3 en Une

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Summary

Serena est internée dans un hôpital psychiatrique après s'être faite arrêter pour avoir effectuer une série de meurtre atroces dont elle dit ne pas s'en rappeler. Le docteur Davenport est spécialisé en trouble dissociatife de l'identité (TIP) soit trouble de la personnalité multiple. Il sera appeler à examiner Serena lorsque son diagnostic révélera qu'elle souffre de TIP. Mais à force de côtoyer les fous ne risque-t-on pas d'en devenir un soi-même ? Ou pire de tomber amoureux de l'un d'entre eux...

Status
Ongoing
Chapters
5
Rating
n/a
Age Rating
18+

Présentation(s)

Serena est assise sur une chaise en métal en face d’une table en bois et d’une autre chaise. Depuis qu’elle a tenté d’agresser sa psychologue, elle porte une camisole.

Lorsque enfin la porte s’ouvre elle lève négligemment le regard vers un grand homme roux bien coiffé avec une de ces blouses blanches qu’elle a déjà trop vue. Il s’assit en face d’elle en posant son téléphone sur la table. Serena remarque les secondes qui défilent sur l’écran, il l’enregistre.

Docteur : Bonjour, je suis le docteur Davenport et je serai dorénavant votre médecin principal à l’avenir.

Il prend son téléphone et l’approche de sa bouche.

Davenport : Première séance, il est 10h28, nous allons commencer.

Il le repose pour regarder froidement les yeux couleur noisette de Serena. Elle aussi le regardait fixement avec une détermination que le docteur ne comprenait pas encore.

Davenport : Qui êtes-vous ?

Serena ne répondit pas, lançant parfois quelques regards derrière le docteur. Il se retourna pour voir ce qui intéressait tant sa patiente et vu l’horloge au-dessus de la porte. Elle garda le silence encore deux minutes en continuant de regarder l’heure comme si elle était ailleurs. C’est donc à 10h30 pile qu’elle s’adressa au docteur.

Serena : Je préfère commencer exactement à l’heure.

Le docteur hocha simplement la tête attendant qu’elle s’exprime de nouveau.

Serena : Je suis Serena Peterson, j’ai 20 ans et je vis à New York aux États-Unis d’Amérique. Et vous ?

Davenport : Concentrons-nous sur vous Serena, d’accord ?

Serena, qui était assise normalement jusqu’ici changea de posture en croisant les jambes et en penchant la tête sur le côté avec un petit sourire moqueur.

Serena : Vous êtes plutôt beau pour un roux vous savez ?

Serena lécha ses lèvres de manière provocante en détaillant un peu plus le docteur, on pouvait voir une chemise noir sur l’ouverture de sa blouse. Le docteur comprit qu’une autre personnalité était en face de lui.

Davenport : Qui êtes-vous ?

Vanessa : Je m’appelle Vanessa et vous ?

Davenport : Je suis le docteur Davenport. Dites-moi Vanessa, qui est Serena ?

Vanessa : Serena ? Pourquoi il n’y en a que pour elle ?! Moi aussi j’existe !

Davenport : Vous ne semblez pas l’aimer ?

Vanessa : Ce n’est pas que je ne l’aime pas, c’est juste que je la déteste.

La patiente dit cela avec un tel détachement que le docteur Davenport s’étonna même avec toutes les études qu’il avait faites sur ce genre de malades, certaines personnes qui souffrent de trouble d’identité dissociative avaient un manque d’empathie accrue ainsi qu’un comportement bipolaire. Et ce fut le cas de sa patiente, elle ressemblait réellement à une personne complètement différente de celle qu’elle était au début de la séance. Sa façon de se tenir et de parler avait radicalement changé.

Davenport : L’avez-vous déjà fait du mal ?

Vanessa : J’aimerais tellement...

Pas plus choqué que ça, le docteur continua son interrogatoire.

Davenport : Comment ça ?

Vanessa : Je ne peux pas...

Davenport : Et pourquoi vous ne pouvez pas ?

Vanessa : Tu peux me tutoyer tu sais ?

Davenport : D’accord, alors pourquoi ne peux-tu pas ?

Vanessa : Parce qu’on est dans le même corps, tu es stupide ou quoi ?

Vanessa rigola quelques secondes en fixant le docteur. Elle se perdit quelques instants dans le regard émeraude de Davenport avant que Tasha ne fasse son apparition. Elle s’assit en tailleur sur la chaise en baissant les yeux et en se mordant la lèvre inférieure. Le docteur soupira discrètement en voyant se dévoiler une nouvelle personnalité devant lui. Alors il dût de nouveau poser cette question :

Davenport : Qui êtes-vous ?

