Le procès de mon amour

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Summary

𝐁𝐰𝐰𝐦 « En tout cas, bonne chance, Mademoiselle Singertown. » Quand il prononça ces mots, son visage s'illumina d'un tel éclat que j'eus honte de m'être emportée de la sorte. Deux ans s'étaient écoulés depuis ma démission du cabinet Flowter, et tout avait changé dans ma vie. Aujourd'hui, je suis une femme accomplie, indépendante, et je m'apprête à franchir les portes de mon passé. Ce même cabinet que je m'étais juré de ne plus jamais revoir... Pourtant, je me tiens devant Lui, prête à affronter mes démons. 𝐁𝐲 𝐍𝐞𝐥𝐥𝐲𝐩𝐥𝐮𝐦𝐞 ♕

Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
18+

𝙃𝙤𝙢𝙚 𝙨𝙬𝙚𝙚𝙩 𝙝𝙤𝙢𝙚 or not

𝐌𝐚𝐜𝐤𝐞𝐧𝐳𝐢𝐞

Cabinet Flowter, Manhattan.

- Maître Highress, on vous demande, dis-je d’un air hésitant. Dois-je faire entrer le client ?

Pas de réponse.

Encore hésitante, je me présentai devant le client, qui semblait impatient.

- Je vous prie de m’excuser, Me. Highress n’est pas consultable pour le moment, dis-je avec un sourire maussade.

- Pas consultable ? gronda le client. Laissez-moi entrer !

Pris de peur et d’angoisse, je commençai à trembler.

- Monsieur, s’il vous plaît, veuillez-

Je fus interrompue par le contact violent de sa main sur ma joue. Je me mis à sangloter. C’est à ce moment-là que Maître Highress sortit de son bureau, visiblement fatigué par toute cette agitation.

- Messieurs, je vous prie de vous calmer et d’entrer dans mon bureau.

Le client entra. Puis, Me. Highress me dit d’un ton sec et irrité :

- Relevez-vous... Ce n’est pas une petite claque qui vous a fait pleurer. Si ?

Un silence retentit, puis je jure l’avoir entendu murmurer : « Lamentable. »

Oui, c’est ça.

Méprisable. À ses yeux et à ceux du cabinet, j’étais un être méprisable et inutile, malgré le fait que j’accomplissais les multiples tâches ingrates qui m’étaient confiées depuis déjà trois longues années.

Un peu plus tard dans l’après-midi, encore tourmentée par l’incident de la veille, je croisai Maître Clarker.

Lui et moi étions amis depuis notre tendre enfance. Malgré nos deux ans d’écart, nous rêvions tous deux de devenir de grands avocats. Mais, malheureusement, la chance n’a pas vraiment tourné en ma faveur. Il était mon modèle et mon seul confident. Mais, contrairement à lui, je ne le voyais plus comme l’aîné qui avait bercé mon enfance. Je le voyais désormais comme un homme accompli, prêt à être accompagné pour le restant de ses jours.

Mais ce jour-là, l’amour et la confiance que j’avais pour lui disparurent. Ce jour-là, il vint à moi comme tous les autres jours où mon cœur criait à l’aide, et me dit d’un air très ennuyé :

- Que s’est-il passé ?

- Rien, Roan. Je ne veux pas te déranger avec mes histoires.

- Très bien... À partir de maintenant, je ne me soucierai plus de toi.

Un silence s’installa, puis il reprit :

- Mackenzie ! Grandis ! Ne vois-tu pas que tout ça m’ennuie et que je ne fais ça que par pitié pour toi ?

Abasourdie par ses paroles, je sentis les larmes arriver. Et comme si cela n’était pas le coup de grâce, la secrétaire Vanessa Hill débarqua devant nous, d’un air très enjoué :

- Chérie, on sort ce soir ?

C’en était assez. Je pris la fuite et ne remis plus les pieds au bureau de la journée.

Le lendemain, je déposai ma lettre de démission auprès de Me. Highress.

- Lâche, répondit-il, suite à ma demande.

Il ne veut pas la fermer, bon sang !

- Vous êtes tellement détestable ! J’ai beau avoir essayé pendant ces trois ans de vous apprécier et de vous comprendre, cela n’a mené à rien ! Je vais vous faire taire, vous et votre grande bouche de Monsieur Je-sais-tout ! Vous êtes vrai connard.

Silence.

- En tout cas, bonne chance, mademoiselle Singertown.

Quand il prononça ces mots, son visage s’illumina d’un tel éclat que j’eus honte de m’être emportée de la sorte.

