Le loup-garou civilisé: la prophétie

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Summary

Ils ont déjà traversé l’impossible. Ensemble, ils ont affronté la peur, défié les traditions et protégé ce qu’ils avaient de plus précieux : leur meute, leur famille. Ils ont osé défier les lois. Un mariage entre espèces. Un Alpha nommé sans sang coulé. Leur secret révélé. Une paix fragile, arrachée au chaos. Mais le passé, lui, ne dort jamais. Des alliances et organisations inattendues. Des vérités enfouies remontent. Et les cicatrices de générations refusent de se refermer. Peut-on vraiment changer un monde bâti sur la peur et le sang tout en préservant leur famille? Jusqu’où faut-il aller pour faire tomber les visions des choses qui semblent immuable ? Et si croire en l’avenir ne suffisait pas ? Les convictions de Nick et Emily sont fortes. Mais sont-elles assez puissant pour survivre à la mémoire des loups et des hommes? (ce livre est le deuxième tome d'une série dont le premier s'appelle "le loup-garou civilisé: l'enlèvement" mais normalement ce tome est compréhensible pour tout le monde (même ceux qui n'ont pas lu le tome 1) et si vous vous rendez compte d'un soucis de compréhension par rapport à ce qui ce serait passé avant, faites le moi savoir dans les commentaires)

Status
Ongoing
Chapters
58
Rating
5.0 3 reviews
Age Rating
16+

Vie de famille

Des années. Des années déjà depuis ce fameux “oui” qui avait tout changé. Et parfois, quand le manoir s’apaise le soir, quand les enfants dorment enfin et qu’Emily s’endort contre moi sur le canapé, je me surprends à sourire, juste à l’idée de tout ce qu’on a traversé, tout ce qu’on a construit, tout ce qu’on est devenus.

Notre vie de famille est un véritable tourbillon. Un joyeux chaos, intense et bruyant, mais profondément vivant. Emily est toujours mon pilier, mon phare dans la nuit, celle qui me ramène à moi-même quand je me perds dans les responsabilités ou les doutes. Elle est forte, douce, drôle, brillante. Elle jongle entre son boulot au café, les enfants, la vie en meute, sans jamais se plaindre. Juste en étant là. Entière.

Et nos enfants… Luna et Leo sont de petits soleils. Des tornades d’énergie, de curiosité et de bêtises. Ils grandissent à une vitesse hallucinante. À même pas deux ans, ils parlent déjà en phrases complètes, courent comme des petits loups affamés, et nous posent des questions existentielles en regardant les étoiles. Leur héritage de loup-garou ne leur laisse aucun répit : tout va plus vite chez eux. Leurs sens, leur croissance, leurs émotions. Parfois, j’ai l’impression de voir deux petites flammes vivantes courir dans le jardin.

Et Simon… Simon devient un jeune homme. Il entre doucement dans cette zone floue qu’est l’adolescence, entre l’enfance et l’âge adulte. Il est sensible, loyal, protecteur. Il veille sur ses frère et sœur comme si c’était sa mission sacrée. C’est un gamin en or. Pas seulement parce qu’il est intelligent ou gentil, mais parce qu’il a ce petit quelque chose que j’admire : il écoute vraiment. Il comprend. Et je sais qu’un jour, il fera une vraie différence dans ce monde, à sa façon.

Être père de trois enfants, ça vous change. Ça vous force à ralentir, à réfléchir, à devenir quelqu’un de plus… solide. Plus constant. Et parfois, je regarde Emily et je me dis qu’on a réussi à transformer nos blessures en force. À construire une maison sur les ruines d’un passé brisé. C’est pas rien, ça.

La vie de meute, elle aussi, a profondément changé. Peu après le mariage, Jeremy et moi avons pris une décision difficile, mais nécessaire. Le Conseil n’était pas prêt. Pas prêt à accepter qu’un Alpha puisse transmettre son pouvoir sans combat, sans mort, sans drame. Alors on a dû faire semblant. Simuler sa mort. Une mise en scène qui nous a coûté cher, à lui, à moi, à tout le monde. Mais c’était le seul moyen d’éviter une guerre. Jeremy vit désormais reclus, loin d’ici, dans un endroit sûr. Il m’écrit de temps en temps. Parfois je sens sa présence à la lisière de la forêt, comme un écho du passé venu bénir notre présent.

