout ça. Et franchement, j’ai pas envie de prendre le risque qu’elle me juge ou, pire, qu’elle me prenne en pitié.

Quand j’arrive au restaurant, elle est déjà là, en train de fouiller dans son téléphone. Dès qu’elle me voit, elle lève les bras en l’air comme si on ne s’était pas vues depuis des mois.

— Emma ! J’ai l’impression que ça fait une éternité !

— T’abuses. On s’est vues la semaine dernière.

Elle rigole en me serrant dans ses bras, et je sens un peu de tension quitter mes épaules. C’est pour ça que j’aime Zoé. Elle a ce truc, cette énergie, qui rend tout plus simple.

On commande, et elle se lance direct dans le récit de sa semaine : des problèmes avec son boss, une histoire foireuse avec un mec de Tinder, et une anecdote sur son voisin qui a failli foutre le feu à son appart en voulant faire des crêpes.

Je ris à ses blagues, je commente ici et là, mais en vrai, j’ai pas grand-chose à raconter.

La seule personne à qui je me suis jamais confiée, c’est Mathéo. Ce n’est pas vraiment un ami, mais c’est tout comme. C’était mon manager quand je bossais en boîte de nuit. Il connaît mon passé, il sait d’où je viens, il sait ce que j’ai traversé.

Mes parents sont morts quand j’avais 3 ans, et j’ai passé le reste de mon enfance à naviguer de famille d’accueil en famille d’accueil.

Quand j’ai eu 16 ans, j’ai décidé que j’en avais assez. J’ai pris des petits boulots : serveuse, caissière, plongeuse, tout ce que je pouvais trouver. Ça payait à peine le loyer de mon ancien studio minable, mais au moins, j’étais libre. Je me suis accrochée pour finir le lycée, même si j’étais souvent trop crevée pour suivre les cours.

Et puis, lors de ma dernière année de lycée, il y a eu Mathéo. Je travaillais dans une boîte de nuit, et il a été le premier à vraiment me tendre la main. Pas pour m’aider gratuitement, mais il m’a appris comment survivre. Comment me débrouiller dans ce monde sans qu’on me bouffe toute crue.

Mathéo sait tout. Il sait que je fais des lives maintenant. C’est lui qui m’a dit que ça pouvait être une bonne option. « Tant que tu restes anonyme, y a pas de problème. C’est toi qui gardes le contrôle. » C’est ce que je me répète, chaque fois que je doute.

Mais ce message, il a tout foutu en l’air. Je ne sais plus si je suis vraiment en contrôle. Et ça me terrifie.

Zoé continue de parler, mais j’ai du mal à me concentrer. Je fais semblant de l’écouter, je souris, je ris, mais dans ma tête, tout est en vrac. J’ai besoin de réponses.

Après le déjeuner, je rentre chez moi. J’ai l’impression que les murs de mon appartement me regardent. Je me sens exposée, vulnérable. Mais il faut que je me reprenne. Ce gars, il a peut-être balancé ça juste pour me déstabiliser. Peut-être qu’il ne sait rien du tout, qu’il a juste deviné.

Ouais, ça doit être ça.

J’ai reçu une avalanche de messages aujourd’hui. Mes “fans” veulent savoir pourquoi j’ai coupé aussi vite hier soir. Certains s’inquiètent, d’autres m’accusent de les avoir laissés en plan.

C’est grâce à eux que je peux payer mon loyer, que je peux vivre. Si je les déçois, je suis foutue.

Alors ce soir, il faut que je me reprenne. Que je leur donne ce qu’ils veulent, peut-être même plus.

Je passe l’après-midi à scroller sur des sites de shopping en ligne. Des lingeries provocantes, des accessoires pour mes futurs shows. J’ajoute quelques tenues à mon panier, des trucs qui me feront gagner encore plus.

Quand l’heure approche, je me prépare. Une tenue minuscule, qui couvre à peine ma peau. J’installe mes jouets à portée de main. Puis, avant d’allumer la caméra, je prends une pilule. Une de ces petites merdes que j’évite normalement. Mais ce soir, j’ai besoin d’éteindre mon cerveau, de me déconnecter de tout, et surtout de ce foutu message qui continue de me hanter.

La lumière rouge de la caméra s’allume, et le spectacle commence.

Je prends l’huile de massage et je me tartine le corps, laissant mes mains glisser sur ma peau nue. Je fais durer le moment, juste assez pour les faire venir. Les messages arrivent déjà avec des demandes salaces qui me font sourire malgré moi : « Tire sur ton clito. », « Pisse toi dessus. »

Je choisis le premier jouet qui me tombe sous la main : mon aspirateur à clito. Un de mes préférés. Dès que je l’allume, je sens les pulsations, ce mélange de succion et de vibrations qui me fait perdre pied en quelques secondes. Mes jambes tremblent, mes gémissements se font plus forts. Ça monte vite, trop vite. Si je continue, je vais venir en moins d’une minute.

Je prends une grande inspiration pour calmer mon corps, mais c’est alors que je vois une proposition différente des autres :

100€ : « Utilise une bouteille. »

Mes yeux se lèvent vers mon bureau. Une bouteille de vin trône là, vide depuis quelques jours. Ce soir, je suis prête à tout pour leur prouver que je suis à eux.

Je prends la bouteille et les messages explosent.

Je laisse le verre froid caresser ma peau, remontant doucement le long de mes seins. Le contraste entre la chaleur de mon corps et la froideur du verre m’arrache un frisson. Je fais durer le moment, jouant avec leurs nerfs. Mes mains tremblent légèrement, mais je garde le contrôle.

Je descends lentement la bouteille le long de mon ventre, mes jambes s’écartant instinctivement. Le goulot atteint mon entrejambe, et je le place doucement contre mes lèvres.

Lentement, très lentement, j’enfonce la bouteille. Le verre glisse à l’intérieur de moi avec une facilité déconcertante, aidé par l’humidité qui s’est accumulée.

Les messages deviennent incontrôlables.

Je fais exactement ce qu’ils demandent. La bouteille s’enfonce un peu plus, ma main la faisant tourner doucement. La sensation est bizarre, étrange, mais elle m’excite. Une chaleur sourde monte en moi, et mes hanches bougent pour accompagner le mouvement. Je retire la bouteille presque complètement, avant de la réintroduire, cette fois un peu plus vite.

Les messages défilent si vite que je ne peux plus les lire. Je ferme les yeux, me laissant porter par le moment, par la chaleur qui monte en moi, par la satisfaction perverse de savoir qu’ils regardent, qu’ils n’en perdent pas une miette.

Je retire la bouteille, sentant le verre glisser hors de moi. La sensation est presque frustrante, comme si mon corps en redemandait déjà.

Je m’ouvre complètement devant la caméra, les jambes bien écartées. Une main va et vient en moi, tandis que l’autre s’occupe de mon clito, traçant des cercles précis et pressants. Chaque geste m’arrache des gémissements que je ne peux plus contrôler. Ils explosent, bruts, réels. Mon dos se cambre.

Je sens l’orgasme arriver, cette vague brûlante qui monte, qui me consume. Mes doigts accélèrent, je ne contrôle plus rien. Tout mon corps est tendu, prêt à lâcher.

Une nouvelle demande s’affiche :

1 000€ : « brise la bouteille dans ta chatte. »

Mon souffle s’emballe, incapable de détourner les yeux.

Et c’est là que je le vois. Le pseudo.

Le même que la veille.

Mon sang se glace.

Putain, c’est lui.