Deux années s’étaient écoulées depuis ma démission et mon quotidien avait changé.

Je suis, désormais, une avocate accomplie, qui ne dépend de personne, et je m’apprête à franchir les portes de mon malheureux passé, les portes du cabinet Flowter, malgré le fait que je m’étais juré de ne plus y remettre les pieds.


𝐌𝐚𝐜𝐤𝐞𝐧𝐳𝐢𝐞

Cabinet Flowter, Manhattan.

- Bonjour, dis-je en entrant. Devant moi se dressent le Maître Highress, la secrétaire Hill, l’avocat Eric Wu et deux autres personnes qui me sont inconnues.

- Je suis la nouvelle assistante juridique de ce cabinet, Mackenzie Singertown, enchantée !

- Singertown ? Ce nom m’est familier, commente Mlle Hill.

- Bon retour parmi nous, Mlle Mackenzie Singertown, me lance M. Highress avec un sourire assez sournois. M’en voulait-il toujours pour mon au revoir sensationnel ?

- Ah, je vois, reprend Mlle Hill. C’est la petite stagiaire aux cheveux affreux qui était accro à Roan. Tu es devenue si belle !

Malgré le souvenir désagréable évoqué par Vanessa, je suis charmée par le sourire « enthousiaste » de M. Highress. (À l’époque, il aurait juste levé les yeux au ciel).

Lui ai-je enfin prouvé que je ne suis pas méprisable et inutile ? Nul ne le sait, mais je suis sûre que je suis remontée dans son estime.

- Merci, M. Highress, et oui, en effet, Mlle Hill.

Rien n’a changé, le cabinet a gardé ce côté chaleureux et convivial, bien que les personnes n’aient rien de compatible avec cet aspect.

Le Maître Highress est, physiquement, toujours le même : un grand brun au dos droit, bras assez musclés, aux yeux perçants. En bref, tout ce dont la plupart des femmes rêvent. La secrétaire Hill, elle, est encore plus vulgaire, vestimentairement parlant : décolleté bien plongeant et jupe très courte qui s’arrête juste au-dessus des genoux.

L’avocat Wu, lui, a un peu grandi comparé à la dernière fois que je l’ai vu.

Plongée dans mes examens, je suis interrompue par un très grand jeune homme.

- Bonjour, Madame. Je me présente, William Brand, juriste du cabinet depuis un an.

Je le salue d’une poignée de main. Après cela, une jeune fille d’une vingtaine d’années se présente.

- Enchantée ! Milleen Sowed, je suis également juriste depuis un an ! dit-elle gaiement.

- Enchantée de faire votre connaissance tous les deux, dis-je avec enthousiasme, puis Eric me conduit à mon bureau.

Plus je m’en approche, plus je me sens fière. J’ai enfin atteint mon but. L’odeur de la réussite est si puissante qu’elle m’en donne la nausée. Enfaite, plus je m’approche de mon bureau, plus une abominable odeur se fait ressentir. Curieuse de savoir d’où provient cette puanteur, j’inspecte mon bureau.

- Du sang ?

- Qu’avez-vous dit, Mackenzie ?

- Il y a du sang dans mon bureau.

Dans le tiroir se trouve un couteau ensanglanté. Je suis tellement choquée, nous le sommes tous, je crois.

M. Highress brise le silence qui règne dans la pièce.

- Donnez-moi des gants.

Je me précipite pour prendre les gants et les lui donne. Il me remercie et prend l’arme pour la mettre dans un sac plastique, puis envoie Eric la remettre au service d’analyse de la police de Manhattan.

L’analyse a révélé que le sang sur le couteau appartenait à Roby Junkets, un homme d’affaires assez riche, âgé de 37 ans, qui a été porté disparu il y a quatre jours. Elle révèle aussi que le sang de M. Junkets contenait une quantité importante de drogues, ce qui, d’après les analystes, lui aurait coûté la vie.

Qu’est-il arrivé à M. Junkets et surtout, comment la supposée arme du crime a-t-elle bien pu se retrouver ici, dans un cabinet d’avocats de Manhattan ?

Le lendemain, 05h30

M. Highress et moi sommes chargés d’enquêter sur la vie de la victime et ses déplacements.

Pour ma première journée de travail, je suis devant un jet privé à 5 heures du matin avec mon supérieur, que j’ai insulté il y a deux ans...

Super !

Le vol est silencieux et lourd, et l’ambiance est pesante. Seul le bruit des touches de l’ordinateur de M. Highress retentit.


𝐍𝐞𝐢𝐥

Les rayons de soleil à travers le hublot révèlent sa belle peau ébène.

