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Confiance en soi

Summary

Addison Lucher, jeune étudiante en spécialité littéraire, est introvertie et en manque de confiance en elle. Malgré son désir de rester dans l'ombre, la vie universitaire ne lui facilite pas la tâche. Maxwell Lord et sa bande l'ont pris pour cible, accentuant son sentiment de mal-être. De plus, sa cousine fait partie des rares élèves les plus populaires, une position qui contraste avec l'envie d'anonymat d'Addison. Très proches l'une de l'autre en dehors de la fac, elles ne se parlent guère durant leur journée. Cependant, elle attire également l'attention d'une étudiante influente sans qu'elle ne le veuille réellement. Addison se retrouve donc à jongler entre ses harceleurs, sa cousine et cette jeune femme au regard envoûtant. TW : Harcèlement orale et physique. Agression.

Status
Complete
Chapters
28
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapitre 1

Je suis nulle...

Je suis inutile...

Pourquoi...

Pourquoi suis-je ainsi ?


Ce monde infâme,

Me pourrie la moelle,

Les gens me jugent,

JE me juge,

Indigne, faible, incompétente,

Je ne suis rien,

Qu’une âme en perdition.


- Miss Lucher, are you with us ?


Je secouais la tête, me sortant de mon esprit. Je relevais le regard pour fixer ma professeure d’anglais qui avait les sourcils froncés. De quoi parlait-elle déjà ?


- Euh... Yes, yes teacher.

- What was I talking about ?


Je me mordis la lèvre, réfléchissant rapidement à une réponse qui pourrait la satisfaire. Inconsciemment je me tordais les doigts, ne sachant pas quoi dire. Après tout... je n’avais pas réellement suivi le cours alors...


Je suis tellement nulle...


- I would ask you to listen a little more, Miss Lucher.


Je fermais les yeux, serrant les dents avant de hocher la tête. Je n’avais pas totalement tout compris, mais cela ressemblait à quelque chose comme « Faite un effort pour écouter ». Je soufflais, essayant de retenir cette boule dans ma gorge.

Heureusement pour moi, le cours toucha enfin à sa fin. Je rassemblais rapidement mes affaires avant de m’enfuir à toutes jambes loin de tout le monde. Je m’isolais dans un coin de l’établissement, peu fréquenté, et me laissais glisser le long du mur. Je posais une main au niveau de ma poitrine et pris de grandes inspirations pour calmer le battement douloureux de mon cœur.


Calme toi... Calme toi...


Au bout d’une dizaine de minutes je me relevais, gardant les yeux fermés. Un peu plus calme, je retournais dans les couloirs, le regard bas, esquivant mes camarades pour ne pas les bousculer par inadvertance.

Je m’arrêtais devant les casiers, plus précisément le mien, l’ouvrant pour poser quelques manuels de cours qui ne me serviront plus pour le reste de la journée. Je pris ce dont j’allais avoir besoin uniquement.

Mon regard fut attiré par des mouvements sur ma droite. L’arrivée des populaires. Le trio de brunes le plus charismatique que cette université est jamais connu je crois. Et qui respire la confiance en soi à des kilomètres.


Elles sont tellement belles...


Elles passèrent juste derrière moi, tout en discutant de quelque chose en étant dans leur bulle, ignorant le monde autour d’elles. Je soupirais, les enviant quelque peu.


Reprend toi... Je ne pourrais jamais être comme elles.


Je les regardais partir. Lena Luthor, Regina Mills et Lexa Woods. Le trio le plus en vogue de notre génération. Je serrais mes doigts contre la porte de mon casier. Je la refermais un peu brusquement avant de tourner les talons à l’opposé.

Je sortis des bâtiments pour prendre une gorgée d’air. Je desserrais mes poings. Je secouais la tête, faisant virevolter légèrement quelques mèches de mes cheveux. Je calais mon dos contre le mur extérieur, me perdant dans l’observation de la cour.


Je n’ai vraiment pas de chance...


Au loin, bien évidemment, on ne pouvait pas loupé un autre trio, de couleur opposé aux brunes, elles étaient toutes aussi caractéristiques et charismatiques. Emma Swan, Clarke Griffin, et Kara Danvers. Tout aussi populaires, mais de manière bien à elles. L’une d’elle me remarqua et me fit un signe avec un sourire que je lui rendis un peu faible.

Je finis par disparaître de leur vue, me fondant dans la masse des étudiants qui parlaient fort de tout et de rien. J’avançais plus comme une automate, zigzaguant entre tous, pour me diriger vers le bâtiment général. J’avais un cours de littérature moderne dans peu de temps.


Une évasion désirée,

Dans un cours apprécié,

Bien la seule matière,

Dans laquelle mes notes,

Sont bien au dessus de la moyenne,

Et dont je suis fière.


Je notais les références que le professeur listait pour effectuer notre prochaine production écrite. Grâce à tel livre, nous allions devoir imaginer une suite plausible aux derniers événements présent. Puis dans un autre format, expliquer notre choix de création, et l’idée générale qui devait en ressortir. Cela permettait aux élèves plus en difficulté sur la partie imaginative de détailler leurs points de pensée.

