Chapitre 1 :une lumière dans l ombre
Nadine vivait dans un quartier modeste, là où les ruelles étaient étroites, les murs couverts de poussière, et les maisons trop proches les unes des autres. Malgré la pauvreté ambiante, elle avançait chaque jour la tête haute, un chapelet enroulé autour du poignet, le regard tourné vers le ciel. On disait souvent d’elle qu’elle était “une fille différente”. Pas à cause de sa beauté — bien qu’elle eût un visage doux, avec de grands yeux tristes et une voix apaisante — mais à cause de cette force étrange qu’elle dégageait, comme si quelque chose d’invisible la protégeait.
À 18 ans, Nadine ne s’intéressait ni aux réseaux sociaux, ni aux sorties nocturnes, ni aux regards insistants des garçons. Elle consacrait son temps à l’église du quartier, une petite bâtisse blanche aux vitraux fissurés, où elle chantait dans la chorale et aidait à nettoyer après les messes. Le père Gabriel, un homme d’une cinquantaine d’années à la voix grave et au regard perçant, l’aimait beaucoup. Il disait souvent :
— Nadine, tu es une lumière dans un monde qui s’assombrit. Reste fidèle à ta foi.
Et elle le faisait. Elle priait chaque matin à l’aube, jeûnait les vendredis, et lisait la Bible le soir avant de dormir. C’était sa routine, sa force, sa paix.
Mais derrière cette routine calme se cachaient des blessures. Nadine avait perdu sa mère très jeune, et son père, rongé par la misère et l’alcool, ne lui parlait presque plus. Elle s’occupait seule de leur petite maison : cuisiner, nettoyer, survivre. Sa foi était devenue son refuge, le seul endroit où elle pouvait respirer sans avoir peur.
Ses seules amies étaient les filles du groupe de jeunes chrétiennes de l’église : Sarah, Esther, et deux autres qu’elle connaissait moins bien. Elles étaient gentilles, souriantes, toujours prêtes à l’écouter. Nadine se sentait enfin acceptée auprès d’elles, même si parfois, elle avait l’impression qu’elles échangeaient des regards étranges, comme si elles partageaient un secret auquel elle n’avait pas accès.
Un dimanche après la messe, Sarah l’invita à une “réunion spéciale” entre filles, dans une maison à l’écart du quartier.
— Ce sera entre nous, lui avait-elle dit avec un clin d’œil. Juste pour prier et parler entre sœurs en Christ.
Nadine hésita. L’idée lui semblait bonne, mais une voix faible, quelque part au fond d’elle, murmura un avertissement.
Elle chassa cette pensée, se disant qu’il était sûrement bon de partager plus avec ses sœurs de foi.
Elle ignorait encore que cette invitation serait le premier pas vers l’ombre








