Transgression silencieuse
La langue de mon partenaire court sur ma peau brûlante. Il m'envoûte. Chaque parcelle de mon corps réagit à son contact. Ses mains sont sur moi, partout à la fois. Il me touche, m'obsède, m'honore et m'enivre à la fois.
La pulpe de ses doigts entre en contact avec ma chatte humide. Il étale mon suc glissant entre mes plis. Mes lèvres intimes se resserrent à son contact. J'ai envie de plus. Il est silencieux. Enfin, presque. Des grognements d'extase et d'envie percent la barrière de ses lèvres, tout contre ma peau. Il lèche la pointe de mon sein, l'agace de ses dents. Elle se dresse pour lui, se gonfle de mon désir.
Je me liquéfie sous ses caresses. Un râle de plaisir s'échappe de mes lèvres alors qu'il atteint enfin le gland de mon clitoris, brûlant de désir. Ma propre humidité qu'il étale sur ce bourgeon de chair extrasensible du bout de son doigt épais, me procure un bien-être obscur, inattendu, universel. Je ne pense qu'à moi, pour une fois. Je laisse mon corps s'exprimer.
Sa voix me traverse, caverneuse.
— Je t'ai dit de te taire, Beauté. Sinon ils vont nous entendre.
Je m'en fous. Que la foule pressée dans la salle de réception entende mes soupirs ou mes halètements... Peu importe. Au contraire, j'ai presque envie que des yeux étrangers assistent à nos ébats. L'inconnu, rencontré il y a quelques instants, a les yeux si sombres, et les mains si habiles...
Il délaisse mon clitoris et entre deux doigts en moi par derrière, me distend. Je me cambre contre lui. Je sens sa virilité enflée, encore coincée dans son pantalon de costume. La sensation du tissu et de la bosse qu'il presse contre ma chair sensible attisent encore la brasier qui s'est emparé de mon corps.
Il entame des va-et-vient, lentement d'abord. Ses longs doigts glissent dans mon vagin.
— C'est ça que tu veux, Beauté ? grogne-t-il dans mon cou.
Ses lèvres caressent ma peau délicate, entre chatouille et picotement. Je m'habitue peu à peu à son contact envahissant, mais si bienvenu. J'ai envie de lui, là, maintenant. Ses doigts ne me suffisent plus.
J'avance une main vers sa braguette, déboutonne l'accès à sa virilité. Elle est puissante, énorme, et palpite contre ma main empressée. Je ne m'attendais pas à ça. Il n'a pas de boxer. Sa peau tendre se déroule sous mes doigts. Je baisse la ceinture de son pantalon ajusté, et caresse son pubis rasé. Je remonte, hésitante. Les muscles de son buste, dissimulés sous sa chemise blanche, ondulent sous mes doigts. J'ose un regard. Un seul. C'est déjà trop. Son gland perle ; à son extrémité, une petite goutte solitaire, qui raconte son plaisir à lui.
— Tu es clean ?
Trois mots, qui pourraient tout arrêter.
— Oui. Et toi ?
Je le rassure.
— Oui.
C'est un cri, une délivrance, un assouvissement. Je vais le sentir en moi. Mon corps hurle en silence de l'attente qui devient presque insupportable. Mes sucs coulent entre mes jambes, je suis prête. Et je l'attends
Ses mains se posent sur mes hanches, et comme si cela ne lui demandait aucun effort, sans un souffle plus fort que l'autre, il me hisse contre ses hanches. Sa pointe va à la rencontre de ma fleur humide. D'un seul geste du bassin, il pénètre en moi. Je sens chaque centimètre de son membre épais qui s'introduit dans mon fourreau humide. Il est énorme. Mais je le prends, sans reculer. La sensation est inouïe. Je me sens pleine, remplie de lui.
Mais déjà, il se retire. Le vide est immédiat. Presque surréaliste. Mon corps réclame le sien. Je serre mes jambes autour de lui, je m'agrippe à son torse et tente de me rapprocher. Effort inutile. Il me regarde avec un sourire énigmatique. Ses mains retiennent mes hanches empressées de l'engloutir encore.