Sur ce genre d’exercice, la partie explicatif me posait plus problème que l’autre. Alors je misais tout sur mon côté inventif, et je m’en sortais vraiment bien d’après moi.

La sonnerie de fin des cours retentit. Je pris le temps de mettre mes affaires dans mon sac, regardant bien sur ma table si je n’avais rien oublié. Je m’apprêtais à sortir quand Monsieur Sencers m’interpella.


- Mademoiselle Lucher, je voudrais savoir, comment allez-vous ?


Étonnée, je haussais un sourcil, avant de réfléchir à sa question. Avais-je eu un comportement étrange pour qu’il s’interroge sur mon état ? Pourtant je m’étais comportée comme à mon habitude.


- Oui, je vais bien Monsieur.

- Si vous avez le moindre problème, vous pouvez venir m’en parler, vous savez ? Continua-t-il avec un regard soucieux.

- Je le sais, merci beaucoup Monsieur.

- Très bien, allez y alors, passez une bonne fin de journée.

- Pareillement.


Je quittais enfin sa classe, le sac sur l’épaule, ressassant cette conversation étrange. Je repassais également en revue l’heure qui venait de s’écouler, mais rien ne s’était déroulé d’une autre manière qu’habituelle.

Perdue dans mes pensées, j’avançais sans réellement faire attention au monde qui m’entourait. Et c’est dans ce genre de moment où l’on bouscule quelqu’un. Je sursautais, mon cœur s’accélérant de peur quand je vis des bouquins tombés. Je me baissais pour les ramasser le plus vite possible, craignant de me prendre des remarques acerbes.


- Je... Je suis désolée, je ne regardais pas où j’allais.


Quand je me redressais pour tendre les livres, mon regard s’accrocha à une couleur verte émeraude et mon pouls sembla s’arrêter instantanément. Luthor...Qu’ai-je fait ?


- E... Excuse moi, redis-je.

- Ce n’est rien. Moi aussi je ne regardais pas, ajouta-t-elle en reprenant ses affaires.


Un frisson parcouru en une seconde mon dos, avant que je ne baisse la tête. Je ne m’attardais pas plus, passant à côté d’elle en faisant attention cette fois ci, m’enfuyant presque.

Le cœur battant, je sortais enfin de l’université. Je me dépêchais de m’éloigner, allant chercher le bus le plus proche. Je m’asseyais à l’arrêt, soufflant, avant de prendre mon casque dans mon sac et de mettre ma musique, m’enfermant dans mon monde. Par la suite, avec mon téléphone, j’allais sur mon site de lecture, reprenant une histoire parlant de loup-garou.

Quand l’auto-cars s’arrêta devant moi, je montais rapidement dedans, allant tout au fond pour m’y asseoir, et ne déranger personne. J’avais un petit bout de chemin à faire ainsi, alors autant que je n’embête pas quelqu’un par inadvertance.

Je me laissais absorber par les lignes sous mes yeux, défilant pages après pages. J’imaginais les décors et les personnages, et leurs aventures. Je tapotais le rythme des chansons avec mon pieds.

Je poussais un hoquet de surprise quand je ne sentis plus mon casque sur les oreilles, m’arrachant à ma lecture brutalement. Je serrais les lèvres en voyant qui venait de me déranger sans vergogne. Maxwell Lord et sa clique de bourgeois. Je déglutis, sentant mon angoisse monter en flèche.


- Qu’est-ce que tu écoutes micro Lucher ? Demanda cet idiot en collant son oreille à mon casque. C’est quoi cette musique de ringard ?


Je me taisais pendant qu’il faisait passer mon bien dans les mains de ses amis qui ricanaient comme des abrutis. Il ne me lâchait pas du regard, comme s’il attendait une réaction de ma part. Rêve... Je serrais les poings sur mes genoux, impuissante et en colère.


- Alors, raconte nous un peu ta journée ? Pas trop dur de te ridiculiser devant toute l’université ?


Son sourire arrogant m’horripilait, son air suffisant me donnait envie de vomir, son attitude de riche me faisait le détester à un point. Sérieusement... Quel âge pensait-il avoir en m’attaquant ainsi ? Je préférais jouer la carte de l’ignorance, sachant très bien que même si je répliquais, cela ne m’attirerait que des ennuis dont je me passerais bien.


- T’as perdu ta langue ou quoi ? Répond ! S’impatienta cette sale... raclure de Ontari.

- Laisse, tu sais bien qu’elle est handicapée mentale.


Je t’en fouterais du handicap mental dans la tronche connard. Je lançais un regard noir à Cage. Je me pris une tape sur la tête, me faisant détourner les yeux.


- Quand on te pose une question tu réponds, reprit Maxwell.


Je continuais de l’ignorer, priant pour qu’ils me foutent la paix une bonne fois pour toute. Si je répondais je savais que je ne me contrôlerais pas de dire le fond de ma pensée, et il n’était pas question que cela arrive, je ne devais pas leur donner satisfaction.


- Eh ! Laissez la tranquille ! Intervint une voix un peu plus loin.


