La danseuse

Summary

Hinata était première ballerine dans une grande compagnie de ballet, lorsqu'elle fut expulsée par les manigance de sa protégée. Alors qu'aucune autre compagnie classique ou même moderne ne veulent la prendre, elle se retrouve à rejoindre une troupe de danse urbaine qui lui fera découvrir un tout autre univers.

Status
Ongoing
Chapters
51
Rating
5.0 2 reviews
Age Rating
18+

Chapitre 1-1

Depuis son plus jeune âge, Hinata avait toujours aimé le ballet. Avec les danses de salon, c’était probablement le seul genre de danse que son père approuvait pour ses filles. Mais en vieillissant, ce passe-temps devint une passion qui prit de plus en plus de place dans sa vie, au point qu’elle passa un accord avec son père. Elle pourrait continuer le ballet de façon professionnelle dans une grande compagnie de ballet, tout en poursuivant des études en marketing en vue de reprendre la direction des entreprise Byakugan, dès qu’elle prendrait sa retraite de danseuse. Après tout, à partir de trente ans, on la remplacerait rapidement par de plus jeunes ballerine.

Elle eut beaucoup de chance, son talent inné et sa maîtrise quasi parfaite de toutes les techniques les plus complexes, lui value de nombreuses propositions et elle rejoignit la plus prestigieuse des compagnies, les Grands Ballets de Konoha en tant qu’étoile. De ses dix-huit à vingt-cinq ans, elle eut une carrière grandiose. Elle prévoyait arrêter à trente ans, comme convenu avec son père, mais… Mais jamais elle n’avait prévu que tout son monde s’effondrerait du jour au lendemain, à cause de la convoitise de celle qu’elle considérait comme sa protégée.


Après les répétitions avec toute la compagnie de ballet, Hinata restait toujours un peu plus longtemps pour répéter. Et au passage, éviter de tourner en rond chez elle. En dehors de la danse, elle avait peu d’amis, que des connaissances liées au ballet ou à l’entreprise de son père. Elle n’avait pas non plus d’autre passion. Il lui arrivait de lire ou de regarder quelques vidéos sur le net, mais elle préférait utiliser son temps libre pour travailler. En ayant une fin de carrière déjà programmée, elle voulait vivre son rêve à cent dix pourcents et n’avoir aucun regret. Pour beaucoup, elle était obsédée par la danse et elle n’ignorait pas que pour eux, elle semblait froide, voire arrogante, mais elle était juste introvertie. Être l’héritière des entreprises Byakugan venait avec une grande pression et des attentes. Les gens n’osaient pas l’approcher, alors qu’elle, elle était trop intimidée pour faire le premier pas.

Il y avait presque cinq mois, elle avait pris sous son aile une nouvelle danseuse prometteuse, qui pourrait facilement lui succéder en tant qu’étoile de la compagnie et elle voulut la préparer pour ce rôle, cette lourde charge de travail. Parfois, Hinata aurait aimé avoir ce soutien lors de son arrivée, elle se serait peut-être épanouie plus rapidement dans la compagnie. C’était la première fois qu’elle se montrait aussi investie dans une relation. Même avec son fiancé, elle ne se montrait pas aussi enthousiaste.

D’un autre côté, ce n’était pas vraiment par amour qu’ils étaient ensemble, Toneri et elle. Leurs pères travaillaient souvent ensemble sur des projets et ils avaient cru que leurs enfants iraient bien ensemble. Son père lui ayant déjà accordé son souhait de pouvoir danser jusqu’à ses trente ans, elle n’avait pu lui refuser cette alliance avec la famille Otsutsuki. Elle fit de son mieux pour développer une complicité avec Toneri, d’être une bonne copine, mais elle préféra attendre la fin de sa carrière de danseuse, avant qu’ils ne se marient. Elle savait que tant qu’ils n’étaient pas mariés, elle pourrait toujours repousser le moment d’avoir des rapports intimes avec lui, bien qu’il devînt de plus en plus insistant. Elle sortait à chaque fois l’excuse qu’elle ne voulait pas prendre le risque de devoir mettre sa carrière en pause, parce qu’elle serait tombée enceinte. Elle n’était pas stupide, la pilule ou les préservatifs, même combinés, ne garantissaient pas la contraception.

Il se faisait donc distant depuis trois ans et elle ne serait pas étonnée qu’il voit d’autres femmes dans son dos pour se « soulager », comme le disent les hommes. Une partie d’elle était dégoûtée à l’idée de devoir un jour ou l’autre l’épouser, mais une autre partie en était soulagée, puisqu’il avait arrêté d’essayer de la forcer. Chaque fois que ses mains devenaient baladeuses, elle se sentait mal à l’aise et la simple idée d’être au lit avec lui, lui provoquait des frissons de dégoût. Pour le coup, leur relation était essentiellement publique et ils se voyaient que lors de grands évènements.