— Pas si vite, Beauté.
Ses yeux sombres me percent le cœur, m'ôtent le souffle et me hantent.
J'entends un râle profond s'échapper de ses lèvres entrouvertes alors qu'il reprend la place qui lui est destinée. Sa peau veloutée s'imprègne de mon humidité. Nos souffles se mêlent. Il se saisit enfin de mes lèvres. Nos langues s'affrontent en un duel silencieux. Il a un goût divin. Le goût du mâle. Viril, et sombre.
Je respire son odeur, son parfum aux teintes boisées. Il envahit mes sens.
Il remue enfin en moi. Doucement. Millimètre par millimètre, il me fait coulisser sur sa tige lubrifiée par mon intimité avide de lui. Et il replonge. Plus fort. Plus loin. La trace de ses doigts s'imprime jusque dans mes os. Il marque chaque centimètre de moi. Je lui appartiens. Mon rythme cardiaque s'emballe. La transpiration commence à s'inviter entre mes seins, sur mon ventre brûlant de lui. Mes joues s'enflamment, elles aussi. Il me couve de son regard de feu. J'ondule, je pars en quête du plaisir ultime qu'il tarde à m'accorder.
Mais il me le refuse. Encore. Il s'immobilise en moi.
— Pas si vite, Beauté Sauvage !
L'attente me torture. Le plaisir stagne. Je remue. Mais il me fige. Ses doigts se fondent à la peau de mes hanches, sous la robe rouge qu'il a relevée pour m'honorer. Le satin glisse contre lui, mais rien ne le perturbe. Il veut rester maître du rythme.
Nos regards s'accrochent. Je le supplie en silence. Bouger, sentir, engloutir, deviennent mon unique quête. Il s'écarte. À nouveau. Et replonge. Je retiens mon souffle, alors que le plaisir monte, brut et sauvage.
Et nos corps entament une danse sensuelle. L'union est à son comble. Nos âmes communiquent.
Le plaisir monte en lui. Je le sens, à ses soupirs hachés. La vague m'atteint, elle aussi, m'enveloppe. Je suis au bord du gouffre.
D'un geste précis de sa main, posée au creux de mes reins, il plaque mon pubis au sien, et offre à mon clitoris le contact de sa peau brûlante. Il est entré en moi comme une épée dans son fourreau. Ses mouvements sont doux, soudain, légers, presque imperceptibles. Il me maintient sur le fil, prolonge l'instant entre la jouissance et son paroxysme. Mon corps absorbe ce plaisir inouï. Je n'ai pas le choix. Je ne peux pas le refuser. Alors j'accepte chaque vague qui s'amplifie, en comprenant que la jouissance sera plus forte que jamais.
Quand il nous l'accordera.
Car je sens qu'il est au bord, lui aussi. Une goutte de sueur serpente sur son front et s'arrête sur son sourcil épais. Je happe ses lèvres, fébrile. Pour m'aider à retenir les cris qui ne demandent qu'à s'échapper de ma poitrine.
Un dernier coup de rein. L'apothéose. Il se déverse en moi en jets saccadés. Tandis les spasmes resserrent mes parois autour de son dard aiguisé, et que l'orgasme m'emporte.
Je suis pantelante, j'ai perdu tout sens de ce qui m'entourait. Je m'accroche à lui, ce bel inconnu qui m'a prise dans ce petit cagibi. Dans la pénombre, nos âmes se sont rencontrées. Et l'extase de nos corps nous confirme que cette rencontre ne s'arrêtera pas à cet instant volé.
Les conversations confuses parviennent à mes oreilles à travers la porte de notre refuge de fortune, et nous tirent de cette bulle sensuelle dans laquelle nous nous sommes jetés. Ses mains laissent le tissu pourpre de ma robe redescendre sur mes cuisses encore tremblantes. Il se penche, embrasse l'intérieur de mon genou, et je devine qu'il ramasse ma culotte déchirée. Il la glisse dans sa poche avant de s'éloigner, en m'entraînant à sa suite grâce à ma main dont il s'est emparé.