Je fermais les paupières dans un souffle, priant pour que cette personne ne continue pas cela. Va-t’en... Je t’en pris va-t’en. Je n’entendais plus les discussions, le seul bruit que je parvins à identifier fut le choc de mon casque sur le sol du bus.

Je pris une inspiration tremblante avant de rouvrir les yeux, trouvant mon bien devant mes pieds. Je le ramassais, le regardant pour voir s’il était endommagé ou non, et il ne semblait n’avoir rien, ce qui me rassura.

Enfin je jetais un coup d’œil à la personne, et je grimaçais intérieurement en découvrant Kara Danvers. Pourquoi s’est-elle sentie obligée de venir m’aider ? Elle m’offrit un petit sourire réconfortant que j’essayais de le lui rendre.


- Ça va ?


Je hochais la tête, ne faisant pas confiance à ma voix. Je triturais mes écouteurs dans mes mains, attendant simplement qu’elle retourne à l’avant en me laissant seule. Mais elle ne le fit pas, elle vint s’asseoir sur la rangée de siège à côté de moi.

Que dois-je faire maintenant ? Je jetais un regard à l’extérieur, évaluant mentalement le temps qu’il me restait. Bien trop...Je déglutis, ne sachant que faire, devais-je remettre ma musique, ou discuter avec elle ? Mais pour parler de quoi au juste ?


- Qu’est-ce que tu écoutes ? Me demanda-t-elle.

- Hrm... je sortis mon téléphone de ma poche pour lire le titre de la musique. Party in the U.S.A, de Miley Cyrus.

- Je peux écouter ?


Je lui passais mon casque du bout des doigts, les yeux bas, rougissant d’embarras.


J’ai des goûts musicaux vieillot, elle va forcément se moquer.


- Je ne connaissais pas cette chanson, elle est pas mal.


Je haussais les épaules. Je regardais ma playlist défiler. Die Young, de Ke$ha. Du coin de l’œil je la voyais tapoter quelques uns de ses doigts sur son genou.


- J’aime bien ta playlist, qu’as-tu d’autres dedans ? S’intéressa-t-elle en se penchant vers moi.

- Euh... Eh bien je dois avoir un peu de tout, je dirais.

- Tu me montres ?


Son sourire était si sincère et innocent. Je me mordis la lèvre un instant, avant de déverrouiller mon téléphone et aller sur mon application de musique. Je sélectionnais par la suite la playlist que j’écoutais en ce moment. Elle prit mon smartphone en main et fit défiler les chansons.


- Oh j’adore celle là ! Et celle ci ! Oh celle là est pas mal également, s’enthousiasma Kara. Oh je ne connais pas, il faudra que j’écoute tiens.


Je pouffais doucement face à son énergie. Elle continua de faire la liste des chansons qu’elle connaissait et qu’elle aimait, ou me demandant de quel artiste il s’agissait et comment j’avais découvert ce son.


- Je... Je traîne pas mal sur Youtube, alors quand une mélodie me plaît je la garde.


Je me grattais timidement l’arrière de l’oreille. Je me sentais plutôt... intimidée de discuter avec elle, alors qu’on ne s’était jamais adressée la parole avant aujourd’hui. Qu’est-ce que je pouvais bien lui raconter également ? Mon regard fut attiré par la clique de Maxwell qui descendait, chacun me lançant un avertissement visuel me faisant déglutir.


- Ils ne t’embêteront plus.


Mon attention se porta sur ma voisine de place. Je fus septique sur ce fait là.


- Tu n’étais pas obligée d’intervenir tu sais ? Ce n’est pas la première fois qu’ils font ça. Cela s’arrête toujours après quelques minutes.


Un éclair de ce qui me semble être de la colère passa dans ses yeux. Je haussais un sourcil, ne comprenant pas son humeur soudaine.


- Tu...


Je tournais la tête vers l’extérieur en reconnaissant le quartier. Je rassemblais donc mes affaires en me levant. Je lui lançais un faible sourire avant de m’avancer dans le bus, appuyant sur le bouton d’arrêt.


- A une prochaine fois Kara.


Je remis mon casque sur les oreilles, en attente de l’arrêt du car qui arriva quelques minutes plus tard. Je ne jetais aucun regard derrière moi, marchant tout simplement devant moi.


Dans un monde imaginaire,

Je deviens qui je veux être,

Point d’ennui,

Juste un rêve bien rempli,

Où je peux être l’héroïne,

De ma propre vie,

Sans recevoir de jugement.


Je rentrais tout juste quand ma mère m’interpella en sortant du salon, toute souriante qu’elle était.


- Ma puce, pose tes affaires de cours, nous allons dîner chez mon frère ce soir. Cela fait longtemps qu’on ne s’est pas vu tous ensemble.


Je arquais un sourcil, croisant les bras. Longtemps pour elle signifiait au moins un mois. Je montais simplement dans ma chambre pour poser mon sac à mon bureau. Je jetais à peine un regard au miroir dans le coin avant de ressortir aussi vite.


- Déjà redescendue ma chérie ? S’étonna ma mère. Enfin, tu es contente de revoir ta cousine ? Sourit-elle.