Après un long silence, il comprit que cette personnalité était étrangement plus silencieuse que les autres. Il parvint tout de même à entendre un petit chuchotement provenir d’elle.

Davenport : Excusez-moi mais je ne vous ai pas entendu, vous pouvez répéter ?

Tasha : J’ai dit que je m’appelle Tasha...

Sa voix était plus fluette que celles des autres.

Davenport : Quel âge as-tu Tasha ?

Tasha : 1...2...3...Six...

Davenport : Tu as six ans ?

Elle hocha la tête en gardant les yeux rivés au sol.

Davenport : Que t’est-il arrivée Tasha ?

Ce fut la première fois que Tasha leva les yeux vers le docteur, il crut qu’elle allait de nouveau changer de personnalité mais elle n’en fit rien. Il vit un regard peureux et peu confiant.

Davenport : Tu n’as pas envie de parler ?

Tasha : Non...

Davenport : Alors pourquoi tu te présente à moi ?

Tasha : C’est...Serena...elle veut qu’on parle toutes alors que moi je veux pas...

Davenport : Tu sais pourquoi elle veut que je vous vois toutes ?

Tasha : Oui...elle veut guérir parce qu’elle pense que c’est elle la vraie personne...

Davenport : Et pourquoi elle pense ça ?

Tasha : Parce...parce qu’elle se contrôle mieux que nous pour rester alors que nous c’est plus difficile...

Davenport : Je ne comprends pas.

Tasha : C’est pas grave...vous voulez voir qui maintenant ?

Le docteur n’eut pas à réfléchir plus, il voulait en savoir davantage et Serena semblait la plus...raisonnable peut-être ?

Davenport : J’aimerais parler à Serena.

Tasha ferma les yeux quelques secondes avant de les ouvrir sur le regard froid de Serena. Elle s’assit normalement attendant que le docteur prenne la parole.

Davenport : Je suis bien avec Serena ?

Serena : Oui.

Davenport : Comment expliquez-vous que vous ayez deux autres personnalités complètement différentes ?

Serena : Je ne me l’explique pas.

Davenport : Qui sont Vanessa et Tasha ?

Serena : Vanessa est...je dirais...une partie sombre de moi et Tasha, un souvenir enfoui.

Davenport : Comment coexistez vous ?

Serena : Je ne peux pas vous expliquer exactement comment ça fonctionne mais parfois je suis là et parfois non mais la plupart du temps vous vous adresserez à moi.

Davenport : Appréciez-vous Vanessa ?

Serena : Je suppose qu’elle vous a dit qu’elle me détestait, c’est une haine réciproque.

Davenport : Pourquoi ?

Serena : Je ne sais pas si vous l’avez remarqué mais je suis folle, enfin plutôt “nous”.

Davenport : Et Tasha ?

Serena : C’est la pire...

Davenport : Pourquoi ?

Serena : Parce que c’est elle qui a tué tous ces hommes...

Davenport : Vous dîtes donc que Tasha, une enfant de 6 ans a tué de nombreux hommes dans des circonstances plus qu’atroces ?

Serena : Oui.

Davenport : Pourquoi ?

Serena : Si vous continuez à me demander pourquoi font ce que font les deux autres je continuerais à vous dire que je suis folle, enfin que “nous” sommes folles.

Davenport : Mais si j’assimile tout ce que vous me dites, c’est vous qui avez le contrôle non ?

Serena : Je vois où vous voulez en venir mais je ne l’ai pas tout le temps. Quand je me couche et que le lendemain matin je me retrouve dans une autre maison que la mienne avec un couteau dans les mains et un corps mort à mes côtés je sais que ce sont les autres.

Davenport : Mais vous n’avez jamais eu l’envie de meurtre ?

Serena : Non, se sont les deux autres je vous dis, et puis pourquoi je ferais ça, j’ai une vie stable avec mes études et mon boulot. Sans elles, je vivrais une vie parfaitement tranquille.

Davenport : Quel âge avez-vous ?

Serena regarda de nouveau l’horloge agacée.

Serena : 20 ans, il me semblerait que je vous l’ai déjà dit.

Davenport : Oui, c’est vrai, où avez-vous étudié ?

Serena : À Stanford, je suis brillante.

L’aplomb de Serena ne déstabilise pas le docteur qui avait déjà lu son dossier, elle possède en effet un QI largement supérieur à la moyenne.

Davenport : Vanessa et Tasha ne vous ont jamais empêcher d’étudier ?

Serena : Non jamais, quand je suis en cours elles me laissent toujours le contrôle, elles n’aiment pas étudier comme pour mon travail de serveuse d’ailleurs.

Davenport : En ce qui concerne vos amis ? Vous faîtes comment ?

