Chapitre 3 - La soirée interdite
La musique résonnait dans toute la maison de Lina, transformée pour l’occasion en véritable boîte de nuit clandestine. Les basses faisaient vibrer les murs, les lumières tamisées et les projecteurs colorés dessinaient des éclats mouvants sur les visages des adolescents déjà bien éméchés. L’air sentait l’alcool bon marché, les parfums mélangés, et cette tension sourde propre aux fêtes interdites.
Dans un coin un peu en retrait, à l’abri de l’agitation centrale, Nicolas était assis sur le bras d’un canapé, un verre vide à la main. À ses côtés, Péni observait la foule d’un air amusé, tandis que Mika pianotait distraitement sur son téléphone. Amy, quant à elle, sirotait lentement un soda, le regard vague.
On aurait dû rester chez Mika, murmura Amy en observant une bande d’ados se trémoussant maladroitement. Ici, c’est le royaume des faux semblants.
Nicolas tourna la tête vers Péni, les sourcils froncés.
Pourquoi tu m’as traîné ici ? demanda-t-il, visiblement peu convaincu par l’ambiance.
Péni haussa les épaules, un sourire joueur aux lèvres.
Parce qu’on est jeunes, et que parfois, faut juste vivre. Même dans une ville morte.
Un petit rire complice les unit juste un instant. Un moment presque normal dans une soirée qui ne l’était pas. Mais soudain, tout bascula. Les lumières s’éteignirent brutalement, plongeant la maison dans une obscurité glaciale. Un cri aigu retentit dans la pièce, suivi du bruit sec d’un téléphone tombant au sol. La musique s’était arrêtée net. Plus un son, plus une vibration. Puis une voix s’éleva dans le noir, tremblante et inquiète :
Quelqu’un a vu Joyce ? Elle était juste là !
Le silence qui suivit fut pesant, presque irréel. Les portables ne captaient plus. Aucun signal, aucun message, aucune lumière.
Nicolas scrutait l’obscurité. Une ombre se détachait au fond du couloir, indistincte, presque irréelle. Il plissa les yeux. Elle semblait bouger, respirer, regarder.
Il se leva lentement, le souffle court.
Quelque chose ne va pas… murmura-t-il, presque pour lui-même. On devrait sortir d’ici.
Son cœur battait fort, trop fort.
Et dans le silence, la fête autrefois bruyante venait de virer au cauchemar.