Hinata dut mettre fin à sa pratique, lorsque son téléphone résonna dans son sac de sport. Elle fut étonnée en voyant un message de la part de Toneri. Il lui demandait de passer chez lui, qu’il avait quelque chose à lui dire. Elle ne comprenait pas trop pourquoi il avait besoin de lui parler en personne aussi soudainement, mais elle enfila tout de même son pantalon de jogging et ses souliers, puis ramassa son sac pour se diriger vers la sortie. Sur le trajet, elle traversa un parc. Elle aimait passer par là, car une ou deux fois par semaine durant l'été, un groupe de danseurs y performait. Ce n’était pas le genre de danse et de musique qu’elle pratiquait, ni même l’attirait, mais ça restait de la danse, alors en temps normal, elle s’arrêtait quelques minutes pour les regarder. Mais là, elle passa sans s’arrêter se contentant d’observer un peu en tournant la tête. Il y avait toujours beaucoup de gens qui s’attroupaient autour d’eux, ce qui lui faisait croire qu’ils étaient probablement connus sur les réseaux sociaux comme Tik Tok et YouTube.

Elle se dépêcha de rejoindre l’arrêt de bus, juste à temps pour monter dans le prochain. Malgré la fortune de sa famille, Hinata avait décidé de vivre modestement durant sa carrière de danseuse. Elle n’avait pas besoin de changer sa garde-robe tous les mois et le bus était, au final, nettement moins polluant qu’une voiture. Sans compter, que marcher restait un bon exercice. Mais Toneri vivait un peu trop loin à pied de la compagnie, donc le seul moyen d’y aller restait les transports en commun. Elle arriva chez lui une trentaine de minutes plus tard. Elle monta rapidement au sixième étage, puis alla frapper à la porte de son fiancé. Personne ne vint le premier coup, ce qui l’étonna. Après tout, il devait bien l’attendre.

Elle recommença une seconde fois, un peu plus fort. Déjà qu’elle avait raccourci sa pratique pour lui, il n’allait quand même pas la faire poireauter. Quelle ne fut pas son étonnement, lorsqu’il lui ouvrit seulement vêtu d’une serviette, mais le corps complètement sec, signe qu’elle ne l’avait pas dérangé pendant sa douche.

-Hinata ? Mais qu’est-ce que tu fais ici ? demanda-t-il en refermant un peu la porte.

-Ce que je fais ici ? C’est toi qui m’as envoyé un message, me demandant de passer parce que tu avais quelque chose à me dire, lui répondit-elle en lui montrant son téléphone.

-Mais je ne t’ai rien envoyé, insista Toneri en cachant le plus possible l’espace entre le cadrage et la porte avec son corps.

À ce moment-là, Hinata avait aucun mal à imaginer, qu’il était avec une de ses maîtresses et qu’il ne voulait pas qu’elle la voit. Comme si elle ignorait qu’il voyait d’autres femmes pour satisfaire son appétit sexuel. Par contre, comment ladite maîtresse avait-elle mis la main sur son téléphone pour lui envoyer un message ? Cette femme voulait sûrement qu’Hinata les surprenne sur le fait et qu’elle rompe pour l’avoir toute à elle. Ce qui en vrai, ne la dérangerait pas tant que ça. Ce serait une bonne excuse à donner à son père pour expliquer la rupture des fiançailles. Ce à quoi elle ne s’attendait pas, ce fut que la voix de la maîtresse en question lui soit familière.

-Babe, c’est qui ?

-Hikari ? s’exclama Hinata en poussant la porte d’un coup, prenant Toneri par surprise.

Elle trouva la jeune femme à l’entrée de la chambre de son fiancé, enroulée dans un drap, une expression qu’elle considéra, faussement surprise et gênée. Mais que se passait-il ?

-Hinata, je peux tout t’expliquer, tenta Toneri.

-Tu as des maîtresses, je le sais déjà ! Mais de là à coucher avec une des danseuses de la compagnie ? Ma protégée en plus ! s’emporta Hinata. Tu ne pouvais pas juste te taper des filles qui ne sont pas dans mon entourage ?

-Hinata, ce n’est pas sa faute, c’est juste que…, commença Hikari avec un jeu d’actrice timide époustouflant.

-Oh non ! s’emporta la danseuse. N’essaie même pas de m’amadouer. C’est toi qui m’as envoyé ce message sur son téléphone pour que je le découvre, non ? J’ai tout fait pour que ton arrivée dans la compagnie se passe bien et que tu puisses devenir la prochaine étoile de la compagnie et toi… Ça ne signifie rien pour toi ?

L’expression de sa protégée changea rapidement, voyant qu’Hinata ne pouvait pas être bernée et qu’elle s’en fichait d’être cocue.