Serena : Je n’ai pas d’amis, c’est inutile, les autres non plus. Elles sont trop dangereuses pour ça.

Davenport : Combien êtes-vous exactement ?

Serena : Je crois que nous sommes trois.

Davenport : Vous croyez ? Jusque là vous aviez l’air plutôt confiante lorsque vous me répondiez.

Serena relève le menton se sentant menacé.

Serena : Que voulez-vous dire par là ? Que je mens c’est ça ?

Davenport : Non, j’essaie juste de comprendre.

Serena : Et pourquoi voulez-vous essayer de comprendre une folle, vous êtes fou vous aussi ?

Davenport : Non mais je voudrais vous aidez.

Serena : M’aidez à quoi ? À garder le contrôle pour ne pas que les deux autres cinglés prennent le dessus ? Je suis navré mais je vais vous décevoir, on ne peut pas “nous” aider.

Davenport : Pourtant Tasha m’a dit que vous vouliez guérir, est-ce vrai ?

Serena : Je vous l’ai dit, Tasha est la pire, elle ment, elle est manipulatrice et...ridicule.

Davenport : Ridicule ?

Serena : Elle fait la gamine alors que...

Davenport : Alors que ?

Serena se mordit l’intérieur de la joue pour avoir failli laisser échapper une information capitale.

Serena : Il faut juste la voir pour comprendre qu’elle est ridicule.

Serena s’adossa sur la chaise, elle en avait marre que cet homme lui pose des questions et il était bientôt 11 heure.

Davenport : Vous allez bien ?

Serena : Oui, je suis juste épuisée...

Davenport : À cause des changements ?

Serena : Oui entre autres...

Davenport : Vous vous sentez souvent fatiguée après que vous changiez de places avec l’une des deux autres ?

Serena : Oui mais c’est souvent parce qu’elles épuisent mon corps, elles sont toujours en pleine forme alors que moi je dois endurer les retombées.

Davenport : Ne vous inquiétez pas, on a bientôt fini.

Serena : Écoutez, il est bientôt 11 heure alors je vais vous dire le principal : ne croyez rien de ce qu’elles vous diront.

Serena soupira avant de fermer une seconde les yeux.

Davenport : Comment ça ?

Une fois la question posée il était trop tard, Vanessa avait pris le contrôle. Elle croisa les jambes et lança un regard aguicheur au docteur.

Vanessa : De quoi tu parlais ?

Davenport : Serena et moi parlions de vous, comment vous sentez-vous ?

Vanessa sourit en se redressant sur sa chaise.

Vanessa : Je croyais qu’on se tutoyait ?

Davenport : Oui c’est vrai, alors, comment vas-tu ?

Vanessa : Bien, même extrêmement bien. Elle t’as dit quoi ?

Davenport : Que parfois elle se réveillait dans un endroit qu’elle ne connaissait pas avec un mort à ses côtés. As-tu un lien avec ça ?

Elle fixe le docteur avec toujours ce petit sourire scotché aux lèvres qui laisse penser que c’est elle mais que peut-être pas. Une chose dont le docteur est certain est qu’elle sait ce qu’il c’est passé.

Vanessa : Embrasse-moi et je te dirais tout !

Le docteur Davenport regarda attentivement les traits du visage de “Vanessa” ,elle semblait sérieuse. Il s’intéressa un peu plus à son physique qui n’était pas des plus moches, elle était jolie, ça c’était sûr avec ses longs cheveux bouclés d’un ébène brillant s’alliant à une peau mâte et des lèvres pulpeuses légèrement rouges. Elle était belle, belle mais folle surtout.

Davenport : Je suis marié.

Il allia la parole à l’acte en montrant son alliance sans perdre son sang froid.

Vanessa : Tu n’es pas marrant !

Davenport : Je ne suis pas là pour.

Vanessa : Très bien alors enlève-moi au moins cette camisole parce que ça commence à me donner des fourmis aux bras ce truc !

Le docteur la regarda attentivement pour savoir s’il pouvait lui faire confiance. Elle leva les yeux au ciel agacé par son hésitation en commençant à se lever.

Vanessa : Je t’attends ! Je vais pas te mordre tu sais ?

Davenport : C’est pourtant ce que tu as fait au docteur Smith.

Vanessa : C’était pas moi ! C’est Serena ! Elle cache bien son jeu celle-là. Écoute...je ne me sens vraiment pas bien avec ce truc, on dirait que je suis oppressé et quand je me sens oppressé je fais des crises d’angoisse...

Le docteur avait effectivement vu dans le dossier que sa patiente souffrait de crises sévères mais se méfia quand même lorsqu’il s’approcha d’elle pour lui enlever sa camisole. Il n’avait qu’à détacher le dernier lien pour la libérer mais il fut pris d’un doute.