- Je la vois tout les jours à l’université.


Elle ne sembla pas faire fit de ce fait, continuant à dire combien il était important de se retrouver entre membre de la même famille. Mon père lisait simplement son journal pendant qu’elle déblatérait et que je l’écoutais assise sur le canapé à zapper les chaînes.

Nous ne partons qu’une trentaine de minutes plus tard, moi installée à l’arrière avec mon casque sur les oreilles et le regard de réprimande de ma mère à travers le rétroviseur intérieur. Heureusement pour moi que le trajet en voiture ne dura pas bien longtemps.

Une fois arrivée, je lançais un coup d’œil à la maison de plein pied de mon oncle. Ingénieur de renom, il gagnait plutôt bien sa vie, ça on ne pouvait lui reprochait. Et à peine nous fîmes un pas sur la pelouse que la porte s’ouvrit sur l’homme de la famille qui nous offrait un grand sourire.


- Elisabeth ! Content de te voir.


Ils se serrèrent dans les bras l’un de l’autre quand nous fûmes proches. Il tendit ensuite sa main à mon père qui la lui serra fermement comme à son habitude.


- Richard, toujours en forme de ce que je vois.

- J’essaie du moins, cela n’est pas toujours simple quand on doit travailler aux côtés d’incompétents.


Mon père fait un travail de bureau standard. Il n’est ni le grand chef, ni le simple employé lambda, plus dans un entre-deux dans lequel il est enfermé depuis plusieurs années.


- Et voici ma petite Addie.


Tonton m’ébouriffa les cheveux, me faisant quelque peu glousser. Depuis toute petite il me faisait ça, et j’avais eu beau lui dire de ne pas le faire, il le faisait quand même, alors j’ai simplement abandonné.

Après ces salutations, on entra enfin dans la maison, mon regard fut attiré par le dernier portrait exposé sur le mur principal du salon. Je n’avais pas besoin de savoir où mon oncle l’avait obtenu.


- Installez vous donc, mes chéries ne vont pas tarder à arriver, sourit-il.

- Je vois que ta fille a encore fait un chef d’œuvre, complimenta maman en se mettant face au tableau.

- C’est bien pour cette raison que je l’ai accroché là !

- Elle deviendra une grande artiste si elle continue ainsi.


Je me mordis la lèvre avant de tourner les yeux vers l’entrée du salon en entendant la porte se fermer avec un peu de force.


- Papa je suis rentrée !

- Ma puce vient donc voir qui est là.


Une tête blonde passa, et son sourire s’agrandit en nous voyant.


- Addie !

- Salut Grif’.


Je n’eus point le temps de bouger d’un millimètre que ma cousine m’enlaçait déjà avec force. Je lui rendis son étreinte, de façon plus timide.


- Comment vas-tu donc Clarke ? Demanda papa avec un sourire.

- Je vais bien, et vous, comment vous allez ?


C’est ainsi qu’on s’assit tous sur le canapé, et que la discussion débuta, moi écoutant plus qu’autre chose. Tonton Jack nous servit à Clarke et moi un jus, tandis que mes parents prirent un café. Les adultes parlaient d’actualités principalement, et ma cousine participait au débat.

C’est au moment de passer à table que ma tante rentra enfin de sa journée de travail. Elle posa ses affaires avant de nous saluer, prenant dans ses bras ma mère, faisant la bise à mon père, et m’enlaça une petite minute avant d’embrasser son mari et sa fille.

Mon oncle nous servit chacun notre tour l’entrée, une salade de pâtes succulente. Et les discussions allaient de bon train. Je triturais un morceau de tomates avec ma fourchette.


- Et les cours, comment se passe-t-il ? Entendis-je maman.

- Bien, mon professeur d’art m’a conseillé des techniques pour améliorer ma dernière peinture. Tandis que le reste, eh bien je n’ai pas à m’en faire.


N’écoutant que d’une oreille distraite, je ne remarquais que plusieurs secondes plus tard le silence autour de moi. Je relevais donc les yeux pour voir le regard de tout le monde sur moi.


- Et toi Addison, comment se passe les cours ? M’interrogea ma tante avec un sourire.

- Je... Eh bien je me débrouille, bredouillais-je.


Le sourcil arqué de ma tante me signifia qu’elle attendait un peu plus de réponse de ma part.


- La littérature moderne t’intéresse toujours ? Essaya-t-elle ensuite.

- Ça va, répondis-je en haussant les épaules.


Je baissais les yeux sur mon assiette, picorant de-ci de-là mes pâtes. Je sentais toujours leur attention sur moi que j’essayais de faire abstraction. La discussion changea de thème et je n’y participais guère le reste du repas. Et pendant que les adultes prenaient un dernier digestif, Clarke m’invita dans sa chambre.

J’observais son environnement artistique comme à chaque fois que je venais. Des tableaux finis sur le côté de son bureau, un chevalet avec une toile en cours, et son matériel de peintre à droite. Je m’installais sur son lit, soufflant en passant une main dans mes cheveux.


- Tu veux en parler Addie ?