-Je ne t’ai rien demandé, c’est toi qui t’es autoproclamée mon mentor. Mais merci tout de même, grâce à toi, j’ai pu rencontrer Toneri. Et puisque tu ne sais pas apprécier les bonnes choses, je me suis dit que ça ne te dérangerait pas que j’en profite à ta place. Et puis… Tu penses vraiment que je vais attendre cinq ans avant de prendre ta place de première danseuse de la compagnie ? Moi aussi, je veux une longue carrière en tant que numéro un et je ne commencerai certainement pas à vingt-trois ans. Et puisque tu ne t’es jamais rapprochée des autres danseurs de la compagnie et qu’ils croient tous que tu te penses meilleurs qu’eux, ce fut facile de t’éjecter.

-Quoi ? Impossible, il y a aucune raison pour qu’on me renvoie.

-Vraiment ? Alors ce sera hilarant demain.

Le sourire machiavélique sur les lèvres d’Hikari effraya Hinata. Elle ne comprenait pas ce qu’il se passait, ni ce que sa « protégée » avait planifié d’autre pour la détruire, mais le masque était tombé et la femme devant elle, n’était plus la douce et gentille nouvelle danseuse. Elle était devenue une sorcière manipulatrice, prête à tout pour obtenir ce qu’elle voulait. Si elle désirait prendre Toneri, qu’elle le fasse, elle s’en fichait. Mais sa carrière ?

La peur au ventre, elle tourna les talons et passa devant son fiancé, ex fiancé, sans même lui jeter un regard et sortit en courant de l’appartement. Elle retourna au studio de la compagnie, avec l’intention de rencontrer le directeur pour lui expliquer la situation. Il l’avait toujours bien traité, montré de l’admiration devant son talent. Il ne pouvait que la croire, pas vrai ? Lorsqu’il lui ouvrit la porte de son bureau, elle vit son regard s’assombrir en la voyant. Qu’avait fait Hikari ?

-Monsieur Tomoya, il faut que je vous parle d’Hikari, elle…

-Pas la peine, elle m’a déjà tout dit.

-Dit quoi ?

-Comment tu l’as pris sous ton aile pour l’empêcher de prendre ta place, en la menaçant de lui gâcher sa carrière.

-Quoi ? Je n’ai jamais fait ça, au contraire, je lui ai prodigué de nombreux conseils pour qu’elle puisse me succéder sans misère et…

-Sauf que j’ai un enregistrement.

-Comment ? C’est impossible, je ne l’ai jamais menacé, au contraire, c’est elle qui…

Avant qu’elle ne puisse en dire plus, le directeur de la compagnie fit jouer un enregistrement où on l’entendait menacer Hikari, sauf que… Ce n’était pas Hinata. Elle ignorait comment la jeune femme s’y était prise pour reproduire sa voix, mais jamais elle n’avait prononcé ses mots. Bien sûr qu’elle voulait rester l’étoile de la compagnie jusqu’à ce qu’elle prenne sa retraite, mais si une autre fille s’avérait meilleure, jamais elle n’aurait ruiné ses chances, juste pour rester au sommet. Au contraire, elle l’aurait félicitée. Lorsqu’Hinata avait été engagée, la première danseuse de la compagnie allait prendre sa retraite et elle avait donc commencé directement au centre des spectacles, mais pour Hikari, ce n’était pas le cas, puisqu’elle ne comptait pas prendre sa retraite avant ses trente ans.

-J’ignore comment elle a fait, mais je ne l’ai jamais menacé. Si vous lui aviez donné le premier rôle de la pièce, je l’aurais félicité comme tous les autres, se défendit Hinata.

-J’aimerais vraiment te croire, Hinata, mais le problème, c’est que plusieurs personnes ont corroboré sa version. Tous les danseurs de la compagnie disent que tu les as toujours pris de haut et que Hikari subissait tes remontrances.

Remontrances ? Est-ce qu’Hikari avait, depuis le début, tout planifié pour la faire paraître monstrueuse aux yeux de leurs collègues ? Avait-elle joué les victimes intimidées dès qu’Hinata avait le dos tourné ?

-Avec ça, je crains que je sois obligé de te demander de quitter la compagnie.

-Quoi ? Mais… C’est injuste ! Elle m’a clairement piégé pour prendre ma place.

-Désolé Hinata, mais les preuves sont contre toi.

Avec un dernier regard déçu, il ferma la porte, sans lui laisser la chance de se défendre. Hinata n’en revenait pas. Elle venait de se faire mettre à la porte injustement. Elle était sans emploi et si son père l’apprenait, il lui demanderait de revenir à la maison et prendre son poste de coordinatrice marketing qui l’attendait. Sauf qu’il lui restait encore cinq ans pour vivre de sa passion. Elle ne pouvait pas s’enfermer dans un bureau avant la date prévue ! Alors, si elle ne pouvait plus danser dans cette compagnie, elle irait voir les autres qui avaient tentées de l’engager sept ans plus tôt. Peut-être qu’elle ne serait pas la vedette, mais au moins, elle pourrait encore danser jusqu’à ses trente ans. Du moins, c’est ce qu’elle pensait en rentrant chez elle le soir. La réalité fut toute autre durant les jours qui suivirent.