Davenport : Promets-moi de ne pas m’attaquer et de te comporter correctement.

Vanessa : Oui, je te le promets !

Davenport défit la camisole permettant à Vanessa de s’étirer et d’enlever son large pull blanc dévoilant son débardeur moulant à fines bretelles. Le docteur évita de regarder la forme des courbes de la poitrine de Vanessa.

Vanessa : On a pas le droit au soutien-gorge ici, ce qui est plutôt pratique...

Le docteur se racle la gorge avant de rejoindre sa place. Vanessa ne se rassit pas tout de suite, fixant intensément Davenport qui l’attendait.

Davenport : Assieds-toi.

Elle abdiqua en posant ses avant-bras sur la table et en cambrant exagérément son dos pour offrir au docteur pleine vue sur son décolleté plongeant. Ce dernier regarda malencontreusement sa poitrine avant de se racler de nouveau la gorge.

Davenport : Vous vous sentez mieux ?

Vanessa : Oui, beaucoup mieux, merci !

Davenport : Quel âge as-tu Vanessa ?

Vanessa : Je ne suis pas stupide tu sais, ce corps a 20 ans.

Davenport : Oui mais toi, quel âge as-tu ?

Vanessa : Puisque je ne suis qu’une personnalité je n’ai pas, à proprement parler, d’âge mais si tu veux dire quand est-ce que je suis apparue c’était...je sais plus ! Et toi, t’as quel âge ?

Davenport : Il ne s’agit pas de moi Vanessa mais de toi.

Vanessa : Oui, c’est vrai. D’ailleurs je prends énormément soin de mes cheveux, c’est difficile tu sais avec mes triplés personnalités tout ça tout ça ! Tu me trouves comment ?

Elle jouait avec ses cheveux en les tournant autour de ses doigts tout en observant le docteur avec un immense sourire.

Davenport : Tu es jolie, pourquoi accordes-tu autant d’importance à ton physique ?

Vanessa : C’est vrai ! Tu me trouves jolie ? Jolie comment ? Jolie bof, jolie par politesse ou jolie...magnifique !

Davenport : Tu aimerais que ça marche entre nous non ?

Vanessa : Bien sûr, je ne voudrais pas vous...décevoir docteur...

Vanessa se mordit la lèvre de façon provocante avant de se lever pour se diriger vers le docteur qui se releva lui aussi.

Davenport : Alors s’il te plaît rassieds-toi et réponds à mes questions.

Elle entreprit de poser ses mains sur son buste mais il l’arrêta en attrapant ses poignets.

Vanessa : Je ne vais pas te blesser tu sais ?

Il relâcha sa prise sur elle avant de se rassoir et de montrer de la main la chaise en face de lui à Vanessa mais celle-ci avait le visage baissé et les bras croisés, signe qu’elle semblait vouloir se protéger de quelque chose ou qu’elle avait tout simplement froid.

Davenport : Quelque chose ne va pas Vanessa ?

Vanessa : Je vous dégoûte c’est ça ? Je suis à ce point écœurante ?!

Le retour de son vouvoiement sonna comme un recul pour le médecin. Elle semblait s’éloigner alors qu’il pensait commencer à entrevoir un semblant de sincérité dans ses paroles.

Davenport : Calme-toi Vanessa et rassieds-toi.

Le docteur crût entendre des sanglots provenant de Vanessa. Il se leva donc et voulut faire un pas vers elle pour la réconforter, un comportement qui le lui était interdit, mais elle recula avant qu’il ne la touche.

Vanessa : Vous êtes tous pareils de toute façon !

Davenport : Comment ça ?

Vanessa : Ne faites pas semblant de ne pas comprendre !

Davenport : Explique-moi.

Vanessa s’essuya les yeux avant de relever la tête avec son éternel sourire moqueur et un regard des plus malsains. Le docteur se demandait si elle avait tout simplement joué la comédie ou si c’était une crise de bipolarité.

Vanessa : Rien.

Puis elle alla se rasseoir comme si de rien n’était, laissant le jeune homme troublé par ce changement de comportement.

Vanessa : Alors on continue les questions ?

Elle le souriait toujours de cette façon étrange en le fixant alors qu’il s’assied de nouveau en reprenant contenance.

Docteur : Est-ce que Tasha ou Serena savent ce qu’il se passe quand tu es au contrôle ? Sont-elles...présentent ?

Vanessa : Non...enfin peut-être Tasha, elle est très discrète donc c’est difficile de savoir. Pareil pour Serena mais moi je vois ce qu’il se passe quand c’est Tasha qui est aux commandes et je peux te dire qu’elle est loin d’être une gamine innocente...