Et moi, j’ai hérité de ce rôle d’Alpha. C’est pas toujours simple. Moi qui étais le fêtard, le mec imprévisible, celui qui dansait jusqu’à l’aube… je passe désormais mes journées à gérer des conflits territoriaux, à planifier des patrouilles, à signer des papiers. Qui aurait cru ? Mais ce que j’ai compris, c’est que l’Alpha n’est pas celui qui rugit le plus fort. C’est celui qui tient, même quand tout vacille. Celui qui protège, qui écoute, qui rassemble. Et ça, je peux le faire. Pas pour le pouvoir, mais pour eux. Pour ma meute. Pour ma famille.

Heureusement, je ne suis pas seul. Luka, Logan et Tyler sont devenus eux aussi mes piliers, mes frères. Ils m’aident à porter cette responsabilité, chacun à leur manière. Luka a ce calme rassurant, Logan ce sens de l’ordre que je n’ai pas, et Tyler… bon, Tyler est toujours un clown, mais il a un instinct infaillible pour sentir quand quelque chose ne va pas. Leur loyauté est sans faille. Et je crois qu’ils ont toujours vu en moi quelque chose que je n’osais pas croire : que j’étais capable de guider, d’aimer, de construire.

Côté famille élargie, tout s’est doucement apaisé aussi. Ma mère et celle d’Emily… je crois qu’elles ont trouvé en l’autre une sœur d’âme. Elles sont parties voyager ensemble, deux femmes blessées par la vie, mais qui ont décidé de choisir la lumière. Elles envoient des cartes postales de tous les coins du monde, souvent accompagnées de petits souvenirs pour les enfants. Emily les lit à voix haute le soir, et les yeux de Leo et Luna brillent en imaginant les montagnes, les plages, les marchés colorés.

Nina, elle, a décidé de se réorienter en médecine. Elle suit ses rêves, avec une force tranquille que j’admire. La voir à l’université, concentrée, passionnée, c’est une vraie fierté. Et je crois que Tyler commence à le remarquer un peu trop souvent, si tu veux mon avis. Il traîne plus souvent dans les couloirs où elle révise… et elle, elle sourit différemment quand il est là. Ce n’est pas encore une histoire, mais c’est peut-être un début.

Et malgré la fatigue, les responsabilités, les doutes parfois, je peux le dire sans détour : je suis heureux. On est heureux. On a créé un endroit où les différences ne sont pas des failles, mais des forces. Où la meute est une famille, pas une hiérarchie. Où les enfants grandissent entourés d’amour, de liberté, et de récits au coin du feu.

Moi, Nick, ancien loup solitaire, je suis devenu un Alpha. Un mari. Un père. Un frère. Un bâtisseur d’avenir. Pas parce que j’étais prêt, mais parce qu’un jour, quelqu’un — Emily — m’a regardé comme si j’étais déjà tout ça. Et j’ai décidé de lui prouver qu’elle avait raison.

Et aujourd’hui, quand je me lève chaque matin, j’ai cette certitude tranquille : je suis exactement là où je devais être.

Pas en tant que loup solitaire perdu dans ses peurs.

Pas en tant que fêtard sans attaches.

Pas en tant que survivant.

Mais en tant que père. Mari. Frère. Ami. Alpha.

Et je sais, au fond de mon cœur, que quoi que l’avenir nous réserve, tant que nous restons unis, tant que nous choisissons l’amour au lieu de la peur, la lumière au lieu de l’ombre, il n’y aura aucun obstacle que nous ne pourrons pas surmonter.

Les journées se suivent et se ressemblent, tissées de rires, de galères improvisées, de responsabilités plus grandes que nous, mais toujours portées avec le cœur.

Entre l’université, le travail, la vie de meute et notre famille qui grandit, chaque instant est un équilibre fragile entre l’ordinaire et l’extraordinaire.

Ce soir encore, alors que je rentre de mes cours et qu’Emily ferme le café pour retrouver notre cocon, tout semble incroyablement simple, et pourtant tellement précieux.

Rien n’est jamais vraiment calme avec trois enfants — surtout deux petits loups grandissant plus vite que la normale — mais dans le chaos, il y a une harmonie qui n’appartient qu’à nous.

C’est dans ce quotidien vivant, animé, parfois un peu fou, que se construit peu à peu ce futur que nous avions à peine osé rêver.

Et ce soir, en allant chercher Simon, Leo et Luna à l’école, je sens que ce sera encore une de ces soirées mémorables... même si je ne sais pas encore que la varicelle s’est invitée à la fête.


