Chapter 1
Les soirées comme celle-là me donnaient envie de fuir. Tout ce luxe, tout ce faux semblant de cordialité… Dans mon monde, un sourire n’est jamais innocent, et une poignée de main peut très bien cacher une lame. Mais je n’avais pas le choix. Porter le nom Astong signifie jouer le jeu, même si chaque fibre de mon être détestait ça.
J’ajustai ma robe noire en entrant dans la salle de réception, mon regard balayait les lieux, calculateur. Tout le monde me regardait, évidemment. Ils attendaient que je trébuche, que je montre une faiblesse. Mais je ne leur donnerais jamais ce plaisir.
C’est alors que je le sentis avant même de le voir. Ce frisson familier, cet instinct de survie qui s’activait toujours en sa présence. Aslan Reveren.
« Alors, Noah, » murmura une voix grave derrière moi, chaude et moqueuse. « Toujours aussi audacieuse de te pointer ici. »
Je me retournai lentement, mes yeux rencontrant les siens. Grand, sûr de lui, avec ce sourire suffisant que j’avais toujours envie d’effacer d’un coup de poing. Ou d’un baiser, si je laissais mon esprit divaguer. Mais ça, jamais.
« Aslan, » répondis-je en haussant un sourcil. « Toujours aussi collant ? »
Son sourire s’élargit. Il aimait ça, ce petit jeu entre nous, et ça m’exaspérait autant que ça me troublait. Il s’approcha, réduisant l’espace entre nous jusqu’à ce que son parfum musqué envahisse mes sens.
« Collant ? » répéta-t-il en penchant légèrement la tête. « Ou simplement intéressé ? »
Je laissai échapper un rire amer. « Intéressé ? Par quoi ? Le plaisir de m’agacer ? »
Il haussa un sourcil, amusé, avant de glisser une main dans le creux de mon dos. Un geste trop intime, trop possessif, mais je ne bougeai pas. Pas encore.
« Peut-être. Mais je dois dire que t’agacer est la chose la plus divertissante que j’aie faite ce soir, » murmura-t-il, ses yeux sombres ancrés dans les miens.
Mon cœur battait plus vite, mais je ne lui donnerais pas la satisfaction de le savoir. « Tu devrais retourner jouer les fils modèles, Aslan. Ce n’est pas comme si ta famille pouvait se passer de toi. »
Son sourire disparut brièvement, remplacé par un éclat plus sérieux. « Ma famille peut attendre. Toi, par contre… »
Je fronçai les sourcils. « Moi quoi ? »
Il se pencha légèrement, son souffle effleurant mon oreille. « Toi, tu ne quitteras pas cette fête sans que je t’aie fait comprendre une chose, Noah. Tu peux prétendre me détester autant que tu veux, mais moi… je ne fais jamais semblant. »
Je me dégageai, mon cœur tambourinant, et le fixai avec toute la froideur que je pouvais rassembler. « Tu sais quoi, Aslan ? Continue de rêver. »
Je tournai les talons, mais je savais qu’il me suivait du regard, avec ce mélange exaspérant de défi et de désir. Ce jeu entre nous était dangereux, mais il avait une arme secrète : il savait que, d’une façon ou d’une autre, je ne pouvais jamais vraiment lui échapper.