Préquel
*
Voilà pour vous !
Eléa déposa d’un geste sûr un muffin au citron accompagné d’un cappuccino sur la table du client, le sourire aux lèvres.
Merci Mademoiselle.
Elle retourna derrière le comptoir afin de préparer la seconde commande. Merde, comment ça fonctionne ce truc ? Ce fût son collègue, Ray, qui vint à son secours.
Attends laisse-moi t’aider.
Ray était un jeune homme charmant, toujours serviable. Il était grand, plutôt fin mais musclé avec des cheveux blonds. Eléa appréciait particulièrement le temps qu’elle passait avec son collègue, à vrai dire, c’était devenu un ami au fil des mois passés ici. Elle lui sourit en voyant finalement le liquide chaud aux doux arômes de café se déverser dans la tasse.
Merci Ray. Qu’est-ce que je ferais sans toi ?
On fermerait boutique sans aucun doute !
Ray ria de bon cœur, accompagné d’Eléa.
Ah ! El’ tu as un client qui te demande à la quatre. Il aimerait que tu le serves.
Quoi ?
Sur ces mots, Eléa se retourna afin de chercher du regard le mystérieux client. Ses yeux s’arrêtèrent finalement sur un homme accompagné de deux autres messieurs à ses côtés. Ils étaient tous deux habillés d’un costume trois pièces noir très soigné. Ils ressemblaient davantage à des gardes du corps qu’à des amis ou des collègues.
L’homme assis, quant à lui, semblait avoir tout juste la trentaine. Il était assez grand, les cheveux de couleur châtain noisette et habillé d’une chemise blanche légèrement ouverte au niveau du col avec un pantalon noir classique.
Oh tu sais… Encore un pervers qui veut avoir la petite serveuse pour lui. Poursuivit Ray. T’as qu’à l’envoyer bouler.
Eléa roula des yeux. Il devait avoir raison, mais elle ne pouvait s’empêcher de penser qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas chez cet homme. Il ne ressemblait aux habituels clients qui pouvaient la réclamer. De plus, elle ne l’avait jamais vu ici. La jeune femme avait comme un mauvais pressentiment.
Ok. J’y vais.
Eléa s’approcha de la table avec son sourire habituel malgré ses appréhensions.
Elle portait l’uniforme classique de serveuse avec son tablier en tissu aux couleurs de l’enseigne. Toutefois son joli teint de porcelaine et ses cheveux ondulés venaient ajouter une touche de beauté à son allure. Elle avait noué sa chevelure couleur châtain dans une queue de cheval, la lumière du soleil laissant apparaitre des reflets légèrement roux dans cette dernière.
Bonjour ! Qu’est-ce que je peux vous servir ?
L’homme semblait la détailler des yeux. Il l’observait mais son regard ne semblait pas lubrique mais plutôt interrogateur.
Bonjour mademoiselle. Je prendrai ce que vous me conseillerez.
Il avait l’air sûr de lui. En disant cela il s’était accoudé à la table avec un large sourire chaleureux. Sa voix était franche, masculine mais également douce et rassurante.
Eléa était un peu déconcertée par cette demande. Elle se reprit rapidement.
Nous faisons un excellent capuccino et notre tarte à la myrtille est délicieuse ! Dit-elle le sourire aux lèvres.
L’homme semblait l’écouter attentivement, semblant l’analyser à nouveau.
Mais vous qu’est-ce que vous prendriez ?
Eléa comprenait de moins en moins où voulait en venir cet homme. Est-ce que c’est un test ? C’est le patron qui les envoie ou quoi ? Elle réfléchit un instant avant de répondre.
Eh bien la tarte est excellente mais ce n’est pas la saison des myrtilles. Je prendrai plutôt un smoothie avec des fruits de saisons.
Ensuite, j’ai une préférence pour le café corsé. Plutôt expresso. Nous avons un très bon fournisseur, son arôme est vraiment subtil. Très agréable.
Comment vous appelez-vous ?
Euh… Eléa. Dit-elle sans comprendre.
L’homme sourit, comme satisfait, puis se leva de sa chaise.
Merci. Désolé je ne vais rien pouvoir prendre aujourd’hui. Passez une bonne journée mademoiselle.
Sans attendre la réponse d’Eléa, l’homme baissa légèrement sa tête comme pour témoigner son respect avant de se diriger vers la sortie du Café. Ses deux acolytes, qui n’avaient pas dit un seul mot durant toute cette conversation, le suivirent mécaniquement.
Elle ne savait quoi penser de ce qui venait de se passer. Ce qu’elle lui avait proposé ne lui avait donc pas plu ? Merde, je vais être virée ?
Ah, il est parti ? Dit Ray en passant avec son plateau remplit de pâtisseries.
Quoi ?
Eléa, la tête un peu ailleurs, restait bêtement sur place, son carnet de commande à la main. Elle regardait Ray partir en direction des clients puis les servir quand elle vit une jeune femme lui faire signe à la table douze. Elle se reprit finalement et se dirigea vers cette dernière.