Je la détaillais rapidement. La moue qu’elle faisait indiquait qu’elle n’était pas dupe quant à mon état. Je me mordis la lèvre un instant, triturant mes doigts.


- Il n’y a rien à dire, finis-je par dire après quelques secondes.

- Addie...

- Je t’assure, je vais bien.


Pour affirmer mes propos je lui souris. Bien sûr elle ne me crut absolument pas. Elle prit place à côté de moi, son regard m’analysant sous toutes les coutures.


- Tu as avancé sur ton histoire ?

- Je... Je suis quelque peu bloquée.


Je me grattais l’arrière de l’oreille, me perdant quelque peu dans mon esprit en pensant à mon histoire en cours.


- Tu en es où du coup ? S’intéressa ma cousine.

- Hmm... J’en suis à plus de la moitié.

- C’est trop cool, est-ce que je pourrais lire le début ?


Avec les étoiles dans ses yeux s’étaient difficilement refusable. Je grimaçais tout de même, peu encline a laisser quelqu’un voir un de mes projets non fini. J’avais déjà du mal avec ceux finis alors.


- Tu voudrais bien ?


Avec sa moue de chien battu, ses grands yeux bleus, il m’était toujours impossible de lui refuser quoique se soit. Je soupirais, hochant simplement la tête pour lui confirmer qu’elle lira le début de mon histoire parlant de dragon et de chevaliers.


Un monde imaginaire,

Où règne en maître,

Les plus féroces créatures,

Pourtant vint l’avènement,

D’un preux roturier,

Qui se lia avec,

La plus majestueuse des bêtes,

Et ensemble,

Ils amenèrent la paix,

Dans un pays où le feu et le sang,

Sans souverain emprunt de compassion,

Pour son peuple en quête de sécurité,

Il devint le symbole de tous.


Assise à mon bureau, mon ordinateur ouvert sur une page d’écriture, je réfléchissais à la suite que je devais écrire. Musique dans les oreilles, je tapotais de mes doigts le rythme. Je relisais les dernières lignes que j’avais tapé, et essayait quelques tournures qui ne me plurent pas.

J’abandonnais après avoir refait le même paragraphe cinq fois, sans trouver ce qu’il me fallait pour redémarrer comme je le voudrais. J’éteignais le tout avant d’aller m’installer dans mon lit, un livre en main et repris ma lecture là où je l’avais arrêté au matin.

Je lus sans faire attention au temps, tournant page après page, plongeant dans ce monde qui m’inspirait tant. Je baillais de-ci de-là, et je ne relevais le regard vers le radio réveil qu’à la fin de six chapitres. Déjà minuit. Je reposais mon bouquin sur ma table de nuit, mis en charge mon téléphone et éteignis ma lampe de chevet.


Je ne suis rien...

Je ne sais pas écrire...

Mes histoires sont nulles...

Qui voudraient les lire ?


Je soufflais en posant mon casque dans mon casier, échangeant quelques manuels par d’autres. Quand je refermais la porte je posais mon front dessus, les paupières closes. Je pris une lente inspiration avant de repartir dans les couloirs de l’université. Les mains dans les poches, j’arrivais à mon amphithéâtre dans lequel je m’installais à une place en attendant le début des cours. Après avoir démarrer mon ordinateur et ouvert une page pour la séance, je sortis un livre que j’avais bien entamé pour patienter.


- Salut, je peux m’asseoir à côté de toi ?


J’eus un sursaut en entendant une voix, avant de relever la tête pour voir Kara, avec son sourire étincelant, en train de replacer ses lunettes sur son nez. Je clignais des yeux, jetant un œil autour de moi pour remarquer que l’amphi n’était pas encore rempli.


- Eh bien... Hrm, tu peux, bafouillais-je quelque peu.

- Merci.


Elle installa ses affaires, s’asseyant ensuite, et alluma son ordinateur. Je l’observais du coup de l’œil, intriguée qu’elle vienne me parler du jour au lendemain comme ça. Je secouais la tête, me replongeant dans l’histoire.

Je rangeais mon bouquin qu’au moment où la sonnerie retentit, annonçant donc le début du cours de calligraphie. Cette fois-ci nous étudions plus en profondeur le concept de l’écriture anglaise et de son raffinement. Ce n’est pas le plus passionnant mais au moins cela peut m’être utile. Je m’étais inscrite à cette session en début d’année pour améliorer la qualité d’un de mes projets, dans lequel j’avais instauré quelques paragraphes avec le style géorgien. Et depuis je revenais à chaque fois.

Généralement je ne faisais pas attention aux autres étudiants, je me concentrais principalement sur moi, mais aujourd’hui je me demandais depuis combien de temps Kara assistait à ce programme.

Je me pinçais pour me ramener au cours, notant les quelques informations pertinentes à retenir. J’annotais également quelques remarques sur la complexité de la calligraphie anglo-saxons. L’enseignant nous conseilla quelques sites pratiques, ainsi que des articles parlant plus en détail et avec un autre point de vue de différents spécialistes.