Je gare ma voiture juste devant l’école, le soleil déjà bas sur l’horizon. Une journée de plus à jongler entre les cours à la fac, les responsabilités d’Alpha et ma vie de père. Mais honnêtement ? Je n’échangerais ma place pour rien au monde.

J’aperçois Simon, Leo et Luna sur les bancs à côté du portail. Simon, fidèle à lui-même, garde un œil protecteur sur les jumeaux, même si, à cette heure-ci, il a l’air aussi épuisé que moi. Il est affalé, les bras croisés, et bâille sans se cacher. Leo, lui, est assis à l’envers sur le banc, les jambes dans tous les sens, pendant que Luna tente de finir un coloriage avec un sérieux qui ferait pâlir un ministre.

— Hé, ma tribu ! je lance en descendant de la voiture.

Leo est le premier à bondir. Il court vers moi comme une fusée, son sac à moitié ouvert, une chaussure mal attachée.

— Papa ! On a fait du sport aujourd’hui et j’ai gagné à la course !

Il lève les bras en l’air comme un athlète olympique, fier comme un roi.

— Et moi j’ai eu une étoile en dessin ! s’exclame Luna en me rejoignant à son tour, brandissant fièrement une feuille toute colorée représentant, à en croire les formes, un loup géant entouré d’étoiles et de cœurs.

Je souris en coin, touché par leur enthousiasme.

— Mais c’est incroyable ça ! Une étoile et un trophée invisible ! Vous êtes vraiment la meilleure équipe du monde.

Simon, en traînant les pieds, arrive en dernier. Il hausse un sourcil en coin et glisse en douce, comme pour m’épargner une surprise trop brutale :

— Ils ont aussi eu la varicelle… mais ça, ils ne te l’ont pas dit, hein.

Je me fige, un sourcil levé.

— Quoi ? La varicelle ?

Je m’accroupis aussitôt devant Leo pour mieux voir. De petites taches rouges commencent à parsemer ses joues et ses bras. Luna s’approche aussi, l’air inquiet.

— Ce sont des boutons rigolos, Papa, rigole Leo en me montrant son bras plein de petits points rouges.

Il essaie même de les compter avec ses doigts, comme s’il découvrait une carte au trésor.

— Rigolos, hein ? Tu vas moins rigoler quand ça va gratter, mon champion, je murmure en passant une main dans ses cheveux déjà en bataille.

Luna tire sur mon t-shirt, les sourcils froncés.

— Papa, ça veut dire qu’on va bourgeonner ?

Je ne peux m’empêcher de rire, un vrai éclat.

— Non, ma puce, personne ne bourgeonne vraiment. Vous êtes juste... euh... temporairement décorés de pleins de petits boutons.

Simon, mort de rire, ajoute aussitôt :

— Des décorations ambulantes. Genre les sapins de Noël, mais en plus mignons.

Leo plisse les yeux vers son frère, méfiant.

— Toi aussi tu seras tout tacheté, hein ?

Simon recule d’un pas, les bras levés comme pour se protéger d’un sort.

— Pas touche, bestioles contagieuses ! Je tiens à mon teint de rêve.

— SIMON ! gronde Luna, les bras croisés et les joues rougies, mi-fâchée, mi-amusée.

Je lève les mains pour calmer tout le monde.

— Allez, on rentre, on va appeler maman pour la prévenir. Et ce soir, c’est bain, pyjama et chocolat chaud express, d’accord ?

— OUAIIIIIIIS ! hurlent les trois en chœur, comme si je venais d’annoncer une expédition lunaire.

Je les guide vers la voiture, en attrapant les sacs au passage. Leo tente de grimper à l’avant.

— Hop hop, mon grand, les petits derrière. L’Alpha en chef a encore besoin de ses jambes, merci bien.

— Mais j’ai gagné à la course, je devrais avoir le siège de champion ! proteste-t-il avec une moue.

Je me penche pour lui déposer un bisou sur le front.

— Ce soir, tu auras droit au marshmallow royal dans ton chocolat, ça te va ?

Il réfléchit, hésite, puis hoche la tête, satisfait.

Une fois les enfants attachés à l’arrière, je prends une grande inspiration en m’asseyant au volant. Le calme tout relatif du moteur contraste avec l’agitation de la journée. Je jette un coup d’œil dans le rétro. Trois visages. Trois mondes. Et le cœur gonflé d’amour. La soirée ne fait que commencer — et avec deux loupiots varicellés, je sens qu’on ne va pas s’ennuyer.

Mais franchement ? C’est ça, la vie que j’ai choisie. Et je l’aime à la folie.

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