Elle est droite et se fait discrète, comme si elle avait peur. Pourtant, c’est la même personne qui m’a traité de connard avec affront, il y a deux ans.

Je sens son regard se poser sur moi, ce qui me fait redécouvrir ses lèvres pulpeuses et ses yeux ronds.

Je n’arrive plus à me concentrer, elle n’a pas l’air à l’aise.

- Quelque chose à boire ? lui dis-je.

Elle me lance un regard de biche, ce putain de regard qui me donnent envie de lui sauter dessus.

- Avec plaisir, Me. Highress.

- Laisse tomber les formalités, on se connaît depuis assez longtemps pour que tu puisses m’appeler Neil, Mackenzie, ris-je en lui proposant des boissons.

Elle semble ne pas comprendre mes paroles, alors je m’approche d’elle, elle sursaute.

- En général, c’est les personnes que l’on fréquente depuis longtemps, qu’on se permet d’insulter, lui dit sournoisement.

On aurai dit qu’elle allait pleurer de rage, hilarant !

- Eh bien je m’en excuse, c’est les émotions qui ont pris les dessus ce jour là et je n’ai pas sus garder mon professionnalisme, dit-elle sans sincérité.

- Bref, lui dit-je en lui tendant son verre de jus, nous sommes en direction de Fredericksburg, une petite ville texane est connue pour son héritage allemand et ses paysages pittoresque. C’est la ville natale de Junkets, il y a vécu seul avec sa mère, Marta Clayn Junkets. Notre hôtel est à 1h de Fredericksburg, à San Antonio. Des questions ?

- Sa mère est au courant de sa mort ? Demande t-elle avec une once d’inquiétude.

- Non malheureusement, on va devoir lui annoncer.

- Je vois... Et on reste combien de temps ?

- Cela dépends mais 3 jours sera normalement suffisant pour récolter des assez d’informations. Pour l’hôtel ainsi que toute les dépenses qui seront effectuées durant le voyage, tout est pris en charge par le cabinet, lui dis je en lui donnant une carte au nom du cabinet, faite vous plaisir, continuai je en lui faisant un clin d’œil.

- Merci.

Toujours aussi froide. Ai-je vraiment été si horrible que ça, deux ans auparavant ?


𝐌𝐚𝐜𝐤𝐞𝐧𝐳𝐢𝐞

Fredericksburg, Texas.

Rinnnggggggg

“J’arrive !” cria une voix pleine de douceur avant de continuer :

- Bonjour ! À qui ai-je l’honneur ?

Une petite mamie rousse et potelée nous ouvrit la porte. Son sourire écarlate me fit sentir nauséeuse. Comment allait-elle sourire après la terrible annonce que nous allions lui faire ?

- Bonjour, Madame. Je suis Mackenzie Singertown, assistante juridique, et voici Maître Neil Highress, du cabinet Flowter de Manhattan, commençai-je avec toute la douceur possible. Nous pouvons entrer... pour discuter ?

La rousse nous laissa entrer, puis nous servit un thé. Sa maison était ornée de photos du petit Roby. L’ambiance était glaciale, malgré le rayon de soleil qui se projetait devant nous. La vieille femme semblait vivre seule dans ce musée dédié à l’amour de sa vie, son fils.

Et dans ce grand silence, M. Highress prit la parole, avant que je ne le fasse.

- Roby Junkets, 37 ans, célibataire, travaillait comme comptable et était PDG de sa propre société. Il avait été porté disparu mardi dernier. Nous avons retrouvé son ADN sur une arme qui se pourrait être une preuve son éventuelle meurtre. Après quelques analyses, le laboratoire a conclu qu’il est mort à cause d’une grande quantité de drogue son sang.

Sans aucun scrupule, ce salaud de Highress venait d’annoncer à cette vieille femme que son fils était mort.

Le visage de la rousse se décomposa et devint glacial. Elle pâlit à en mourir. Je n’osais interrompre ce silence. Devais-je m’excuser ? Acquiescer ? Je ne savais pas quoi faire. Ces longs années d’études ne m’avaient jamais appris ce que je devais faire dans ce genre de situation...

- Je suis désolée de vous l’annoncer de cette manière, Mme Junkets, rétorquai-je en regardant M. Highress sévèrement.

- Mon Roby... ne peut pas être mort... Sortez, je vous en prie !

- Madame Junkets, nous comprenons votre douleur, mais nier sa mort ne mènera à rien.

- Sortez !

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𝐍𝐞𝐥𝐥𝐲𝐩𝐥𝐮𝐦𝐞