- La calligraphie est tout un art, reprit-il, dans les temps du Moyen-Age, il y avait ce qu’on appelait des scribes. Ils retranscrivaient les évènements importants, ils devaient donc soigner leur écriture, et cela leur prenaient donc du temps pour finaliser une œuvre littéraire.


« Écrire c’est poser son cœur sur du papier. »


J’enregistrais mon document avant d’éteindre mon ordinateur et de le ranger dans mon sac. Je ne fis pas attention à ma voisine de table et partis tout simplement dans les couloirs, me perdant dans mes pensées.

Alors que je tournais dans un angle, je me fis bousculer contre le mur, me faisant lâcher un souffle de douleur. Je sentis un poids contre moi, et quand je vis devant mes yeux le sourire arrogant de Maxwell je retins mes injures que je voulais sortir.


- Tu as vraiment cru qu’on allait rien te faire après hier ?


Je tournais le regard vers sa bande qui ricanait derrière lui, et intérieurement je priais pour que quelqu’un intervienne pour une fois. Habituellement ils ne s’en prenaient à moi que dans le bus, jamais au beau milieu de la fac. Je me mordis la lèvre, retenant un cri de détresse.


- Cage, occupe toi de lui prendre sa clé de casier.


J’écarquillais les yeux tandis que le connard s’approchait de mon sac tombé au sol. J’étais paralysée, incapable de me débattre. Il se pencha à mon oreille, et je frissonnais de dégoût à cause de son souffle trop proche de moi.


- On va y glisser une petite surprise, tu vas aimer j’en suis sûr.


Son rire me glaça le sang. Mon cœur s’accéléra en voyant Cage avec ma clé de cadenas. Je suppliais intérieurement qu’on vienne au plus vite avant que quelque chose ne dégénère mais comme toujours je savais qu’il n’y aurait personne.

Je fermais les yeux, résignée, et quand Maxwell me lâcha enfin je ne bougeais toujours pas. J’entendais malgré tout un choc, comme si quelqu’un était tombé avant que des injures ne s’élèvent.


- Rendez moi cette putain de clé.


J’ouvris une paupière pour voir la grande Lexa Woods tenir par le col de sa chemise Cage. Une minute plus tard, un regard bleu me bloqua la vue.


- Eh, ça va ? M’interrogea Kara, inquiète.


Je secouais la tête, incapable d’utiliser ma voix, encore sous le choc de ce qu’il venait de m’arriver. Je tournais mon attention sur Maxwell qui se relevait en tenant son nez, une grimace de douleur sur le visage. Bien évidement je ne voyais plus Ontari dans les parages, signe qu’elle a dû certainement fuir quelque part.


- Viens, ils ne viendront plus te chercher.


J’eus envie de rire mais je me retins. Je repris mon sac, avant de jeter un dernier coup d’œil à Cage qui se trouvait les fesses au sol, et Lexa qui se tournait vers nous, le regard sombre.

C’est à ce moment que je pris conscience que j’étais avec deux des étudiantes les plus populaires. Et une honte s’insuffla en moi. Kara m’entraîna plus loin, jusqu’à sortir du bâtiment. Le visage baissé, j’avançais sans trop savoir où aller, et avant que je ne puisse réagir réellement, je sentis une présence en face de moi qui relevait ma tête.


- Addie...


Je me pinçais les lèvres.


- Ça va. Ne t’inquiète pas Clarke.


Ses yeux m’analysèrent avant de se fixer sur la personne derrière moi, une interrogation se formant dans ses pupilles.


- Maxwell, souffla Kara.


Une expression colérique passa sur le visage de ma cousine. Je passais une main dans mes cheveux.


- Clarke, ça va, je t’assure, retentais-je.

- Ils ne tenteront plus rien désormais ces lâches, lâcha quelqu’un derrière moi.


Regardant par dessus mon épaule, Lexa se tenait là, le visage fermé, avec tout son charisme. Elle me tendit une main dans laquelle une clé pendait.


- Tiens, je crois que c’est à toi, non ?


Je hochais simplement la tête pour valider ses propos avant de reprendre ma clé et de la ranger dans ma poche.


- Je vais y aller.


Je me détournais de toutes, et partis. Clarke tenta bien évidemment de m’arrêter mais je ne l’écoutais pas. Je finis par me cacher à la bibliothèque, traversant les étagères remplies de livres pour me mettre le plus au fond possible, sur une table. Je pris le temps de calmer les battements de mon cœur.


- Allez... reprend toi...


Je me claquais les joues. Après avoir repris mes esprits, je sortis mon livre, reprenant à la page où je m’étais stoppée, zyeutant rapidement ce qu’il me restait. Cela me détendit, et je m’évadais enfin.


Un livre est un monde magique,

Dans lequel on plonge,

Où l’on suit des héros,

Avec qui nous désirons être,

Auxquels on s’identifie,

Un livre est une source,

Une source de liberté,

Et d’évasion pour tous.


Faisant la queue, je regardais un peu ce que proposait la restauration universitaire. Rien de bien fameux, comme d’habitude. Donc quand vint mon tour, je choisis simplement un sandwich avec une pomme. Je voulus m’installer sur la table la plus éloignée, celle qui n’était jamais occupée par personne. Et pourtant, cette fois-ci quelqu’un si trouvait. Et pas n’importe qui en plus.

J’observais rapidement le reste de la salle, et heureusement pour moi, il y avait une autre place solitaire et qui ne se trouvait pas juste à côté de Regina Mills. Après l’épisode de ce matin j’avais eu suffisamment de contact avec des populaires.

Je déballais mon repas, augmentant le volume de ma musique pour m’isoler entièrement du reste et mangeais sans grand appétit mon sandwich. Je ne faisais guère attention aux étudiants, comme bien souvent à vrai dire. Sauf aujourd’hui à croire. Je voyais du coin de l’œil que Regina avait été rejoint, et pas par n’importe qui, encore une fois.

Tiens ? Je ne savais pas qu’Emma parlait avec la brune. Elles ne sont pas du genre à traîner ensemble après tout. Et d’après ce que je comprenais à leur gestuelle... Elles semblaient bien proches. C’est ce que je pouvais en conclure au vu de leurs nombreux échanges de regards et de sourires. J’étudiais les petits détails, leur proximité, et malgré moi j’eus un faible rictus. Elles iraient bien ensemble n’empêche.

C’est le moment que choisit une autre brune au regard d’émeraude pour interrompre la discussion entre les deux opposées. Et ce regard trouva le mien le temps de quelques secondes. Je déglutis légèrement, avant de détourner mon attention sur autre chose. Finissant mon repas en quelques bouchées, je ne m’attardais pas plus que ça. Pourtant je sentais quelque chose dans mon dos, comme une sorte de... pressentiment. Je ne pus contrôler un frisson qui traversa mon échine.

Une fois dehors, je marchais simplement dans le parc de la fac où tout le monde se relaxait au soleil, profitant des derniers rayons avant que le froid de l’automne ne vienne pointer le bout de son nez. Je ne supportais pas toute cette foule. Sans destination précise je me perdais également dans mes pensées. Je réprimais une grimace en me souvenant de mon altercation de ce matin. Cela m’a vraiment plombé le moral par la suite.


Je suis vraiment inutile... Je n’apporte que de l’inquiétude à mes proches.

Maxwell ne va plus me lâcher maintenant...

Il va simplement attendre d’avoir le champ libre pour faire pire que ce qu’il faisait déjà.


Mon corps s’arrêta, comme paralysé en imaginant tout ce qui allait m’arriver désormais. Même si Lexa avait dit qu’ils ne tenteraient plus rien je savais qu’elle ne pouvait pas les contrôler. Ils avaient plus d’un tour dans leur sac. Je sentis une crise de panique pointer le bout de son nez.

Je me calais contre un pilier, une main sur mon cœur, tentant de prendre des inspirations lentes pour calmer le flux d’angoisse qui me prenait. J’essayais de ne pas penser aux scénarios incluant Maxwell ou sa bande, mais... s’était compliqué au vu de la situation. Je voyais le sourire sadique de Cage, j’entendais le rire moqueur de Ontari, je me rappelais... de la proximité de ce salopard de bourge de Lord. Il était rusé... Il arriverait à m’atteindre, d’une manière ou d’une autre, sans attirer l’attention de quelqu’un.

Je sursautais quand une main se posa sur mon épaule, mon cœur se stoppant le temps d’une seconde à cause de la frayeur. Mon regard affolé accrocha une paire d’yeux hazel inquiet.


- Eh eh... Calme toi, tout va bien, me rassura l’étudiant. T’inquiète pas, je ne te ferais rien. Promis.


Mon rythme cardiaque diminua donc, petit à petit, mon souffle reprenant une constance. Je le détaillais, fronçant les sourcils, ne comprenant pas pourquoi il venait m’adresser la parole.


- Qui... Qui es-tu ?

- Je m’appelle Winn, Winn Schott, sourit-il. Tu te sens mieux ?


Son air préoccupé et soucieux était... intriguant à vrai dire. Je baissais la tête, réfléchissant à ce que j’allais bien pouvoir lui répondre, pourtant... Étrangement ma panique disparaissait sans que je ne la contrôle.


- Ça va, murmurais-je. Merci.

- Ne me remercie pas. Comment t’appelles-tu ?

- Addison... Lucher.

- Enchanté de te rencontrer Addison.


Son air jovial semblait être l’une de ses caractéristiques principales. Il dégageait une aura de... simplicité je dirais, et de bienveillance, et cela acheva de me rassurer. Il n’avait rien d’une brute, il était d’ailleurs plutôt du genre geek et plutôt intello. Le genre de personne qui préfère la discrétion.

Il me sortit de mon observation en reprenant la parole.


- Tu veux marcher un peu ? Avec une journée pareille, il faut en profiter le temps qu’on peut.


Je me mordis la lèvre, mais il est vrai que l’idée de rester immobile à ressasser ma matinée et ce qui pourrait potentiellement se passer avec Maxwell ne m’enchantait guère. J’acquiesçais doucement et me mis à marcher à ses côtés. Le silence s’installa entre nous, sans qu’il ne soit gênant, mais plutôt... réconfortant. Je n’avais pas réellement envie de discuter après tout. Pourtant mon cerveau se posait une question qui prit de l’ampleur.


- Je... Pourquoi tu es venu... me parler au juste ?


Il se stoppa, avant de relever le menton et de regarder le ciel quelque peu couvert de nuage par-ci par-là.


- Tu... il secoua la tête, tu semblais souffrir de quelque chose. Je n’aime pas voir des gens souffrir. Personne ne devrait se sentir comme tu as dû te sentir.


Il se frotta l’arrière de la tête en grimaçant légèrement. Mon cœur se contracta faiblement en imaginant la scène que j’avais dû offrir de l’extérieur. Je déglutis, ouvrant la bouche, mais rien ne sortit.


- Est-ce que tu veux me dire ce qui t’a mis dans cet état ?


Ses yeux reflétaient une douceur et une inquiétude touchante. Et pourtant... Il était un parfait inconnu à mes yeux. Et je ne me sentais pas de me livrer ainsi. Je ne le faisais déjà pas avec ma cousine dont j’étais proche alors.


- Ne te sens pas obligé, reprit-il en me voyant hésitante. Parfois je suis trop curieux, désolé.

- Ne t’excuse pas, c’est juste... je me pinçais les lèvres, compliqué.


Il eu un petit sourire compréhensible avant de hocher la tête.


- Je comprends, ne te force pas à me parler. On peut aussi bien marcher.


On reprit donc notre chemin, mon regard se perdant dans le vague. Pour la première fois depuis des années j’avais l’impression d’être comprise par quelqu’un. Je l’observais du coin de l’œil. Il est si gentil.


- Que... Que fais-tu comme études ? Demandais-je pour changer de sujet.

- Je suis en ISAT, répondit Winn, tout heureux. Et toi ?

- Whoo, je... hrm... Je suis dans la branche littéraire, avouais-je d’une petite voix.

- C’est génial ça !


Je arquais un sourcil, cherchant à savoir s’il se moquait de moi ou non. Et au vu de ses yeux admiratifs il ne se moquait pas.


- Tu trouves ? Lâchais-je, encore un peu sceptique.

- Absolument ! Je ne suis pas le plus doué avec les mots, mais j’admire tout ceux qui s’en passionnent. C’est vrai, vous êtes capable de créer tout un monde à partir de peu.


Je me sentis rougir face à son enthousiasme, pourtant je ne trouvais pas que cela si... formidable qu’il le décrivait. Lui était dans des études bien plus importantes que les miennes, c’est vrai. Il serait sûrement capable d’entrer au MIT après tout.


- Qu’est-ce que tu préfères dans tes études ? S’intéressa-t-il.

- Je dirais... certainement comprendre les pensées des auteurs, ce qui les ont poussé à inventer leur œuvre comme ils l’ont fait. Prendre quelques détails pour les retranscrire d’une nouvelle manière et donc créer une nouvelle histoire. Le fait de découvrir de nouveaux styles également, qui peuvent enrichir un paragraphe, un scénario. Modeler toutes ses connaissances dans un seul endroit tout en le modifiant pour qu’il correspond à l’univers qu’on tente d’imaginer et d’offrir aux autres.


Je réfléchissais à toute allure sur ce que je pouvais dire, avant d’observer le regard fasciné de Winn. Je me rendis compte que j’avais parlé avec passion sans même le remarquer et avec une telle facilité.


- Ça a l’air incroyable, souffla-t-il, pensif. Tu as une œuvre ou un auteur préféré ?

- Je... A vrai dire je ne crois pas. Je lis principalement de la fantasy, et j’aime me plonger dans cet univers infini, mais de là a choisir une œuvre ou un auteur... Si vraiment je ne devais en choisir qu’un, je pense là à Rick Riordan. Sa manière d’écrire est folle, il arrive à capter son public, tout en faisant évoluer son œuvre avec son temps. Il est ouvert au changement. Enfin... je me raclais la gorge, et toi, pourquoi avoir choisi l’ISAT ?

- J’ai toujours été fasciné par la technologie et comment elle peut améliorer notre vie. J’aime résoudre des problèmes et créer des choses nouvelles. C’est passionnant de voir comment tout fonctionne et de pouvoir contribuer à l’innovation.


Il parlait tout en faisant de grands gestes avec ses mains, animé par son enthousiasme et sa passion pour la robotique. Ses yeux s’illuminaient de décrire les inventions qu’il avait dernièrement fabriqué à partir de rien.

On échangea encore sur nos désirs et nos espoirs. La conversation se déroulait naturellement, et je me sentais de plus en plus à l’aise en sa compagnie, chose qui n’était plus arrivé depuis longtemps. Je ne pensais plus à mes problèmes, mais à ce que j’allais bien pouvoir écrire. Une vague idée traversa mon esprit et je sus que mon syndrome de la page blanche allait enfin me quitter.


« L’amitié est un peu comme un livre, il y a des amis pour une page seulement, d’autres pour un chapitre entier, et puis il y a les vrais qui sont présents pour toute l’histoire »

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